Soirée Zoom septembre 2021

J’ai été invité le mardi 29 juin 2021 par l’association bordelaise Sur les Pas d’Hypatie à présenter le sujet du récentisme. Une vidéo a été faite par Zoom courant septembre, que vous retrouverez ci-dessous.

Les conditions ne sont pas optimales (éloignement du wifi, rhume carabiné, et toujours pas trouvé la caméra du parfait youtubeur), mais ça passe.

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La Réforme du calendrier aux conciles de Constance et de Bâle, par Olivier de Solan


Ce travail publié aux presses du CNRS permet de confronter les thèses récentistes d’Anatoly Fomenko aux sources primaires occidentales. En effet, Fomenko attribue entièrement l’invention de la chronologie longue à Joseph Scaliger et au concile de Trente (1545-1563). Cependant l’absence de sources orientales l’amène à faire de nombreuses suppositions. Si Scaliger est effectivement l’inventeur de la théorie des trois empires – Babylone, la Grèce et Rome – , l’examen des ouvrages occidentaux du 15ème siècle portant sur la réforme du calendrier montre que la chrétienté en occident admettait déjà une chronologie longue de l’Eglise. De plus, le motif de la réforme étant la dérive de ce calendrier par rapport aux cycles solaire et lunaire réels, les observations astronomiques semblent également valider cette chronologie longue.

Depuis le concile de Nicée en 325, l’équinoxe avait été fixée au 21 mars. Or au 15ème siècle, l’équinoxe vraie survenait dix jours plus tôt le 11 mars. L’explication donnée était que l’année julienne de 365,25 jours était trop longue. Des astronomes avaient mentionné assez tôt cette erreur. Mais les ouvrages relatifs au calendrier porté par l’église, réalisés par des computistes et non par des astronomes, sont bien plus tardifs.

La liste des projets de réforme du calendrier commence au 13ème siècle avec Maître Conrad, Jean de Sacrobosco, Campanus de Novare, Robert Grosseteste, ou encore Roger Bacon. Dans la première moitié du 14ème siècle, Jean de Murs et Firmin de Belleval ou Jean de Thermes prennent la suite. L’ouvrage d’Olivier de Solan présente les propositions formulées entre 1411 et 1444 à l’occasion des conciles de Rome (1412-1413), Constance (1414-1418), et Bâle (1431-1449). Plus rien ensuite ne semble se passer avant que la question ne soit réintroduite dans le contexte de la réforme grégorienne de 1582.

Le concile de Pise de 1409, convoqué pour remédier au grand schisme d’occident de 1378, avait été un échec. Pierre d’Ailly, artisan majeur de la réunification, avait aussi écrit le traité Exhortatio […] en 1411 et un projet de décret signé par le pape Jean XXIII, pour soumettre une proposition de réforme du calendrier au concile de Rome, qui aura lieu en 1412-1413. La question ne fut apparemment pas traitée au concile, qui tourna court.

En 1413, Ailly pousse le roi des Romains Sigismond à annoncer un nouveau concile pour mettre un terme au schisme. Il s’agira du concile de Constance (1414-1418). L’objectif est atteint puisque le schisme se termine le 11 novembre 1417, lorsque Oddone Colonna est élu pape sous le nom de Martin V. Les débats sur le calendrier ont eu lieu en 1416. L’avis de l’évêque Arrigoni était de consulter les universités pour établir une documentation commune lors du prochain concile. Ailly n’a donc toujours pas fait valider son projet de décret. Mais son traité relu par l’astronome Lubert Hautschild figure dans un manuscrit présenté comme un recueil des documents du concile.

Le concile de Bâle qui s’ouvre en 1431 se fixe comme buts principaux le retour à l’unité avec les chrétiens d’orient, ainsi que la réforme des mœurs, dont fait partie la réforme du calendrier, et notamment de la détermination de la date de Pâques. Solan publie certaines sources, pas les actes du concile, mais les traités de Pierre d’Ailly de 1411 qui sert au concile de Rome, les traités d’Herman Zoest : Tractatum Phase de 1424, Phaselexis de 1435, Phaselexis de 1437, Compendium Paschale de 1443, le traité Korrectione Kalendarii de Nicolas de Cues de 1437, et un calendrier de Johannes Keck basé sur le projet de décret de 1440.

En avril 1435 on demande à la commission de réforme du calendrier de soumettre son projet aux députations. La Relation de 1435 de Thomas de Stzepin est l’acte notarié de la première session de la commission, qui rédige le projet de décret de 1435.

Le rapport ne fut jamais présenté. Le projet de décret porte la mention portée par Thomas de Stzepin, « d’abord délibéré, mais non décrété en raison de l’arrivée des Grecs qui était attendue. ». Il devait s’agir d’un sujet politique à ne pas présenter comme un fait accompli devant des Grecs avec lesquels on n’avait pas discuté la question. Deux nouveaux ambassadeurs grecs se présentent en effet en mars 1435 après les trois qui étaient déjà présents et présentent leurs lettres de créance le 5 avril mais le 8 l’assemblée générale demande à la commission de poursuivre ses travaux.  

Dans la Phaselexis de 1435, Herman Zoest écrit que la réforme est passée. Il a dû finir son manuscrit rapidement après la rédaction du projet de décret. L’ouvrage transpose le décret pour les computistes avec les nouveaux canons, tables, martyrologes. Elle remplace les vers mnémotechniques de 1424 par des citations de Jérôme, Augustin (pas les Confessions), le Timée de Platon, les Sermons de Maxime, Antiquités judaïques de Flavius Josèphe, la Chronique d’Orose, les Martyrologues d’Usuard et Bède, l’Opus majus de Roger Bacon, les ouvrages de Jean des Murs et Pierre d’Ailly, le Postillae de Nicolas de Lyre.

On ne trouve rien dans les archives sur les travaux de la commission de réforme du calendrier pour la fin de 1435 et l’année 1436. On sait cependant que Nicolas de Cues est venu renforcer la commission de réforme du calendrier.

Les documents relatifs au projet de décret de 1437 sont le traité Kalendarii de Nicolas de Cues, l’Avisamentum du même Nicolas de Cues, présenté en assemblée générale pour appuyer le projet de décret, et la nouvelle Phaselexis de 1437 d’Hermann Zoest, également écrite en appui du projet de décret.

Le traité Kalendarii précise que l’année julienne était trop longue, que le cycle lunaire de 19 ans en usage à Rome, qui était considéré comme égal à 235 lunaisons était également trop long. On croyait que l’équinoxe resterait le 21 mars, or c’était aujourd’hui le 13 ! et le nombre d’or avait aussi reculé de 5 jours.

A la fin de 1436, le concile et le pape, chacun de son côté avaient invité les Grecs à une négociation œcuménique. Le concile de Bâle avait voté pour que la rencontre se déroule à Avignon. Mais en mai 1437, le pape Eusèbe avait quitté définitivement le concile avec lequel il s’est fâché. Nicolas de Cues le rejoignit et quitta donc aussi la commission de réforme du calendrier. Les Grecs ayant choisi le pape comme interlocuteur, Nicolas de Cues se rendit en Grèce, et accompagna l’empereur de Byzance au concile concurrent de Ferrare, qui se tiendra à partir de septembre 1437.

Le 6 septembre 1437, le projet de décret est adopté par les députations de l’autre concile, à Bâle. Une commission de révision est proposée pour entendre les personnes intéressées, convoquer une session et promulguer définitivement le décret. La commission a apparemment été nommée. De Solan dit qu’elle a été renouvelée en mai 1439, mais on ne trouve pas trace de ses travaux. En septembre 1440, on propose de promulguer le décret. Une députation demande à surseoir pour prendre l’avis des universités. Mais en décembre 1440, le concile est minoritaire et on abandonne la publication. Le Compendium paschale de 1443 est une exhortation à reprendre la réforme, mais les partisans du concile ne sont plus assez nombreux pour imposer leurs décisions, et on préfère ne plus en parler.

Méthodes employées pour la réforme du calendrier

1 – l’erreur solaire

Les computistes du 15ème siècle considèrent qu’il faut fixer l’équinoxe légale sur l’équinoxe vraie. L’équinoxe légale était fixée le 21 mars. Or les tables astronomiques montrent que l’équinoxe vrai survient vers le 11 mars. Il y a donc un décalage de 10 jours, qu’on dit lié à l’inexactitude du calendrier solaire julien de 365,25 jours, qui est trop long par rapport à l’année tropicale vraie. Cette dérive datait de l’instauration du calendrier solaire par Jules César en 47 av JC, soit un jour tous les 140 ans environ.

2 – l’erreur lunaire

Jules César avait également introduit un cycle dans lequel après 19 années solaires, les phases de la lune correspondaient aux mêmes jours de l’année. Pour ce faire, il fallait mettre en correspondance à ces 19 années 235 mois lunaires. Mais ce cycle aussi était trop long et les nouvelles lunes survenaient six heures trop tôt. Au bout de 312,5 ans, il se créait un jour de décalage par rapport à la nouvelle lune calculée, pour un total de quatre jours de retard accumulés au 15ème siècle. Les valeurs approchées vont de 272 à 310 ans selon les auteurs. Le projet de décret de 1437 proposera de supprimer un jour tous les 300 ans.

Les computistes du 15ème siècle ne parlent pas de supprimer ce cycle de 19 ans, mais de corriger l’erreur accumulée, en calculant de nouvelles conjonctions ou nouvelles lunes moyennes dans cette période de 19 ans. En 1411, Pierre d’Ailly observe que le nombre d’or survient 4 jours plus tard que la nouvelle lune observée. Le calcul confirme les observations. Depuis la création du nombre d’or en 47 av JC par Jules César, il s’est depuis écoulé 1458 ans, ce qui fait bien 4 jours de décalage, à raison d’un jour tous les 300 ans environ. Hermann Zoest propose aussi des tables pour ses traités de 1424 et 1435.

En 1437, Zoest utilise cependant un cycle de 76 ans soit quatre cycles de 19 ans pour plus de sécurité. En effet, 235 mois lunaires représentent en moyenne 6939, 75 jours. 19 années solaires  juliennes représentent 6939 jours une fois sur quatre, et 6940 jours trois fois sur quatre, selon que le cycle présente quatre ou cinq années bissextiles. Un cycle de 76 ans a toujours le même nombre de bissextes.

Les corrections proposées pour le calendrier solaire :

1 – déplacement initial

Pierre d’Ailly déplace l’équinoxe au 11 mars. Zoest en 1424 choisit le 11 mars, le projet de décret de 1435 le 12 mars, qui correspond au 11 mars car on supprime aussi le jour bissextile de 1436. La difficulté est que les fêtes fixes restent inchangées et la liturgie de l’année n’a plus de cohérence.

Ces propositions n’avaient pas cours au 14ème siècle, où on respectait l’équinoxe légale du 21 mars.

2 – soustraction initiale

Le projet de décret de 1437 propose une autre méthode. Il supprime non pas dix, mais sept jours consécutifs du calendrier. Ceci permet de rattraper exactement le décalage obtenu depuis la tenue du concile de Nicée. C’est une heureuse coïncidence, car le retrait d’une semaine entière modifie très peu les cycles du calendrier.

3 – correction périodique

La soustraction régulière de jours, les bissextiles de février, permet de conserver la valeur du calendrier. Pierre d’Ailly la propose tous les 134 ans, le décret de 1435 tous les 136 ans. Le projet de décret de 1437 propose un jour tous les 300 ans. C’est la correction lunaire, et la correction solaire est donc insuffisante, mais Nicolas de Cues croit que la précession des équinoxes ralentit, et remet la correction éventuelle à plus tard.

Les corrections proposées pour le calendrier lunaire :

1 – déplacement initial

Pierre d’Ailly veut déplacer les nombres d’or 4 jours plus tôt. En 1435, Hermann Zoest fait le calcul de la conjonction moyenne sur 76 ans. Comme il a quatre cycles de 19 ans, il a quatre dates pour la nouvelle lune. Il est dit qu’il choisit la plus fréquente. Ce n’est pas exactement le cas car il aurait choisi les lunes 14ème les plus tardives pour que la Pâque chrétienne survienne après la Pâques juive.

Le projet de décret de 1437, comme Jean des Murs un siècle plus tôt, propose de reculer le nombre d’or de l’année, soit le numéro de l’année dans le cycle de 19 ans, ce qui a le mérite de conserver aux calendriers leur validité. Ici le nombre d’or doit être reculé de trois rangs.

2 – correction périodique

Le projet de décret de 1437 prévoit la soustraction d’un jour bissextil tous les 300 ans.

Il est impossible de corriger à la fois l’erreur solaire (10 jours) et lunaire (4 jours) par déplacement. De même il est impossible de corriger par soustraction à la fois l’erreur solaire (1 jour tous les 136 ans) et l’erreur lunaire (1 jour tous les 300 ans). Il faut donc recourir à un panachage des deux solutions.

Le projet de décret de 1412 est un déplacement initial de l’équinoxe au 11 mars et une correction solaire périodique d’un jour tous les 134 ans. Le calendrier lunaire est modifié par un décalage du nombre d’or tous les 304 ans.

Le projet de décret de 1435 déplace l’équinoxe au 12 mars avec une correction périodique d’un jour bissextile tous les 136 ans, en commençant dès l’année suivante 1436 (ce qui revient à admettre que l’équinoxe avait lieu le 11 mars). Un déplacement (et non une correction) sera appliqué à la nouvelle lune tous les 272 ans à partir de 1708 et ce pendant cinq cycles.

Il est acté que la nouvelle lune n’est pas le jour de la conjonction mais le suivant. Ainsi le nombre d’or est modifié de trois unités et non de quatre. Ceci est pour Olivier de Solan en quelque sorte l’adoption du calendrier juif qui rattrape ses trois ans de retard.

Zoest utilise des tables astronomiques pour déterminer la durée de l’année lunaire ou solaire, et ainsi connaître les dates des équinoxes et des phases de la lune. Dans son traité de 1424, ses années lunaire et solaire n’étaient pas celles des tables alphonsines, et il avait lui-même calculé de nouveaux nombres d’or. En 1435 il utilise les durées alphonsines et propose des tables avec un déplacement systématique du nombre d’or, par rapport aux tables antérieures.

La proposition minoritaire de supprimer 7 jours en 1436 et passer le NO de 12 à 9 est celle qui sera retenue en 1437.

Le projet de décret de 1437 maintient donc l’équinoxe au 21 mars, mais soustrait 7 jours au calendrier solaire : le 14 mars devient le 21 mars.

La semaine supprimée est celle située entre le 24 mai 1439 et le 1er juin 1439. Une version intermédiaire a apparemment été soumise au concile en septembre 37, où c’est la semaine du 20 au 28 octobre 1439 qui est mentionnée. Les actes du concile suggèrent que mai avait été proposé par Nicolas de Cues. Mais Nicolas de Cues avait quitté le concile, et Hermann Zoest changea pour une semaine en octobre.

Dans d’autres versions de la Phaselexis de 1437, la semaine retenue est en février 1441. La nouvelle proposition de décret de septembre 1440 reproduit sans doute cette solution. Celle-ci a été illustrée par un calendrier complet réalisé par Johannes Keck reproduit par Olivier de Solan. Il prouve que l’objectif poursuivi de conserver la validité des anciens canons est rempli.

Dans le calendrier lunaire, le nombre d’or est reculé de trois unités (de 15 à 12),  et la lettre dominicale de P à M. Un jour bissextil sera retiré tous les 300 ans à partir de 1748.

La réforme de grégorienne de 1582 abandonne le suivi des lunaisons, retient la correction solaire de 1437 mais compense intégralement le décalage de 10 jours. La correction solaire périodique est proche de celle du projet de 1435, avec une suppression d’un jour bissextile en moyenne tous les 133 ans. Il semble cependant qu’on ait continué un temps continué à suivre le nombre d’or, puisqu’il était remonté tous les 232 ans.

Problèmes

Deux types d’erreurs de raisonnement sont possibles à la lecture des principes du comput. L’une, mineure, vient d’une mauvaise compréhension des bases du comput chrétien au 15ème siècle. L’autre, majeure, vient d’une mauvaise compréhension des textes de l’antiquité par les computistes eux-mêmes.

Certaines erreurs importantes peuvent être corrigées ainsi :

  • Le calendrier utilisé par les anciens conciles chrétiens est le calendrier « juif » métonique et non le calendrier julien
  • L’équinoxe n’a pas été fixée au 21 mars pour des raisons astronomiques, mais pour des raisons bibliques
  • Le comput juif dont il est fait mention ne suit pas le cycle métonique

1 – le calendrier de 19 ans n’est pas le calendrier julien

Romains

Suétone dans les Vies de Douze Césars, et Solin disent que Jules César réforma le calendrier qui avait été corrompu par les pontifes païens, et inventé l’année julienne de 365,25 ans en 47 av JC.

Mais selon Pierre d’Ailly, Jules César a aussi inventé le nombre d’or, en notant les dates de survenue des conjonctions lunaires selon un cycle de 19 ans. A l’époque, l’équinoxe aurait été observée le 25 mars.

En 325 (selon les auteurs la date donnée va de 318 à 332), le concile de Nicée avait observé que l’équinoxe survenait maintenant le 21 mars et on changea la date légale en conséquence. Mais l’année solaire julienne de 365,25 jours était toujours trop longue, et la dérive de l’équinoxe vraie par rapport à l’équinoxe légale continua. Au 14ème ou 15ème siècle, l’équinoxe avait dérivé de dix jours, et était maintenant située vers le 11 mars. La dérive de l’équinoxe de 10 jours correspondrait à environ un jour tous les 136 ans (variable selon les auteurs).

Le concile de Nicée recalcula les conjonctions moyennes dans le cycle de 19 ans pour resynchroniser les nouvelles lunes du calendrier et les nouvelles lunes observées. Le cycle de 19 ans cependant était intrinsèquement incorrect, car il faisait le mois lunaire synodique trop long, et la nouvelle lune calendaire survenait quatre jours plus tôt que la nouvelle lune observée. La dérive de la nouvelle lune de 4 jours correspond à un jour tous les 312,5 ans (de 272 à 310 selon les auteurs du 15ème siècle).

La dérive liée à l’année julienne de 365,25 jours est bien connue. La détermination de cycles de 19 ans par Jules César puis par le concile de Nicée semble bien connue des computistes au 15ème siècle, mais elle a disparu de l’histoire commune. Dans ce cycle de 19 ans, la durée de l’année solaire est bien de 365,25 jours, comme dans le calendrier julien, mais il s’agit du calendrier métonique, qui alterne des mois de 29 ou 30 jours, et non du calendrier julien que nous connaissons, où les mois durent 30 et 31 jours. Olivier de Solan traduit cela par le fait que Jules César avait proposé deux calendriers, un calendrier solaire où l’équinoxe était à sa place, et un calendrier lunaire où la conjonction lune-soleil était également à sa place.

Le concile de Nicée en 325 avait corrigé l’erreur liée aux quatre siècles passés, mais sans modifier le calendrier et n’avait donc pas anticipé les dérives à venir. En dehors de ces deux moments, le monde et notamment l’église chrétienne n’auraient jamais apporté de corrections simples basées sur la simple observation.

Le cycle met en correspondance 19 années solaires avec 235 mois lunaires synodiques, pour que les phases de la lune reviennent aux mêmes dates dans le calendrier solaire. L’année considérée est l’année julienne de 365,25 jours, qui propose donc une année de 366 jours tous les quatre ans. Le mois synodique est la durée moyenne d’un mois lunaire d’une nouvelle lune à l’autre de 29 jours 12h et 44 minutes.

Le mois lunaire est connu avec une grande précision du fait de la simplicité d’observation d’une nouvelle lune, mais ne correspond pas à un nombre de jours fixes. Pour une approximation correcte, il faut alterner des mois de 29 et 30 jours. Malgré cela, des années de douze mois ne font en 19 ans que 228 mois. 7 années sur 19 seront donc des années de treize mois nommées années embolismiques. La correspondance n’est pas parfaite puisque 235 mois lunaires dépassent 19 années solaires de 1h27 et 33 secondes. Ainsi après 312,5 ans, il y a un décalage d’un jour entre les deux comptes. Le rang d’une année est appelé nombre d’or. Les années embolismiques de treize mois sont les années de nombre d’or 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19.

L’origine de ce cycle de 19 ans est assez confuse. On crédite les anciens Babyloniens de l’avoir découvert. Néanmoins Bérose, babylonien lui-même, crédite pour cela le grec Méton en 432 av JC, d’où le nom de cycle métonique donné à ce cycle. Tite-Live affirme que le calendrier créé à Rome par le second roi Numa Pompilius, pourtant plus ancien que Méton, respectait aussi un cycle de 19 ans basé sur l’alternance de mois lunaires de 29 et 30 jours. Ceci contredit l                a description de Macrobe qui prétend qu’avant la réforme julienne, les Romains utilisaient des cycles de 8 ou 11 ans, beaucoup plus imprécis que le cycle métonique. Numa étant un roi légendaire et Tite-Live plus conteur qu’historien, Macrobe est sans doute plus crédible.

Ici nous voyons qu’au 15ème siècle, Jules César était lui aussi crédité pour l’invention du cycle métonique. Contrairement à Pierre d’Ailly qui dit que César a inventé le nombre d’or, Hermann Zoest écrit que César a réformé le nombre d’or. En effet les cycles de 8 et 11 ans sont également lunisolaires et peuvent suivre les mêmes principes d’alternance d’années normales et embolismiques.

Juifs

Les Juifs utilisent aussi le cycle métonique, en doublant le dernier mois de l’année adar lors des années embolismiques avant la nouvelle lune de printemps. Le calendrier juif est le même que le calendrier grec, seul le nom des mois est changé.

Il n’est pas clair dans la Torah que la célébration de la Pâque juive tient compte des années embolismiques ou non. Isidore de Séville dans Etymologies dit que l’année embolismique fut divinement révélée à Moïse. Hermann Zoest prétend également que le calendrier juif n’a pas changé depuis Moïse, sans plus de précision. Une lettre de Gamaliel précise que les Juifs se basaient autrefois sur l’observation pour donner la date de Pâques. Un décret annuel du Sanhédrin de Jérusalem était promulgué, comme les Musulmans attendent que soit annoncée les dates du Ramadan. L’ajout de mois embolismiques était également décrété de façon irrégulière. Ceci est différent de la pratique romaine où ce sont des cycles moins précis que le cycle métonique qui le précèdent.

Les Juifs créditent Hillel Nessia d’avoir inventé un cycle de 19 ans contenant des années embolismiques régulières en 359, un peu après le concile de Nicée de 325. Ceci permettait d’anticiper la date de Pâques des années à l’avance et de constituer des calendriers prévisionnels. Il ne faudrait pas confondre cet Hillel avec Hillel l’ancien, un sage Pharisien qui vivait peu avant la destruction du Second Temple, dont on dit pourtant qu’il avait réformé l’usage du calendrier. Son élève Yohanan ben Zakkai va également promulguer un nouveau calendrier liturgique, et son successeur Gamaliel avait prolongé ses efforts en ce sens. Comme c’est ce Gamaliel qui parle dans sa lettre de mettre fin à l’observation pour déterminer la date de Pâques, il est clair que les Juifs n’ont pas adopté le cycle de 19 ans en 359 mais que ce sont les Pharisiens après la disparition du Second Temple qui l’adoptent. Les grands-prêtres du Temple comme les chefs du Sanhédrin pharisien qui lui succède portent d’ailleurs le nom de nasi. Ainsi Hillel Nessia est probablement identique à Hillel l’Ancien, le Nasi. Hillel est donc pour les Juifs l’équivalent de Jules César pour les Romains. Un certain pape « Hilaire » introduit également un nouveau cycle de 19 ans.

Le cycle métonique implique l’utilisation de l’année solaire moyenne de 365,25 jours, même si ce n’est pas l’année légale des Juifs. L’année dure 354 jours dans les années non embolismiques et 384 les années embolismiques. Le décalage d’un jour tous les 312,5 ans de la nouvelle lune réelle et de la nouvelle lune calculée dans le calendrier chrétien médiéval est le même qui s’observe avec le cycle métonique dans la détermination des années juives.

Le cycle de 19 ans, est également en usage chez les Babyloniens, dont les mois sont identiques à ceux des Juifs. La Babylonie étant une civilisation déterminée par l’archéologie, la « Babylone » des archéologues est en réalité Israël. Eretz Israël inclut d’ailleurs la Mésopotamie. De même, les tablettes sumériennes disent que Sumer mit en place le monopole des prêtres pour la création monétaire. On retrouve le même principe dans Genèse, Exode ou le Livre d’Isaïe, où les Israélites – c’est-à-dire le Temple – prétendent prêter à intérêt. La véritable Babylone est plus vraisemblablement Le Caire, qui porte le nom de Babylone jusqu’au 17ème siècle. Le calendrier métonique des Juifs et des Babyloniens est en général connu sous le nom de calendrier de Nippour. Il est également connu dans l’Egypte antique.

Juifs au 15ème siècle

Cette présentation contraste avec ce qui est dit du calendrier des Juifs au 15ème siècle. Olivier de Solan reprend un raisonnement de Nicolas de Lyre qui écrit que c’est à cause des années embolismiques que les Juifs fêteraient la Pâque juive avant l’équinoxe, et le premier mois chrétien surviendrait un mois après le premier mois juif (Nisan). Or l’année embolismique est plus longue que l’année normale d’un mois, et non pas plus courte. Ce sont donc les Chrétiens qui utilisent l’année embolismique, et les Juifs ne l’utilisent pas. 

Bède écrit aussi que la lunaison du premier mois commence en mars sauf quand un embolisme l’en empêche, auquel cas l’équinoxe a lieu en février. Les Chrétiens utilisent donc l’année embolismique, avec apparemment les noms des mois chrétiens. Il s’agit de mois lunaires comme dans la Rome primitive, qui commencent par la nouvelle lune. D’après Bède, les Chrétiens n’hésitent pas à faire commencer l’année qui suit une année embolismique en février. Ce n’est pas la solution des juifs orthodoxes, qui doublent le mois d’Iyar, pour que le premier mois soit toujours Nisan.

La Pâque juive ne survient par construction jamais avant l’équinoxe. De quels Juifs parle Nicolas de Lyre ? Ce calendrier fait plutôt penser à celui des Musulmans, dont le calendrier lunaire est très précis, mais dont l’année de 355 jours ne propose pas de correction embolismique, ni par l’observation, ni par construction d’un cycle lunisolaire. Herman Zoest écrit d’ailleurs en 1437 que « les Juifs admettent que le Christ a souffert et a été tué mais nient la Résurrection. » Il s’agit là de la position des Musulmans, et non des Juifs orthodoxes que nous connaissons.

Rénier de Paderborn en 1171 écrit que Denys le Petit amène une erreur dans la date de la Pâques chrétienne, qui pourrait être fêtée le second mois, et pas celui de la pleine lune d’équinoxe. Denys a mis fin à l’utilisation des mois lunaires de 29 et 30 jours pour des mois de 30 et 31 jours et sans années embolismiques. Ceci crée un décalage d’un mois et Pâques est fêtée le second mois (avril). Il écrit après Bède le Vénérable, et non avant.

Grecs

Olivier de Solan ne dit rien du calendrier des chrétiens d’orient. On suppose aujourd’hui qu’ils suivent le calendrier julien depuis les origines. Les chrétiens orthodoxes l’ont suivi jusqu’à très récemment dans beaucoup de pays, et certains le suivent encore. Toutefois, lorsque les occidentaux au 15ème siècle parlent du calendrier grec, ils parlent toujours du calendrier grec « antique ».

Dans l’Avisamentum de 1437, Nicolas de Cues écrit que les byzantins au 14ème siècle utilisent alors des années de  12 mois de 30 jours additionnés de 5 jours complémentaires en fin d’année. Or Hérodote au 5ème siècle avant Jésus-Christ avait défini ainsi l’année égyptienne, toujours en usage d’ailleurs en Ethiopie. Cues ajoute que le prêtre byzantin Pléthon voulait revenir au calendrier grec antique. « Antique » signifie simplement antérieur. En effet, le calendrier lunisolaire, qu’il ajoute des embolismes par observation ou par suivi du cycle de 19 ans est beaucoup plus précis que le calendrier de 365 jours des Egyptiens d’Hérodote.

Bède le Vénérable au 8ème siècle cite ainsi Cyrille d’Alexandrie qui aurait affirmé que le moine Pacôme avait écrit une lettre sous la dictée d’un ange afin qu’ils ne commettent pas d’erreur quant à la lune du premier mois dans les années communes et embolismiques, et qu’il l’avait envoyé à ses monastères. Pacôme est donc un moine chrétien d’orient qui utilise un calendrier embolismique, soit par observation, soit par cycle de 19 ans.

L’affirmation de Pléthon montre qu’en Egypte le calendrier éthiopien est postérieur au calendrier de Nippour. Hérodote, qui présente le calendrier éthiopien comme celui en vigueur en Egypte est donc postérieur à Bède le Vénérable (8ème siècle).

Eusèbe

Selon l’histoire, le computiste d’Alexandrie Anatolius adapte vers 260 le cycle de 19 ans « dans le calendrier julien » pour déterminer la date de Pâques. On retient que la version d’Anianus de 400 inspire la table des dates de Pâques fournie par Béde le Vénérable en 725, utilisée par la chrétienté jusqu’à la réforme de 1582. Néanmoins, les sources d’Olivier de Solan mentionnent que ce cycle de 19 ans était déjà utilisé par Jules César en 47 av JC, et par le concile de Nicée en 325.

L’Exhortatio de Pierre d’Ailly de 1411 plagie l’Opus majus de Roger Bacon (13ème siècle) dont les emprunts représentent un tiers du contenu. Bacon proposait d’abandonner le cycle de 19 ans pour le « cycle juif », car le concile de Nicée s’était trompé en 325 en croyant le cycle de 19 ans correct. Pour Bacon, c’est donc le concile de Nicée qui introduit le cycle de 19 ans dans le calendrier. Pierre d’Ailly écrit aussi qu’Eusèbe de Césarée avait composé un cycle de nouvelles lunes que le concile de Nicée avait suivi. Ambroise dit qu’à Nicée on recueillit 19 ans de computs et on composa un cycle destiné à servir d’exemple pour les années à venir. Ambroise précise que « les plus savants comptent le premier mois d’après le cours de la lune selon la loi ». On ne dit donc pas que le concile de Nicée a proposé de nouvelles tables pour remplacer celles de Jules César.

C’est le concile de Nicée qui introduit le calendrier « juif » basé sur le cycle métonique en 325, peu avant qu’Hillel le fasse adopter par les Juifs en 359. Numa Pompilius, qui l’introduit à Rome, pourrait être un alter ego de Constantin. Ananius a pu proposer une version corrigée des tables astronomiques proposées par Eusèbe au concile.

L’affirmation de Nicolas de Cues selon laquelle le concile de Nicée utilisait le comput juif contredit Roger Bacon, qui veut remplacer le cycle de 19 ans adopté à Nicée par le calendrier juif. Ceci est un indice possible pour les récentistes. Ainsi, au 13ème siècle où écrit Bacon, le concile de Nicée a déjà adopté le cycle métonique, mais les Juifs – censés l’avoir adopté en 359 – pas encore ! En revanche, au 15ème siècle où écrit Nicolas de Cues, les Juifs ont adopté le cycle métonique, et les Chrétiens l’ont abandonné. Ceci est congruent avec le fait que les projets de réforme du calendrier n’apparaissent pas avant le 13ème siècle.

Nicolas de Cues avait peut-être besoin de rappeler certains principes. Olivier de Solan fait la remarque que la session de 1435, dont Cues est absent, et dont les débats sont retracés dans la Relation de Thomas Stzepin, ne tient pas compte des années embolismiques des Juifs dans le calcul  de la date de Pâques.

Denys le Petit

Hermann Zoest dans le Tractatum Phase de 1424 cite Rénier de Paderborn, auteur du Comput emendatus en 1171, qui avait constaté une erreur dans la détermination de l’équinoxe et des nouvelles lunes. Rénier accuse Denys le Petit d’avoir inventé ce cycle fautif de dix-neuf ans au 6ème siècle, deux siècles après le concile de Nicée.

Cela nous fait un nouvel inventeur de ce cycle de 19 ans, après Jules César, Eusèbe, Ananius, Méton, Hillel et un autre créateur babylonien, et tous ceux qui ont proposé de nouveaux cycles resynchronisés avec les observations. Or le cycle de 19 ans ne détermine pas la date de l’équinoxe et ne peut donc pas entraîner d’erreur quant à la date réelle de l’équinoxe. Denys n’est pas exactement accusé d’avoir créé un cycle de 19 ans fautif, comme le suggère Olivier de Solan, mais d’avoir cru que l’année de 365,25 ans était l’année solaire exacte. Aussi le cycle introduit par Denys serait plutôt un grand cycle de 532 ans mettant en correspondance le cycle lunaire de 19 ans avec un cycle solaire de 28 ans.

Denys le Petit est aussi à l’origine de l’introduction de l’ère de l’incarnation du Seigneur ou Anno Domini, à la place des ères des empereurs romains, y compris la plus pérenne ère de Dioclétien qui continua après la mort de ce dernier. Denys est accusé de s’être « trompé sur l’année de l’incarnation » en raison de son cycle faux. Que le cycle soit juste ou faux importe peu : ce n’est pas comme cela que l’on détermine une date de naissance. Denys aurait apparemment décidé que le premier cycle de 532 ans se terminait au moment même où il écrivait, et qu’il vivait donc en 532.

Rénier accuse aussi Denys et ses partisans d’avoir créé « de nouvelles années et de nouveaux mois que la Loi ne connaissait pas ». Les mois « que la Loi ne connaissait pas » sont les mois de 30 et 31 jours censément introduits par Jules César, et qui remplacent les mois de 29 et 30 jours. Ainsi Rénier ne dénonce pas l’imprécision du cycle métonique, mais l’abandon du calendrier métonique pour le le calendrier dit aujourd’hui julien. Les textes latins créditant Jules César d’avoir inventé les mois de 30 et 31 jours sont des faux publiés après lui.

L’année étant toujours de 365,25 jours, le cycle lunisolaire de 19 ans est toujours applicable. Néanmoins les débuts de mois en occident ne peuvent plus correspondre aux nouvelles lunes du cycle. Cela nécessite de refaire entièrement le cycle des nombres d’or dans le cadre de ce nouveau calendrier, au besoin en séparant calendrier lunaire et calendrier solaire. Les computistes du 15ème siècle continuent de recalculer ce cycle, donc Denys a certainement perpétué l’usage du cycle de 19 ans.

Denys a pu transposer à l’identique les nombres d’or du comput de Nicée, avec les erreurs. Mais s’il a recalculé les conjonctions, on ne peut plus dire que les nombres d’or avaient dérivé  de trois ou quatre jours en avant depuis le concile de Nicée.

Sigebert dit aussi que Denys suppose que la lune 14ème – qui correspond dans les évangiles au jeudi saint – est un dimanche. Comment un abbé aurait-il pu faire cette erreur ? La lune 14ème correspond à la Pâques des quartodécimains. Possiblement Sigebert, un auteur médiéval, est-il quartodécimain comme l’hérésie du 2ème siècle. Denys en ce cas serait responsable d’avoir fixé Pâques un dimanche. Or le premier concile post-apostolique de Césarée est censé avoir imposé le dimanche comme jour de Pâques.

Premier jour du mois

Pendant la session de 1435, un désaccord surgit également quant au premier jour du mois, la lune 1ère. Zoest était convaincu que Jules César avait fixé le nombre d’or le jour de la conjonction (la lune noire), comme Denys et Gerland après lui. Zoest avait recalculé les jours des conjonctions avec les tables alphonsines, et avec les tables des Hébreux, et avait même proposé de créer l’ère de Bâle pour le calendrier. Mais Thomas Strzepin et d’autres pensaient que la lune 1ère ou nouvelle lune correspondait au premier quartier. Aussi la pleine lune est en réalité la lune 15ème, au milieu d’un cycle de 29 jours. 1 Nisan est d’ailleurs parfois repoussé d’un jour, quand il tombe un dimanche, un mercredi ou un vendredi. En ce cas la pleine lune peut même être la lune 16ème.

Or la lune 15ème est une date possible pour la Pâques chrétienne, qui aurait lieu alors avant la Pâque juive. Orose et Augustin disent que la Passion eut lieu la lune 14ème, Théophile et Bède la lune 15ème. Zoest n’y voit pas de difficulté car il pense que tout le monde sous-entend qu’il s’agit de la pleine lune. Augustin dans son commentaire sur la Genèse écrit que « la lune qui se présente pleine le soir après l’équinoxe de printemps détermine le terme pascal ».  Jérôme dans son commentaire sur Zacharie dit que l’agneau n’est pas sacrifié avant la pleine lune. Ainsi comme les chrétiens, les Juifs fêtent la Pâque à la pleine lune, et pas précisément le 14 Nisan.

2- les tables annoncent les cycles

Les computistes du 15ème siècle considèrent qu’il faut fixer l’équinoxe légale sur l’équinoxe vraie. Pour ce faire, il existe deux méthodes : la méthode observationnelle, et l’utilisation de tables astronomiques. Il semble clair dans ce qu’écrit Solan que la méthode observationnelle est la plus ancienne. Ainsi Nicolas de Cues mentionne la datation de l’équinoxe de printemps de 1290 de Guillaume de Saint-Cloud dans Almanach perpetuum, et celle de 1303 de Profatius Judaeus. Judaeus aurait triché et aurait en réalité recouru aux Tables de Tolède.

Nicolas de Cues dit que ces observations sont incorrectes. Mais il est difficile de croire que Saint-Cloud a pu se tromper : l’observation donne l’équinoxe à la minute près. Et il se serait trompé de 13h (selon Cues), ou 8 selon des calculs plus récents. Possiblement Saint-Cloud aussi se sera servi de tables calculées à l’avance. Sans disposer des ouvrages de Saint-Cloud et Profatius Judaeus, nous en sommes réduits à des hypothèses. Le fait que Judaeus prétende faire une observation peut s’expliquer par le fait qu’il est lui-même l’auteur des Tables de Tolède.

Il n’est pas clair que Saint-Cloud ou Profatius Judaeus aient été des astronomes ou des computistes. L’hypothèse de Solan est qu’ils sont astronomes. Mais à cela il y a deux difficultés. La première est que la méthode observationnelle est toujours la meilleure : les astronomes n’auraient pas remplacé une méthode éprouvée par une méthode simplifiée se passant d’observations. La seconde est que la séquence historique qui remplace les observations par les tables astronomiques est identique à la séquence historique des calendriers, notamment chez les Juifs, chez qui Hillel Nassi remplace les observations du Sanhédrin par le cycle métonique en 359. Or l’histoire de Profatius Judaeus, qui est bien entendu juif, suggère qu’une telle transition a pu avoir lieu au 14ème siècle.

Il est admis que les tables astronomiques des astronomes ne sont pas la même chose que les cycles calendaires des computistes. Toutefois, la logique sous-jacente est la même, puisqu’il s’agit d’anticiper des années à l’avance la date de survenue des équinoxes et des phases de la lune. Les tables astronomiques sont nécessaires à la détermination de cycles. Et les tables sont aussi imprécises que les cycles.

Publiées en 1249, les tables du roi Alphonse du Portugal donnent la position des astres pour les années à venir. La notation est hexagésimale. Dans les tables alphonsines, l’équinoxe moyen est le 13 mars, alors que l’équinoxe vraie est le 11 mars. Les clercs utilisent aussi les martyrologes d’Usuard et Bède. Mais l’imprécision des Tables alphonsines les amènent à se servir des Tables des hébreux ou des arabes.

Les laïcs ont leurs propres formules qui sont plus exactes que les tables utilisées par l’église car conformes aux observations. Ils disent qu’il faut chercher trois nouvelles lunes après l’Epiphanie, et le troisième dimanche après est celui de Pâques. Or Pâques au 15ème siècle est fêtée le quatrième dimanche, ce qui scandaliserait la population.

3 – la date du 21 mars n’est pas déterminée par observation

Robert de Lincoln dit que Nicée avait choisi le 21 mars car l’équinoxe survenait ce jour-là au 4ème siècle. Mais la grande majorité des auteurs antiques mentionnés par les computistes eux-mêmes dit autre chose.

Bède écrit que les équinoxes et solstices ont d’abord été établis le 8 des calendes d’avril, juin, octobre et janvier (25 mars, 24 juin, 24 septembre et 25 décembre). Les fêtes fixes de l’année ont été déterminées à ces dates. L’Incarnation de Jésus est le 25 mars, sa Nativité le 25 décembre. Les fêtes équivalentes pour Jean-Baptiste sont au 24 juin et 24 septembre. Pierre partageait cette opinion et l’Eglise primitive s’y rallia en son temps. Anatolus, Hippocrate et Isidore auraient défendu le 25 mars. Par Hippocrate il faut peut-être comprendre Hippolyte, qui est un des premiers à proposer un calendrier ecclésiastique et qui soutient aussi le 25 mars comme date de l’équinoxe de printemps.

Mais au concile de Nicée (325), on proposa le 12 des calendes (21 mars, 20 septembre, 20 juin, 21 décembre). Aujourd’hui on prétend que c’est parce que l’équinoxe avait dérivé de 4 jours depuis l’instauration du calendrier julien par Jules César en 47 av JC. Ce n’est pas ce que disent les anciens textes.

Le décret du concile de Césarée, antérieur à Nicée, affirme que le monde a été créé le 18 mars. C’est également l’avis de Bède qui explique que le quatrième jour de la Création – c’est-à-dire le 21 mars – est celui de la création des astres. Denys le Petit se basant sur la Genèse écrit également que l’équinoxe de printemps a eu lieu le quatrième jour, soit le 21 mars et doit y demeurer toujours. Augustin défend aussi un équinoxe fixe le 21 mars, de même que Bède, Funjo et Cyrille. Raban de Maur précise qu’il s’agissait d’un équinoxe mais également d’une opposition ou pleine lune – car la lune et le soleil ont été créées pour séparer la lumière et les ténèbres. Bède ajoute aussi que «  la lune fut créée pleine ». Nicolas de Cues résume en disant que l’équinoxe de printemps correspond à la fois à la création des astres, à l’Incarnation et à la Passion du Christ.

A Nicée l’équinoxe avait donc été fixé au 21 mars pour des raisons bibliques, et non astronomiques. Il n’est donc pas possible de se prévaloir de dix jours de décalage avec l’équinoxe vraie, située au 11 mars, pour confirmer la date du concile de Nicée en 325. De même le glissement de l’équinoxe du 25 mars au 21 mars, entre l’introduction du calendrier julien en 47 av JC et le concile de Nicée en 325, est un rétrocalcul. Ce rétrocalcul a déjà été fait au moment du concile de Bâle, qui valide ces dates, alors même qu’ils produisent des textes qui en donnent une autre raison.

Au 13ème siècle, Roger Bacon – que cite Pierre d’Ailly – a accusé le concile de Nicée d’avoir introduit une erreur astronomique dans le calendrier. Mais il ne dit rien sur la date de l’équinoxe. Il ne voit donc pas le maintien du 21 mars comme une erreur. Il accuse seulement le concile d’avoir introduit le cycle métonique qui met en relation 19 années solaires et 235 mois lunaire synodiques, qui est un cycle faux. Il n’est pas certain que Bacon ait parlé d’une dérive de quatre jours entre les conciles de Nicée et Bâle. En revanche, Pierre d’Ailly le fait en citant Bacon. Ceci pourrait confirmer le millénaire d’écart entre les deux conciles. Mais il est peu vraisemblable qu’on n’ait pas tenu compte de la nouvelle lune réelle pour suivre un comput faux pendant mille ans. Les tables auraient été ajustées régulièrement au besoin. Le concile de Nicée aurait pu se tenir peu avant les premières critiques formulées par Roger Bacon.

En 1339, Jean des Murs et Firmin de Belleval font une proposition de réforme calendaire et continuent de ne PAS corriger le calendrier solaire et fixent toujours l’équinoxe au 21 mars. Pierre d’Ailly en 1411 est le premier à proposer de fixer l’équinoxe à sa date vraie, le 11 mars. Herman Zoest à sa suite propose le 12 mars dans ses traités de 1424 et 1435. Néanmoins, à l’occasion de la session de la commission de réforme de 1437, Zoest a les ouvrages des anciens auteurs et les actes des anciens conciles sous les yeux et change d’avis. Dans la Phaselexis de 1437 il retient le 21 mars à cause de l’autorité des conciles, et du mot de Saint-Grégoire selon lequel les quatre premiers conciles sont aussi sacrés que les quatre évangiles. Cela veut-il dire qu’entre 1339 et 1411, on avait perdu le souvenir et les actes des anciens conciles ?

Confusion entre Jules César et Nicée

Bède a écrit que l’équinoxe avait d’abord été fixée le 25 mars. L’histoire nous enseigne en effet que l’équinoxe aurait été fixée à Nicée le 21 mars parce que c’était la dérive qui s’était opérée en quatre siècles, et que la dérive depuis Nicée en 325 nous a encore fait perdre dix jours, puisque l’équinoxe vraie en 1437 est le 11 mars selon les tables alphonsines.

Olivier de Solan écrit donc que la correction de 7 jours proposée en 1437 est insuffisante par rapport à la dérive observée depuis Nicée en 325. L’équinoxe réelle aurait été observée le 18 mars. Le choix de conserver un équinoxe légal le 21 mars aurait été une solution pour que s’assurer que la Pâques chrétienne survienne après la Pâque juive. Cette crainte semble assez chimérique. En réalité 7 jours, soit exactement une semaine, est un choix nécessaire pour préserver la validité des anciens computs.

Mais ce n’est pas vrai. D’une part, en 1411, Pierre d’Ailly a calculé que l’année solaire de 365,25 jours amène un glissement d’un jour en arrière de l’équinoxe tous les 134 ans (ou 136 dans le décret de 1435). D’Ailly a ainsi calculé un décalage accumulé de dix jours, non pas depuis Nicée, mais depuis Jules César en 47 av JC. Ainsi Pierre d’Ailly ne tient pas compte de l’opinion de Bède, et attribue le choix du 21 mars comme date de l’équinoxe à Jules César. D’autre part, 7 jours correspondent bien à la dérive du calendrier observée depuis 325, date acceptée du concile de Nicée.

Le projet de décret de 1435 proposait toujours de décaler l’équinoxe de dix jours. Il semble donc qu’on attribuait toujours comme Pierre d’Ailly l’introduction de la date du 21 mars à Jules César. La date de cette introduction a probablement fait l’objet de rétrocalculs sur la base de 10 jours de dérive, pour déterminer la date de 47 av JC pour l’introduction du calendrier julien.

Or en 1437, le choix du 21 mars est attribué au concile de Nicée. C’est en effet ce qu’affirme la documentation apportée au concile de Bâle et qui était jusqu’ici indisponible, notamment les décrets des anciens conciles de Césarée, Nicée et Chalcédoine. On peut facilement imaginer que la date au 4ème siècle avait été rétrocalculée en 325 (ou à une date proche) sur les bases d’un jour tous les 136 ans pour atteindre 7 jours. Ces 7 jours étaient pratiques pour ne pas avoir à trop modifier le comput.

Mais ce décalage de 7 jours, correct d’un point de vue astronomique, est contredit par la simple arithmétique : au 15ème siècle, l’équinoxe survient bien dix jours avant la date légale du 21 mars, et non 7. On prétend depuis la réforme grégorienne de 1582 que 1 jour tous les 136 ans donnaient dix jours de décalage, en espérant que personne ne refasse les calculs.

Césarée

En réalité, la documentation recueillie par la commission de réforme du calendrier en 1437 n’attribue pas le choix du 21 mars au concile de Nicée en 325, mais à un concile antérieur situé à Césarée, et présenté comme le premier concile après la période des apôtres, et présenté sans date.

Dans la Phaselexis de 1435, Herman Zoest ne connaît l’hérésie quartodécimaine que par Eusèbe qui cite les conciles d’Alexandrie et de Nicée. Dans la Phaselexis de 1437, Alexandrie a été corrigée en Césarée sur la foi des lettres de Théophile de Césarée et du pape Victor qui y étaient présents. Son récit sur le concile de Nicée s’appuie toujours sur Eusèbe, mais aussi sur Cassiodore. Il mentionne également le concile de Chalcédoine.

La liste des ouvrages cités par Zoest s’est étoffée de nombreux actes d’anciens conciles et de lettres d’auteurs de la fin de l’antiquité. La plupart ont été compilés dans le Décret de Gratien, mais aussi le Livre des Conciles d’Isidore de Séville. Beaucoup de ces auteurs, et notamment les actes des conciles de Césarée, auraient été identifiés selon Olivier de Solan comme des faux récents d’origine irlandaise. Le Livre des Conciles d’Isidore dans son ensemble est considéré comme un faux et désormais affublé du nom de Fausses décrétales.  Nicolas de Cues utilise les mêmes références dans son ouvrage de 1437.

Ces textes font partie de la documentation obtenue par le concile de Bâle auprès des universités pour appuyer les travaux de la commission. Il est aussi possible qu’ils aient été apportés par Nicolas de Cues. En 1426 Nicolas de Cues avait rencontré Poggio Bracciolini et avait passé des années en Allemagne à faire ce que Poggio faisait en Italie : rechercher les manuscrits antiques perdus dans les bibliothèques des monastères. Il trouvera les livres I à IV des Annales de Tacite et de nouvelles comédies de Plaute. Il est très possible qu’il ait également trouvé les actes des anciens conciles et les canons ou compilations des anciens auteurs. Cues aurait également fait des recherches de documents à Byzance après son départ de Bâle. Il utilisera encore les actes des anciens conciles généraux au concile de Ferrare pour discuter avec les Grecs.

Or Hochart et Ross ont chacun publié une étude suggérant que Poggio avait falsifié ces documents antiques. Olivier de Solan fait remarquer que Nicolas de Cues est l’un des premiers à respecter les règles des anciens conciles ! Serait-il lui-même un faussaire ?

C’est douteux, car ces « faux » présentent peu de désaccords avec les ouvrages jugés authentiques, contrairement aux « fausses » épîtres de Paul. Le Décret de Gratien authentique et le Livre des conciles falsifié appuient les mêmes opinions, qui diffèrent peu de celles que Zoest avait déjà formées auparavant.

La découverte de ces textes explique cependant que la proposition de réforme faite en 1437 soit différente de celle formulée en 1435. Jusqu’ici la proposition majoritaire était de fixer l’équinoxe légale le 11 ou 12 mars. Le projet de décret de 1437 propose de supprimer une semaine mais de conserver l’équinoxe le 21 mars, car c’est une prescription des anciens conciles.

Pour une raison similaire, Dans le Compendium paschale de 1443, Hermann Zoest affirme qu’il est plus grave de ne pas respecter le calcul de la lune lorsqu’on célèbre Pâques que de ne pas la célébrer le dimanche. En effet, le dimanche n’a pour lui que les actes des conciles, alors que la semaine azyme qui suit la Pâque juive est une prescription de l’Ancien Testament, et même des Actes des Apôtres puisque les apôtres respectent la semaine azyme.

L’Avisamentum de Nicolas Cues, présenté en Assemblée générale en 1437, dit que le calendrier romain a trois composantes :

  • Le calendrier solaire de Jules César, gravé sur des tables d’airain
  • Le cycle lunaire des Chaldéens de 19 ans ajouté ensuite
  • La définition de Pâques par le concile de Nicée

Ainsi Nicolas de Cues contredit Pierre d’Ailly et Hermann Zoest, qui affirment que Jules César avait créé le cycle de 19 ans (Ailly) ou l’avait réformé (Zoest), mais ne l’attribue pas non plus à Nicée. Il laisse donc la place pour le concile de Césarée. En revanche, des règles de calcul de Pâques sont également présentes dans le décret du concile de Césarée, équivalentes à celles qui seront proposées à Nicée. Cues ne le mentionne pas, alors que sa documentation contient le décret de Césarée et les lettres qui lui sont associées.

Visiblement le concile de Césarée n’a inspiré personne pour déterminer la dérive de l’équinoxe. Possiblement on supposait que ce concile était peu éloigné en temps de celui de Nicée. Cette supposition est fragile, dans la mesure où Césarée se présente comme le premier concile pos-apostolique, et donc aurait dû survenir très tôt dans l’histoire de l’Eglise. Plus probablement, l’habitude avait été prise de tenir compte de Nicée bien avant le concile de Bâle.

Contre la pratique des Chrétiens d’Orient, qui fêtent la Pâques chrétienne le même jour que la Pâque juive, soit le 14 Nisan à la lune 14ème, le décret du concile de Césarée prescrit de l’observer le dimanche qui suit la lune 14ème, c’est-à-dire pendant la semaine azyme des Juifs entre la lune 14ème et la lune 21ème, et après l’équinoxe de printemps. La deuxième règle, contradictoire avec la première, est que Pâques survienne entre le 11 des calendes d’avril et le 7 des calendes de mai.

Exode 12 et Lévitique 23 prescrivent en effet la date de la Pâque juive et les sept jours azymes qui suivent. Il s’agit de commandements antérieurs aux commandements du Sinaï et au Deutéronome. Le décret du concile de Césarée fait référence à ces sept jours comme les « sept jours consacrés de Dieu ». Mais ils ne sont pas sacrés dans la religion chrétienne ! Le concile de Césarée, comme les quartodécimains, cherche toujours à adapter en partie la religion chrétienne à la Loi juive.

L’équinoxe n’ajoute théoriquement pas de complication, car les Juifs ont leur premier jour du premier mois à la nouvelle lune (lune 1ère) la plus proche de l’équinoxe, qu’elle ait lieu avant ou après, ou même pendant l’équinoxe. Ainsi la lune 14ème est bien toujours celle qui suit l’équinoxe de printemps. Elle peut avoir lieu le jour de l’équinoxe.

Pâques doit survenir dans la semaine de la lune 14ème et la lune 21ème .  Cela fait huit jours et non sept. Or les auteurs antiques chrétiens répètent constamment que si le dimanche tombe la lune 14ème il faut attendre une semaine pour fêter Pâques. Le décret de Nicée le précise aussi. La lune 14ème est donc exclue comme date de la Pâques chrétienne.

En revanche l’existence de deux règles est un vrai souci. Comme le dit Herman Zoest, les deux termes du décret sont contradictoires.  Pâques doit survenir entre le 11 des calendes d’avril et le 7 des calendes de mai. Olivier de Solan pense que Césarée suit le calendrier julien, où mars dure 31 jours et avril 30 jours. Il calcule donc que la période s’étend entre le 22 mars et le 25 avril. Probablement Solan considère que le 11 des calendes d’avril est exclu, car il correspondrait non au 22 mars, mais au 21 de ce mois.

Mais pour les calendriers de Césarée et Nicée, mars dure 30 jours et avril 29 jours. Le 11 des calendes d’avril est le 20 mars et le 7 des calendes de mai le 23 avril. Le 11 des calendes avril est antérieur à l’équinoxe du 21 mars, et est donc exclu de l’intervalle. La règle est donc similaire à celle concernant la lune 14ème. La période entre le 20 mars exclu et le 23 avril additionne les dates de survenue possible de la lune 14ème et du dimanche suivant. Ainsi la date de l’équinoxe n’a pas été fixée le 21 mars au concile de Nicée. Elle était déjà fixée le 21 mars au concile de Césarée.

Si les quartodécimains et les juifs suivaient l’équinoxe vraie, ceci créerait un désaccord autrement plus important que le fait de se prononcer pour la lune 14ème ou le dimanche suivant. Or ni le décret de Césarée, ni celui de Nicée, ni celui de Chalcédoine ne prétend que le désaccord avec les églises d’Asie portait sur le choix du 21 mars comme date de l’équinoxe légal. Seul le choix de la lune 14ème ou du dimanche qui suit est au cœur des débats.

Il est pourtant notoire que les Juifs suivent l’équinoxe vraie dans la détermination de la date de Pâques, qui survient donc pour eux 10 jours plus tôt au 15ème siècle. Cela aurait été la raison principale pour vouloir revenir au comput juif, comme le fait Roger Bacon. Néanmoins il veut le faire non pas à cause de la fausse date de l’équinoxe, mais de l’imprécision du cycle métonique concernant les phases de la lune !

Dates de la Passion

Il existe une controverse dans l’Eglise au sujet de la date de la Passion. Jérôme, Augustin et Denys le Petit disent que la Passion eut lieu le 25 mars et le Résurrection le 27 mars. Augustin dit ainsi que Jésus a « souffert le jour où il fut conçu ». Théophile de Césarée dans sa lettre synodale contre les quartodécimains défend le 23 et le 25 mars. Dans l’évangile, le Seigneur est arrêté le jeudi soir 14 Nisan à la Pâque juive, qui correspond au 11 des calendes d’avril ou 22 mars, le lendemain est donc le 23 mars. Bède appuie Théophile en disant que Jésus meurt le jour où Adam est créé par Dieu. Il s’agit du 6ème jour, le 23 mars, et Hermann Zoest est d’accord. Rénier de Paderborn et Victorius fixent la Passion le 26 mars.  Albert le Grand fixe la lune 14ème le 2 avril. Jean des Murs, Roger Bacon et Hermann Zoest proposent le 3 avril, en se basant sur le nombre connu d’années écoulées.

Or Théophile écrit aussi que les Juifs célèbrent la Pâque (14 Nisan) aux ides de Mars (15 mars). Ainsi dans le comput juif, il est admis que les mois juifs correspondent aux mois romains. Jusqu’à Rénier de Paderborn inclus à la fin du 12ème siècle, les mois romains sont substituables aux mois juifs, ce qui permet de conserver une date de Pâques fixe. L’occident utilise donc clairement des mois lunaires de 29 et 30 jours.

Néanmoins quand on transpose le comput juif dans le comput chrétien, le 14 Nisan devient le 22 mars, parce que la Pâque doit avoir lieu après l’équinoxe, et que l’équinoxe a été fixée le 21 mars !

5 – pas d’incohérences chez Alphonse

Olivier de Solan fait remarquer une double incohérence chez le roi astronome Alphonse du Portugal, que de nombreux astronomes auraient remarquée, mais pas Pierre d’Ailly, Hermann Zoest ou Nicolas de Cues. Au 13ème siècle, Alphonse suggère un glissement de la date de l’équinoxe d’un degré ou jour tous les 136 ans, chiffre similaire à celui calculé par nos computistes du 15ème siècle. Mais ailleurs il écrit que le rythme réel serait de 1 degré tous les 108 ans, et les tables alphonsines donnent un degré tous les 72,8 ans, ce qui selon Solan est proche de la valeur réelle actuelle.

Je n’ai pas les tables alphonsines sous les yeux, mais un jour tous les 72 ans est le rythme de la précession des équinoxes entre l’année solaire réelle, qui est plus précise que l’année julienne, et l’année sidérale. Le décalage d’un jour tous les 136 ans correspond à l’écart entre une année solaire julienne de 365,25 jours et l’année solaire réelle.  Les tables alphonsines donnent donc le rythme de la précession des équinoxes et non pas la dérive de l’équinoxe à cause du calendrier trop long.

La proposition d’un degré tous les 108 ans est ce qu’on obtient en faisant le même calcul que Pierre d’Ailly, soit le nombre d’années depuis l’introduction du 21 mars comme équinoxe d’automne, mais en remplaçant 47 av JC où le 21 mars est introduit par Jules César par 325 et le concile de Nicée. Entre 325 et 1411 il s’est écoulé 1086 ans. Si on considère qu’il y a 10 jours de dérive dans la survenue de l’équinoxe d’automne, on obtient un rythme d’un jour tous les 108 ans. Possiblement à l’époque d’Alphonse, on avait déjà affirmé que le 21 mars était issu du décret du concile de Nicée et que celui-ci avait eu lieu au 4ème siècle. Par calcul, on obtenait que la dérive était d’un jour tous les 108 ans. Mais ceci contredisait les propres observations d’Alphonse, qui trouvait un jour tous les 136 ans environ.

Par ailleurs, au 13ème siècle on déterminait encore la durée de l’année par les épicycles de Ptolémée. Ptolémée avait observé un décalage imprécis d’un jour par siècle entre le calendrier julien et la durée réelle de l’année.  C’est ce décalage qui pousse Nicolas de Cues à prétendre que la dérive ralentit dans le temps. D’autres auteurs ont supposé une succession régulière de phases d’accélération et de ralentissement de la précession.

6 – Quartodécimains

A l’époque des anciens conciles de Césarée, Nicée et Chalcédoine, le calcul de la date de Pâques faisait déjà polémique, mais pour une autre raison. Leurs décrets s’opposent à la tradition quartodécimaine, qui fête la Pâques chrétienne en même temps que la Pâque juive.

Dans la Phaselexis de 1435, Herman Zoest ne connaît l’hérésie quartodécimaine que par Eusèbe qui cite les conciles d’Alexandrie et de Nicée. Dans la Phaselexis de 1437, Alexandrie a été corrigée en Césarée sur la foi des lettres de Théophile de Césarée et du pape Victor qui y étaient présents. Son récit sur le concile de Nicée s’appuie toujours sur Eusèbe, mais aussi sur Cassiodore. Il mentionne également le concile de Chalcédoine.

L’histoire ne retient pas l’existence du concile de Césarée, mentionné par nombre d’auteurs, mais déclaré fictif. Néanmoins, le fait que l’hérésie quartodécimaine soit mentionnée à Nicée en 325 et à Chalcédoine en 381 est un anachronisme, puisque l’hérésie quartodécimaine a déjà été excommuniée en 190.

Eusèbe de Césarée écrit dans Histoire ecclésiastique que les églises d’Asie observaient Pâques à la lune 14ème , à la manière des Juifs. On les appelait donc les quartodécimains, et ils étaient associés à l’apôtre Jean. Isidore de Séville dans Etymologies propose un récit plus précis : « dans les temps anciens, l’Eglise célébrait Pâques avec les Juifs à la lune 14ème, […] quel que soit le jour où il tombait. Les Saints pères du synode de Nicée prohibèrent ce rite, décidant qu’il fallait non seulement rechercher la lune et le mois pascal, mais aussi observer le jour de la résurrection. » Ainsi les décrets des anciens conciles de Césarée, Nicée et Chalcédoine précisent que la Pâques chrétienne doit être fixée le dimanche qui suit la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps. Eusèbe écrit que le pape Victor convoqua le concile d’« Alexandrie en Palestine » (corrigé en Césarée par d’autres auteurs) avec pour objectif unique la fixation de la date de la Pâque chrétienne, et que le concile de Nicée confirma le décret d’Alexandrie.

Isidore écrit aussi « L’évêque Hippolyte fut le premier à composer un cycle pascal. Après lui les excellents auteurs Eusèbe de Césarée, Théophile d’Alexandrie, Prosper et Victorinus, tous deux d’Aquitaine, mirent au point de nombreux cycles, en poursuivant le calcul de cette fête. » Hippolyte bien sûr est à l’origine de la tradition fixant les fêtes chrétiennes aux fêtes romaines le 25 mars ou le 25 décembre. Eusèbe à Nicée a proposé de fêter Pâques le 21 mars selon une autre tradition. Isidore lui-même aurait proposé cinq cycles. Après lui, Pierre d’Ailly mentionne des computs de Cyrille d’Alexandrie, Denys le Petit (6ème siècle), Bède le Vénérable (8ème siècle), les tables de Gerland, Jean de Sacrobosco et Robert de Lincoln (13ème siècle).

Le Canon de Gratien et le Livre des Conciles d’Isidore de Séville contiendraient tous deux le décret du concile de Césarée. Le Canon de Gratien contient aussi un décret du pape Victor nommé De Consecratione. La lettre du pape Victor et le décret du concile prétendent que le synode de Césarée est le premier concile post-apostolique. Ceci est conforme à ce qu’écrit Eusèbe de Césarée, cité en 1411 par Pierre d’Ailly, sur un concile à Alexandrie de Palestine convoqué par le pape Victor, dont le décret sur la date de la Pâque chrétienne préfigurait celui de Nicée. L’ordonnance de Victor et une lettre de Théophile étudiées en 1437 disent que le concile a eu lieu à Césarée, et non à Alexandrie de Palestine. Eusèbe n’aurait pas compris ou su qu’Alexandrie était l’ancien nom de sa propre ville de Césarée pour expliquer ce désaccord.

Isidore de Séville écrivait que l’Eglise primitive était quartodécimaine. Olivier de Solan affirme que les synodes mentionnés dans les Actes des Apôtres suggèrent aussi que les apôtres respectaient la date juive de Pâques, même s’ils l’associaient désormais au Christ.

Les apôtres qui étaient juifs auraient associé la Pâque juive à Jésus par habitude, et parce que les persécutions ne leur laissaient pas le temps de se préoccuper du calendrier. Nous proposons une autre possibilité. Les tenants de fêter la Pâques chrétienne le 14 Nisan disent suivre l’apôtre Jean. L’Evangile de Jean ne donne pas d’indice en ce sens, puisqu’il mentionne une résurrection le troisième jour comme les autres évangiles canoniques. En revanche, Apocalypse ne mentionne son retour qu’à la fin des temps. L’Apocalypse de Jean s’inspire beaucoup du courant littéraire juif apocalyptique, dans lequel la venue du messie correspond au Jour du Jugement. Il existe aussi des apocalypses arabes datées du 7ème siècle, à l’époque des débuts de l’islam, dans un registre tout à fait similaire. Or le choix de fêter la Pâques chrétienne un 14 Nisan a du sens pour le courant judéo-chrétien pour lequel l’événement important était la mort de Jésus, et non la résurrection. Le décalage est d’un jour – Jésus meurt le vendredi – avec la Pâque juive, et l’assimilation des deux fêtes est donc envisageable.

La lettre de Victor et le décret de Césarée disent cependant «  nos prédécesseurs ont dit que Pâques devait être le dimanche entre la lune 14ème et la lune 21ème du premier mois ». Ceci suggère que ce sont les apôtres qui ont choisi de célébrer Pâques le dimanche, et contredit la version d’Isidore de Séville.

Dans le Compendium paschale de 1443, Herman Zoest prétend aussi que les apôtres célébraient Pâques le dimanche, mais oublie le décret de Victor pour des arguments plus faibles. Les apôtres auraient écrit « nous célébrons le jour du Seigneur à Pâques ». Zoest en déduit qu’ils signifient par là le dimanche puisque le mot dimanche signifie jour du Seigneur, mais on peut aussi interpréter que les apôtres ont choisi de célébrer le Seigneur le jour de la Pâque juive, donnant ainsi raison aux quartodécimains.

Il est possible que les apôtres n’aient pas été d’accord entre eux. Après tout, les quartodécimains ne se réclament pas des apôtres mais seulement de Jean. Il est également étonnant qu’en dehors de Jean les évangélistes ne soient pas mentionnés à ce sujet, dans la mesure où nous savons que chaque évangile est adapté à un calendrier liturgique. L’œuvre de Jean pour les quartodécimains est d’ailleurs l’Apocalypse et non l’Evangile. Zoest dit que Jean, dans l’Apocalypse, tomba en extase le dimanche, le nouveau nom donné au jour qu’on nommait auparavant premier du sabbat. Toutefois, l’extase de Jean n’est pas la résurrection de Jésus, et l’argument de peu de poids.

On a vu qu’Herman Zoest écrit en 1437 que « les Juifs admettent que le Christ a souffert et a été tué mais nient la Résurrection. » Il s’agit là de la position des Musulmans. On les appelle donc Juifs au 15ème siècle, et peut-être aussi Chrétiens d’Asie, car la tribu de Mahomet est celle des Qoreyshites. Sont-ils les héritiers des Chrétiens quartodécimains des églises d’Asie des premiers siècles ?

L’apôtre Jean a clairement des partisans en Asie. Les épîtres de Paul mentionnent que les deux piliers de l’Eglise de Jérusalem après la mort de Jacques sont Jean et Caïphas. Caïphas est présenté comme un adversaire du Christ dans les Evangiles, probablement à l’initiative des amis de Jean. C’est l’Apocalypse et non l’Evangile qui est le texte de référence des quartodécimains. Il est similaire au ton du livre d’Isaïe au 5ème siècle av JC, de Daniel au 2ème siècle av JC, des apocalypses juives apocryphes de Qumran, ou des apocalypses arabes du 7ème siècle. Apocalypse présente un messie guerrier, qui ressuscite à la fin des temps et non pas trois jours après sa mort. C’est précisément ce que les sectes juives apocalyptiques et notamment les Zélotes défendaient. L’église de Jérusalem contrairement à Paul prescrit la loi juive et la circoncision. La fête de la Pâque juive prescrit la consommation d’un agneau. L’apôtre Jean est appelé le bien-aimé, ce qui serait la signification véritable du nom de Mahomet. Il n’existe pas de Judas dans le Coran, et Judas n’y est donc pas mal vu.

En revanche, les mois dans l’islam ne portent pas les mêmes noms que les mois hébraïques. La consommation de l’agneau n’a pas lieu à la pleine lune du 14 Nisan, mais à la nouvelle lune, à la fin du mois du ramadan.

Apocalypse mentionne comme son ennemie la prostituée en rouge de Babylone. Babylone est la ville du Caire. La prostituée pourrait être l’ordre des prêtres d’Amon, qui correspond à ceux de Mithra à Rome, et donc à l’ancien Temple de Jérusalem. Il n’est pas clair qu’Apocalypse s’attaque au culte d’Osiris aussi. L’islam reconnaît Osiris – la forme égyptienne de Jésus – comme plus important que Moïse (Amon) à travers le personnage d’Al-Khidr. Les deux personnages sont représentés par la couleur verte de leur peau. L’osirisme au 15ème siècle est la religion de la cour des Médicis. Néanmoins l’évangile de Jean, qui est peut-être issue d’un johannisme différent de celui d’Apocalypse, se moque du culte d’Osiris à travers le personnage de Lazare.

A l’époque du concile de Césarée, l’église aurait toujours été en proie à des persécutions, et ne pouvait pas faire connaître ses décisions. Plus probablement, le pape Victor n’avait pas l’autorité qu’il prétendait avoir. Quoi qu’il en soit, le nouveau calendrier de Pâques ne fut pas suivi d’effet en occident, et le désaccord avec les Chrétiens d’orient perdura.

Nous ne connaissons pas le cycle lunisolaire suivi par le concile de Césarée, 8 ou 11 ans.  C’est supposément le concile de Nicée qui est le premier calendrier avec cycle de 19 ans. Cassiodore dit qu’avant de réunir le concile de Nicée, Constantin avait envoyé Osius pour apaiser les Egyptiens agités par des questions de dogme et les Orientaux qui étaient en désaccord sur la date de Pâques. Devant l’échec d’Osius, Constantin convoqua le concile de Nicée avec deux points à traiter : l’hérésie d’Arius, et la date de Pâques. Le décret de Nicée vis-à-vis de la date de Pâques reprend celui de Césarée. Malgré cela les Egyptiens et les Orientaux s’étaient rebellés. Arius d’Alexandrie représente plutôt le courant égyptien que celui des orientaux. Néanmoins, il est possible que les ariens eux-mêmes aient été des quartodécimains.

Le décret de Nicée n’étant toujours pas suivi d’effet en orient, l’empereur d’orient Marcien réunit le concile de Chalcécoine en 381 avec deux points à l’ordre du jour, d’abord la date de Pâques, et ensuite l’hérésie d’Eutychès. Le décret de Chalcédoine rappela les mêmes principes que ceux de Césarée et Nicée, fit abjurer les quartodécimains, et instaura une peine d’anathème.

Le pape Léon écrivit alors une lettre à l’empereur Marcien pour lui demander de l’aide pour déterminer la date pascale. Une lettre de Pascasius au pape Léon précise que c’est l’évêque d’Alexandrie qui va donner son éclairage. Pascasius écrit que les Romains fixent la date de Pâques le dimanche situé entre la lune 14ème et la lune 21ème sans utiliser le comput juif. L’évêque Protérius d’Alexandrie, qui présida au concile de Chalcédoine, utilisait les tables des Hébreux réputées plus précises. La lettre de Protérius au pape Léon dit que l’équinoxe a lieu le 25 du mois de phaminoth qui est le 21 mars. Or l’occident n’avait que faire de la date de l’équinoxe : le 21 mars y était de façon légale la date de l’équinoxe, ce que Protérius ne faisait que confirmer. Et il était facile d’observer la pleine lune. Il n’est pas aisé de comprendre ce qui motivait la demande du pape Léon, à moins qu’il n’ait voulu revenir à une détermination astronomique de l’équinoxe. On peut conjecturer que ces lettres sont des faux.

Zoest dit qu’il ne connaît rien de l’église d’orient, ce qui peut justifier qu’il n’explique pas ce fait.

D’autres décrets de conciles, tirés sans doute des « Fausses décrétales » montrent que des conciles moins connus, peut-être des conciles locaux, défendaient ces principes. Antioche aurait prononcé l’excommunication des quartodécimains. Le concile d’Arles aurait prescrit au pape Sylvestre d’envoyer des lettres pour que tous célèbrent la fête chaque année au même moment, de même les conciles de Carthage III et Carthage V prévoyaient de telles lettres. Tolède IV et Carthage III auraient prévu que des discussions se tiennent entre les évêques métropolitains pour fixer la date de Pâques, mais sans faire référence au pape. Plus étrange, le pape Pie aurait écrit que l’ange du Seigneur était apparu à Hermas sous l’aspect d’un berger et l’informa que Pâques devait être célébrée un dimanche. Les papes Victor et Sylvestre publient des ordonnances en ce sens.

Après l’hérésie des quartodécimains, Eusèbe et Isidore mentionnent l’hérésie d’Arius, traitée au concile de Nicée, qui rejette la nature divine de Jésus, l’hérésie des Montanistes qui rejettent les cycles de la lune pour ceux du soleil, enfin celle des Manichéens qui ne fêtent pas Pâque et séparent la création entre celle d’un dieu bon et celle d’un dieu mauvais. Ces Manichéens ont ici la même croyance que les Esséniens mentionnés dans l’ouvrage Antiquités judaïques Flavius Josèphe, et le courant principal des Zoroastriens. Il est logique que les Manichéens ne fêtent pas Pâque, puisque les Esséniens ne sacrifient pas. Manès dit également que le Christ est immatériel et ne peut réellement souffrir. Ces hérésies auraient ensuite disparu du fait de l’action répressive de l’église.

Tous ces textes semblent n’aller que dans un seul sens : tous les conciles antiques se préoccupaient essentiellement de la date de Pâques et de faire face parfois à des hérésies, et proclamaient des décrets identiques sur la nécessité de célébrer le dimanche. L’histoire nous a appris pourtant que le concile de Nicée instaure le christianisme romain comme religion impériale qui devait désormais s’appliquer dans tout l’empire.

Résumé

La chronologie longue basée sur les observations des astronomes et des computistes est basée sur une erreur des computistes. Ils savent que l’équinoxe a été fixée au 21 mars pour des raisons traditionnelles et non astronomiques, mais admettent malgré tout des dates très anciennes pour les premiers conciles obtenues par rétrocalcul, selon l’idée que le décalage de dix jours entre le 21 mars et l’équinoxe vraie le 11 mars résulterait d’une dérive accumulée au fil des siècles.

De plus, nous sommes trompés par l’idée que le calendrier latin est le calendrier julien que nous connaissons, dans lequel les mois durent 30 ou 31 jours. Or s’il est admis que l’année dure 365,25 jours comme une année julienne, c’est également la durée d’une année moyenne dans le calendrier métonique que l’on attribue aux Grecs de l’antiquité, et plus récemment aux Juifs. Or il apparaît que les Romains utilisaient également ce cycle de 19 ans. Par ailleurs, les durées de mois de 30 et 31 jours sont introduites tardivement par l’abbé Denys le Petit. Ainsi le mois romain, comme à ses débuts, durait toujours 29 ou 30 jours au temps des premiers conciles. Ce sont donc les Romains qui utilisaient le cycle métonique.

Au 13ème siècle on détermine encore la durée de l’année par les épicycles de Ptolémée. C’est  seulement au 13ème siècle que Roger Bacon critique les défauts du calendrier fixé au concile de Nicée en 325. Et au « 12ème siècle » (vraisemblablement 14ème) que Rénier de Paderborn critique les mois de 30 et 31 jours amenés par Denys le Petit (au 6ème siècle). Possiblement, Nicée et Denys sont bien plus proches dans le temps.

  • L’équinoxe au 21 mars est une date traditionnelle et non astronomique

L’Eglise primitive respectait la Pâque juive de la lune 14ème. Prétendant suivre la tradition de Jean, les Chrétiens d’Asie continuèrent de suivre cette tradition et pour cela étaient nommés quartodécimains. L’Apocalypse de Jean, qui est le texte primitif du courant johannite, ne mentionne pas la résurrection de Jésus, mais son retour à la fin des temps. L’événement important est la mort de Jésus et est assimilé à la Pâque juive. Ils sont proches des futurs Musulmans.

L’Eglise occidentale préconisait de suivre la tradition d’Hippolyte, qui réattribuait les fêtes romaines des solstices et des équinoxes aux fêtes chrétiennes. Ainsi l’Annonciation était fixée le 25 mars, jour d’équinoxe, et la Nativité le 25 décembre.  Les latins auraient alors utilisé des cycles lunisolaires incorrects de 8 ou 11 ans, tandis que les Juifs déterminaient les embolismes par l’observation.

Le synode de Césarée, premier concile post-apostolique, met fin à la tradition d’Hippolyte, et s’oppose à la tradition quartodécimaine. Il prescrit d’observer Pâque le dimanche qui suit la lune 14ème, c’est-à-dire pendant la semaine azyme des Juifs entre la lune 14ème et la lune 21ème, après l’équinoxe de printemps, ce qui correspond à la Résurrection des Evangiles, telle qu’elle est conçue par l’Eglise d’occident. Mais le synode fixe l’équinoxe à la date fausse du 21 mars, pour des raisons bibliques traditionnelles. C’est pour cela que 10 jours de décalage sont observés au 15ème siècle, et non à cause de l’année trop longue. Jusqu’au 14ème siècle, cette date du 21 mars était respectée par les meilleurs computistes.

Le désaccord sur la liturgie pascale avec les chrétiens d’Asie était un point majeur, au même point que la querelle sur la nature divine du Christ. En effet, sans calendrier commun, il n’était pas possible d’assurer l’unité de l’église. Le schisme d’occident de 1378 à 1418 suggère que les préoccupations n’ont pas changé. En fait de « schisme », les églises sont encore locales ou nationales. Le clergé est globalement favorable à une plus grande unité. Certains parlent d’unité de doctrine, d’autres de hiérarchie centralisée. Naturellement, la question de l’autorité des conciles vis-à-vis de l’administration papale surgit immédiatement après la désignation d’un pape unique en 1417, et c’est ce qu’on voit à Bâle. A Bâle également, on cherche à fédérer sous une autorité unique les églises d’orient et d’occident, et non à mettre fin à un schisme antérieur.

A partir de 1339 on prétendit que le fait que le 21 mars n’était pas l’équinoxe vraie était liée à l’année de 365,25 jours qui était trop longue. Comme l’équinoxe vraie était autour du 11 mars, on proposa par rétrocalcul que la dérive datait de la réforme calendaire de Jules César (10 jours), qu’on avait datée en 47 av JC. Peut-être les actes des conciles et les ouvrages des auteurs avaient été perdus. Pierre d’Ailly le premier en 1411 proposa de corriger le calendrier en fixant l’équinoxe à sa vraie date, le 11 mars.

En 1437 à Bâle, on avait retrouvé les actes des anciens conciles et les textes des anciens auteurs, et on revint au 21 mars. Bien que le décret du concile de Césarée fût présent dans les documents, on attribua ce choix du 21 mars au concile de Nicée par tradition, qui datait du roi Alphonse. Tout le monde oublia Césarée, dont on ne donna pas la date. On alla même jusqu’à prétendre que le concile n’avait pas existé. Pour les besoins du comput, on prétendit que seuls 7 jours avaient été perdus, et on fixa ainsi Nicée en 325. En 1582, on s’avisa que c’était dix jours qui manquaient et non 7, et on prétendit que dix jours avaient été perdus depuis Nicée.

  • Le calendrier du concile de Nicée est le calendrier métonique

Le concile de Nicée introduit le cycle métonique de 19 ans dans le calendrier, et non l’équinoxe au 21 mars. Roger Bacon veut revenir au « comput juif », qui désigne donc les années embolismiques par l’observation encore au 13ème siècle.

Les Chrétiens utilisent donc l’année embolismique, avec les noms des mois chrétiens. D’après Bède, les Chrétiens n’hésitent pas à faire commencer l’année qui suit une année embolismique en février. Ce n’est pas la solution des juifs orthodoxes, qui doubleront le mois d’Iyar, pour que le premier mois soit toujours Nisan.

Denys le Petit, qui vit après Bède, introduit le calendrier que nous appelons julien, et les mois de 30 et 31 jours pour les Latins, en maintenant à côté le calcul du cycle de 19 ans, qui finit par tomber au désuétude, après la réforme grégorienne de 1582.

Egyptiens et Byzantins avant le 15ème siècle utilisent toujours le calendrier métonique, mais au 15ème siècle, ils ont adopté le calendrier égyptien d’Hérodote de 365 jours.

L’utilisation du cycle de 19 ans chez les Juifs par Hillel ou Yohanan ben Zakkai est postérieure. Hermann Zoest prétend que le calendrier juif n’a pas changé depuis Moïse. Les Juifs n’appliquent donc toujours pas le calendrier métonique en 1437. « Yohanan ben Zakkai » est en effet « Yohanan ben Isaac Alemanno » (1433-1503). Le « Second Temple » n’a pas encore disparu. Au 15ème siècle, on appelle Juifs principalement des judéo-chrétiens, proches des musulmans, probablement héritiers des Chrétiens quartodécimains des églises d’Asie des premiers siècles.

2 Commentaires

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« From Paul to Mark » de Laura Knight-Jadczyk – commentaire

Le propos général est de proposer une trame historique solide des débuts du christianisme, en se basant sur les auteurs antiques, comme sur les chercheurs bibliques modernes.

Les lignes force sont :

  • les évangiles sont des inventions littéraires
  • les épîtres de Paul sont les textes les plus anciens du Nouveau Testament
  • elles sont pour l’essentiel bien de la main de Paul, mais remaniées et falsifiées par des interpolations
  • le Jésus-Christ de Paul est une figure allégorique, pas un humain réel
  • l’évangile de Marc donne vie au Jésus de Paul, et défend la même doctrine
  • Paul et Marc sont influencés par les prophéties d’Isaïe et certains Psaumes
  • Le christianisme naît dans un milieu juif. Paul se présente comme juif, comme l’église de Jérusalem
  • l’Eglise de Jérusalem est la plus ancienne. Paul en était membre
  • Paul avait reçu mandat de l’église de Jérusalem pour évangéliser les Gentils, pendant que Pierre évangélisait les Juifs (épître aux Galates)
  • Paul prêchait un évangile différent -comprendre : son enseignement était différent, il ne s’agit pas d’un évangile écrit – de celui de Jérusalem, sans que l’église de Jérusalem en ait bien conscience
  • A partir d’un incident à Antioche, où Cephas refuse désormais de manger avec les gentils, alors qu’il le faisait auparavant, l’opposition de Paul à l’Eglise de Jérusalem devient ouverte. Ce conflit est présent dans la plupart des épîtres, qui sont écrites tardivement au cours de son activité. J’ajoute : on ne peut pas exclure que sa correspondance antérieure ait été escamotée.
  • l’Eglise de Jérusalem, dirigée par Jacques le Juste, appartenait à un courant du christianisme différent du christianisme romain, qui resterait attaché à ses racines juives, et notamment le respect de la Loi mosaïque et de la circoncision.

Voici nos conclusions complémentaires voire contradictoires :

  • Le messie de l’église de Jérusalem est le messie d’Isaïe : Cyrus
  • Cyrus est identique à Jules César et à Osiris
  • Les règles d’Isaïe et d’Esdras se contredisent
  • Dans la version perse, Cyrus est défait par Heraclius, et non Eleazar par Titus
  • Paul et Marc sont déjà des gnostiques
  • Marc est la même personne que Marcion
  • L’église de Marcion est l’église d’Alexandrie et aussi l’église copte
  • Les épîtres de Jude, Jacques, Pierre, voire Jean sont des textes authentiques, issus du courant de Jérusalem
  • Le Nouveau Testament mélange des textes de l’Eglise de Jérusalem, de l’église d’Egypte et du courant johannite
  • Le Nouveau Testament est une création johannite
  • Le courant johannite se présente comme le nouveau Temple, et fait croire que l’ancien Temple était aussi johannite
  • Le courant johannite encourage une lecture littéraliste des évangiles pour la masse, et des enseignements pour les initiés

LKJ veut montrer que le Jésus-Christ sauveur spirituel de Paul vient remplacer un messie réel, qui aurait voulu libérer les Juifs du joug romain.

Elle montre que l’étude des auteurs antiques permet de déterminer son identité : il s’agirait de Judas le Galiléen, mentionné comme messie et roi autoproclamé par Flavius Josèphe. Ce dernier serait apparu sur la scène en 6 au moment du recensement de Quirinus, qui visait à empêcher les Juifs d’échapper à la taxe romaine.

Daniel Unterbrink dit ainsi que les évangiles synoptiques font de Jésus un mélange du Judas réel, qui prêchait le Royaume des cieux aux Juifs, et de Paul.

La mort de Judas, consacrant son échec, aurait amené les Juifs à utiliser une prophétie où le messie décédé ressusciterait au ciel et viendrait avec douze légions d’anges anéantir les ennemis d’Israël, et instaurer le Royaume de Dieu sur Terre, c’est-à-dire soumettre le monde entier à la domination d’Israël.

L’église de Jérusalem serait constituée de fils et descendants de ce Judas, et elle-même serait à l’origine de la rébellion zélote ayant conduit à la destruction de Jérusalem et du Temple par l’armée romaine, soixante ans après le début des activités de Judas.

Le courant de Paul et Marc aurait pris son essor ensuite, du fait que les attentes envers le messie juif auraient été déçues, et l’Eglise de Jérusalem décrédibilisée.

Un autre modèle important aurait été le général romain Jules César, dont beaucoup d’éléments biographiques se retrouvent dans les évangiles.

Ce tableau est un peu problématique. Il est assez difficile de mélanger l’influence de plusieurs individus et plusieurs traditions pour créer un récit unique. Car il y en a encore d’autres que LKJ cite également. Pouvait-on être à la fois un partisan de Jules César et celui de Judas le Galiléen ?

Il n’existe aucun élément – notamment dans les épîtres de Paul – qui mentionne que l’Eglise de Jérusalem ait divinisé Judas le Galiléen. Paul dit simplement que celle-ci prêche l’évangile d’un autre Jésus. L’islam assimile Jésus au Josué de l’Ancien Testament, qui est effectivement un chef de guerre victorieux. Les Juifs sont d’ailleurs censés avoir déjà possédé l’Ancien Testament à cette époque.

Il est souvent prétendu que l’Eglise de Jérusalem réservait l’évangile aux Juifs. C’est faux : il est très clair dans les épîtres de Paul qu’elle recherchait la conversion des non-Juifs, mais demandait aux convertis de respecter la Loi des Juifs. Le propos de LKJ étant de rattacher cette église au nationalisme juif, les deux positions sont parfois défendues sans montrer leur exclusivité mutuelle. L’islam est souvent présenté comme un héritier tardif de l’église de Jérusalem, dont les enseignements auraient ressurgi à cinq siècles de distance après une période d’oubli. Mais l’islam est également prosélyte.

Paul n’aurait pas pu être membre d’une église de Jérusalem dont l’objectif eût été de mettre simplement de détruire les ennemis d’Israël et de réduire les nations en esclavage. L’Eglise de Jérusalem voulait imposer sa religion au monde, mais pas forcément imposer la domination des Juifs.

Il semble à la lecture de l’Evangile aux Galates qu’elle était en train d’effectuer un retour au nationalisme sous la direction de Jacques.

La prophétie du messie mort, ressuscité aux cieux et combattant avec des anges ne concerne d’ailleurs pas Judas le Galiléen. Elle s’applique à un personnage nommé Simon mentionné sur une inscription découverte au sud de la Mer Morte, non loin de Qumran. La stèle se nomme Pierre de Jeselsohn. L’inscription dit que son sang a été versé pour le salut.

Ce Simon a été identifié à Simon de Pérée, un autre messie que mentionne Flavius Josèphe dans Guerres des Juifs. Josèphe écrit que Simon l’esclave affranchi du roi Hérode s’est proclamé roi, et que Gratus lui coupa la tête au combat. Tacite dit qu’à la mort d’Hérode, Simon avait usurpé le titre de roi, et fut puni pour cela par le gouverneur Varus. La nation fut alors divisée entre les trois fils d’Hérode. Simon est le premier messie à se proclamer roi puisqu’il meurt en 3 av JC. Judas le Galiléen n’interviendra sur la scène qu’à l’occasion du recensement de 6AD et aurait exécuté en 19.

Simon ne se voit attribuer de prophétie que par le biais de la pierre de Jeselsohn.  Et comment Judas le Galiléen, aurait-il pu simplement en hériter ? Aucune prophétie les concernant n’est d’ailleurs mentionnée dans aucun texte antique. Flavius Josèphe ayant beaucoup parlé de Judas le Galiléen, il serait surprenant qu’il n’ait pas mentionné une telle prophétie le concernant.

Flavius Josèphe et Suétone disent que la Guerre juive de 66-73 avait été déclenchée par la croyance des Juifs en une prophétie d’un messie venue de Judée destiné à diriger le monde. Cette prophétie avait été mal interprétée. Elle s’appliquait en réalité à Vespasien, qui avait séjournée en Judée pendant la guerre, et était devenu empereur.

Mais il ne peut pas s’agir de la prophétie d’un messie mort et ressuscité aux cieux combattant avec des anges, puisque Vespasien n’est pas mort. Les livres des prophètes sont une prophétie continue annonçant la domination d’Israël sur le monde.  La mention d’une prophétie bien spécifique est une moquerie de Josèphe, reprise par Suétone.

Flavius Josèphe, lorsqu’on le compare aux récits de Philon ou Tacite, semble beaucoup mentir ou omettre des éléments. L’explication toute faite est qu’il cherchait à mystifier ses lecteurs romains, dans l’intérêt des Juifs et pour sa propre sauvegarde.

Mais d’autres auteurs comme Tacite ou Suétone écrivaient sur les Juifs, et l’opinion plus favorable de Josèphe n’y aurait sans doute rien changé.

Et pourquoi ne se contentait-il pas de mentir ? Ses mensonges sont ostensibles. Il crée délibérément des ruptures de texte aberrantes. Des situations similaires arrivent à plusieurs personnes dans son récit de telle sorte qu’on repère des doublons ou des triplets, qui sont facilement suspectés de falsification. Bien qu’elle critique beaucoup les mensonges de Josèphe, c’est grâce aux indices qu’il sème que LKJ peut proposer un déroulement différent des événements.

Autres modèles

Les épîtres de Paul s’inspirent à la foi du serviteur souffrant d’Isaïe et des dieux sauveurs morts et ressuscités qui sont courants dans le monde gréco-romain. Les Evangiles synoptiques développent l’aspect du serviteur souffrant. Les dieux mourants et ressuscités des Mystères gréco-romains influencent particulièrement le Jésus de l’Evangile de Jean. Il est clair également que Marc fait dire à son Jésus des propos empruntés à Paul, et une partie de ses déplacements rappellent les voyages de Paul.

Tacite décrit Vespasien faisant deux miracles similaires à ceux de Jésus, mais seulement deux. Il est prétendu qu’on cherche ici à faire Jésus plus grand que Vespasien, mais je crois que c’est Tacite qui s’inspire de Marc. La taxe du Temple devient sous Vespasien la taxe du Temple de Jupiter. Mais cela n’a pas de sens si Jovis et Yahvé sont le même dieu.

Josèphe utilise le mot d’euagelion, que les juifs utilisent pour annoncer la « bonne nouvelle » de la venue du messie pour Vespasien. Mais un certain nombre de biographies d’empereurs romains leur associe ce mot grec.

Vespasien comme messie juif lui-même non-juif a un antécédent : Cyrus, que Isaïe présente comme le messie devant établir le Royaume de Dieu sous son règne.

Germanicus meurt la même année 19 que Judas le Galiléen et aurait pu avoir une popularité identique dans le monde romain.

Philostrate dépeint Apollonius de Tyane comme un faiseur de miracle, alter ego de Jésus.

Philostrate dit aussi que Dion Chrysostome, Euphrates et Apollonius de Tyane étaient ses conseillers. Il propose un récit où ceux-ci débattent de la meilleure constitution pour Rome. Euphrates défend la démocratie, Dion Cassius la liberté au peuple de choisir, Apollonius la monarchie. On reconnaît ici un passage d’Hérodote ou c’est Darius qui débat du meilleur système politique, et impose finalement aussi la monarchie.

Pour ma part, il est vraisemblable que Philostrate n’est que le prête-nom de son « traducteur » du 16ème siècle, Blaise de Vigenère. Il faut donc avoir à l’esprit que les autres penseurs mentionnés sont sans doute également des personnages fictifs.

Dion Chrysostome et Epictète étaient élèves d’Epaphrodite et du stoïque Musonius Rufus. Les épîtres aux Romains et aux Philippiens mentionnent d’ailleurs des compagnons du nom de Rufus et Epaphrodite. Epictète présente les idées de Rufus. Pour ce dernier, les femmes doivent aussi étudier la philosophie. Il prône la souffrance des corps et une éthique pratique. Ces points se retrouvent dans les épîtres de Paul.

Dion Chrysostome mentionne une coutume perse d’origine sace où le prisonnier fait l’objet de moquerie : il est traité comme un roi, se voit doter d’un manteau royal et d’une couronne, avant d’être exécuté. LKJ suggère que Dion Chrysostome a pu rencontrer Marc à Rome et lui inspirer le récit de la Passion où on moque Jésus comme un roi avant de l’exécuter. Toutefois Hérodote a mentionné aussi cette coutume, putativement des siècles avant Dion Chrysostome.

D’autres personnages chez Flavius Josèphe évoquent Jésus-Christ.

D’autres parallèles chez Josèphe sont plus féconds avec le Josué de l’Ancien Testament. Ainsi Theudas (le nom d’un apôtre chez Marc) prétend séparer le Jourdain en deux, et un Samaritain fait monter ses fidèles au Mont Gerizim, où il prétendait que des objets sacrés avaient été laissés par Moïse. Dans l’Ancien Testament, Josué rassemble Israël au Mont Gerizim, traverse le Jourdain, détruit les murs de Jericho.

En 62, Agrippa nomme Ananus, un sadducéen,  grand-prêtre. Ananus aurait convaincu le Sanhédrin d’exécuter Jacques le Juste, le frère de Jésus appelé le Christ. Jacques est alors lapidé. Le nouveau procurateur Albinus reçut les plaintes des Juifs, et Ananus fut remplacé par un certain Jésus. C’est à cette époque que Jésus ben Ananus prophétise jour et nuit que la fin de Jérusalem était proche. Aucune torture ne lui arrachait une plainte. Le procurateur Albinus le déclara fou et le laissa partir. On a ici une similitude avec le Jésus des Evangiles et l’attitude de Pilate qui ne voyait rien à lui reprocher. Josèphe mentionne aussi un Egyptien qui prétendait détruire les murs de Jérusalem, un imposteur qui promettait le salut à qui le suivrait dans la nature. 

On voit bien que le nom de Jésus ben Ananas est formé des deux prêtres mentionnés précédemment, Ananus et Jésus. La mention de Jésus appelé le Christ est une seconde interpolation après le Testimonium flavianum. LKJ prétend que Jacques a été en réalité été exécuté avec Simon en 47 par le procurateur Tibère Alexandre, pas par les Juifs. C’est assez important dans sa démonstration.

Toutefois dans les versions d’Origène et d’Hégésippe cité par Eusèbe des œuvres de Flavius Josèphe, Jacques seul pouvait accéder aux lieux saints.L’Eglise de Jérusalem s’était donc emparée du Temple. Josèphe y dit que les Juifs prétendaient que la destruction de Jérusalem était un châtiment pour la mort de Jacques. Il ne peut donc pas avoir été exécuté en 47 par un procurateur romain, comme le dit la version commune de Josèphe.

En revanche, il n’est pas dit qu’Ananus en était responsable. Iduméens et Zélotes ont tué les prêtres du Temple, dont le grand-prêtre Ananus et Jésus le plus âgé des prêtres, et ne les ont pas enterrés.

Jean Chrysostome dit lui que pour Flavius Josèphe la destruction de Jérusalem était vue comme un châtiment pour le meurtre de Jean-Baptiste. Josèphe dit en revanche que les Juifs disent que la mort de Jean-Baptiste est la cause de la défaite d’Antipas face à Aretas.

Par défaut, tous les textes extérieurs au Nouveau Testament présentant des points de doctrine communs, une typologie commune, ou une intertextualité avec lui sont considérés comme antérieurs au Nouveau Testament et une influence pour celui-ci. Mais il y a bien trop d’influences.

Joseph Atwill a suggéré que les ouvrages de Flavius Josèphe ou de Suétone devaient avoir été composés en même temps que les évangiles, notamment Luc, pour contenir autant de clés de lecture croisées. Toutefois, il n’existe pas d’intertextualité entre Suétone et Tacite, ou entre Tacite et Flavius Josèphe. Parfois plusieurs biographies impériales semblent à l’origine d’un seul passage des évangiles.

Les textes latins supposés sérieux sont souvent excessifs dans la description de présages ou contiennent des éléments burlesques n’ayant rien à faire dans une biographie : la biographie de Domitien par Suétone le voit converser avec ses amies les mouches. Ces textes sont dépourvus des éléments de théologie qu’on trouve dans les évangiles.

Il a même été amplement démontré que l’enseignement s’appuyait sur une description codée des constellations. Dieu dans la nuée pourrait ainsi être la constellation Ophiuchus au milieu de la voie lactée. Jésus le Fils de l’Homme assis à sa main droite serait le Sagittaire. On ne retrouve rien de tel dans les textes des auteurs latins. Il est donc très vraisemblable que ces récits de la Rome antique soient en grande partie fictifs, voire qu’à l’inverse ils se soient inspirés du Nouveau Testament.

  • Le messie de l’église de Jérusalem est le messie d’Isaïe : Cyrus

Paul et Marc s’inspirent énormément d’Isaïe, qui était probablement un prophète reconnu par l’Eglise de Jérusalem.

Il est fréquemment dit que le livre d’Isaïe est le cinquième évangile car il semble annoncer la venue de Jésus, et est cité souvent dans les Evangiles. LKH reprend la thèse classique qui suggère que les évangiles s’inspirent simplement d’Isaïe pour convaincre que Jésus est le messie juif. En effet les évangiles sont écrits de telle manière qu’ils donnent l’impression de réaliser les prophéties de l’Ancien Testament, et notamment Isaïe.

Mais Isaïe a déjà un messie : le roi perse Cyrus. Bien entendu, on suggère qu’Isaïe n’écrit pas à l’époque de Paul : Cyrus a vécu vers 530 av JC ! Mais Cyrus ayant été nommé, il est difficile de prétendre que les prophéties d’Isaïe s’appliquent à Jésus-Christ.

Il est faux de dire que Paul et Marc sont les premiers à aborder la notion de nouvelle alliance et de l’ouvrir aux non-juifs. Ezechiel, Jérémie et Isaïe parlent déjà d’une nouvelle alliance. En ce qui concerne Isaïe, il ne fait pas partie de la tradition juive qui attend un messie davidique pour les seuls Juifs. Dieu y dit « ma maison sera une maison de prière pour les Nations ». Isaïe va même plus loin que Marc. Son messie non seulement n’est pas de la maison de David, mais il n’est même pas juif. Cyrus oint par Yahvé soumettra les nations en son nom. « Dieu te donnera la Transjordanie et la Galilée ».

Le Jésus de Marc n’est clairement pas Cyrus. Mais c’est différent pour Paul. Dans l’épître aux Philippiens, Paul écrit que Jésus est un nom qui lui a été donné après sa mort, aussi puissant que celui de Dieu.  Quand il évoque le Seigneur, il doit utiliser le grec « Kairous ». Et quand il écrit Iesous, il veut dire « Sauveur ».

Diodore de Sicile mentionne que Cyrus a été crucifié par la reine des Scythes. Xénophon en revanche dit qu’il est mort de maladie.

En Marc, Dieu dit à Jésus « tu es mon fils bien-aimé ». En psaume 2, le terme est associé à un roi. En Isaïe, il l’est à Cyrus, qui est aussi le berger de Dieu. En arabe bien-aimé se dit Mohammed.

Le Jésus de Paul ne semble pas réel. Néanmoins il existe au moins une instance où Paul donne l’impression de décrire un individu réel. Le 1er épître aux Corinthiens, évoque le partage du pain et du vin. Jésus est alors trahi et livré, et meurt « conformément aux écritures ». Marc reprend presque entièrement ce passage. La référence à un dernier repas occasionnant une trahison se retrouve dans la biographie de Jules César. Par ailleurs, dans l’Evangile de Marc, ce sont les adversaires de Jésus qui l’accusent de se présenter comme un roi, tout comme Jules César. LKJ a bien mis en avant ces éléments, tout en mettant plus d’emphase sur les rapprochements avec Judas le Galiléen.

Les récits de Tacite, Suétone ou encore Nicolas de Damas – notamment la procession triomphale des conquérants romains –  se retrouvent dans le récit de la Passion de Jésus, et avec le plus de similitude dans l’Evangile de Marc.  Mais les descriptions amphigouriques de Nicolas de Damas et de Suétone sur la mort de Jules César font beaucoup appel au merveilleux. Il est difficile de les prendre au sérieux. Nicolas de Damas mentionne avec précision chaque coup que reçut César, comme s’il essayait de dessiner une figure, peut-être une constellation.

Nicolas de Damas dit qu’on avait attribué à César le titre de pater patriae et de pontifex maximus. Pontifex maximus et pape sont évidemment des titres attribués au pape catholique romain. Ils correspondent respectivement au titre du flamine de Jupiter et du dirigeant du culte de Mithra.

Le titre de papa dans le culte de Mithra désigne le Père des Pères, soit le grand prêtre, et pas le Père de la Patrie, mais possiblement les deux étaient assimilables.

Au 17ème siècle, ceux que l’on nomme les pairs de France s’écrivaient « pères de France », ainsi une patrie est un gouvernement de pères. La France comme l’église romaine au 17ème siècle héritent de l’organisation du culte de Mithra.

Origène dit que les membres du culte de Mithra se nommaient les Perses. Et il est connu que la Perse avait un culte à Mithra autrefois, basé sur l’entretien d’un feu sacré comme à Rome. Une des villes saintes des Iraniens se nomme d’ailleurs Qom.

Ceci nous permet de rattacher Jules César et Cyrus, qui est bien entendu le roi de Perse.

Il n’y a pas de texte qui dise que Jules César fut un messie juif comme Vespasien ou Cyrus. En revanche, les Juifs étaient partisans des populares et particulièrement de César.

Suétone dit que les Juifs se sont recueillis plusieurs nuits sur le lieu de sa mort, et lui érigèrent une colonne de marbre sur le forum. Il est possible qu’il s’agisse de ce qu’on nomme aujourd’hui la colonne Trajan, qui porte une statue de Saint-Pierre. Il est vraisemblable qu’il s’agisse de la loggia de Saint-Pierre originelle, d’où le pape lisait ses bulles.

Cyrus réforme la religion sacrificielle de Mithra des Mages de Médie et en fait la religion zoroastrienne, non sacrificielle. Zoroastre – sans doute un alter ego de Cyrus – fait de sa religion zoroastrienne le premier monothéisme strict. Zoroastre est le guerrier divin et le sauveur, comme Cyrus est le messie des Juifs. Isaïe est le premier texte juif à nier l’existence d’autres dieux.

Jules César écrit dans « Guerre des Gaules » que les Gaulois ont Jupiter comme dieu principal, mais que les druides pratiquent des sacrifices. Il en fait disparaître la pratique en Gaule. 

Le culte de Mithra est le culte des légions de Rome. J’ai déjà argumenté sur le fait que les Lévites sont équivalents aux Légions, et que les cultes de Jupiter et Mithra sont ceux de Yahvé et Moïse. Les Templiers médiévaux se nommaient également les Lévites, non par référence à l’ancien Temple de Jérusalem, mais parce qu’ils étaient ce Temple. Les Templiers étaient une organisation à la fois militaire et sacerdotale, avec des chevaliers et des prêtres. Il en était de même dans le culte de Mithra. Au grade de Nymphus, l’initié doit baiser l’anus du pater. Cette pratique est imputée aux Templiers lors de leur procès médiéval sous le nom d’osculus infame.

On lit en Isaïe « Ils [les Gentils] viendront à ma montagne sacrée à Jérusalem. J’en choisirai pour être prêtres et lévites ». Les Lévites d’Isaïe sont donc constitués d’éléments des Nations.

Il y a là un fort parallèle avec les Légions romaines, qui furent d’abord réservées à une caste militaire d’ethnie italienne. A la fin de l’empire, l’adoption dans les Légions avait entraîné que des barbares y étaient devenus des officiers.

  • Le culte d’Esdras

Esdras semble être une autre transcription hébraïque du nom de Cyrus ou César. Il est mentionné dans l’Ancien Testament 80 ans après la reconstruction du Temple de Jérusalem sous la direction de Cyrus et Zorobabel. Pourtant Esdras fait tout le contraire de ce que Isaïe dit des attentes de Dieu vis-à-vis de Cyrus : l’endogamie des Lévites est réinstaurée, les couples formés avec des femmes non lévites défaits.

Esdras est présenté comme un Juif, alors que Cyrus est un étranger à la Judée. En tant que commandant de légion, Jules César est un Lévite, et un prêtre de Jovis et Mithra, soit Yahvé et Moïse. Mais il n’est pas Juif, c’est-à-dire de nationalité asiatique.

La phylogénétique montre une origine probable de l’haplotype modal Cohen propre aux Lévites au Kurdistan. Ainsi les légions sont venues d’Asie. C’est bien le récit traditionnel qui fait venir les Romains de l’ancienne Troie jusqu’en Etrurie. Dans l’histoire romaine, les légions ne sont accessibles aux étrangers que bien après la mort de Jules César.

Cependant Isaïe ne semble pas avoir considéré les légions italiennes comme de nationalité juive, et admis la dimension œcuménique de la religion chez César/Cyrus.

Isaïe donne le point de vue de l’Eglise de Jérusalem : Cyrus a donné le monde aux Lévites – comme César l’a donné aux légions, et les Lévites ouvrent leur église aux convertis. Probablement l’Eglise de Jérusalem est elle-même une légion militarisée. On trouve le livre d’Isaïe dans le casernement de Qumran.

Une possibilité est que les Livres d’Esdras relèvent de la tradition des Zoroastriens de Perse, ceux que les Evangiles présentent sous le nom de Pharisiens. Ceux-ci maintiennent le principe d’une tribu spécifique dédiée au Temple.

Origène, qui écrit alors que le christianisme existe déjà, dit bien que les adorateurs de Mithra se nommaient alors les Perses. Ils disparaissent en Europe, mais refondent un Temple en Iran. Le nom de Perse que se donne le pays en vient certainement.

  • Les esséniens

Au 4ème siècle, Epiphane distingue deux groupes, tous les deux juifs, parmi les Esséniens : les Osséens et les Nazaréens. Les deux groupes suivent une loi de Moïse différente de la Septante. Les Osséens vivent en Iturie, Moab, Ariel et « au-delà » de la mer de sel. Les Nazaréens, végétariens, ne sacrifient pas. Ils vivent en Gilead, Bashan et Transjordanie. Ceci est assez vague et ne permet pas de dire sur quelles bases ils étaient différents.

Ce nom de Nazaréens ressurgit bien plus tard. La secte des Ismaéliens de Perse au 13ème siècle est également connue sous le nom de Nazaréens, mais également sous celui de Sicaires. Ces Sicaires sont décrits comme des Assassins cachant des poignards dans leurs vêtements. Sicaires est précisément un mot employé par Flavius Josèphe pour désigner les Zélotes, principaux acteurs juifs de la Guerre juive de 66-73 ayant mené à la destruction du Temple et de Jérusalem. La coutume de cacher des poignards dans leurs vêtements leur est également attribuée.

Le chef des Ismaéliens était appelé Khosro et était désigné comme le Vieux sur la Montagne (de Sion ?). Les Ismaéliens voient leur forteresse d’Alamut détruite au 13ème siècle par Hulagu le Khan mongol. Le dernier chef zélote à Masada en 73 se nomme Eleazar.

Khosro est également le nom du roi de Perse du 7ème siècle, qui fut vaincu par l’empereur de Byzance Héraclius. Ce Khosro aurait combattu aux côtés des troupes de Mahomet, bien qu’aucune référence à ce dernier ne soit faite dans les textes persans. C’est la concordance des dates entre les batailles de Khosro et la conquête musulmane qui ont entraîné cette conjecture. A plus de mille ans de distance, un roi de Perse du nom de Cyrus surgit donc dans le contexte d’une guerre religieuse. Les sources arabes disent que les Juifs ont trahi le roi Khosro pour se ranger du côté d’Heraclius.

Ainsi Isaïe donne le point de vue de l’Eglise de Jérusalem et ouvre le culte du Temple de Cyrus aux convertis. Il peut s’agir des Osséens d’Epiphane

Esdras relève de la tradition des Ismaéliens de Perse. Ceux-ci maintiennent le principe d’une tribu spécifique dédiée au Temple de Cyrus. Epiphane nomme ce groupe nazaréen, Flavius Josèphe le nomme Zélote. Si Alamut est bien Jérusalem, c’est « Hulagu » ou « Heraclius » et non Titus qui l’a détruite. Cyrus correspond ici au pape Jules II dit « César », et Heraclius est ici Charles VIII ou Charles-Quint. Ces Nazaréens de Perse accusent les Juifs d’avoir trahi pour le camp d’Heraclius.

Ezechiel dit que la déportation à Babylone punit Juda pour son polythéisme, et que Yahvé ramènera les enfants d’Israël en Juda à la fin des temps, les déportés du royaume du nord, de Juda et les autres exilés, pour y reconstruire un nouveau Temple. Les oppresseurs d’Israël mangeront leur chair et boiront leur sang. Ceux qui vivront devront servir Israël.

C’est assez proche des paroles d’Isaïe. Mais la prophétie d’Isaïe s’est réalisée : grâce à Cyrus les Juifs étaient revenus à Jérusalem et le Temple avait été reconstruit par Zorobabel. Normalement l’histoire devait s’arrêter là. Pourquoi le récit biblique continue-t-il ?

Ezechiel lui ne mentionne pas Cyrus, et dit que la reconstruction du Temple et la domination d’Israël auront lieu « à la fin des temps ». Une frange importante des Juifs religieux aujourd’hui attend toujours le retour des Juifs en Israël et la reconstruction du Temple. Visiblement ils ne considèrent pas que Cyrus a rempli les attentes.

Il est habituellement considéré qu’Ezechiel est écrit avant Isaïe, et ne pouvait donc pas investir Cyrus. Mais il est possible qu’ils l’aient relégué au rang de simple réformateur religieux, à travers Esdras ou Zoroastre.

Ainsi nous aurions confondu le groupe de Jacques, qui défend la lecture d’Isaïe, et le groupe zélote ou nazaréen, qui soutient la lecture d’Esdras, purement nationaliste juive. En effet, Origène dit que Flavius Josèphe était de l’Eglise de Jacques. Or Josèphe accuse expressément les Zélotes d’être responsables de la destruction de Jérusalem. A l’inverse, les Nazaréens arabes accusent les Juifs d’avoir trahi Khosro pour Heraclius. C’est ce que fait Josèphe qui trahit pour Rome.

Le fait est que dans Guerre des Juifs, Flavius Josèphe reconnaît bien avoir été un rebelle, donc l’église de Jacques était rebelle, mais soudainement, une partie de celle-ci avait trouvé le moyen de survivre en cherchant des accommodements avec Rome. C’est sans doute ce qui explique que les fondateurs de la « quatrième philosophie » que sont Judas le Galiléen et Zadok le Pharisien sont attaqués, mais que l’église « essénienne » – l’église osséenne d’Epiphane – était admirable, notamment dans Guerre des Juifs, où elle apparaît néanmoins similaire à l’Eglise de Jérusalem.

Comme Epiphane, Flavius Josèphe affirme que les Esséniens sont exclusivement Juifs. Or l’épître de Paul aux Galates dit clairement que Paul a été mandaté par l’Eglise de Jérusalem pour prêcher aux Gentils. De même Isaïe prétendait prêcher pour les Nations.

Les églises pauliniennes à partir de Marc prétendaient se soumettre à Rome, cependant que les Zélotes luttaient pour l’indépendance nationale.

Mais il devait exister un troisième groupe, celui de Josèphe, qui se soumettait à Rome sans renoncer à la Loi juive. Dans un réflexe de survie nationale, celle-ci renonce à sa vocation œcuménique pour s’affirmer culte juif. On la retrouve dans l’épître de Paul aux Galates quand Céphas refuse soudain de partager ses repas avec des Gentils. C’est la prophétie du Livre d’Isaïe que Josèphe abandonnait, rejetant le rôle de César comme messie pour le donner à Vespasien. Il sauvait les apparences en affirmant que la destruction du Temple était la volonté du dieu des Juifs.

Et un quatrième groupe, celui responsable de l’Evangile de Matthieu, qui se soumettait à Rome sans renoncer à la loi juive, mais voulait toujours évangéliser les Gentils. Matthieu distingue à cet effet les figures de l’Eglise de Jérusalem. Pierre, Jacques et Jean y sont présentés comme les fidèles alliés de Jésus, mais Céphas est devenu Caïphas, le dirigeant du Sanhédrin, principal responsable de la mort de Jésus.

Philon, qui n’est pas lui-même essénien, dit que les Esséniens sont 4000 à vivre en communauté, ne sacrifient pas mais étudient les écritures. Ils ont leur propre livre saint, contenant des allégories qui y sont expliquées. Ils refusent les serments, et vivent de manière frugale. Leur dieu n’est la cause que de ce qui est bon. Dans un second passage un peu contradictoire avec le premier, il dit que les Esséniens sont des hommes mûrs qui ne se marient pas, et vivent dans les villes. Pour Philon les Thérapeutes sont des Esséniens insérés dans la vie active. On peut y voir les « Esséniens des villes ».

Philon ne dit pas que les Esséniens respectaient la Loi juive, mais qu’ils l’étudiaient. Et leur livre saint est un autre livre ! Ce livre contient des allégories qui sont expliquées : ceci correspond très bien à l’Evangile de Marc. Philon dit que le dieu des Esséniens n’est la cause que de ce qui est bon, ce qui est un trait des groupes marcionites.

Eusèbe appelle les Thérapeutes proto-chrétiens, et Philon présente les Thérapeutes comme des Esséniens. Le fait de ne pas faire de serment se retrouve dans le christianisme, où on ne jure pas au nom du Dieu.

Les Thérapeutes – ce n’est pas dans le livre de LKJ – sont présentés comme des guérisseurs par l’imposition des mains. On peut voir dans le mot grec « thérapeutes » l’équivalent du latin « bénédictins ».

Les descriptions des Esséniens de Flavius Josèphe sont un peu différentes.

Dans Guerre des Juifs Josèphe dit que les Esséniens étudient les anciennes écritures, et interprètent les prophètes. Ils respectent plus que les autres juifs le sabbat et les règles de pureté. Ils admettent le mariage pour perpétrer la race, et enrôlent des enfants. Leur doctrine est cachée mais Josèphe la donne : l’âme immortelle est attachée au corps comme une prison. Il mentionne leur attitude stoïque face à la mort. Cette description peut correspondre à l’Eglise de Jérusalem, pas aux marcionites. Mais cela peut être dit d’autres groupes juifs non chrétiens.

Dans Antiquités judaïques, Josèphe fixe le nombre des Esséniens à 4000 comme Philon. Il dit qu’ils ne se marient pas et vivent comme les Pythagoriciens. Cela correspond à ce que dit Philon, mais la doctrine est différente : tout vient de Dieu et le destin gouverne toute chose. Le fait de préciser que « tout vient de Dieu » suppose une opposition à un groupe qui affirmait le contraire. Cette position antimarcionite est celle de l’Eglise de Jérusalem, et se retrouve in fine dans l’islam.

Comme Philon, Antiquités judaïques dit que les Esséniens ne sacrifiaient pas. Mais les marcionites et disciples de Paul avaient renoncé au Temple et aux sacrifices. Les Esséniens d’Antiquités judaïques en avaient eux été bannis.

  • Qumran

La communauté de Qumran est à l’origine des Manuscrits de la Mer Morte. LKJ veut rapprocher la communauté de Qumran de l’Eglise de Jérusalem. Ces deux groupes auraient appartenu au courant juif essénien, dont elle représenterait une branche messianique et apocalyptique : les Zélotes. Flavius Josèphe présente les Zélotes comme le moteur essentiel de la révolte juive de 66 à 73 qui mena à la destruction de Jérusalem et du Temple de Yahvé en 70.

La communauté de Qumran, ainsi que les ébionites se donnent à eux-mêmes le nom de « pauvres », tout comme l’église de Jérusalem. L’église de Qumran mentionne ses membres comme des « élus », des « saints », « l’église de Dieu » ou le véritable Israël, comme Clément ou l’Eglise de Jérusalem. On y pratique le baptême. Le statut des femmes y est similaire. La mort suivie d’une résurrection y sont bien présentes.

Mais Paul dit que l’Eglise de Jérusalem prêche un autre Jésus et accepte la conversion. Il s’agit ici de Josué, le Issa des Musulmans.

A  Qumran, on ne trouve pas les épîtres Jude, Jacques et Pierre.

Aucun Jésus n’est mentionné, mais la présence de livres attribués à Isaïe désigne Cyrus comme le messie de Qumran. Et le propos est toujours d’anéantir les ennemis d’Israël et de mettre les nations en esclavage.

On trouve aussi la plupart des textes de l’Ancien Testament, mais séparés, et non sous la forme de la Bible hébraïque, ainsi que de nombreux textes juifs apocryphes, souvent apocalyptiques et prophétiques. L’enseignant de justice aurait été persécuté pour son interprétation des prophéties.

Qumran représente donc soit un autre groupe contemporain de l’Eglise de Jérusalem, soit un groupe plus ancien à partir duquel l’Eglise de Jérusalem se serait structuré. C’est le fait de dater Qumran du 1er siècle qui force l’identification.

On considère généralement que les Manuscrits de la Mer Morte sont esséniens.

Ce rapprochement est fait sur la base de la description que Josèphe et Philon font des Esséniens, qui évoquent une vie en communauté, et en dehors des villes pour un des passages concernés. Pline l’Ancien dit aussi que la région de Qumran, à l’ouest de la mer Morte, est essénienne.

Mais là aussi l’identification est forcée.

Philon dit que les Esséniens sont des hommes mûrs qui ne se marient pas. Pline l’Ancien dit aussi que personne ne naît parmi eux.  Un des passages de Josèphe dit que les Esséniens n’avaient pas de femmes parmi eux, l’autre que les femmes n’y étaient admises que pour la procréation. Or les tombes du cimetière de Qumran accueillent des femmes et des enfants en nombre.

Les Esséniens de Philon comme ceux de Flavius Josèphe sont pacifiques. La communauté de Qumran est structurée militairement, et les Manuscrits de la Mer Morte sont violement nationalistes et anti-romains.

Dans Guerre des Juifs, Josèphe présente les Esséniens comme opposés à l’usage des armes. Dans Antiquités judaïques, il corrige en disant qu’ils voyagent avec une épée, mais pour se protéger des voleurs. Ils sont aussi fidèles aux dirigeants car ils ont été choisis par Dieu. Pour LKJ ces affirmations visent à distinguer les Esséniens ordinaires des Zélotes avec lesquelles ils partageraient beaucoup, et ainsi les dédouaner du soupçon de posséder des armes pour se révolter contre Rome.

Mais ceci montre bien qu’il y a deux groupes : des Esséniens judéo-chrétiens pacifiques, et des Zélotes.

Il n’est pas non plus certain que Qumran soit un groupe Zélote. Flavius Josèphe relie les Zélotes à des noms qui semblent issus de l’Eglise de Jérusalem, ce qui suggère que celle-ci s’est radicalisée et est devenue nationaliste au fil du temps. C’est d’ailleurs ce que suggèrent les épîtres de Paul. Mais on aurait retrouvé les épîtres de Jude, de Jacques et de Pierre à Qumran, or ils ne s’y trouvent pas.

Possiblement la communauté de Qumran est plus ancienne et date de l’époque d’Isaïe.

Un autre Jésus

Dans les épîtres de Paul, l’Eglise de Jérusalem est la première et la plus importante. Les chefs de l’église se présentent comme des aînés et non des prêtres. Un auteur comme Edouard-Marie Gallez représente bien l’opinion commune que l’église de Jérusalem du 1er siècle est à l’origine de l’islam au 7ème siècle, bien qu’elle semble avoir totalement disparu entre temps.

Paul dit que l’Eglise de Jérusalem lui demandait juste de financer les « pauvres », qui semble donc également être une désignation des chefs de l’église de Jérusalem. Les ébionites qui se surnommaient également les « pauvres » auraient pris la suite de l’Eglise de Jérusalem, et servi de fil la reliant à la fondation de l’islam. Toutefois, le terme « ébionite » est en général utilisé alternativement à celui de « nazaréen », ce qui désigne plus spécifiquement le groupe ismaélien.

La véritable chronologie est certainement plus resserrée. Epiphane et Jérôme disent du mal des ébionites. Nous avons montré que Jérôme de Stridon est un personnage basé sur Erasme de Rotterdam, traducteur en latin du Nouveau Testament au 15ème siècle.

Pour l’Eglise de Jérusalem, le respect de la Loi juive est nécessaire au salut. Paul lui oppose la Foi. La Foi est importante en islam, mais sa signification est différente de la Foi paulinienne. Elle est d’ailleurs articulée avec des règles de pureté directement inspirées de la Loi juive.

Paul précise bien que l’église de Jérusalem prêche un autre Jésus et un autre évangile que lui-même. LKJ suggère que cet autre Jésus cacherait Judas le Galiléen ou Jules César. Plus simplement, l’autre Jésus est le Issa de l’islam. Ce dernier est assimilé au Josué de l’Ancien Testament. Josué est un messie guerrier tel que les Juifs l’attendaient. L’islam sunnite dit d’ailleurs qu’Issa reviendra à la fin des temps.

Jérusalem est une ville sainte de l’islam, mentionnée clairement dans le Coran, tandis que La Mecque semble avoir été ajoutée tardivement à travers la sunna. Le caliphe Omar est même mentionné pour avoir rebâti le Temple de Jérusalem. Pourtant, le bâtiment qui lui est attribué est la mosquée d’Omar. Celle-ci se trouve sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem, précisément là où on dit que le Second Temple a été détruit.

Une partie de la démonstration de LKJ repose sur le fait que les premiers Chrétiens sont désignés comme Juifs. Le Coran désigne également le groupe de Mahomet comme « qoreyshite ».

Le Coran est ambigü sur le terme de Juifs, par lequel il définit sa propre communauté, mais qu’il attaque parfois. Il semble que tous les Juifs n’étaient pas des adeptes du culte coranique. Il attaque également un groupe d’associateurs, qui peut désigner l’église de Paul, puisque ce dernier a appelé Jésus le Fils de Dieu.

Paul dit que l’Eglise de Jérusalem n’admet pas la théologie de la croix, qui effectivement est absente pour le Issa de l’islam.

Le Talmud ou la Kabbale disent que la Torah a été falsifiée. Elle aurait été acceptée par une minorité de Juifs, qui se désignent comme les Juifs aujourd’hui. La majorité, dans l’islam, ne la reçoit pas.

Rapports du culte chrétien, de l’osirisme et des cultes perses

Nous reprenons les notes de LKJ, mais les rapports du zoroastrisme et des cultes égyptiens aux cultes juif et romain nous semblent bien plus forts.

Comme Paul a une vision du Christ, Zoroastre a une vision d’Ahura Mazda et se dit choisi pour réformer la religion.

La religion mazdéiste classique d’Iran élabore à partir d’un substrat plus ancien où Mithra est le dieu, et un dieu sacrificiel. La cosmologie d’Ahura Mazda (le Grand Horus ?) vient chapeauter la religion primitive de Mithra. Ce dernier n’est plus un dieu, mais seulement le messager d’Ahura Mazda. Il perd alors sa dimension sacrificielle.

A Rome, Origène appelle les fidèles d’un dieu également nommé Mithra du nom de Perses. Les chercheurs veulent nous faire croire qu’il se serait agi d’une coïncidence, les deux sphères culturelles n’ayant rien à voir.

Le culte de Mithra à Rome aurait été également primitivement sacrificiel, puisqu’une scène est régulièrement représentée, la tauroctonie, où Mithra sacrifie un taureau. Le sacrifice du taureau était effectif dans un certain nombre de religion à Mystères similaires, comme le culte d’Attis. Toutefois, on pense que le culte de Mithra avait renoncé au sacrifice réel pour ne plus en faire que l’évocation.

A Rome, dans sa version originelle, Mithra est un dieu lunaire, la version divinisée de Helios, le dieu solaire, qui est l’élément matériel. Dans sa version réformée, Mithra devient un dieu lunaire, inférieur à sa transformation solaire : Sol invictus.

A Rome, Mithra n’est plus vraiment un dieu mais un intermédiaire du dieu suprême nommé non pas Ahura Mazda, mais Jovis ou Jupiter. Les deux cultes, le zoroastrisme et le culte de Jupiter nécessitent l’entretien du feu sacré.

Le réformateur religieux perse se nomme Zoroastre. Jules César était pontifex maximus du culte de Jupiter, et papa du culte de Mithra.

En 549 av JC Cyrus le Grand fonde la dynastie perse et remplace la religion des Mages par le zoroastrisme. Dans le Livre d’Isaïe, Cyrus est également décrit comme le Messie choisi par Dieu.

Il est assez surprenant que l’instrument du dieu d’une religion, le judaïsme, soit également celui qui instaure une autre religion comme religion d’Etat.

Il est prétendu que Zoroastre et Cyrus sont deux personnages différents, mais le rôle du réformateur religieux et celui de son promoteur sont relativement difficiles à disjoindre. Les lois juives sont proches de celles de Zoroastre, et de celles concernant les prêtres à Babylone.

Ainsi le culte perse devait également être un culte juif. Néanmoins la version juive qui nous est parvenue emprunte visiblement plutôt à sa forme romaine. Ainsi Jovis et Mithra nous sont connus comme Yahvé et Moïse.

Dans la Bible, la transfiguration de Moïse au Mont Sinaï reflète comme pour Mithra la transformation d’un Moïse lunaire et dieu sacrificiel en Moïse solaire. C’est ce Moïse qui descendant de la montagne trouve les Hébreux en train d’adorer le veau d’or et les châtie pour cela.

Il reste toutefois dans la Bible des traces de culte de sacrifice humain – comme l’épisode de Jephté le Galaadite dans le livre des Juges, mais globalement l’être humain a été remplacé par un holocauste animal.

Par ailleurs, dans les premières versions de l’Exode, Moïse ne se met pas à rayonner sa gloire, il apparaît avec des cornes sur la tête, symbole de sa nature lunaire. A Carthage où il est le dieu Baal Amon, il est représenté sous la forme d’une vache recevant des sacrifices humains. Il est lui-même le veau d’or.

Moïse est encore représenté tardivement avec des cornes dans la statuaire de la Renaissance. Jusqu’au 17ème siècle, le croissant de lune – les cornes – est un symbole de l’église catholique romaine.

Le védisme et l’hindouisme proposent une démarche similaire au zoroastrisme.

Là où le zoroastrisme a transformé Mithra en messie non sacrificiel, le védisme fait de Madhaio ou Shiva un dieu certes sacrificiel, mais adoré par les démons, et passé de mode et très inférieur à Vichnou. Vichnou comme Jésus ne donne pas à ses adeptes des récompenses matérielles comme Madhaio, mais la béatitude céleste à ceux qui croient en lui.

Le zoroastrisme est considéré comme le premier monothéisme, inspirant le judaïsme. Il suppose un plan divin et à la fin Ahura Mazda triomphe et amène un jugement dernier et la fin des temps.

Toutefois, le récit de la création du monde et de sa destinée est très différent de la Genèse.

La religion zoroastrienne ne reconnaît pas la Torah comme livre saint, et est une religion différente du judaïsme que nous connaissons.

Ce serait une erreur sans doute de limiter la notion de religion juive à la version moderne du judaïsme que nous connaissons.

Les livres zoroastriens sont découverts tardivement, au 18ème siècle pour les plus anciens. Ils sont très influencés par le contexte national dans lequel ils ont été écrits, et peuvent différer de ce que représentait au départ la réforme zoroastrienne.

Notre idée est que le zoroastrisme n’a pas primitivement de livre saint. Ceux-ci peuvent avoir été les cinquante volumes attribués à Suhrawardi, le mystique « chiite » du 12ème siècle dont le personnage central est bien Zoroastre et non Mahomet.

Le « zoroastrisme » originel est sans doute bien celui de Rome. Certains aspects de la tradition chrétienne sont absents du canon catholique comme des écritures juives, mais sont bien présents dans le zoroastrisme : : un paradis, un purgatoire, sept niveaux de ciel et quatre enfers. Cette configuration existe aussi dans le mithraïsme de Rome, et dans un certain christianisme médiéval, notamment la Divine Comédie de Dante. Il doit s’agir du culte le plus proche de ce qu’était le Temple réformé de Jules César.

La Bible hébraïque est une production tardive du culte solaire. Elle est reçue par les Juifs occidentaux et les Chrétiens d’occident, mais pas par les Zoroastriens d’orient.

Il n’existe pas un seul zoroastrisme. Chaque recueil zoroastrien exprime une cosmologie spécifique, qui reproduit les clivages qu’on retrouve dans les églises du Proche-Orient ou en Egypte.

L’Avesta représente le mazdéisme classique. Ahura Mazda est créateur de ce qui est bon, Angra Mainyu est le créateur du mal. Selon Philon, les Esséniens défendaient le même principe.

Dans le Bundahisn, Angra Mainyu est remplacé par Ahriman, qui est seul créateur, comme dans le gnosticisme.

Le zurvanisme est une variante du mazdéisme où Zurvan le Temps est le père des dieux, dont Ormazd n’est qu’une des trois hypostases. Ce dieu a quatre visages est présent dans le manichéisme, ainsi que dans le culte romain de Janus. Dans la titanomachie grecque, Cronos le Titan est également le père de trois dieux, Zeus, Poséidon et Hadès.

Dans les Gathas, les déités bonnes sont nommées asura ou ashavan (les asuras ou les ashvin des Védas en sanskrit). Chaque combat son jumeau démoniaque, un daeva. (A noter que dans l’hindouisme, les devas sont considérés comme des entités positives.)

Il s’agit de la double nature humaine de Paul, où le combat s’effectue à l’intérieur de l’homme. En grec, la part animale se nomme eidolon (idole), la part divine daemon. Comme dans l’hindouisme, les cultes non gnostiques ont délibérément changé le sens du mot de démon pour en faire un être maléfique.

La Perse séfévide aura simplement hérité au 17ème siècle des doctrines ottomanes, et les a adaptées en langue persane pour en faire leurs doctrines nationales.

Après la mort de Jules César, les auteurs latins disent que le triumvirat de Rome avait décrété que celui-ci serait désormais adoré comme un dieu. Les vétérans des légions avaient été nombreux alors à adopter le culte de divus iulius. Faut-il penser qu’ils abandonnèrent alors le culte de Mithra ?

Sans doute pas. Le Livre 1 des Rois dit que David réforma lui aussi le service du Temple, en mélangeant deux « lignées », celle d’Ithamar et celle d’Eleazar, censés être des fils d’Aaron. Il s’agit des prêtres de Mithra et de ceux de Jules César. En Egypte ils sont connus comme les cultes d’Amon et Osiris. David est probablement le Thôt égyptien.

Les églises d’Egypte l’appelaient Asar, ce qui en grec a donné Osiris. Osiris était représenté avec un corps vert. Cet « homme vert » est nommé « Al Khidr » dans le Coran et rencontre Moïse. Il est sans doute identique à Issa.

Les églises que visite Paul sont d’ailleurs toutes connues pour avoir été des centres du culte à divus iulius.

L’islam conserve la loi d’Abraham, tout en recevant l’enseignement nouveau d’Al Khidr. Le nom de la mosquée Al-Azhar au Caire signifierait « le plus resplendissant ». Dans l’Evangile de Marc, il est suggéré que Jésus transfiguré au Mont Hermon resplendit plus que Moïse au Sinaï.

Baal Amon à Carthage est un dieu sacrificiel. Il en est certainement de même en Egypte. Le Amon d’Heliopolis est probablement identique à Moïse, dont le premier temple était à Shilo ou Bethel. Bethel se traduit comme la « maison d’El ». Il est dit qu’Amon était un dieu solaire, mais c’est improbable.

L’ancien culte de Moïse et le nouveau culte d’Osiris/César ont certainement eu du mal à cohabiter. Il est clair dans la Bible qu’Eleazar a la préséance sur son frère Ithamar.

Le culte égyptien comme les premiers chrétiens d’Egypte font d’ailleurs disparaître Amon ou Moïse. Contrairement au culte imaginé par David, les prêtres d’Amon en Egypte n’ont jamais rejoint le culte d’Osiris, ni l’église de Marc.

Amon disparaît de l’ennéade égyptienne. Osiris est la figure messianique unique complétée par un Horus en Egypte, comme Jésus et Christ chez Paul et Marc.

En Perse, c’est toujours Mithra qui est le messie d’Ahura Mazda.

Cette différence est encore présente dans la cosmologie des Sunnites et des Chiites. Pour les premiers c’est Issa qui revient à la fin des temps. Pour les seconds, ce sera le Madhi (Madhaio). Les Hindous le nomment Maitreya, qui doit également revenir à la fin des temps pour sa secte.

Le dieu lunaire Osiris – découpé par Seth en quatorze morceaux comme autant de jours dans une demi-lunaison – est transfiguré en dieu solaire Horus.

Osiris est également représenté par la constellation d’Orion. La doctrine osirienne fait du passage sur Terre une mort, et la naissance de l’homme s’effectue à la mort du corps physique. Le pharaon, et dans un deuxième temps tout égyptien, peut rejoindre les étoiles, c’est-à-dire les dieux. On retrouve la symbolique de Paul où le Fils de l’Homme ressuscite dans les cieux, et non sur Terre.

Dans l’épître aux Philippiens, le schéma de la vie de Jésus est réduit à sa plus simple expression : Jésus est au ciel, il descend dans la matière, souffre une mort ignoble et monte au ciel pour une renaissance. Il reçoit alors un nom mystique aussi puissant que celui de Dieu. Paul est ainsi relié aux deux cultes égyptiens, l’église de Marcion et le culte d’Osiris.

L’osirisme croit cependant à une résurrection des corps pour les bons, des tourments éternels ou l’annihilation pour les mauvais, comme chez les Esséniens.

La résurrection de la chair fait aussi partie du credo de l’église catholique romaine. Or le Nouveau Testament ne dit rien de tel, si on excepte le Livre de l’Apocalypse, qui prévoit une résurrection avant la fin des temps.

L’Apocalypse – attribuée à Saint-Jean – contient d’ailleurs des éléments empruntés au culte égyptien. Comme Jésus dans l’Apocalypse, Osiris – ou Thôt – tient une cour de justice, où le cœur est pesé contre une plume. La présence d’un avocat de la défense est un principe qui sera repris lors des procès en inquisition, avec l’instauration de l’avocat du diable.

La disparition du culte d’Osiris en Egypte s’explique par l’instauration de l’islam, sans doute lors de la conquête ottomane en 1650. On dit que les prêtres d’Amon se seraient vengés à la mort d’Akhénaton et auraient alors fait disparaître le culte d’Aton.

LKJ montre un certain nombre de points communs entre les cultes égyptien, zoroastrien et védique. Le cosmos y est maintenu en ordre par un principe nommé maat (Egypte), rita (védisme), asha (zoroastrisme). Seul le zoroastrisme, comme le judaïsme, prévoit une fin du monde.

La cosmologie védique reprend en partie celle du zoroastrisme. Indra et Mithra existent dans les deux cultes. En Iran Indra est un démon et mineur et Mithra plus important.

Le védisme n’a pas de doctrine gnostique où le dieu créateur est mauvais.  On est plus proche de la doctrine du logos. Il y a bien un dieu suprême – Varouna – et un dieu créateur – Indra. Rival de Varouna, Indra est guerrier mais avant tout il est facteur d’ordre, puisqu’il combat le chaos primordial. Une autre version remplace Indra par Mitra, qui est non plus le rival mais l’associé de Varouna – ce qui correspond mieux à la doctrine du logos, ainsi qu’à la doctrine mazdéiste.

On observe dans les Védas une progression liée au temps et aux yugas. A l’origine les morts vont dans l’abysse. A l’époque des Védas, les gens respecteux du rita vont chez Vichnou, ou dans un pays de lait et de miel.

Cette progression met en scène une échelle de valeurs dans des croyances qui sont présentées de façon séparées chez les Juifs ou les Grecs.

Ainsi il n’est pas possible de dire – comme souvent – que les Juifs n’ont pas de paradis. Dans les couches les plus anciennes de l’Ancien Testament, celles où El est en général l’être suprême, les morts se rendent au Sheol, correspondant aux limbes des Romains ou aux Enfers des Grecs tels que représentés dans Homère. Les esprits y sont toujours présents mais sous la forme d’ombres semi-conscientes et incapables d’action. Ceci correspondrait à la croyance traditionnelle, exprimée par les Sadducéens.

Dans un second temps, les grecs méritants, les hommes qui meurent au combat notamment, peuvent se rendre aux Champs-Elysées après leur mort, comme les guerriers vikings au Valhalla.

La sortie d’Egypte et la traversée de la Mer rouge par les enfants d’Israël est d’ailleurs interprétée par David Mathisen comme la libération de l’âme du corps où elle est en esclavage, pour retrouver le monde non physique. Le Pays de Canaan est comme dans les Védas, appelé le pays de lait et de miel dans l’Exode.

Dans le Deutéronome, El Elyon (le Plus Haut) attribue les nations à ses Fils. A Iaw ou Baal revient Israël. Iaw a alors des lieux de culte en Canaan, mais pas à Jérusalem. Puis Iaw ou Baal sont assimilés à El. Iaw va promettre à son peuple le Royaume de Dieu, à la condition de respecter ses commandements et la Loi.

Quand Jérusalem devient capitale de David, une prophétie annonce que Yahvé y vivra.

Yahvé sera alors au Mont Sion comme Baal au Mont Zaphon, bâti sur un rocher depuis lequel le monde a été créé. Comme à Canaan, en Egypte ou à Babylone, le Temple unit le ciel et la Terre, et des sacrifices sont organisés pour nourrir le dieu.

Ainsi la destruction des hauts-lieux par Josué, présente dans Exode, n’a pas de sens avant la construction du Temple de Salomon. On voit ici que les livres de l’Ancien Testament ne suivent pas vraiment un ordre chronologique.

Paul

Les épîtres de Paul sont dépourvus de détails biographiques sur la vie de Jésus. Jésus-Christ y est une figure mythologique, s’inspirant des dieux sauveurs morts et ressuscités qui sont courants dans le monde gréco-romain, et de la notion latine de devotio qui est le sacrifice de soi pour les autres. L’Evangile de Jean présente une notion plus pure du dieu sauveur païen, puisque Jésus y traverse les épreuves sans grande difficulté, témoignant de sa supériorité divine. Les évangiles synoptiques, les épîtres de Paul et les Actes des Apôtres y ajoutent l’influence des livres d’Isaïe et de la notion de serviteur souffrant.

Les lettres pastorales (Titus, les deux épîtres à Timothée) contredisent la lecture de Marc, et sont inauthentiques. Toutefois, ils s’opposent aussi à la loi juive.

Paul considère l’humanité comme une âme unique divisée. La cosmologie juive originelle parle des « enfants d’Israël ». Paul utilise des références aux constellations, comme l’Ancien Testament et les Evangiles. Les étoiles y représentent les âmes non incarnées comme dans la majorité des cosmologies du monde. Celles-ci sont le pneuma des stoïques, le plérôme des gnostiques. Le ciel a plusieurs niveaux, comme dans la religion de Mithra ou la cosmologie de Dante. Le but de l’existence est de retrouver l’unicité, la fraternité humaine, en faisant de l’humanité une seule chair.

Dans la Genèse, avoir goûté du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal mène à la chute : l’incarnation qui est aussi le péché originel. Chaque individu devient esclave de la matière. La religion primitive fait de la vie une punition faisant suite au péché originel. La communauté doit se faire pardonner régulièrement non seulement du péché originel, mais aussi des péchés quotidiens.  Par la mortification et le sacrifice, le dieu en colère est apaisé et évite que les maux ne s’abattent sur la communauté.

Paul a inversé l’allégorie. Jésus a réalisé le sacrifice définitif qui met fin aux sacrifices. Dans l’épître aux Romains Paul dit que la faute d’Adam a condamné l’humanité, mais que l’acte de Jésus la sauve toute entière. Le Psaume 8 décrit le Fils de l’Homme comme le Nouvel Adam. On retrouve ces deux expressions chez Paul.

C’est par l’incarnation que l’humain acquiert la connaissance du bien et du mal. Au passage, Paul explique que le péché n’est que la conséquence de l’instauration de la loi, car il n’y a pas de transgression sans loi. LKJ dit que la Loi est adaptée aux enfants, elle sert de guide moral aux individus qui n’ont pas de système de valeur intégré. Or la Loi juive n’est pas seulement un système pratique de régulation sociale, mais un foisonnement de règles arbitraires pour s’assurer la soumission de l’individu. Paul n’y voit pas un passage obligé mais s’y oppose de front. Le système des adultes est de se relier au divin et de réconcilier ainsi l’esprit et la chair.

A cette présentation de LKJ, j’ajouterais que l’esclavage lié à la matière étant lié au péché originel, l’esclavage légal trouve ainsi une justification. Certains êtres humains sont ainsi des esclaves par statut. Les hommes libres, en plus de devoir réaliser des sacrifices, contractent une dette à la naissance qu’ils passent leur vie à rembourser. Les citoyens de Rome qui ne payaient pas leurs dettes pouvaient voir leur famille se retrouver mise en esclavage temporaire. Curieusement, la Rome médiévale appliquait la coutume des Jubilés, inspirée de la loi juive : une année où toutes les dettes étaient annulées, la propriété revenait à son détenteur originel, et le cycle économique recommençait.

Si les églises de Paul remettaient en cause l’esclavage, il n’y a pas de trace d’une remise en cause de l’obtention d’un droit à la consommation par l’endettement et le travail. Ces pratiques, liées à la théologie du péché originel, sont toujours en place en 2021, bien que l’Agneau de Dieu est censé avoir enlevé le péché du monde.

LKJ montre que pour Paul, l’être humain dans la Foi n’est pas encore dégagé de la matière et les êtres humains ne sont pas devenus une seule chair. Aussi il ne parle que d’un entendement partiel. La réception complète de l’esprit ne se fait que plus tard, et c’est ce qu’il définit comme le Royaume de Dieu.

On peut ajouter que cette gradation se voit bien dans les évangiles. Jésus est d’abord baptisé, puis les disciples sont témoins de la résurrection du Christ, enfin les disciples sont imprégnés de l’esprit.

Les fêtes chrétiennes reproduisent une gradation : Noël qui est la naissance de Jésus peut correspondre à sa naissance spirituelle – son baptême – chez Marc, qui n’a pas les épisodes de l’enfance. A Pâques, Jésus est ressuscité, mais ce n’est qu’à la Pentecôte que les disciples reçoivent l’Esprit-Saint.

On a là trois baptêmes : le baptême de l’eau (par Jean), celui de l’air (la mort sur la croix) et celui du feu (la réception de l’Esprit-Saint). Le credo catholique romain rejette la théologie des trois baptêmes et précise bien que l’Eglise croit à « un seul baptême ». Le baptême de l’air est ainsi devenu une expression pour un aviateur effectuant son premier vol, et le baptême du feu désigne un pompier face à son premier incendie.

LKJ dit que l’Evangile de Marc est différent. A la fin du récit, les trois femmes qui voient le tombeau vide choisissent de se taire, et donc n’ont pas prévenu Pierre comme elles devaient le faire. Les disciples ne sont pas témoins de sa mort, ni de son enterrement, ni de sa résurrection. Les disciples ne sont donc jamais devenus des apôtres, et Paul devient l’apôtre unique. Marc contredit ainsi la tradition, empruntée aux trois autres évangiles, des apôtres évangélisateurs.

Il n’y a donc que deux moments : le baptême et la mort de Jésus, qui est ici le moment de la révélation que Jésus est le Fils de Dieu. Jésus y symbolise le destin de l’être humain, son baptême et sa mort étant les jalons spirituels de son existence.

Dans ses propres épîtres, Paul ne prétend pas être le seul apôtre. D’autres ont été apôtres avant lui. En revanche, il n’a pas reçu son évangile de quelqu’un, mais par révélation.  Il dit d’ailleurs que les apôtres avant lui ont connu la même révélation, à défaut d’avoir connu un homme nommé Jésus.

En Galates, Paul dit que les piliers de l’église de Jérusalem, Jacques, Céphas et Jean, ont confirmé sa mission et celle de Barnabas d’évangéliser les Gentils, lors de sa seconde visite à Jérusalem, alors que Pierre est l’apôtre des circoncis. Mais l’incident d’Antioche le fait basculer : Céphas a refusé, sous l’influence d’envoyés de Jacques, de partager un repas avec des non juifs. Paul va désormais s’opposer à la foi et à la loi juive. Ce conflit est présent dans la plupart des épîtres. Sa correspondance antérieure aura été escamotée.

Je dois souligner que l’argumentaire de Paul en Galates, où il affirme que l’alliance d’Abraham est offerte aux Gentils n’est pas que polémique : elle est fondée dans la Genèse que nous connaissons. Et l’Eglise de Jérusalem devait le penser aussi. En revanche, Abraham a été circoncis. Ceci explique peut-être que Paul ait prétendu en Galates que ses fidèles étaient circoncis, et non la peur des persécutions des fidèles de Paul par l’Eglise de Jérusalem comme le dit LKJ. Ce n’est que dans les épîtres postérieures, une fois la rupture consommée, que Paul y renoncera et évoquera la « circoncision du cœur ». Dans l’épître aux Philippiens, Paul lie même la circoncision aux cultes phalliques.

Paul demande qui est de la semence d’Abraham, et rappelle que dans la Genèse, il est dit à Abraham, « tous les Gentils sont bénis en toi ».

D’ailleurs, si Galates ne s’attaque pas à la circoncision, il attaque déjà violemment la Loi juive. Paul affirme désormais qu’en acceptant l’alliance du Sinaï, les Juifs auraient renoncé à l’alliance d’Abraham et seraient exclus de l’alliance divine ! Là encore, Paul ne fait pas que de la rhétorique, mais s’appuie sur le texte : Abraham est le père de nombreuses nations et pas le père des Juifs. Si l’alliance abrahamique était celle des Juifs il n’y aurait pas eu d’alliance du Sinaï. Et dans le Second Epître aux Corinthiens, Paul appelle déjà l’Eglise de Jérusalem les serviteurs de Satan.

LKJ pense que les gnostiques déforment ce que dit Paul, en prétendant que le dieu de la Genèse est mauvais, et différent du vrai Dieu, distant et non créateur. Le gnosticisme serait une hérésie développée en réaction à la destruction du Temple. Le Dieu ayant le pouvoir sur la matière qui avait laissé faire cela ne pouvait pas être bon, aussi il avait fallu en créer un autre.

C’est en réalité plus ambigü. En effet, les passages de Paul en Galates et 2 Cor suggèrent que l’alliance du Sinaï a été passée avec un autre Dieu. Marc dit aussi aux Juifs : « vous avez pour père le diable ». Paul dit en Galates que la croix annule l’alliance avec Israël, que Marc traduit par le rideau du Temple qui se déchire à la mort de Jésus. Les deux parlent d’une nouvelle alliance. Dans la Loi, Moïse et l’arche d’alliance sont un intermédiaire pour s’adresser à Dieu, à travers le sacrifice de sang versé sur le siège de Miséricorde. Jésus a réalisé le sacrifice définitif qui met fin aux sacrifices. Dans l’épître aux Romains Paul dit que la faute d’Adam a condamné l’humanité, mais que l’acte de Jésus la sauve toute entière.

Les marcionites et gnostiques d’Alexandrie qui s’inspirent de Paul font ainsi le choix de rejeter l’ensemble des écritures juives. Mais s’il parle de nouvelle alliance et rejette l’alliance mosaïque, Paul s’appuie bien sur l’alliance abrahamique en Galates. Si on retient cet endossement de l’alliance d’Abraham, il n’y a pas de raison de rejeter le dieu d’Abraham. La faute d’Adam est également conforme au récit de la Genèse, et jamais Paul ne dit que le dieu de la Genèse était lui aussi coupable.

Mais puisque Paul renonce ensuite à la circoncision, il s’ensuit que l’alliance avec Abraham est également obsolète. Dans l’épître aux Philippiens, Paul lie désormais la circoncision aux cultes phalliques – « leur dieu est leur ventre », à la castration des cultes païens, et affirme maintenant que les circoncis le sont par peur de l’Eglise de Jérusalem.

Si Paul n’est pas ouvertement gnostique, le choix de reconnaître le dieu de la Genèse et celui d’Abraham comme le dieu de la nouvelle alliance est ouvert à interprétation. En revanche, il n’est pas possible pour une église se réclamant de Paul de reconnaître le dieu du Sinaï. Or les seules églises à le faire sont les églises marcionite et gnostique qui ont rejeté la totalité de l’Ancien Testament.

L’auteur du Coran qui fait régulièrement référence à l’alliance d’Abraham, et non celle de Moïse, considère que les églises d’Egypte ont falsifié Paul. Mais si Paul n’a pas formellement rejeté Abraham, il a bel et bien renoncé à la circoncision.

Paul considère que l’Eglise de Jérusalem ne va pas jusqu’au bout de sa logique. Elle défend une nouvelle Foi, mais veut conserver la Loi, ce qui est également le cas de l’islam. Bien que ne sacrifiant plus quotidiennement au temple de Jérusalem, l’islam conserve notamment des sacrifices animaux aux fêtes calendaires.

L’Eglise catholique est elle aussi revenue sur l’intransigeance de Paul. Lui considérait que les temples et les prêtres étaient devenus inutiles. En retenant l’évangile de Matthieu, l’église pouvait réintroduire un clergé et des bâtiments dédiés au culte.

Luther prétend que les seuls épîtres de Paul pourraient suffire pour la foi chrétienne. En effet, les luthériens ne souhaitent pas de clergé. Et si leurs bâtiments sont nommés des temples, ils n’ont qu’un caractère fonctionnel pour abriter les réunions et pas la dimension sacrée d’une maison de Dieu.

Paul dit que c’est la Foi qui sauve, non les œuvres. Les œuvres désignent ici les actes liés au respect de la Loi juive. Luther dénonce l’Eglise catholique pour avoir hérité de cet esprit de trafic spirituel : les indulgences et les messes payantes auraient simplement remplacé les sacrifices. LKJ pense que ce faisant Luther rejette la partie éthique des enseignements de Paul comme si confesser sa croyance en Jésus suffisait. Ce n’est pas exact : il y a bien une morale protestante, un code de comportement sinon une loi.

Il existe un point problématique, mais que ni Luther ni Paul ne pouvaient éviter. Pour Paul, la grâce de la Foi est un don de Dieu et ne se gagne pas par les actes. Seuls ceux qui ont « des yeux pour voir, des oreilles pour entendre » (Marc) peuvent accéder au Royaume de Dieu. Or comment s’assurer que les membres de l’Eglise sont bien les personnes qui possèdent l’entendement nécessaire pour accéder au « Royaume de Dieu » ? Luther n’agit pas différemment des autres cultes : il dit simplement que d’être de son église suffit.

Que Luther n’ait pas été une personne très charitable et humaine est probable, mais nous ne pouvons pas affirmer le contraire de Paul. Certes son magistère est universaliste, mais il ne semble pas avoir été particulièrement tolérant. Les deux épîtres aux Corinthiens font état d’un homme de l’église condamné à mort pour avoir vécu avec le père de sa femme.

L’élément majeur qui distingue Luther de Paul est qu’il croit que la Foi est de croire en l’existence historique d’un Jésus qui aurait été le fils de Dieu, alors que Paul parle de réconcilier l’âme et le corps.

Marc

L’Evangile de Marc donne vie au Jésus-Christ de Paul en lui fournissant une biographie. Marc fait prononcer par Jésus des phrases empruntées à Paul, notamment le 1er épître aux Corinthiens.

Marc continue d’emprunter aux Livres d’Isaïe et aux Psaumes. Chez Marc comme Paul, la crucifixion amène un changement des temps. La loi juive est abrogée au profit d’une « alliance nouvelle et éternelle » empruntée au 1er Epître aux Corinthiens – qui emprunte aussi aux Psaumes.

Marc écrit après les deux épîtres aux Corinthiens, ceux aux Romains et aux Hébreux.

Matthieu et Luc incluent aussi Galates, Philippiens, et la première épître aux Thessaloniciens.

Marc emprunte à Paul le mot evangelion, et l’applique à Jésus, autre galiléen. (Actes fait venir Paul de la ville de Tarse et lui attribue le prénom initial de Saul. Mais une autre tradition le fait venir de Gischala en Galilée).

Paul commence son magistère en Arabie avant de venir à Damas. Jésus commence par aller dans le désert avant d’aller en Galilée.

On retrouve en Paul comme en Marc l’association aux prophéties juives, le prêche aux pécheurs et non à sa propre famille, l’abrogation de la loi juive, notamment sur la nourriture la crucifixion liée à un changement des temps, la résurrection de Jésus au ciel.

Les principaux disciples Pierre, Jacques et Jean portent les noms des figures de l’église de Jérusalem, et ils sont dépeints bien plus négativement que dans les autres évangiles. Bien qu’ayant reçu le « secret du Royaume de Dieu », ils ne comprennent jamais Jésus, et finissent par le trahir. Jacques et Jean ne pensent qu’aux honneurs, et Pierre le renie trois fois.

Le traitre s’appelle Judas Iscariote « Judas le Sicaire », qui doit être Judas le Galiléen mentionné par Josèphe, et dont les descendants sont les Sicaires de la Guerre de 70.

C’est une des raisons qui pousse LKJ à suggérer que l’Eglise de Jérusalem mentionnée par Paul est la génération intermédiaire entre Judas et la guerre de 70.

Bien que Dieu ait deux fois annoncé qu’il était son fils, ce que les démons ont confirmé, le premier humain à le reconnaître est le centurion romain au moment de sa mort. C’est seulement en Marc que Jésus n’est reconnu Fils de Dieu qu’au moment de sa mort, conformément aux épîtres de Paul. Les disciples ne le reconnaissent jamais dans la version originale de l’Evangile. Visiblement cette doctrine selon laquelle Jésus est le Fils de Dieu n’était pas celle de l’Eglise de Jérusalem.

Marc s’oppose clairement à l’instrumentalisation politique du culte. Il recommande de donner à César ce qui est à César, c’est-à-dire de payer ses impôts. Il cherche clairement à se démarquer des rebelles juifs pour recevoir l’approbation du pouvoir romain.

La nouvelle alliance abolit la Loi juive, et critique le Temple. Jésus mange avec les pécheurs et les percepteurs, ce que Céphas a refusé de faire selon l’épître aux Galates.

Matthieu est plus amical envers les Zélotes ou les Samaritains, mais dénigre plus spécifiquement les Pharisiens, et plus accessoirement les Sadducéens et les Scribes. Jésus y est le champion du Temple.

L’épître de Paul aux Romains dit que le Fils de Dieu est descendu de David dans la chair. Il dit aussi que si l’église est universelle, les apôtres doivent être juifs, ce qui est son cas. Romains garde donc des traces de la doctrine de l’Eglise de Jérusalem.

Ces éléments ont disparu chez Marc. Jésus n’y est pas de la lignée de David. Ainsi il ne peut pas remplir le rôle de messie guerrier pour Israël. Il accuse constamment les Juifs de méchanceté et de rejeter en masse les enseignements de Jésus car « nul n’est prophète en son pays ». Les disciples ne le reconnaissent jamais comme le Fils de Dieu. Visiblement cette doctrine n’était pas celle de l’Eglise de Jérusalem. Ce n’est pas celle de l’islam non plus, puisque le Coran dénonce les associateurs qui renoncent à l’unicité de Dieu.

Pour moi, Marc pourrait faire une allusion au fait que le centre de la foi n’est plus Jérusalem car « la foi déplace des montagnes » (de Sion ?).

Le seul péché impardonnable est de blasphémer contre le Saint-Esprit. Or c’est le Saint-Esprit qui permet à Jésus d’exorciser les démons, et les Juifs le disent possédés : ils sont donc coupables de péché impardonnable ! On peut penser que l’église de Marc pratiquait l’exorcisme, et que l’église de Jérusalem y était opposée. Marc semble cependant dire que c’était une pratique admise, mais réservée aux aînés. La question est de savoir qui réellement pratiquait des exorcismes sans en avoir reçu mandat.

Le 1er épître aux Corinthiens comme Marc interdisent le divorce, alors que la loi juive l’autorise. Ils contiennent tous les deux la séquence de Jésus distribuant le pain et le vin aux disciples et les mêmes paroles prononcées par Jésus. « prenez et mangez en tous », parle d’une « alliance nouvelle et éternelle »… et « vous ferez cela en mémoire de moi ».

1 Cor dit qu’il n’existe qu’un seul Seigneur : Jésus-Christ. Dans l’Evangile de Marc, ce sont les adversaires de Jésus qui le désignent comme roi. De la même façon, les adversaires de Jules César prétendront qu’il voulait être roi, mais il ne l’a jamais fait lui-même.

En cela Paul et Marc héritent d’une tradition juive où le seul roi sur Terre est Yahvé et le grand-prêtre son représentant. Ces deux aspects de Marc sur le divorce et l’unicité du Seigneur ont été retenus respectivement dans la doctrine et le credo catholique.

J’ajoute : Ce n’est clairement pas la tradition des souverains juifs hasmonéens, ni celle des messies juifs – Simon de Pérée et Judas le Galiléen – qui n’hésitent pas à se proclamer rois. En Marc, le leitmotiv selon lequel les plus grands doivent se faire esclaves vient en contrepoint des prétentions de Jacques et Jean aux honneurs d’être assis au ciel aux côtés de Jésus. Marc attaque donc les prétentions des messies juifs. Les sultans turcs aussi se donneront le nom de Grand Seigneur.

Marc dit écrire en paraboles pour que ceux qui n’ont pas reçu « le secret du royaume de Dieu » ne comprennent pas. Ailleurs il mentionne des enseignements secrets de Jésus donnés par oral – Jean en parle aussi. Sans doute l’église de Marc proposait-elle une initiation.

Toutefois Marc donne souvent l’explication de ses paraboles après les avoir racontées. On peut y voir une similitude avec les Mystères d’Eleusis (Osiris ?) qui proposaient bien une initiation, mais que tout le monde pouvait faire.

Les apocalypses juives distinguent également les Fils de Lumière des Fils des Ténèbres. Mais elles font une interprétation nationaliste et s’octroient l’identité des Fils de Lumière.

La tradition est que Marc fut écrit avant la destruction du Temple, mais le chapitre 13 surnommé « petite apocalypse » suggère le contraire. Les Zélotes ayant été responsables de la rébellion, Marc dénigre en bloc les Juifs, et assure Rome que son Jésus ne fera rien contre Rome.

J’ajoute qu’il est pourtant possible que Marc ait été écrit avant la fin de la carrière de Paul, qui aurait donc pu connaître la fin du Temple. On y retrouve des éléments des deux épîtres aux Corinthiens, et de l’épître aux Romains, de l’épître aux Hébreux. On retrouve ces épîtres, mais aussi Galates, Philippiens, la première épître aux Thessaloniciens dans Matthieu et Luc.

LKJ parle beaucoup des versions alternatives de Flavius Josèphe que possédaient Origène ou Eusèbe, qui citent des passages que nous n’avons pas. Elle-même néglige de dire qu’elle parle d’une version courte de Marc.

La finale de Marc dans la Vulgate serait de la main d’un prêtre de Smyrne nommé Aristion, et non de Marc lui-même, mais c’est bien cette version qui est canonique. Cette finale aurait initialement servi de finale à l’ensemble des quatre évangiles.

On trouve aussi des fins différentes dans certains manuscrits. Le codex Vaticanus et le codex Sinaiticus s’arrêtent ainsi à 16,8 avec un petit ajout au Marc court.

Marc = Marcion

La première collection de lettres de Paul est celle de Marcion (150), l’Apostolikon, qui contient dix des épîtres sans ordre. Les manuscrits connus contiennent moins d’interpolations que les versions postérieures des lettres – et permettent justement de repérer ces interpolations. L’Epître aux Hébreux, qui n’est sans doute pas de Paul, mais ne le contredit pas, s’y trouve. Les Pastorales (Titus et les deux lettres à Timothée), aujourd’hui jugées falsifiées, ne s’y trouvent pas. Leur contenu contredit en effet l’enseignement de Marcion.  L’épître à Philémon ne s’y trouve pas non plus.

Marcion possède un évangile qu’on dit avoir été un proto-Luc, inspiré par Marc. Mais seul Marc utilisait le mot d’évangile. Par ailleurs, l’évangile de Marc était très adapté pour faire passer les idées de Marcion, aussi on suppose qu’il le possédait aussi.

Marcion supposerait un dieu créateur démiurge différent du dieu suprême qui est le père de Jésus. On n’aurait rien retrouvé de la main de Marcion ni de son école : ce trait gnostique lui est attribué par ses adversaires. Toutefois le penseur gnostique Valentinien se réclame lui-même de Paul.

Comme on l’a vu, ceci n’est pas incompatible avec la doctrine de Paul. Paul n’a jamais été ouvertement gnostique, mais présentait l’alliance de Moïse au Sinaï comme celle du diable, et renonçait implicitement à l’alliance d’Abraham en dénonçant la circoncision comme un culte phallique (Philippiens).

Tertullien prétend que la version de Marcion de l’épître aux Colossiens n’a pas la partie évoquant le logos, dans des termes équivalents au logos de l’évangile de Jean. Dire de Jésus qu’il est le logos (le Verbe) fait de lui l’intermédiaire créateur qui agit au nom d’un Dieu lointain. Cet élément correspond aux émanations de la pensée platonicienne, ou à l’articulation de la kabbale en sephiroth. Les deux propositions ne sont pas compatibles : soit Jésus est le logos créateur (Jean, Platon, kabbale), soit le dieu malfaisant l’est (Marc, gnosticisme, catharisme). Il est donc logique que le logos ne figure pas dans les épîtres détenus par Marcion.

Or cela suggère que Paul n’avait pas inclus ce passage dans la version originale, et donc que sa doctrine n’était pas émanatiste. Si elle n’était pas émanatiste, elle pouvait être gnostique.

Philon mentionne des Juifs gnostiques à Alexandrie au 1er siècle, qui rejettent la Loi. Les marcionites d’Alexandrie sont datés du 2ème siècle. Les gnostiques chrétiens d’Alexandrie sont eux du 3ème siècle, et suivaient – hasard – l’Evangile de Marc. Nous n’avons pas de textes des gnostiques Juifs d’Alexandrie ni des marcionites. Tous les textes trouvés ont été attribués aux gnostiques chrétiens. Vraisemblablement il n’y a qu’un seul groupe.

Le dieu de Marcion « adopte » les hommes et ne les juge pas. La Rome antique pratiquait l’adoption filiale, notamment pour affranchir d’anciens esclaves. L’église catholique romaine attribue un parrain adoptif aux nouveaux baptisés. Le parrain et l’affranchi se retrouvent tels quels dans la maffia italienne, héritière des anciens romains.

Bien que LKJ nie le lien de Marc avec Pierre, la présence d’une dizaine de latinismes emportent sa conviction que l’évangile de Marc a bien été écrit à Rome, à défaut d’un auteur italien. Jean Chrysostome dit cependant qu’il fut écrit en Egypte.

La tradition dit que Marc est le fondateur apostolique de l’église primitive d’Alexandrie, de même qu’il est le fondateur du patriarcat orthodoxe d’Alexandrie après le schisme de 1054. Il est très surprenant que la rupture avec l’église catholique romaine qui aurait été pourtant centralisée, ait alors conduit l’orthodoxie à se structurer en églises locales sur le modèle de l’église primitive. Qui plus est, elle a créé ses patriarcats dans les mêmes villes que les églises primitives d’orient, en leur attribuant les mêmes fondateurs. 

L’église copte orthodoxe, bien qu’appartenant au courant schismatique, prétend d’ailleurs exister depuis les premiers temps de l’Eglise ! L’église copte originelle admet Marc, les épîtres de Paul et aux Hébreux. Elle n’admet pas les lettres pastorales, les évangiles synoptiques ou l’Ancien Testament.

Les églises de Paul sont aussi pour l’essentiel des patriarcats orthodoxes. Cependant, jamais Paul ne dit s’être rendu à Alexandrie. Il est possible qu’il ait compté sur Marc pour l’évangéliser. Ceci expliquerait la vitalité des doctrines de Paul à Alexandrie.

Marcion aurait vécu à Sinope au sud de la mer Noire, mais il avait de nombreux partisans à Alexandrie. Relier Marc à Rome et Marcion à Sinope, et les faire vivre à un siècle de distance sert à créer deux personnages là où il n’y en a qu’un. Si Marcion possédait l’évangile de Marc, c’est qu’il était Marc. Marcion comme Marc ont rendu Paul populaire en leur temps, après une longue période d’oubli. Marcion s’oppose toujours à « un autre évangile », alors que les Zélotes ont été vaincus depuis longtemps.

Paul dit bien que Marc est un de ses proches, et un cousin de Barnabas. Dans l’épître à Philémon, écrit en prison à Ephèse, Paul cite comme compagnons Epaphras, Marc, Aristarque et Luc. C’est le seul passage que LKJ suggère comme authentique.

Dans l’épître aux Colossiens, il mentionne Aristarque et Marc.

Dans le second épître à Timothée, il dit être avec Luc, et envoyer Marc.

Marcion dit que les enseignements de Jésus et Paul ont été judaïsés. Or c’est bien le cas. Matthieu dit que ceux qui ne respectent pas la Loi juive seront punis dans les flammes de la Géhenne.

Pourtant des auteurs vont essayer de défaire le lien entre Paul et Marc, en reliant Marc à Pierre, ou en prétendant que Matthieu avait influencé Marc.

Augustin prétend que Marc dépend de Matthieu et Luc. Clément d’Alexandrie dit que Matthieu et Luc viennent en premier également.

Les Actes des Apôtres essaient de faire croire à une rupture entre Paul et Marc. On lit que Pierre s’évade de la prison d’Hérode, et se rend à la maison de Marie, mère de Jean, qu’on appelait Marc. On y lit aussi que Jean n’accompagna pas Paul en Pamphylie, mais qu’il se rendit à Jérusalem. Enfin que Barnabas voulait partir avec Jean-Marc à Chypre, mais que Paul refusait car ce dernier les avait abandonnés en Pamphylie. Barnabas suivit son idée et se rendit à Chypre avec Marc.

Clément d’Alexandrie et Irénée disent que l’Evangile de Marc a été écrit à Rome et relient Marc à Pierre.

Le 1er épître de Pierre dit « l’église de Babylone et mon fils Marc vous saluent ». Ces deux références ne sont pas les plus douteuses. Que Marc écrivent à Rome ne l’empêche pas d’avoir fondé une église à Alexandrie. Quant à 1 Pierre, il s’agit d’un texte ancien, sans doute antérieur aux épîtres de Paul. Paul ne mentionne jamais que Marc est le fil de Pierre, juste un cousin de Barnabas. Mais fils peut s’entendre comme le fait que Marc était alors jeune, et accompagnait alors Pierre. Il est possible qu’il ait ensuite rejoint l’église de Paul.

Plus douteux est ce passage où Eusèbe cite Papias, disant que Marc interprète Pierre et ses souvenirs. Selon LKJ, la description que fait Papias de l’Evangile de Marc fait plutôt penser à l’évangile de Thomas.

Papias essaie de faire croire que le récit des Actes des Apôtres est véridique, ce qui explique que la mort de Judas y soit différente : il a été dépendu et est finalement mort comme le dit Actes par une explosion des intestins. Le récit très coloré fait qu’on ne prend en général pas Papias au sérieux. Eusèbe dénonçait déjà le pli de Papias de croire qu’il s’agissait de récits historiques, et d’avoir malheureusement influencé Irénée.

Eusèbe aurait aussi pu remarquer que le récit très coloré de Papias est emprunté aux Actes des Apôtres, dont il ne dit pas pour autant qu’il ne s’agit pas d’un texte sérieux.

Calendriers liturgiques

L’objectif de relier Marc à Pierre est double : d’une part le détacher de ses liens évidents avec Paul, d’autre part attaquer le calendrier liturgique sous-tendu par Marc.

Papias veut faire croire que les Evangiles et les Actes des Apôtres sont des récits factuels. Mais il cache sous un argumentaire lié à la chronologie des événements des évangiles une attaque contre le calendrier liturgique de Marc.

Papias attaque la chronologie de Marc car Pierre aurait enseigné de façon thématique et non chronologique. Matthieu aurait lui donné l’ordre chronologique des événements en hébreu.

Papias ne mentionne que les évangiles de Marc et Mathieu, qui devaient proposer deux calendriers liturgiques.

Irénée a également une querelle chronologique avec Clément de Rome. Irénée utilise le calendrier hébraïque et suit pour cela l’évangile de Jean. Il fixe la date de la Pâques chrétienne au 14 Nisan, le même jour que la Pâque juive, ce qui vaut à son courant le titre de « quartodécimains ».

Il est improbable que Matthieu respecte la même liturgie que Jean. Papias faisant lui-même cette démonstration, il est possible que l’évangile attribué aujourd’hui à Jean ait été initialement attribué à Matthieu. L’évangile de Matthieu – comme celui de Jean – sont d’ailleurs écrits en grec, et non en hébreu comme le dit Papias.

Justin dans « Dialogue avec Tryphon » est le premier à mentionner quatre évangiles ou « mémoires des apôtres » et dit qu’ils sont à lire à côté des écrits des prophètes. Origène (cité par Eusèbe) et Irénée mentionnent également quatre évangiles.

Michael Goulder affirme que l’évangile de Marc a été écrit pour être lu dans les églises. Il est en effet un des représentants du courant liturgiste que LKJ n’a pas encore traité. Le courant liturgiste dit que la liturgie de lecture des écritures saintes déterminait pour chaque moment du cycle calendaire quels passages des prophètes, et de l’évangile devaient être lus. Ce que Justin ne précise pas, c’est que des passages de la Torah sont également associés à ce calendrier. Par ailleurs, les différentes traditions liturgiques utilisent la même Torah, et les mêmes livres prophétiques, mais chaque évangile est spécifique d’une liturgie distincte.

Ainsi l’évangile de Jean est associé au Compte triennal palestinien de 3 ans avec une variante en 3 ans et demi. Marc en revanche est associé à un compte annuel.

La difficulté est que ces liturgies concernent la synagogue et la religion juive, qui pourtant ne reconnaît pas les évangiles. Mais Justin associe clairement cette lecture parallèle des évangiles et des prophètes au christianisme.

Maimonide présente ces différentes liturgies juives. Pourtant les plus importantes d’entre elle sont adaptées à la lecture d’un évangile chrétien. Possiblement il inclut les mouvements judéo-chrétiens dans le lot, qui existeraient donc toujours à son époque. Il est aussi possible que certaines traditions liturgiques se soient partagées entre chrétiens et juifs mosaïques et que Maimonide ne parle que des juifs mosaïques.

Il y a donc ici une autre preuve que le Christianisme est à la base un courant majeur du judaïsme. Si l’Ancien Testament est partout reconnu comme texte saint, le courant paulinien adopte Marc et le compte annuel. Le courant johannite adopte Jean et le compte triennal.

Les fêtes catholiques suivant un cycle annuel, la liturgie actuelle n’est donc pas inspirée de la lecture de Jean, mais d’un des trois autres évangiles.

Clément a excommunié Irénée et les johannites quartodécimains au motif qu’ils suivaient le calendrier hébraïque et avaient leurs fêtes les mêmes jours que les Juifs. C’est également le propos de l’Epître aux Hébreux, qui demande à ces Hébreux d’adopter la liturgie romaine.

Mais cet argumentaire se retrouve dans les livres publiés à l’occasion de la réforme du calendrier de 1582, imposant le calendrier grégorien : il ne faut plus que les chrétiens partagent leurs jours de fête avec les Juifs. Et c’est donc que l’Italie et surtout la France en 1580 suivent encore ce calendrier hébraïque.

Clément de Rome est-il Clément VIII (1592-1605) ?  La liturgie de l’Epître aux Hébreux est dite avoir été la tradition d’Hippolyte. Or Clément VIII a pour nom de naissance Ippolito Aldobrandini.

Le  Nouveau Testament

Le Nouveau Testament est une compilation de textes issue du mouvement johannite, notamment Ignace et Polycarpe avant sa traduction par « Jérôme ». Il ne contient pas seulement des textes johannites, mais de plusieurs groupes dont les doctrines sont différentes.

L’Eglise catholique romaine fait ainsi dans sa Bible des traditions disparates et contradictoires. Formellement elle rejette la Loi juive, mais conserve un ancien Canon qui établit son existence historique, et la remplace par une « nouvelle alliance ». Cet Ancien Testament se compose de textes contradictoires – les livres d’Isaïe et Esdras par exemple – et doit être vue comme une compilation destinée à appuyer une histoire du monde. Cet Ancien Testament contenant la Loi « juive » ne correspond pas à la Loi musulmane, bien qu’elles aient des points communs.

Le Nouveau Testament contient lui aussi des textes exprimant un rappel à la Loi juive, notamment l’Evangile de Matthieu. On ne peut donc pas considérer que la « nouvelle alliance » s’exprime à travers le Nouveau Testament, qui est lui aussi une compilation de textes contradictoires.

Polycarpe et Ignace prétendent que les Evangiles et les Actes des Apôtres sont des témoignages authentiques de la vie d’un individu nommé Jésus et de ceux qui l’ont connu. Il se présentent comme initiés par Paul, mais le contredisent, même si comme lui ils s’opposent à la loi juive. Ignace et Polycarpe pourraient aussi avoir rédigé les fausses lettres pastorales de Paul, et poussent à une lecture littérale des évangiles, et non allégorique.

C’est un mouvement assez curieux, car il est clair que l’Evangile de Jean est aussi codé que les autres. C’était sans doute la volonté de certains de diffuser une telle compilation, mais sans en donner les clés de lecture.

Ignace d’Antioche, un disciple de Jean, est le premier auteur chrétien à citer Ponce Pilate, mais sans mentionner le contexte ou la crucifixion. Il existe sept lettres d’Ignace dans de nombreuses versions comme pour Paul, mais qui semblent avoir été à l’origine un livre unique découpé par la suite de façon artificielle.

Il cite Valentinien et Marcion et l’église d’Ephèse comme ses adversaires. Sans doute l’Eglise d’Ephèse comme celle d’Alexandrie avait adopté le dogme marcionite.

Du fait des dates tardives attribuées à Marcion et Valentinien, on suggère aujourd’hui qu’il a vécu plus tard que ce qu’on avait initialement cru. Pour la même raison, il est dit que son véritable auteur serait Polycarpe. Mais Marcion et Valentinien ne sont pas si tardifs, puisqu’on a artificiellement fait trois copies des gnostiques d’Alexandrie : les Juifs du 1er siècle, les marcionites du 2ème siècle et les chrétiens du 3ème siècle.

Ignace dénonce les judaïsants. Jésus ressuscite dans un corps de chair. Il est le premier à remplacer le sabbat par le dimanche. Il dénonce les docétistes pour lesquels une « image de Jésus » a été crucifiée seulement. (C’est une croyance musulmane aujourd’hui).

Polycarpe de Smyrne, disciple de Jean, relie les évangiles à des prédictions de l’Ancien Testament. Il aurait publié la première édition du Nouveau testament entre 155 et 168, qui contient les Actes des Apôtres et les Pastorales. Il s’oppose à également à l’Eglise d’Ephèse. Il fait après Ignace le lien entre Jésus et Pilate, et fait la première référence en dehors de la Bible à Dieu et Marie comme les parents de Jésus. Il considère les évangiles comme historiques, et rejette l’idée d’une allégorie.

Ni Ignace ni Polycarpe ne sont hérétiques par rapport au dogme catholique « rappelé » au concile de Trente (1545-1563), contrairement à d’autres Pères de l’Eglise.

L’Evangile de Matthieu est écrit en opposition à Paul et à Marc. Comme il reprend quatre-vingt-dix pour cent du texte de Marc, on suppose qu’il cherche à faire en sorte que Marc soit perçu comme inutile, et viserait ainsi à le remplacer.

Mathieu a clairement aussi les épîtres de Paul puisqu’il les cite de façon cryptique, mais semble l’attaquer. Dans la parabole du bon grain et de l’ivraie, LKJ propose que Paul est l’ivraie. Dans les passages reprenant le texte de Marc, Matthieu interpole des réponses aux propos de l’épître aux Galates.

Dans le passage « Scribes et pharisiens hypocrites qui traversez mer et terre pour faire un seul converti, et le faites deux fois plus un chien de l’enfer que vous-mêmes », Matthieu semble accuser les Pharisiens d’avoir favorisé l’église de Paul.

Matthieu réintroduit la Loi comme condition nécessaire au salut, et conserve au Temple son importance. Jésus y est le champion du Temple. Paul considérait que les temples et les prêtres étaient devenus inutiles. Matthieu réintroduire un clergé et des bâtiments dédiés au culte. Ces éléments sont retenus par l’église romaine.

Il ajoute des rappels de la Torah, des épisodes de la nativité et de l’enfance de Jésus, des épisodes après la résurrection de Jésus.  Les disciples et la famille de Jésus sont réhabilités. Il ajoute une généalogie d’Abraham à Joseph en passant par David, qui fait de Jésus un messie davidique. Pierre est nommé chef de l’église dans les termes que s’attribue Paul.  Les disciples, et non seulement les amis de Paul, évangélisent les Juifs comme les Gentils.

Matthieu représente donc un courant l’Eglise de Jérusalem qui, contrairement à Flavius Josèphe, conserve un projet œcuménique. Face au succès grandissant de la doctrine de Marc, il essaie de s’en rapprocher en brouillant les repères. Bien que retenu dans le Nouveau Testament des johannites, sa doctrine ne s’impose pas à l’Eglise romaine.

Matthieu est particulièrement hostile aux Pharisiens, et plus accessoirement les Sadducéens et les Scribes, alors que Marc attaquait les Juifs. Il épargne les Zélotes et les Samaritains.

L’auteur de l’Evangile de Luc aurait également écrit les Actes des Apôtres. Luc étant le nom d’un disciple de Paul, Polycarpe est parfois proposé comme le véritable auteur de la littérature attribuée à Luc.

Les Actes des Apôtres mentionnent les Synagogues d’Alexandrie, d’Asie et de Cilicie, et la Synagogue des Affranchis qui auraient persécuté les chrétiens. Alexandrie est une église marcionite. Les Synagogues d’Asie doivent concerner Ephèse et d’autres églises de Paul de la côte ionienne qui auraient basculé en faveur de Marc.

Selon certains chercheurs, l’Evangile de Luc et les Actes des Apôtres harmoniseraient les doctrines opposées de Marc et Mathieu. En fait d’harmonie, ces textes se contredisent, et le Nouveau Testament, comme l’Ancien, est plutôt une compilation issue de groupes disparates. Relever les textes qui y sont compilés et ceux qui n’y figurent pas peut permettre de citer les groupes qui participaient à l’entreprise œcuménique, et ceux qui en étaient exclus.

L’Evangile de Jean est le dernier évangile à être écrit car il mentionne les trois autres. Il dit comme Paul que Jésus mène les démons captifs en procession. Comme l’Ascension d’Isaïe, il évoque le nom secret de Jésus. Il évoque le dieu mourant et ressuscité typique du monde gréco-romain, et non le serviteur souffrant d’Isaïe. Si Luc et les Actes des Apôtres servent à « harmoniser » les évangiles de Marc et Mathieu, Jean contiendrait la véritable doctrine des johannites.

Dans le même temps, les chefs johannites défendaient une lecture littéraliste des enseignements pour la masse, alors que dans l’évangile de Jean, il est explicite qu’il existe des enseignements pour les initiés, puisque Jésus enseigne à quelques disciples en secret. Jusqu’à la réforme de Vatican I, le prêtre après avoir congédié l’Assemblée, récitait la petite Genèse qui introduit l’évangile de Jean et contient la doctrine du logos. Il se réservait alors le vin consacré. Ceci montre que la doctrine du logos, l’émanatisme platonicien, est la doctrine réelle des johannites.

Aux 18ème et 19ème siècle, un Ordre Templier de type maçonnique aura une certaine notoriété. Il reproduira l’organisation de l’ordre templier médiéval – l’église de Mithra – en adossant l’ordre des chevaliers à un ordre de prêtrise revendiquant l’évangile de Jean. Bien que se présentant comme clandestin et vaguement persécuté, il accueillait en son sein des personnalités médiatiques dont certaines – comme Victor Hugo – auraient été le grand-prêtre en exercice. Cela fait partie de l’exercice général consistant à récupérer l’héritage du véritable templier de Yahvé et Moïse. Les chevaliers johannites se donneront même le nom de Lévites !

Ceci est présent dans l’histoire lorsque Philippe le Bel accorde à l’Ordre de Saint-Jean l’Hospitalier les possessions de l’ancien Ordre du Temple. On prétend aujourd’hui que les ordres se ressemblaient, que les Templiers étaient aussi des disciples de Jean. On attribua aux Templiers le symbole de la croix rouge empattée, qui est en réalité le symbole de l’ordre johannite de Malte.

Cet événement survient en réalité deux siècles plus tard. Charles-Quint va en effet offrir l’île de Rhodes aux Hospitaliers de Saint-Jean, dont on prétend qu’elle était auparavant le quartier général des Templiers.

L’Eglise de Rome

LKJ suggère que les Chrétiens de Rome sont majoritairement judéo-chrétiens.du type de l’Eglise de Jérusalem. La croix et le dolorisme, en lien avec le serviteur souffrant, n’apparaîtraient que sous Constantin. Mais elle écrit aussi que la venue de Paul à Rome en 49 a causé des troubles importants dans la communauté chrétienne.

Si on ne trouve pas chez les premiers Chrétiens de Rome de références au jugement dernier, ni de représentation de la croix, on y trouve des références présentes dans l’Evangile de Jean : le poisson, l’agneau, le bon berger. Jésus y est un guérisseur ou un magicien, il ressuscite Lazare. Le Jésus de Jean n’est pas souffrant ce qui explique l’absence de dolorisme. On trouve même la résurrection de la chair, qui n’est pas présente chez Paul, mais bien présente dans le credo catholique. On trouve mentionnés aussi un repas commun avec les morts, différent de la Cène, des offrandes faites aux esprits des morts.

L’Eglise orthodoxe ne connaît pas non plus les représentations doloristes. Elle pourrait elle aussi être inspirée par Jean. La croix orthodoxe n’est d’ailleurs pas inspirée des Evangiles, puisqu’elle est placée en auréole sur la tête de Jésus. Il peut s’agir de l’étoile de Jésus.

Le signe de Constantin est le chi-rhô. Il s’agit certes d’un symbole utilisé par les Jésuites, mais ce n’est pas la croix du Christ. Celle-ci est probablement très tardive : la carte des diocèses de Pierre du Val, au 17ème siècle, montre que le symbole de l’église en Europe est encore un croissant de lune. Quant au dolorisme, il correspond aux représentations médiévales de la Passion, bien plus tardives que Constantin.

Cette église johannite de Rome est donc à l’origine d’une tentative œcuménique à travers le Nouveau Testament. Toutefois si les textes retenus représentent des doctrines différentes, la doctrine romaine n’est pas multiforme. Elle est la doctrine publique du courant johannite.

Cet œcuménisme relatif se retrouve lors du concile de Bâle (1431-1449), qui devait reformer une église unique avec les chrétiens orthodoxes partis en 1054. La reformation annoncée n’aura pas lieu, mais en 1438 les Hussites d’Europe de l’est seront en revanche excommuniés.  Les Hussites étaient appelés Zélotes comme le mentionne Fomenko.

Si officiellement la reformation de l’église attendue n’a pas eu lieu, les courants représentés par Marc et Matthieu, qui n’ont pas imposé leur doctrine à l’Eglise, semblent avoir disparu. L’église de Marc est devenue l’église copte d’Egypte. Elle a donc accepté la Bible catholique romaine, avec quelques ajustements. Les patriarcats orthodoxes qui auraient fait un schisme en 1054 sont donc en réalité les églises qui rejoignent la sphère chrétienne, bien que dans une relative indépendance.

Il existe des églises chrétiennes johannites au Proche et au Moyen- Orient, connues sous le nom de Sabéens, Mandéens, Alaouites ou Nazaréens. Les Alaouites de Syrie ou Halévis sont clairement des héritiers des anciens Lévites. On dit qu’ils auraient possédé un Evangile secret de Jean, dépourvu des épisodes postérieurs à la résurrection, exactement comme l’évangile de Marc possède une version raccourcie présente dans de nombreux codex. L’Eglise johannite moderne ne manque pas de nous dire qu’elle a également ce Jean court comme texte sacré, et que les Cathares le possédaient aussi.

Néanmoins, il est difficile de rattacher la doctrine cathare à la doctrine johannite. On ne sait pas si d’anciens codex du Nouveau Testament possèdent cette version raccourcie de Jean. On se demande aussi si les supposées églises johannites d’orient ne font pas partie de la tentative d’enfumage orchestrée par les johannites d’occident. Un certain courant depuis l’Enigme sacrée de Baigent, Leigh et Lincoln cherche notamment à faire croire que l’islam serait issu d’un creuset johannite. Or l’Evangile de Jean est profondément grec. La possession de l’Evangile de Jean par ces églises est affirmée de façon très superficielle et on ne trouve aucune étude appuyant ces affirmations. Les descriptions des Halévis les rattache aux Chiites. Les Nazaréens sont le nom du groupe Ismaélien en guerre contre Rome et se rattache également aux Chiites.

Il existe cependant bien des groupes chrétiens d’orient. Est-il possible qu’ils puissent être johannites, bien qu’ils ne le prétendent pas ?

Papias évoque un problème de chronologie des événements dans l’Evangile de Marc et appelle à suivre la relation de Matthieu, ce qui est de façon cryptique une contestation du calendrier liturgique des coptes.  Cette façon de présenter les événements des évangiles comme des faits historiques est typiquement johannite. Et la seule autre controverse sur la liturgie oppose Irénée et Clément de Rome, et elle concerne la liturgie johannite et hébraïsante suivie par Irénée. Papias désigne apparemment l’Evangile de Jean – dont il ne parle pas – comme étant celui de Matthieu. Il est rebaptisé évangile de Jean plus tard, quand un autre évangile de Matthieu est proposé. Il est possible qu’à l’inverse l’évangile des chrétiens d’orient soit celui de Matthieu. Cela aura créé la légende des églises johannites d’orient.

Autres épîtres

On prétend qu’il n’existe pas de littérature de l’Eglise de Jérusalem ayant survécu. En dehors de Paul, Hégésippe au 2ème siècle ferait le premier quelques remarques sur cette église. Mais un certain nombre de textes canoniques ou apocryphes pourraient bien lui être attribués.

Certains « apôtres » mentionnés dans les Evangiles ont écrit des lettres incluses dans le Nouveau Testament, écrites en bon grec : Pierre, Jacques, Jean et Jude. Paul mentionne les trois premiers en les associant à l’église de Jérusalem de son temps.

L’authenticité de ces lettres est remise en cause du simple fait qu’ils contrediraient Paul. Mais c’est précisément parce qu’ils diffèrent en contenu des évangiles et des épîtres de Paul qu’ils pourraient être authentiques. Ils ne disent d’ailleurs rien de l’homme Jésus des évangiles, comme Paul.

Paul mentionne également comme pilier de l’église de Jérusalem Céphas dont aucune lettre n’est présente dans la Bible. Or si Matthieu réhabilite Pierre, Jacques et Jean comme les fidèles disciples de Jésus, il fait de Caiphas le dirigeant du Sanhédrin et principal responsable de la mort de Jésus.

Les épîtres de Jude, Jacques, les deux épîtres de Pierre représenteraient la doctrine de l’Eglise de Jérusalem. Paul n’a pas mentionné de Jude, mais Flavius Josèphe a mentionné Judas le Galiléen à la génération précédent comme le fondateur de la « quatrième philosophie » et future église zélote. Or il semble que la lettre de Jude est la plus ancienne.

Dans l’épître de Jude ce dernier se présente comme le frère de Jacques.

L’épitre de Paul aux Galates présente les piliers de l’église de Jérusalem : Jacques le Juste – leur chef -, qui était le frère du Seigneur, Jean et Céphas. Un individu nommé Pierre évangélise les Juifs pour leur compte.

Jacques n’est donc pas le frère de Jean comme dans les Evangiles, mais le frère du « Seigneur ». On a prétendu qu’il était le frère de Jésus. Mais si Jacques avait été le frère de Jésus, Jude n’aurait pas manqué de le mentionner.

Or Jude est aussi le frère de Jacques, et l’épître aux Galates ne mentionne pas de Jude. Jude est donc le Seigneur. Etant écrit en grec, l’épître aux Galates l’appelle donc Cyrus.

Cet épître de Jude pourrait donc être de la main de Judas le Galiléen, qui ne serait donc pas le père mais le frère de Jacques.

Jacques est d’ailleurs présenté en Galates comme « le Juste ». Or le compère de Judas le Galiléen lors de la révolte de l’an 6 est Zadok le Pharisien, qui signifie le Juste.

L’Epître de Jacques ne cite que l’ancien testament et aucun Jésus. Ce sont les aînés – thérapeutes -, et non Jésus qui guérissent.

LKJ suggère que cet épître aurait été écrit pour contredire Paul. Mais il contredit aussi les Evangiles : Jacques attend toujours la venue du messie, qui n’est donc pas Jude.

LKJ pense que Jacques est le Jacques qui est exécuté en 47 sous le procurateur de Judée Tibère Alexandre. Il a donc été écrit avant. Or en 46, Paul n’a probablement pas encore écrit ses épîtres et ne pouvait donc pas être contredit.

Jacques interdit de jurer sur le nom de Dieu, ce qui le rapproche des Esséniens et de l’Evangile de Matthieu. Dieu y est le père de la lumière, une expression essénienne.

1 Pierre dit s’adresser aux Juifs de la diaspora, ce qui correspond à ce que dit Paul de Pierre. L’auteur se présente comme un aîné. Comme Paul, Pierre parle de Jésus mais sans référence aux évangiles. Il cite le serviteur souffrant d’Isaïe et sa gloire postérieure.

Le sang de Jésus répandu, celui-ci descend dans le monde souterrain.

Dans les Evangiles Jésus monte aux cieux lors de l’Ascension. Dans le credo catholique, Jésus réalise les deux : il descend d’abord aux enfers, et ensuite monte aux cieux !

Pierre dénonce le fait de partager un repas avec les Gentils, alors que Paul en Galates reproche à Cephas de refuser de le faire. 1 Pierre mentionne des Chrestiens, notamment dans le Codex sinaiticus. Les Actes des Apôtres les y mentionne également.

2 Pierre s’inspirerait de l’épître de Jude. Il dit qu’au jour du jugement, la Terre et le Ciel seront détruites par le feu, ce qui amènera la destruction des sans Dieu. De nouveaux cieux et une nouvelle Terre seront offerts aux justes. Il écrit « Notre frère Paul vous a écrit à ce sujet » et dit que certains déforment ce que Paul a écrit. LKJ pense que le pseudo Pierre attaque ainsi Marcion, et falsifie les épîtres de Paul.

Mais il est facile d’observer que le jour du jugement est un principe des apocalypses juives, pas des épîtres connus de Paul. Comment Pierre a-t-il pu faire croire que Paul écrivait cela, à une communauté qui avait reçu au moins une lettre de Paul ?

Pierre croyait visiblement que Paul enseignait la même chose que lui, mais a entendu des rumeurs du contraire, auxquelles il ne croit pas.

Cela ne contredit pas ce que dit Paul, qui ne révèle sa doctrine propre qu’après sa seconde visite à Jérusalem, et sa rupture avec elle. Aucun des épîtres de Paul que nous possédons n’est antérieur à sa rupture avec l’église de Jérusalem. Il est possible que ces lettres existaient bel et bien, qu’elles aient enseigné la doctrine de Jérusalem, et aient ensuite été détruites.

La chronologie de Flavius Josèphe suggère cependant que Jude devait déjà être mort au moment où Paul rédige l’Epître aux Galates. Le Seigneur mentionné est possiblement celui qui n’est pas nommé dans l’épître : Simon.

Les chefs successifs des Maccabées sont les frères Judas Maccabée et Simon, qui sera le premier roi de Judée de la dynastie hasmonéenne. On ne trouve pas de mention d’un des frères hasmonéens nommé Jacques. Le grand-prêtre hasmonéen qui précède la royauté de Simon se nomme Jonathan. Le roi hasmonéen Simon est d’ailleurs assassiné par son gendre Ptolémée et non exécuté comme le rebelle juif Simon dans le récit de Josèphe.

Les « Hasmonéens » sont des alter ego des sultans ottomans, dont le premier roi se nomme Osman. Or les sultans « ottomans » se désignent également sous le nom de « Grand Seigneur », y compris en Europe. Les textes occidentaux les appellent Turcs, mais les textes en grec les présentent comme des Judéens.

Un autre groupe de textes représente le courant de Paul voire de Marc. Les épîtres de Paul et l’épître aux Hébreux, Jésus-Christ est une figure allégorique. Ils sont influencés par les prophéties d’Isaïe et certains Psaumes.

L’Epître aux Hébreux dit que le sacrifice est quotidien au Temple, ce qui le place avant 70. Eusèbe et Jérôme mentionnent un certain Caius qui nie que son auteur soit Paul, mais que le contexte suggère qu’il a été écrit à Rome. Des exégètes suggèrent que son auteur pourrait être Priscilla.

Il se disait dans l’antiquité qu’une épître avait été forgée au nom de Paul pour promouvoir « l’hérésie » de Marcion. Hébreux appartient en effet à la collection de Marcion des épîtres de Paul, et est le seul texte qui n’est pas attribué à Paul ailleurs. Mais Hébreux est tout à fait dans la tonalité des épîtres de Paul. Il ne traite pas différemment les Juifs et les Gentils. La lettre dit que la nouvelle alliance est plus importante que l’ancienne, et Jésus supérieur aux anges, importants dans la doctrine de Jérusalem.

Hébreux ne cite pas les Evangiles, mais connaît les lettres de Paul, et est cité par Marc. Il s’agit donc d’un travail intermédiaire.

Hébreux dit que ses destinataires ne s’assemblaient plus et étaient persécutés, mais que cela ne durerait pas.

L’Ancien Testament dit que le messie de David sera un prêtre, qui sera ensuite roi. Hébreux dit qu’il sera de l’ordre de Melchisedek, un prêtre-roi lui-même, et que cet ordre est plus ancien que les Lévites et supérieur à celui d’Aaron.

Il peut être ajouté que l’Epître aux Hébreux fait injonction à ceux-ci d’adopter la liturgie en vigueur à Rome. Hébreux est cité dans l’Evangile de Marc. Marc a donc créé son évangile pour correspondre au calendrier liturgique souhaité.

Les lettres pastorales attribuées en théorie à Paul contredisent la lecture que Paul fait de Marc, mais s’opposent aussi à la loi juive. Elles ne sont plus aujourd’hui considérées comme authentiques, et sert sans doute à adoucir les doctrines de Paul pour la rendre compatible avec celle de l’Eglise.

Textes non canoniques

Les épîtres de Paul feraient des références à d’autres textes précoces et pré évangéliques connus des églises de Paul : l’Apocalypse d’Isaïe, l’Epître de Barnabas, le Pasteur d’Hermas, le 1er  épître de Clément, la Didaché.

La Didaché est sous-titrée comme l’enseignement des douze apôtres aux gentils. Elle ne mentionne pas Jésus, mais douze apôtres.

Elle prescrit les rituels du baptême, du jeûne et de l’eucharistie, les mêmes que Paul. La résurrection des morts aura lieu avant la venue du Seigneur comme pour Qumran. On est donc sur une autre tradition, non paulinienne, celle de Mathieu et de « douze » apôtres. Elle est en effet citée dans l’Evangile de Matthieu. Si elle est également citée par Paul, c’est en référence à son ancienne affiliation à l’Eglise de Jérusalem.

L’Epître de Barnabas aurait été écrit vers 135. Il semble admis que ce Barnabas n’est pas le compagnon cité par Paul. Mais il pourrait être plus ancien et dater de quelques années après 70 par exemple, auquel cas il pourrait être l’auteur.

Ces spéculations sont curieuses puisque cette épître serait citée par Paul. C’est donc qu’il est plus ancien que l’épître qui le cite, et contemporain des écrits de Paul. Il s’agit donc du compagnon de Paul. Il est même cité par les Pères de l’église, et Origène le considère comme canon.  

Barnabas – comme Flavius Josèphe – accuse les rebelles d’avoir provoqué la destruction du Temple. Paul aurait donc vécu assez vieux pour avoir connaissance de la destruction du Temple.

Plus radical que Paul, Barnabas dit qu’il n’y a jamais eu d’alliance avec les Juifs, et que les textes juifs ne rendent obligatoires ni la circoncision ni le rituel religieux des Juifs.

Clément d’Alexandrie dit que Barnabas était un lévite. Comme nous l’avons dit, le Temple était une organisation religieuse et militaire. Les différents courants religieux ont tous leur origine dans les légions. Il n’est pas contradictoire que Barnabas ait été un Lévite mais ne pratique plus le culte des Juifs.

Paul mentionne Hermas et Clément comme ses amis.

Le Pasteur d’Hermas cite Marc, Matthieu (interpolations probables), l’Epître aux Hébreux, aux Corinthiens et aux Romains.

1 Clément cite Isaïe et l’Ancien Testament, les paroles du Psaume 22, qu’il met dans la bouche du « Seigneur Jésus-Christ » appelé « Grand-Prêtre ». Il évoque le sang du Christ et la résurrection, mais pas la croix.

Hermas dit qu’un Clément est chef de l’Eglise de Rome. Eusèbe écrira plus tard que Clément est le premier évêque de Rome.

On suppose que 1 Clément est écrit par ce Clément. Il appelle son église « Eglise de Dieu » et ses représentants des « saints ». Clément dit que les églises de Corinthe et Rome sont anciennes et que certains aînés en étaient déjà membres dans leur jeunesse. Il dit que les Juifs sont des étrangers dans ces deux villes.

C’est apparemment un ami de Paul mais il ne prend pas la peine de le citer. Il semble neutre dans la querelle qui l’oppose à l’église de Jérusalem. Son église est militarisée, constituée de Juifs, et il écrit après les persécutions.

Il y a cependant un désaccord net entre l’opinion de Barnabas, conforme avec celle de Marc, même si ce dernier n’a pas encore écrit son évangile, et celle de Clément, qui cherche une position d’équilibre.

Clément dit qu’une immense foule d’élus a subi de monstrueux outrages, que les piliers ont été persécutés et ensuite les apôtres Pierre et Paul (les seuls apôtres nommés), qui sont morts au moment où Clément écrit. Ceci peut se référer aux persécutions de Néron à partir de 64, voire à la guerre juive qui suit.

Il dit que Paul est allé aux limites de l’ouest – en Espagne peut-être – pour parler aux dirigeants. Ceci dit qu’il n’est pas mort à Rome après son arrestation comme la tradition le suggère. Ceci peut avoir eu pour conséquence la conversion de Ferdinand d’Aragon, devenu Ferdinand le Catholique.

Flavius Josèphe n’est pas un auteur chrétien, mais le parallélisme avec les évangiles est instructif. Dans Guerre des Juifs il tient un propos proche de celui de Matthieu, pro-juif mais également pro-romain, et clairement favorable aux Esséniens.

Il accuse les rebelles Zélotes de la destruction de Jérusalem. Mais il prétend que cette destruction était la volonté du dieu juif. Il absout l’aristocratie juive, le roi Agrippa et les prêtres.

Antiquités des Juifs écrit vers 95, soit vingt ans après Guerre des Juifs est une apologie des Juifs et de Josèphe lui-même. Il semble beaucoup plus favorable aux Pharisiens, se détache un peu des Esséniens.

En revanche, il dénonce Néron, les procurateurs, les légions et plus encore les Samaritains, non-juifs et auxiliaires militaires des Romains, la dynastie hérodienne à l’exception d’Agrippa, et même les grands-prêtres coupables désormais d’avoir fomenté la rébellion avec les Zélotes.

Le vent aurait en effet tourné en faveur des Pharisiens, qui auraient obtenu de Vespasien de pouvoir fonder une école rabbinique en Galilée, que l’on considère en général comme pharisienne. Son fondateur Yohanan ben Zakai a d’ailleurs de nombreux points communs avec Flavius Josèphe. Il aurait fui Jérusalem assiégée pour se rendre à Vespasien et lui témoigner aussitôt son soutien.

Là aussi, le récit semble apocryphe. L’original est sans doute Yohanan ben Isaac Alemano (1433-1503) qui était en cheville avec Vespasiano Gonzaga, le duc de Mantoue (Madrid).

Sa Vie de Josèphe en conclusion prétend que lui seul et deux ou trois autres connaissent les traditions nationales. Ceci vise à prévenir les attaques contre le récit historique qu’il vient de faire. Il se défend contre Juste de Tibériade qui l’accuse d’avoir dirigé la rébellion, alors qu’il le revendiquait dans Guerre des Juifs.

Josèphe se dit de sang royal et aaronide, et qu’il suffit pour le prouver de regarder les registres… qui ont brûlé avec le Temple. A 14 ans, les grands-prêtres et chefs de sa ville demandaient son assistance en matière légale : il est prétendu que ce passage a été repris dans l’Evangile de Matthieu, où c’est Jésus qui discute à douze ans avec les docteurs de la Loi. Mais il est très vraisemblable que c’est Josèphe qui copie Matthieu.

Les femmes romaines

Antiquités des Juifs fait suivre le vol du trésor par Pilate par le Testimonium flavianum. Ce court passage bien connu évoque la présence d’un Christ en Judée, reconnu comme le messie et qui faisait des miracles. Ce passage est la seule référence à l’existence de Jésus en Judée chez Josèphe. De façon générale, ce passage est considéré comme un ajout tant il rompt le récit. Josèphe parle beaucoup de différents messies autoproclamés parmi les Juifs et n’en dit que du mal. Il aurait été surprenant qu’il dise tant de bien de Jésus pour finalement en parler si peu. Le passage a été placé là par des correcteurs chrétiens soucieux d’accréditer le récit des évangiles comme historique. Il est placé exprès au milieu du récit concernant le mandat de procurateur de Ponce Pilate. Mais selon LKJ, il correspond à l’année 19.

La version d’Antiquités judaïques que possède Origène ne contient pas le Testimonium flavianum. La preuve de la labilité du TF est qu’il se trouve également dans la version slavonique de Guerre des Juifs. Il se trouve dans les versions arabes et syriaques d’Antiquités judaïques. Aucun auteur chrétien ne faire référence à ce passage avant Eusèbe. Origène dit d’ailleurs que Josèphe était de la secte de Jacques – il admet en effet en avoir été membre – et ne croyait pas que Jésus était le Christ. Il ne l’aurait donc pas appelé Christ dans son propre livre.

Après le Testimonium flavianum, Antiquités judaïques parle de calamités subies par les Juifs. S’agit-il encore de l’assassinat de Judas et de l’écrasement de la rébellion ? Josèphe continue de digresser, et enchaîne sur deux récits de femmes romaines abusées par des religieux, qui viennent encore casser le récit sur Pilate sans raison, d’autant qu’il prétend vouloir parler des Juifs de Rome.

Dans le premier récit, une riche romaine nommée Paulina (Paul ?) est mariée à un Saturninus. Le tribun Decius Mundus aidé de sa servante Ide paie les prêtres d’Isis pour qu’ils l’aident à se faire passer pour le dieu Anubis exigeant de Paulina qu’elle couche avec lui. Le forfait accompli, Decius Mundus avoue au bout de 3 jours, et Saturninus porte plainte à Tibère. Mundus est banni, Ide et les prêtres d’Isis sont crucifiés et le Temple d’Isis détruit.

Le second récit porte sur une riche romaine nommée Fulvia et mariée elle aussi à un Saturninus. Elle avait été convertie au judaïsme par un homme et ses trois acolytes qui pourtant ne respectaient pas la loi juive. Ils lui demandèrent des dons pour le Temple qu’ils détournaient à leur profit. Saturninus porta plainte et Tibère bannit 400 000 juifs en Sardaigne.

Josèphe aurait pu s’inspirer d’un récit donné par Tacite : en 58 une certaine Pontia avait accepté une seule nuit avec un dénommé Octavius qui avait fini par l’assassiner.

Tacite mentionne qu’en 19 les religions égyptienne et juive furent bannies de Rome. Or les passages sur les riches femmes romaines surviennent au milieu du récit sur Pilate, à peu près en 19.

C’est Paulina – une référence à Paul – qui pratique la religion égyptienne, et Fulvia qui pratique la religion juive déformée qui ne respecte pas la Loi juive.

Dans le passage sur Paulina, la mort de Jésus est remplacée par un viol par tromperie, et la résurrection trois jours après par un aveu de la tromperie. Dans Actes, il est dit que Paul persuadait les épouses de le suivre. Dans 2 Cor il  dit qu’on l’accuse de tromper les membres de ses églises. Dans le récit de Josèphe, en 66 à la bataille de Beth Horon. Les rebelles juifs vainquent l’armée de Cestius. Les élites juives qui soutenaient Rome fuient Jérusalem. L’apprenant, les habitants de Damas voulurent exécuter les Juifs de la ville, mais durent cacher leurs intentions car leurs propres femmes étaient converties.

Tacite écrit que 4000 – et non 400 000 – descendants de juifs affranchis furent amenés en Sardaigne et les autres bannis d’Italie s’ils ne renonçaient pas à leurs rites. LKJ fait remarquer qu’à part la circoncision les Juifs n’ont pas de rites en dehors du Temple de Jérusalem, et suggère donc que ces Juifs expulsés en 19 sont l’Eglise de Jérusalem qui s’agite à cause de la mort de Judas le Galiléen cette année-là.

Mais les membres de l’Eglise de Jérusalem respectaient la Loi juive, alors qu’il est bien dit que le prédicateur qui abuse Fulvia ne la respecte pas.  Il est d’ailleurs explicite que Paul est détaché du Temple de Jérusalem, et pratique des rites à Rome. Le fait est bien moins certain concernant l’Eglise de Jérusalem, du fait même qu’elle se trouve à Jérusalem, et que certains auteurs prétendent qu’elle était la faction qui officiait au Temple.

Les deux cultes ont dû être expulsés de Rome pour les mêmes raisons. Ils devaient avoir suffisamment de points communs pour avoir les mêmes préoccupations, s’être révoltés au même moment et être sanctionnés au même moment. Les références à Paulina et à un prêcheur juif qui transgresse la Loi orientent d’ailleurs les deux récits vers Paul. Ses trois acolytes à Rome peuvent avoir été Barnabas, Titus et Timothée.

Flavius Josèphe dans Contre Apion doit faire la démonstration que la religion des Juifs n’est pas une corruption de la religion égyptienne. Cela veut dire que certains le croyaient, sans doute parce qu’une des sectes juives avait une doctrine proche de celle des Egyptiens. Cette secte n’était pas celle à laquelle appartenait Flavius Josèphe, puisqu’il insiste pour séparer Juifs et Egyptiens, mais elle était présente à Rome.

LKJ attire notre attention sur un personnage historique romain important porte le nom de Fulvia. En 47 av JC, celle-ci épouse Marc-Antoine en 3èmes noces. Jules César fut divinisé en Divus Iulius et Antoine devint son flamine.

Antoine étant éloigné en Egypte, Octave accusa Fulvia de vouloir tout le pouvoir à Rome. En 41 la guerre entre Octave et Fulvia était ouverte. Appien (en réalité Peter Benewitz dit Appianus, auteur du 16ème siècle) disait qu’elle était juste jalouse de Cléopâtre et voulait qu’Antoine revienne en Italie. Fulvia dut fuir en Grèce et y mourut. Antoine et Octave se réconcilièrent sur son dos.

Fulvia à travers Marc Antoine est donc aussi liée au culte de divus iulius.  Le fait que l’enterrement de César et celui de son premier mari Clodius soient très similaires suggère que Fulvia avait pu organiser aussi l’enterrement de César.

Nous avons effectivement montré que l’église de Marc à Jésus-Christ, et le culte osirien, tous les deux présents en Egypte, avaient un grand nombre de points communs. La doctrine d’une part, et le fait que Jules César était l’influence derrière Jésus-Christ comme derrière Osiris. L’une devait être l’église grecque, l’autre l’église égyptienne. Mais ce qu’on pensait des uns devait être ce qu’on pensait des autres.

Pour autant, Paul prêche l’évangile de Jésus-Christ et non de Jules César. Fulvia elle n’est pas du culte de Jésus que prêchent les églises juives, mais de celui de Jules César. Il doit s’agir d’une structure de composition croisée.

Reconstruction chronologique LKJ

LKJ propose d’utiliser Ponce Pilate, et l’exécution des fils de Judas le Galiléen pour dater Paul.

Les véritables événements survenus entre 19 et 36 auraient été effacés ou déplacés dans l’œuvre de Flavius Josèphe. Le même phénomène est présent dans les auteurs latins, notamment Tacite.

Une possibilité alternative serait que dix-sept ou dix-huit années auraient été créés artificiellement pour intégrer les événements de la vie de Jésus.

Guerre des Juifs notamment évoque les vingt-trois années du règne de Tibère (14-37) en quelques paragraphes. On passe de l’épisode du vol du trésor du Temple par Pilate (19 selon la chronologie de Guerre des Juifs) aux accusations que porte Agrippa devant Tibère (36). Tibère ne croit pas Agrippa et le fait mettre en prison. En réalité, Agrippa aurait porté ces accusations devant Gaius, puisque le texte enchaîne sur le projet de statue de Gaius au Temple de Jérusalem.

1 – Ponce Pilate

Dans Antiquités des Juifs, beaucoup d’action se concentre entre 16 et 19. Suivent le Testimonium flavianum puis le récit des femmes romaines, avant de retrouver l’année 36.

Antiquités des Juifs dit que Pilate est resté dix ans en Judée et partit à la mort de Tibère (27-37). Mais Guerre des Juifs dit qu’il arrive en même temps que Tibère et part à l’arrivée de Germanicus (15-20), proposition que retient LKJ.

Antiquités judaïques mentionne ainsi trois procurateurs inconnus dans toutes les autres sources : de 9 à 12 Marcus Ambivius, de 12 à 15 Annius Rufus, de 15 à 26 Valerius Gratus, et Pilate n’est nommé qu’en 27. Les autres sources suggèrent que Coponius est resté procurateur, sans doute jusqu’en 14, après quoi Pilate lui succède. Après Pilate, Josèphe mentionne un Marcellus, Tacite un Vibius Marsus (original de Marcus Ambivius ?)

LKJ suggère qu’à la place du Testimonium flavianum, Josèphe devait initialement mentionner l’exécution de Judas le Galiléen par Pilate en 19. Il semble en effet qu’une digression était prévue, mais il est possible que ces mots de transition aient aussi été ajoutés pour mieux insérer les interpolations. Il n’est d’ailleurs pas possible de démontrer que cette digression éventuelle portait sur le destin de Judas le Galiléen. Toutefois, Josèphe en a déjà parlé beaucoup à ce moment de son récit, mais ne mentionne jamais sa mort, alors qu’il ne manque jamais de le faire pour tous les personnages importants.

Une référence discrète aurait été déplacée dans le récit de l’aigle d’or du Temple,  à l’époque d’Hérode et non de Pilate, détruit par les rebelles Matthias et Judas, pour lequel c’est Matthias qui fut exécuté. Daniel Unterbrink fait une démonstration parallèle à celle de LKJ et suggère que Paul a remplacé Judas l’individu réel par un Jésus fictif. Et conclut, avec des arguments différents de ceux de LKJ, qui se base sur un départ probable de Pilate de Judée en 19, que Judas le Galiléen est mort en 19.

Les Histoires de Tacite mentionnent Simon, un usurpateur qui s’était attribué le titre de roi des Juifs en 4 av JC, et fut tué par Gratus. Puis rien ne se passe en Judée avant 14 et l’avènement de Tibère.

Ses Annales parlent de l’exécution de Chrestus sous Tibère par le procurateur Ponce Pilate, en correspondance avec l’année 19. Une nouvelle superstition s’éleva alors en Judée mais aussi à Rome. Puis les années 19 à 36 manqueraient aussi.

LKJ suggère que Chrestus n’est pas une interpolation comme le TF, mais une référence directe à Judas le Galiléen. La superstition serait celle des judéo-chrétiens, qui rêvaient encore de dominer le monde.

En 38, les Grecs d’Alexandrie avaient violemment attaqué les Juifs, car ils bénéficiaient du droit de pratiquer leur religion à part

En 40, Gaius veut faire construire une statue de lui-même dans le Temple de Jérusalem, mais finit par y renoncer sur intervention du roi de Judée et Samarie Agrippa.

Selon Dion Cassius, en 41, Claude interdit aux Juifs dont le nombre explosait de se rassembler. Antiquités judaïques reproduit les deux édits de Claude datés de 41, l’un à la ville d’Alexandrie, et aux Juifs de l’empire, suite aux émeutes d’Alexandrie.

Le premier autorise les Juifs à conserver leurs quartiers dans la ville d’Alexandrie et leurs propres coutumes, mais leur barre l’accès à la citoyenneté romaine et de faire immigrer d’autres juifs. Le second octroie aux Juifs les mêmes droits et limites dans les villes de l’empire qu’à Alexandrie.

LKJ précise qu’il y a deux épisodes où des Juifs ont été expulsés de Rome : un en 19, le second en 49. Le premier serait lié à la mort de Judas le Galiléen. Le second est lié à l’arrivée de Paul à Rome, où il prêche deux ans.

Suétone dit que sous Claude, des Juifs sont expulsés de Rome à cause de Chrestus.

En 64, Tacite mentionne l’incendie de Rome. « Pour dissiper le soupçon qu’il avait lui-même ordonné l’incendie, Néron punit les Chrestiani ». Néron condamna une multitude de Chrestiani non seulement pour l’incendie, mais principalement à cause de leur haine de l’humanité. Il parle des « abominations » des chrétiens.

Pilate a été procurateur avant la période alléguée de la vie publique de Jésus (entre 30 et 33).

2 – La mort des piliers

L’Evangile de Marc mentionne Pierre, Jacques et Jean comme des disciples, dont les noms sont identiques aux figures de l’Eglise de Jérusalem mentionnées par Paul. Paul mentionne également un Céphas, prénom qu’on retrouve également dans l’Evangile de Jean. Il est souvent admis qu’il s’agirait d’un autre surnom de Pierre, mais l’épître aux Galates mentionne les deux prénoms séparément. LKJ rattache ces prénoms à la famille de Judas le Galiléen.

Selon Josèphe, le procurateur Tibère Alexandre fait exécuter les deux fils de Judas le Galiléen, Jacques et Simon en 47. Jacques serait le chef de l’église de Jérusalem. Paul ne mentionne pas de Simon, mais les synoptiques disent que Simon est la même personne que Pierre. Il y a également un autre disciple du nom de Simon, Simon le Zélote.

Le récit des Actes des Apôtres est mensonger. Paul y prêche non pas aux Gentils mais aux Juifs. Après 49 Paul est à Corinthe, et n’est expulsé à Rome qu’en 62 après une troisième visite à Jérusalem. Il dit qu’il a vécu longtemps à Ephèse, et de là va à Jérusalem où il s’attend à être persécuté. Les Juifs de Jérusalem l’envoient en effet en prison à Rome. Or le Prologue de Marcion dit qu’il est fait prisonnier à Ephèse avant d’être amené prisonnier à Rome. Or son arrestation à Ephèse date de 48. Il ne peut donc y avoir eu de troisième visite à Jérusalem.

Actes dit qu’Agrippa a fait exécuter Jacques  le frère de Jean et emprisonner Pierre et Paul. Pierre s’échappe et Paul est toujours en prison. Ce qui leur arrive ensuite n’est pas dit. La légende du martyre de Pierre et Paul est entièrement apocryphe et tardive.

Mais Josèphe attribue l’exécution de Jacques et Simon au procurateur Tibère Alexandre en 47.

Paul est allé à Jérusalem avant l’exécution de Jacques et Simon, donc en 46. Sa première visite a donc eu lieu en 32, la même année que son évasion de Damas, et sa conversion date donc de 29.

Une autre ancre chronologique communément acceptée est le passage sur l’« l’homme de péché », le « sans loi qui s’assoit dans le Temple de Dieu et se proclame lui-même Dieu » dans le Temple de Jérusalem dans le second épître aux Thessaloniciens. Ceci serait une référence à la statue de Caligula qui devait y être érigée avant son assassinat en 40.

Voici donc la proposition chronologique de LKJ :

19 Exécution de Judas par Pilate

29 Conversion de Paul, qui va dans le désert, Arabie, la 15ème année de Tibère (ch 3 de Luc, ch 1 de Marc)

32 Paul s’échappe de Damas, va à Jérusalem,

33-40 Paul visite la Syrie, la Cilicie, la Macédoine et l’Achaïe

35 Jean le Baptiste est exécuté par Antipas

40 Projet d’une statue de Gaius dans le Temple (2 Thes). Epîtres aux Thessaloniciens

43 2 Cor date sa vision de 14 ans plus tôt, tension avec les églises zélotes

46 Seconde visite à Jérusalem avec Barnabas et Titus

Incident d’Antioche : Céphas et Barnabas ne mangent plus avec les Gentils après la visite d’envoyés de Jacques. En 1 Cor, Barnabas est encore mentionné favorablement

47 Tibère Alexandre exécute Jacques et Simon. Jean et Cephas deviennent-ils les chefs de l’église de Jérusalem ? L’église galate est perdue par Paul au profit du groupe de Jérusalem

48 Les apôtres entrent en clandestinité. Paul est assimilé aux rebelles, arrêté à Ephèse et envoyé à Rome.

Epîtres aux Galates, Philipiens, Colossiens, Romains

49 Troubles à Rome suite à l’arrivée de Paul. Expulsion de Juifs

64 Incendie de Rome. Début des persécutions par Néron

66 Guerre juive

Aretas

A l’opposé des deux ancres chronologiques qu’elle propose, LKJ réfute celles que propose un certain Campbell, qui lui aussi avait souhaité s’affranchir des Actes des Apôtres et s’en tenir aux seuls épîtres.

Elle relève de probables erreurs chez Campbell, mais s’appesantit surtout sur l’essai de dater le passage de Paul dans la ville de Damas.

En effet dans le Second Epître aux Corinthiens, Paul est persécuté par l’ethnarque de Damas, aux ordres du roi nabatéen Aretas IV, avant de s’échapper de la ville. Aretas aurait été peu de temps en possession de Damas, en 36 et 37, ce qui permettrait de dater la présence de Paul en 36.

Aretas IV est le principal souverain dont on trouve des traces en Nabatée. Il règne entre 9 et 40. C’est un client de Rome, comme Hérode. A ce niveau d’omniprésence, il est probable qu’il n’y a jamais eu qu’un seul Aretas roi de Nabatée.

Flavius Josèphe est le principal auteur à le mentionner, et à un degré moindre, Tacite et la seconde lettre aux Corinthiens.

Flavius Josèphe évoque ensuite dans Antiquités des Juifs une guerre territoriale entre Antipas et Aretas, gagnée par Aretas en 36. Aretas aurait donc eu Damas entre 36 et 37, où le roi de Judée et Samarie Agrippa s’en empare.

Guerre des Juifs ne mentionne pas cette guerre. Tacite et Dion Cassius non plus.

En étudiant le texte d’Antiquités judaïques et en le comparant aux auteurs contemporains,  LKJ arrive bien à réfuter nos certitudes sur l’année 36. Mais Paul a tout de même bien mentionné qu’Aretas était souverain à Damas. Il faut donc bien qu’il se soit emparé de la ville. Et LKJ a fixé le passage de Paul à Damas en 32, ce qui a des conséquences pour la démonstration.

Il est affirmé que Damas appartenait à la tétrarchie de Philippe, tétrarque de 3 av JC à 34. Ensuite Philippe n’ayant pas d’enfant – il avait au moins une fille – son frère Antipas aurait récupéré Damas dans sa tétrarchie, ville qu’il aurait perdu en 36 suite à sa guerre avec Aretas.

Mais si Aretas dirige Damas en 32, c’est que la guerre avec Antipas a eu lieu en 32 ou un peu avant, que Damas faisait partie de la tétrarchie d’Antipas et n’avait jamais appartenue à Philippe.

Plus intéressant est le récit matrimonial autour d’Hérodiade et Antipas, que traitent Antiquités judaïques, mais également les Evangiles de Marc, Matthieu et Luc.

Marc, Matthieu et Luc disent que Jean-Baptiste était opposé au mariage d’Hérode Antipas et d’Hérodiade. Antipas fait alors assassiner Jean le Baptiste. Il est à noter que cette opposition relève de la doctrine de Paul et Marc, qui ne permet ni le divorce ni de second mariage. Ceux-ci sont licites dans la doctrine de l’église de Jérusalem. On peut remarquer que Flavius Josèphe ne mentionne jamais Paul (ni Jésus) mais parle de Jean-Baptiste, alors que Paul ne parle jamais de Jean-Baptiste.

Josèphe le corrobore, et dit que les Juifs pensaient qu’Aretas avait vaincu Antipas en châtiment divin pour la mort de Jean.

Ce passage ne semble pas présent dans la version d’Origène, qui parle de la destruction de Jérusalem en châtiment de la mort de Jacques le Juste.

Josèphe ajoute que, mécontent du mouvement militaire d’Aretas contre le client de Rome Antipas, l’empereur Tibère aurait demandé au gouverneur Vitellius de lui envoyer la tête coupée d’Aretas. Cette histoire de tête coupée rappelle les évangiles, où c’est Jean le Baptiste qui perd la tête pour s’être opposé au mariage entre Hérodiade et Antipas, qui agaçait aussi Aretas.

Dans l’Evangile de Marc ou Mathieu, Hérodiade est d’abord l’épouse de Philippe, et Salomé est la fille d’Hérodiade et Philippe,

Flavius Josèphe dit lui que Hérodiade est d’abord l’épouse de Hérode II, et Salomé est l’épouse de Philippe.

Les historiens s’en tirent en prétendant que Hérode II se faisait aussi appeler Philippe, et qu’il y avait donc deux Philippe (outre qu’il y avait deux Hérode).

Chez Josèphe, Hérode le Grand a un fils nommé Hérode II. Ce Hérode II avait épousé Hérodiade, dont il avait eu une fille, Salomé, qui avait épousé son frère Philippe.

La mère d’Hérode II, Marianme, avertit Hérode que leur fils veut l’empoisonner. Hérode II est alors exclu du testament et envoyé à Rome.

L’autre fils d’Hérode le Grand, Hérode Antipas, avait épousé la fille du roi des Arabes Aretas. Mais il était tombé amoureux d’Hérodiade, la femme de son frère Hérode II. Celle-ci divorça donc et épousa Antipas, au grand mécontentement d’Aretas. Cela aurait pu expliquer la guerre entre Aretas et Antipas, mais selon Josèphe, cette guerre avait une autre cause : la frontière entre la Décapolis et la Galilée.

Il y a cependant un doublon chez Josèphe qui fait douter de la valeur de son témoignage.

Hérode II a été rayé du testament d’Hérode le Grand et envoyé à Rome. Hérode le Grand nomme alors Archelaos comme son héritier.

Antipater a plus tard également dénoncé Archelaos et Philippe qu’il accusait de vouloir empoisonner Hérode. Archelaos qui devait hériter du trône est déshérité. Toutefois, Hérode ne désigne pas Antipater comme son héritier, mais un autre fils, Hérode Antipas. A la toute fin de sa vie, Hérode fait exécuter Antipater, raye Antipas sans raison apparente et nomme à nouveau Archelaos comme son héritier.

Si  « Antipater », « Hérode Antipas » et « Hérode II » sont un seul et même personnage, l’histoire est plus logique : Antipas dénonce Archélaos et Philippe de tenter d’empoisonner Hérode, et est nommé héritier du trône à la place d’Archélaos. Puis Hérode revient sur sa décision et Antipas est alors envoyé en exil à Rome. Il deviendra par la suite tétrarque de Galilée.

Ce sont les évangiles qui disent donc vrai : Hérodiade était l’épouse de Philippe. Cela aurait été problématique pour valider la date de 35 ou 36 pour son divorce avec Philippe pour épouser Antipas, car en 34 Philippe était mort. Si la guerre entre Aretas et Antipas a bien en lieu en 32 ou avant, le récit du divorce issu des Evangiles reste possible. Voici une « ancre » supplémentaire pour le récit de LKJ.

Doublons dans AJ

LKJ fait remarquer un curieux doublon dans Antiquités des Juifs. Quand Hérode le Grand n’était qu’un chef en Galilée, il avait mis hors d’état de nuire le brigand Ezechias, et le gouverneur de Syrie Sixte César lui en avait été reconnaissant.

Devenu roi de Judée, une rumeur avait couru qu’il était mort, et deux docteurs de la loi nommés Matthias et Judas « fils de Sariphée » avaient excité une quarantaine de jeunes à mettre à bas un aigle d’or, symbole de Rome, qu’il avait fait ériger au-dessus de la porte du Temple. Il s’agissait d’une représentation d’un animal vivant, ce qui était un sacrilège aux yeux des Juifs.

Le grand-prêtre Matthias, qui les aurait soutenus, est alors remplacé par son beau-frère Joazar, qui était aussi le beau-frère d’Hérode. L’autre Matthias fut brûlé vif. Il y eut une éclipse de lune. Il n’est rien dit de ce que devint Judas.

En 6 AD, soit quarante-cinq ans plus tard, Judas, de Sephoris en Galilée, se proclama roi. Josèphe dit d’ailleurs que ce Judas et Sadduc le pharisien sont à l’origine des soucis des Juifs. Ce Judas aurait été fils d’un autre Ezechias.

Le premier passage aurait été inspiré du second, qui serait lui véridique, ainsi que d’autres éléments également relatés par Josèphe ailleurs.

LKJ pense qu’il est peu crédible qu’Hérode ait voulu placer un aigle d’or au-dessus de la porte du Temple car il voulait être aimé des Juifs. Ce récit reposerait sur l’épisode mentionné par Philon, où c’est Pilate qui amène des boucliers d’or à son nom et à celui de Tibère dans le « palais d’Hérode » et non le Temple. Josèphe mentionne lui des emblèmes d’infanterie que Pilate amène dans le « palais d’Hérode ».

La conclusion de LKJ est que l’exécution par le bûcher de Matthias en début de règne, cacherait celle de Judas le Galiléen, crucifié sous Pilate en 19.

LKJ suggère que les noms des Hasmonéens qui luttent contre les rois grecs de Syrie au 2ème siècle av JC s’inspirent des membres de l’Eglise de Jérusalem au 1er siècle AD.

Le Premier Livre des Maccabées, sur lequel s’appuie Antiquités judaïques, mentionne Mattathias comme le prêtre de Modin, et le premier des résistants hasmonéens. Après sa mort, ses fils Judas Maccabée, Jonathan, Simon, Jean et Eleazar prennent la suite.

Judas Maccabée ne se proclame jamais roi. En revanche Simon devient roi de Judée grâce à l’indépendance reçue du roi de Syrie. Cela contredit la doctrine des Esséniens selon laquelle seul Dieu est roi sur Terre. Les Hasmonéens devaient également faire face aux critiques des Pharisiens, selon lesquelles ils n’étaient pas de souche davidique. Ainsi un pharisien comme Flavius Josèphe aurait traité Simon l’hasmonéen d’usurpateur. C’est ce qu’il fait avec Simon de Pérée.

Dans 2 Mac, Mathias n’est pas mentionné. Judas est le premier à se soulever.

Du temps des rois hérodiens et de la domination romaine, surgissent les rebelles Judas le Galiléen et Simon de Pérée en 6AD et 4 av JC, ensuite Jean de Gischsalla en 70 à Jérusalem, et Eleazar en 73 à Masada.

Comme les zélotes de la révolte juive de 66, les Maccabées prônaient le martyre et résistaient à la torture. Les Hasmonéens avaient également du faire face à une destruction de Jérusalem et du Temple.

Simon comme chef des Juifs succédait également à un chef prestigieux du nom de Judas : Judas Maccabée. Les Perses ont une tradition d’un empereur de l’univers nommé Mahabely, qui convient beaucoup mieux comme messie qu’un rebelle exécuté en 19 par Ponce Pilate.

Ici LKJ ne tire pas de conclusion. On peut toutefois se demander si le récit de l’époque hasmonéenne ne se superpose pas au récit de l’époque hérodienne.

Mais il existe d’autres doublons dans AJ que LKJ n’a pas relevés.

En 36 Agrippa porte des accusations devant Tibère. Tibère ne croit pas Agrippa et le fait mettre en prison.

Mais à la fin du règne d’Hérode, Antipater avait porté des accusations devant lui contre Antipas et Archélaos, Hérode n’avait pas cru Antipater et l’avait fait mettre en prison.

Rappelons que l’aigle d’or avait été enlevé du linteau du Temple suite à une rumeur de la mort d’Hérode. Suite à cela le grand-prêtre Matthias avait été remplacé par son beau-frère Joazar, et « l’autre Matthias » brûlé vif.

En 4 av JC, à la toute fin du règne d’Hérode. Antipater, qui était prisonnier d’Hérode, crut à une nouvelle rumeur de la mort d’Hérode. Il demanda qu’on le libère et l’apprenant Hérode le fit tuer.

Dans le Second Livre des Maccabées, une rumeur disait qu’Antiochos était mort en Egypte. Jérusalem s’en étant réjouie plus que les autres, Antiochos s’était vengé sur la ville. C’est d’ailleurs ce qui motive la profanation du Temple par Antiochos, alors que la rébellion sous Hérode vise à mettre un terme à un sacrilège au Temple. Antiochos comme Hérode va alors remplacer le grand-prêtre Onias par – non son beau-frère – mais son frère Jason.

Antiquités des Juifs est la seule source à proposer une chronologie enchaînant l’Ancien Testament, les récits du joug Séleucide et du royaume Hasmonéen, puis l’avènement de la dynastie hérodienne sous la tutelle romaine.

Or si Antiquités judaïques paraphrase l’Ancien Testament et le présente comme un précis d’histoire juive, Philon de son côté dit qu’il faut l’interpréter de façon allégorique.

La partie se rapportant aux Hasmonéens chez Josèphe est corroborée par les Livres des Maccabées, notamment le Premier. Ce dernier s’étend de l’époque de Mattathias jusqu’à l’avènement de Jean Hyrcan après l’assassinat de Simon. Toute la partie postérieure qui détaille le royaume de Jean Hyrcan jusqu’à la fin du royaume hasmonéen sous Antigone Mattathias n’a pas d’équivalent pour corroborer le récit de Flavius Josèphe.

La partie qui évoque le mandat de la dynastie hérodienne jusqu’à la destruction de Jérusalem par Titus se retrouve avec quelques différences importantes sous la plume de Tacite ou Suétone.

Dans le Premier Livre des Maccabées et Antiquités judaïques, la Grèce et Rome sont des entités bien distinctes. A l’époque hasmonéenne, les Hasmonéens le royaume grec de Syrie dominait la Judée. Les Hasmonéens s’étaient révoltés et ils avaient gagné. Rome était alors une alliée des Juifs. A l’époque où Flavius Josèphe écrit, les Juifs se sont révoltés contre Rome et ils ont perdu.

Or le mot hébreu de « Kittim » dans le Premier Livre des Maccabées s’applique à Alexandre le Grand et est traduit par « Macédonien ». Mais dans le manuscrit de Qumran intitulé Guerre des Fils de la Lumière contre les Fils des Ténèbres, on lit : « le jour où les Kittim tomberont, il y aura un massacre devant le dieu d’Israël des Fils des Ténèbres ». Or la communauté de Qumran étant datée du 1er siècle, on choisir de traduire Kittim par Romains.

Pourquoi Paul, qui dit prêcher aux Gentils, ne prêche-t-il que dans des villes grecques ? Dans certaines traductions de ses épîtres, Grecs remplace même Gentils et sont traduits en hébreu par le même mot de goyim. L’exception est son action auprès des communautés chrétiennes de Rome, et selon Clément de Rome, son action en extrême occident.

Ce sont les Actes des Apôtres qui font de Rome une ville italienne. Le voyage de Paul effectue un voyage à Rome en 63 pour libérer des prêtres. Il fait naufrage devant la ville de Puteoli. Mais dans Antiquités judaïques, Flavius Josèphe prétend avoir effectué le même voyage, la même année et fait aussi naufrage devant Puteoli. Dans les Actes, Gamaliel mentionne Theudas puis Judas comme apôtres. Antiquités mentionne Judas puis Theudas comme apôtres.

Paul en revanche ne parle jamais de Constantinople. On suggère que la ville aurait été fondée bien plus tard, par Constantin. Mais Constantinople signifie la ville éternelle, qui est le surnom de Rome, et est située dans une région tardivement surnommée Romanie.

Un certain nombre d’empereurs romains post-flaviens, bien que vivant avant la division de l’empire après Théodose (395) ont laissé essentiellement des traces dans les frontières de l’empire byzantin, et même des villes à leur nom : Trajanopolis, Hadrianopolis… De même, bien que déifié par les sénateurs romains, le culte de Jules César semble avoir été surtout actif en orient, et singulièrement dans les églises que visite Paul. Ainsi des empereurs du Roûm, c’est-à-dire la Grèce, auraient pu être mélangés à des empereurs catholiques « romains » d’occident.

A l’époque hasmonéenne, les Hasmonéens le royaume grec de Syrie dominait la Judée. Les Hasmonéens s’étaient révoltés et ils avaient gagné. Rome était alors une alliée des Juifs. A l’époque des Hérodiens, les Hasmonéens ont été soumis par Pompée en 63 av JC. Par la suite les Juifs se sont révoltés contre Rome et ils ont perdu, jusqu’à la destruction de Jérusalem en 70.

Notre idée est que les Hasmonéens dont la dynastie est fondée par Simon reflète les Ottomans dont la dynastie est fondée par Osman, supposément au 13ème siècle. L’empire des Ottomans ne disparaît pas avant 1923. Les récits autour d’une « destruction de Jérusalem » et du Temple et un joug romain et hérodien est donc falsifié, qu’il s’agisse de ceux de Josèphe, Tacite ou Suétone.

Ainsi les Hérodiens, dynastie édomite de Judée, règnent en réalité avant les Hasmonéens. Une couture a donc été opérée pour suggérer une succession dans l’autre sens. Elle se fait à travers le récit de Josèphe dans Antiquités judaïques et l’intervention des personnages historiques que sont César et Pompée.

L’articulation survient après le règne de Salomé Alexandra. Cette dernière a d’abord été la femme d’Aristobule Ier, puis celle de son frère Alexandre Jannée. A la mort de celui-ci, elle devient reine d’Israël (75-67 av JC), qui hérita d’un royaume aussi étendu que celui de Salomon. Après la domination des Sadducéens, Salomé Alexandra s’était alliée aux Pharisiens pour gouverner.

Le double de Salomé Alexandra est Catherine Iere de Russie. Cette dernière,après avoir été la maîtresse d’Alexandre Menchikov, devient celle de Pierre Ier, qu’elle finit par épouser. Catholique, elle se convertit à l’orthodoxie. A la mort de Pierre Ier, elle devient impératrice de toutes les Russies (1725-1727). Son empire est alors immense et s’étend jusqu’à Vladivostok.

Salomé Alexandra avait nommé son fils Hyrcan II grand-prêtre et son successeur sur le trône. Hyrcan était soutenu par les Pharisiens et les Iduméens, mais son autre fils Aristobule II avait alors pris les armes avec les Sadducéens. Aristobule fut finalement vainqueur avec le soutien de Rome.

Mais Pompée se retourna contre lui. En 63 av JC, Aristobule était en prison à Rome et la Judée était devenue une province romaine. En 49 av JC, Jules César avait libéré Aristobule avec deux légions empêcher Pompée de mobiliser ses troupes en Syrie. Les alliés de Pompée avaient alors empoisonné Aristobule, et Scipion avait fait décapiter son fils Alexandre à Antioche.

Hyrcan II se serait désintéressé du trône, se consacrant à sa fonction de grand-prêtre.

En 41 av JC, Hérode a été désigné roi de Judée par Rome. Mais les Parthes appuyaient encore la dynastie hasmonéenne. En 40 av JC, ils jettent leur dévolu sur Antigone Mattathias, fils d’Alexandre et le nomment roi et grand-prêtre. Mais Antigone meurt en 37 et avec lui les espérances de rétablissement des Hasmonéens. Hyrcan II couronne alors Hérode le Grand.

La surimposition de Pompée et de Jules César sur ces événements est une couture. Ils ont vécu deux siècles plus tôt. La dynastie hérodienne qui vient après les hasmonéens leur est également antérieure de deux siècles. La mention d’un dernier roi nommé Mattathias, fait la boucle avec le premier hasmonéen nommé également Mattathias. La référence à Jules César n’est pas fortuite, puisque ce dernier est le messie des Juifs.

La date de 63 av JC correspond à 1730 : c’est la fin de la lignée « masculine » des Romanov, et Anna Ivanovna devient impératrice. Il s’agit du moment où la Russie devient un empire occidental. Il s’agit du moment où la Russie devient un empire occidental. Sur les cartes, la Grande Tartarie est remplacée par l’Empire de Russie. La victoire romaine signifie l’essor d’une dynastie russe d’origine européenne.

Mais la lutte des Tartares va continuer jusqu’en 1815, dernière mention sur une carte de la Grande Tartarie sur les territoires occidentaux de la Russie. Les cartes fluctuent en effet pendant un siècle à attribuer les territoires de la Volga aux Russes ou aux Tartares, selon l’état des combats.

Dans Antiquités des Juifs, Antigone Mattathias correspond à Pougachev, exécuté en 1775, chef de la rébellion paysanne, que Fomenko a identifié comme un tsar légitime. Pougachev avait le soutien des Cosaques de la Volga et du Don, c’est-à-dire les Parthes du récit de Josèphe. Antiquités des Juifs est donc écrit au mieux à la fin du 18ème siècle.

Ces Ottomans auraient détenu le pouvoir en Russie et artificiellement transformés en souverains de la famille Romanov. Mais à partir de 1774, l’Empire des Turcs au sud devient également « ottoman ».

Mais la transformation de la Judée en province romaine en 63 av JC correspond à une autre date. Le décalage de 1554 ans nous amène a 1492, soit l’année 0 du calendrier romain.

On peut noter une curieuse inversion entre Maccabées et Antiquités judaïques. Pour les Livres des Maccabées, en 167 av JC, le roi séleucide Antiochos profane le Temple de Jérusalem, remplace l’autel de « Dieu » par celui de Jupiter olympien, et place une statue de Jupiter dans le Temple. Flavius Josèphe dit lui que c’est l’autel de Yahvé qui est remplacé par celui de Zeus.

Beaucoup d’événements de la Rome antique ont un reflet aux 16ème et 17ème siècles. Ainsi la bataille d’Actium (31 av JC) reflète la bataille de Lépante contre les Ottomans (1571). La Guerre Juive commençant en 66 se retrouvent 1554 ans plus tard avec le début de la Guerre de Trente ans (1618). Il faut donc trier dans les ouvrages latins ce qui correspond à une époque plus récente, et ce qui est entièrement fictif. 

Il existe bien entendu des traces archéologiques de l’empire romain : inscriptions en latin, pièces de monnaie en nombre à l’effigie des empereurs. Mais rien ne prouve sur la foi de pièces de monnaie aux noms de Tibère et d’Auguste, que les pièces mentionnant Tibère sont bien postérieures à celles qui mentionnent Auguste.

L’histoire de Tacite ou Pline sur la République romaine est douteuse. Les cartes du 17ème siècle ne mentionnent que les Rois de Rome et l’Empire romain. Cet enchaînement des rois de Rome aux empereurs se retrouve de façon similaire à travers la création du Parlement du « Saint-Empire » en 1493.  Maximilien n’est jamais couronné empereur mais n’est que roi des Romains, le même titre que portaient les rois étrusques. En 1530 Charles-Quint est couronné empereur, et code pour Auguste, ainsi que pour Romulus, le premier roi de Rome de souche étrusque.

En France, le premier à mentionner que l’Europe est une République est Henri IV. Mais cette notion de République signifie l’élection de l’empereur par les élites européennes.

Hérodiens

Les Hérodiens, dynastie édomite, règnent avant les Hasmonéens. Une couture a donc été opérée dans Antiquités judaïques.

Voici le récit des Hérodiens dans Antiquités des Juifs :

Pompée mort, César confirma Hyrcan comme grand-prêtre et choisit Antipater, qu’il nomma citoyen de Rome, comme son homme en Judée.

Antipater était le dirigeant véritable de la Judée pendant qu’Hyrcan II était le grand-prêtre. Nicolas de Damas dit qu’Antipater était un juif de Babylone. Josèphe dit qu’il était iduméen, et qu’il avait été général en Idumée sous Alexandre Jannée.

Antipater se superpose ici à Alexandre Menchikov – qui codait aussi Aristobule Ier – qui dirigeait la politique russe à la place de Pierre II.

Menchikov était un général de Pierre Ier d’origine biélorusse. Il s’était illustré dans la Grande Guerre du Nord et notamment en Pologne. La Biélorussie et la Pologne ne forment à l’époque qu’un seul pays, le Royaume de Pologne-Lithuanie. Edom correspond globalement aux pays slaves d’Europe de l’est. Flavius Josèphe fait de cet Antipater le père d’Hérode le Grand pour faire la couture.

Mais le principal personnage inspirant Hérode est Ferdinand d’Aragon, roi d’Espagne (1452-1516). Ferdinand est surnommé « le Catholique » car l’Espagne aurait été en partie musulmane à son époque.

L’islam était largement présent en Espagne depuis 722. Elle fut reconquise par morceaux par l’Eglise catholique jusqu’à être entièrement reprise en 1492 quand les Nasrides (Nazaréens) de l’émirat de Grenade furent vaincus. Sept siècles font une très longue période de temps. Cinquante années auraient suffi à entièrement transformer la culture espagnole. Aucune reconquête n’aurait eu de sens par la suite.

L’Espagne est aussi connue pour son importante culture juive. Pour une raison obscure, les Juifs furent expulsés en 1492 en même temps que les Musulmans. Il se dit que les Juifs ne vivaient que dans des régions musulmanes, les Musulmans ayant une tolérance religieuse bien plus grande que les Chrétiens. En réalité, les Juifs comme les Musulmans de l’époque désignent l’ancien Ordre du Temple. Ces derniers sont présents partout en Europe, d’où la légende des Juifs expulsés de tous les pays.

Ferdinand d’Aragon commence la période où l’Espagne est le pays dominant en Europe. Ferdinand est roi de Sardaigne, Sicile et même roi de Naples à partir de 1503, commençant une longue période de domination espagnole sur l’Italie. La couronne d’Espagne est la principale couronne portée par Charles-Quint, Empereur des Romains, et la conquête des Amériques partira d’Espagne. Ferdinand d’Aragon, comme le roi David et le roi Hérode vont chacun organiser un recensement de la population. Edom, d’où vient Hérode, désigne l’Empire romain dans la kabbale. Hérode est un étranger placé par Rome sur le trône de Judée.

Le Sénat de Rome a désigné Hérode comme roi de Judée et Hérode a désigné le grand-prêtre. Au 16ème siècle, le Reichstag impérial a désigné Ferdinand d’Aragon roi d’Espagne, et ce dernier a désigné le pape de son choix.

Hérode, avant d’être roi de Judée, est d’abord nommé gouverneur de Galilée. Selon Josèphe, le gouverneur de Syrie, Sixte-César, était menacé par un « bandit » nommé Hezekiah. Hérode vainquit l’armée d’Hezekiah et devint l’ami de Sixte-César. Les amis d’Hezekiah s’en plaignirent au grand-prêtre Hyrcan et demandèrent qu’Hérode soit jugé. Hérode dut se réfugier chez Sixte César, mais ce dernier était si impopulaire qu’il fut tué par ses propres troupes.

Hérode code ici pour un autre personnage. La référence à la Galilée suggère la Gaule, et Hérode est ici le roi de France Henri III. Hezekiah est ici le duc de Guise, Sextus César est Henri IV et Hyrcan est le pape Sixte Quint, qui échangent leurs rôles. C’est Henri III qui finit par être assassiné par un de ses propres sujets, le moine Jacques Clément.

Le récit de la fin du règne d’Hérode est falsifiée chez Flavius Josèphe. On a vu que trois fils d’Hérode, Antipater, Antipas et Hérode II pouvaient être le même individu. En effet Strabon ne mentionne que trois fils pour Hérode et non cinq.

Notre reconstruction était celle-ci : Antipas a accusé Archélaos et Philippe de tenter d’empoisonner Hérode le Grand, et est nommé héritier du trône à la place d’Archélaos. Mais Hérode revient sur sa décision. Antipas est alors envoyé en détention à Rome.

A la fin de son règne, Hérode, qui se sentait mourant et désespérait que les Juifs l’aiment, enferma des Juifs importants dans l’hippodrome et demanda qu’on les tue à sa mort pour que les Juifs pleurent au moment de celle-ci. Josèphe dit que ces hommes étaient innocents. A noter qu’il y a bien un hippodrome antique à Constantinople, mais pas apparemment à Jérusalem.

Dans les Evangiles, Hérode fait tuer tous les enfants de moins de deux ans car on lui avait prédit qu’un enfant né récemment menacerait son pouvoir, épisode qu’on nomme couramment « massacre des innocents ». Ce massacre était déjà un reflet dans la mort des premiers nés des Fils d’Egypte dans le Livre de l’Exode. Chez Flavius Josèphe, le massacre des innocents a été remplacé par un massacre annoncé de Juifs innocents.

Hérode mourut à Jericho (Autriche ?). Archelaos libéra les prisonniers, et accéda à la demande des Juifs qu’on remplace le grand-prêtre – de mauvaise lignée – nommé par Hérode.

Dans Antiquités des Juifs, Antipater – qui n’a donc pas été exécuté -avait été désigné dans un testament antérieur. Ce dernier contesta le témoignage et demanda audience à Rome. Archelaos et Antipater sont les fils de Malthacée, une épouse samaritaine de Hérode.

Dans le Josippon, c’est Hérode Antipas qui est mentionné à la place d’Antipater, ce qui montre encore qu’il s’agit du même individu. Hérode n’est pas seulement mort mais a été assassiné par un autre de ses fils, nommé également Antipater. L’épouse hasmonéenne d’Hérode, Marianme, et ses deux fils Alexandre et Aristobule ont été exécutés pour complot plus tôt.

Archelaos et Hérode Antipas sont Charles-Quint et Ferdinand Ier d’Espagne. Le nom d’Antipater est donné à Ferdinand Ier car il est le petit-fils d’un autre Ferdinand, Ferdinand d’Aragon.

Archélaos promit à la foule massée devant le Temple de libérer les prisonniers politiques d’Hérode et de gouverner avec plus de libéralité. La foule exigea alors que fut démis le Grand-Prêtre nommé par Hérode pour un autre « pieux et pur » (de la lignée « aaronide » ainsi qu’il est suggéré). Le jour de la Pâque, les partisans des Hasmonéens lancèrent une émeute et les troupes d’Archélaos massacrèrent trois mille d’entre eux à l’extérieur des murs du Temple.

Antipater voulait faire valoir le premier testament qui le désignait comme héritier, aussi Antipater et Archélaos furent convoqués à Rome devant César. Antipater accusa Archélaos du massacre et de ne pas avoir pleuré Hérode. Nicolas de Damas (Nicolas de Cuse ?), commissaire politique de Judée, parla alors pour Archélaos et affirma que les émeutiers étaient des ennemis de Rome. César valida alors les prétentions d’Archélaos. Il est prétendu que le « César » en question serait l’empereur Auguste.

Guerre des Juifs dit qu’une ambassade de cinquante Juifs de Jérusalem avait plaidé devant Auguste pour l’indépendance de la Judée. Or en 4 av JC, quand Archelaos vint à Rome faire confirmer son héritage, les mêmes cinquante, soutenus par 8000 juifs de Rome, exigent un gouverneur romain pour la Syrie et la Judée unifiées. Cela n’est pas incohérent si Auguste et Archélaos sont la même personne. Or Charles-Quint, est surnommé également Auguste.

Le massacre causé par Archélaos est bien connu : c’est le massacre de 1527 causé à Rome par les troupes de Charles-Quint. On parle de 40 000 morts et non 3000. Tout l’art de Josèphe consiste à créer deux personnages, Auguste et Archélaos là où il n’y en a qu’un. Archélaos n’a pas fait valider son droit à diriger la Judée par Jules César ou Auguste. Il n’a pas été accusé devant l’empereur de Rome d’avoir commis un massacre à Jérusalem. Il a commis un massacre à Rome (Hieros Roma). Et son ennemi était le pape Jules II « César », le grand-prêtre du Temple. La mention des souterrains, du Temple et de la forteresse dans Antiquités des Juifs sont les Passetti, la basilique et le château Saint-Ange à Rome.

A l’époque Clément VII est censé être pape. Pourtant c’est le même Clément VII qui couronne Charles-Quint quatre ans plus tard. Il est clair que c’est toujours Jules II qui est pape au moment du sac de Rome.

Clément VII est précisément le grand-prêtre illégitime nommé par Hérode. Il existe un reflet de cette histoire dans celle des papes d’Avignon au 14ème siècle. Le premier d’entre eux, Clément V, avait été choisi par Philippe le Bel, roi de « France ». Philippe le Bel est ici Philippe le Beau, le père de Charles-Quint. La papauté d’Avignon est ainsi créée pour imposer un pape issu du concile de Bâle, en lieu et place du pape de Rome. Charles-Quint n’a pas remplacé Clément VII par un grand-prêtre aaronide légitime. Il a remplacé un grand-prêtre aaronide légitime par Clément VII.

Un an avant la mise à sac de la ville, en 1526, Charles-Quint a profané la basilique Saint-Pierre. Ainsi la superposition de l’époque des Hasmonéens et de celle des Hérodiens s’observe ici aussi. Archelaos (Charles) le roi édomite de Judée joue dont le même rôle qu’Antiochos (Quint) le roi grec de Syrie qui a le joug sur la Judée cent-soixante-dix ans plus tôt. Les adversaires juifs d’Antiochos se nomment Matthias et Judas. Les adversaires d’Archelaos, que Josèphe attribue à son père Hérode le Grand, se nomment Matthias et Judas.

Le sac de Rome de 1527 a de nombreux doublons dans l’histoire :

  • En 1527, Charles-Quint met Rome, la ville du pape Jules II « César », à sac
  • Au 13ème siècle, le général mongol Hulagu-Khan a vaincu Khosro le chef spirituel des Sicaires et détruit la forteresse d’Alamut.
  • En 73 l’armée romaine vainc Eleazar et l’armée des Sicaires dans leur forteresse de Masada
  • Au 7ème siècle, l’empereur Heraclius a pris Byzance au roi de Perse Khosro. « Mahomet » aurait participé aux combats aux côtés de Khosro, avant de conquérir le monde. Il n’est cependant jamais cité dans les sources.

Ainsi les épisodes de la révolte juive de 66-73, qui incluent la destruction de Jérusalem et du Temple sont également superposés aux épisodes de la révolte juive de 4 av JC à 6 AD sous le règne d’Archélaos !

L’insurrection de Simon de Pérée et de Judas le Galiléen du temps d’Archélaos sont en réaction à la destruction du Temple romain de Cyrus, qui est identique à leur lointain successeur Eleazar. Ils sont également identiques aux anciens Hasmonéens, c’est-à-dire les Ottomans qui commencent alors à s’opposer à Charles-Quint.

Dans Guerre des Juifs, Archelaos ne reçut que la moitié du royaume – la Judée, la Samarie et Edom – et seulement le titre d’ethnarque. Le reste fut divisé en deux tétrarchies pour Philippe et Antipas. Dans Antiquités judaïques, c’est Hérode qui fait cette division dans son testament. Cela veut dire qu’Archélaos dirigeait alors toute l’Europe de l’est et le Proche-Orient.

Antipater n’a donc pas réussi à faire valoir ses droits au trône de Judée, et c’est Archélaos qui obtient la part du lion. La tétrarchie d’Antipas inclut alors la Galilée et la Pérée, précisément les lieux d’où viennent les rebelles Simon et Judas.

De même, Ferdinand d’Aragon n’avait pas laissé de testament ce qui empêcha Ferdinand Ier de lui succéder sur les trônes de Castille et d’Aragon. Un autre de ses petits-fils, Charles-Quint dirigera de facto l’Espagne car sa mère Jeanne de Castille y était reine. Ferdinand Ier qui avait déjà été écarté du trône d’Espagne, fut pour les mêmes raisons écarté du trône impérial du Saint-Empire au profit de Charles-Quint.

Le grand-prêtre Matthias a été remplacé par Hérode le Grand. Il faut lire que Matthias Corvin (1443-1490) a été remplacé par Ferdinand d’Aragon (remplacé dans les biographies par « Maximilien ») sur le trône d’Autriche.

Ferdinand d’Espagne (Antipater ou Antipas) est désigné archiduc d’Autriche sous le nom de Ferdinand de Habsbourg. La dynastie juive Jagiellon (Yahiel) de Hongrie combat la dynastie autrichienne dite « Habsbourg » jusqu’en 1526. Ferdinand sera à son tour roi de Bohême et de Hongrie de 1526 à 1564. Ferdinand est alors confronté aux armées « ottomanes » en Europe, c’est-à-dire à la révolte de la Judée.

Les Histoires de Tacite mentionnent un Simon, un usurpateur qui s’était attribué le titre de roi des Juifs en 4 av JC. Josèphe prétend qu’il fut tué par le général romain Gratus. Ce Simon est probablement connu à l’époque sous le nom d’Osman, fondateur de la dynastie ottomane, antidaté de trois siècles.

Ferdinand aurait été un vassal de Soliman le sultan ottoman. Ferdinand est bien entendu le vassal de son frère l’empereur. Soliman est une déformation de Charlemagne, soit Charles-Quint.

Le chef des Hongrois en exil, un homme nommé Zapolya, aurait demandé l’aide de Soliman. Soliman aurait alors conquis l’Europe centrale, jusqu’au siège de Vienne en 1529. Ferdinand aurait alors fui en Bohême, et c’est Charles-Quint qui aurait défendu Vienne. Si Ferdinand avait été un vassal du sultan, les Turcs n’auraient pas aidé Zapolya. Charles-Quint tient naturellement sa nouvelle capitale impériale de Vienne.

Il existe deux versions du siège de Vienne. Dans l’une Soliman réussit à prendre Vienne. Effectivement Charles-Quint a pris Vienne et une partie du Royaume de Hongrie, qui devient la « Hongrie chrétienne ».

Dans l’autre version, l’armée de « Soliman » subit une épidémie sous les murs de Vienne en 1529. Dans la Bible, cette mésaventure arrive au roi d’Assyrie Sennacherib pendant le Siège de Jérusalem. Sennacherib correspond ici à Scander Beg, qui n’est pas ottoman, mais un janissaire du sultan Mehmet II, qui se serait retourné contre lui pour défendre la chrétienté contre les Ottomans. Scander Beg ou Sennacherib l’ « assyrien » sont des alter ego d’Alexandre le Grand, le premier grec à avoir conquis la Judée, fondateur de l’Empire grec en Europe de l’est au sud du Danube et du royaume séleucide de Syrie. L’empire grec ne disparaît des cartes qu’en 1654, au moment de la conquête de Mehmet IV Ottoman.

On voit donc que le siège de Vienne – ou de toute autre ville qu’elle représente – désigne en réalité un siège de Jérusalem par des envahisseurs européens. Alexandre le Grand, Scander Beg ou Sennacherib conquiert les territoires du Proche-orient. Possiblement la Judée correspond aussi aux territoires cosaques de Hongrie et de Dacie, ce qui explique que Vienne code alors pour Jérusalem. Mais Alexandre échoue à prendre la ville. Charles-Quint ou Archélaos va lui réussir à prendre la ville en 1529. Un autre alter ego est Constantin, dont la nouvelle capitale sera non pas Vienne, mais Constantinople, qu’il construit au 16ème siècle et ne conquiert pas.

Ferdinand tient la Bohême et la Hongrie comme Antipas est tétrarque de Pérée et Galilée.

La neuvième ou dixième année à son poste, une nouvelle ambassade de Juifs et de Samaritains vient se plaindre à Rome. Archelaos est alors banni à Vienne en Gaule. Selon Eusèbe, Pilate fut exilé en Gaule sous Caius et se suicida à Vienne. Eusèbe se trompe : Pilate a quitté la Judée depuis longtemps sous Caius. C’est bien d’Archelaos qu’il s’agit.

Flavius Josèphe dit qu’Archelaos est banni à Vienne en Gaule. Dion Cassius dit qu’ « Hérode » accusé par ses frères fut banni au-delà des Alpes en 6 (soit  9 ou 10 ans après sa prise de fonction d’ethnarque comme le dit Josèphe). Strabon dit qu’un des fils d’Hérode avait été exilé chez les Allobroges, et que les autres n’obtinrent que difficilement un territoire.

Charles-Quint n’était pas mort au moment de son abdication en 1556 (6), mais se retira dans une vie monacale. Il y aura probablement été forcé. Bien qu’empereur du Saint-Empire, est présenté partout comme duc de Bourgogne, alors qu’il s’agissait d’une simple revendication, le duché de Bourgogne appartenant à la couronne de France. Vienne en Autriche était en réalité la capitale de son empire. Ceci montre encore que Flavius Josèphe fait une composition d’événements fictifs empruntés à de véritables événements de la Renaissance.

Hérode Antipas était toujours tétrarque en Galilée et en Pérée. A la fin du règne d’Archelaos, Tibère n’étant pas favorable aux états clients comme l’était Auguste, Antipas sera seulement nommé intendant du Temple de Jérusalem. Ainsi Antipas fut spolié du trône de Judée, qui devint province romaine. Bâtisseur de Tibériade, il épousera Hérodiade, la femme de son frère Philippe, et sera par la suite lui aussi exilé en Gaule, en Comminges.

Ferdinand Ier aurait succédé à son frère Charles-Quint de 1556 à 1564 comme empereur du Saint-Empire. Il succède en théorie à Charles-Quint, qui abdique en 1556. Néanmoins il est également roi des Romains de 1531 à 1564. Le Roi des Romains est normalement le successeur au titre d’empereur, ce qui implique que Ferdinand n’a jamais été couronné empereur.

Antiquités judaïques mentionne que la même année 6, le recensement et les taxes imposées par Rome déclenchent la rébellion de Judas le Galiléen, qui se proclame roi des Juifs, et du pharisien Sadduc. Ce n’est peut-être pas une plainte auprès d’Auguste qui occasionne le renvoi d’Archélaos : Judas est en train de gagner et occupe le territoire.

Possiblement c’est Judas qui annexe des territoires à l’est, peut-être la Dacie. Il est douteux que Pilate ou quiconque ait alors pu faire exécuter Judas. En 19, des Juifs ont été expulsés de Rome, car ils soutiennent les mouvements militaires des turcs. (1573).

Flavius Josèphe prétend que Judas le Galiléen se présentait comme un messie et un roi lui-même. Cette dimension semble plutôt s’appliquer à Juda Maccabée, voire au Mahabely empereur de l’univers des Perses.

Comme le dit LKJ, Judas surgit là où on devrait voir apparaître Jésus dans le récit de Josèphe. A l’époque d’Isaïe, on nomme Cyrus comme le messie. Judas est donc le successeur de Cyrus/César. Ce dernier avait été assassiné en Europe. Judas reprenait la lutte en orient.

En 66, c’est le début de la Guerre juive. La date correspond à 1618, soit le début de la Guerre de Trente ans.

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Le pape juif

Francesco Carotta dans « Jesus was Caesar » prouve sans l’ombre d’un doute que les attributs de l’Eglise catholique romaine sont empruntés au culte de Mithra. Notamment les chaussons rouges et la tenue rouge des papes sont empruntées au « papa » du culte de Mithra. Le Livre de l’Apocalypse accable la « prostituée venue de Babylone » et ses habits rouges. Beaucoup y ont vu l’Eglise catholique romaine. Mais ce n’est pas logique s’agissant d’un livre issu du canon catholique romain. Ceci s’explique bien en y voyant un symbole pour l’Eglise de Mithra.

Il est su qu’à Rome au Moyen-Age une grande partie de la population venait de Babylone. Babylone au 16ème siècle désigne la ville du Caire. Il faut donc que Rome ait partagé sa culture religieuse avec l’Egypte. En effet, Mithra en Italie ou au Proche-Orient est le Amon des textes égyptiens, et le Moïse de la tradition juive. Le Temple principal d’Amon était à Heliopolis, le Shilo ou Bethel biblique.

Le clergé de Jupiter, Jovis ou Yahvé est au-dessus de celui de Mithra. En Egypte, on lui donne le nom Al Azhar, périphrase pour ne pas prononcer le nom de Dieu, signifiant providence. En grec il est traduit en Osiris, en Asie mineure Jules César, en Italie Asar en langue étrusque, et Sol invictus en latin. L’alchimiste Fulcanelli prétend que les vierges noires à l’enfant du sud de la France représentent Isis et Horus. Elles auraient ainsi été amenées à l’époque de la conquête romaine. Les anciens textes nomment les fidèles de Mithra les Perses, ou encore Phrygiens, ou Pharisiens, que les européens nommeront plus tard les Juifs.

Il y a donc une rupture, un moment où le pape juif a été remplacé par un pape chrétien. En effet Charles-Quint marche sur Rome et en 1526 et profane la « basilique Saint-Pierre ». Il propose la synthèse des cultes de Moïse et Jésus, et remplace Jovis par Dieu. Flavius Josèphe dit qu’Antiochos le séleucide a profané le Temple de Jérusalem et remplacé Yahvé par Zeus. En

La première Bible catholique romaine a été publiée à Complutium en Espagne en 1520 sous l’autorité du cardinal Juan Cisneros. La première Bible en français est la Saincte-Bible de Jacques Lefebvre d’Etaples de 1530. Elle est dédicacée à Charles-Quint et non à François Ier.

Dans l’histoire grecque de Thucydide, il est évoqué un conflit entre Sparte du roi Cléomène, et l’armée perse de Xerxès. Les Perses sont les légions romaines de Mithra, les Lévites. Xerxès est le pape Jules II, surnommé « César ». Son successeur Léon X a été nommé Léonidas par Thucydide, or il s’agit d’un général spartiate. Sparte est nommée Sepharad en Hébreu, un nom qui selon la religion juive désigne l’Espagne. Cléomène est une flexion de Charlemagne, le nom de Charles-Quint de son vivant. Thucydide appelle Grèce les pays d’Europe de l’ouest non soumis à la sphère d’influence des légions lévites.

Il est ainsi probable que le sac de Rome est intervenu avant que Léon X ne devienne pape romain, soit en 1516 et non en 1526.

Le futur pape Jules II était le cardinal Giuliano della Rovere. Il avait été légat à Avignon pour le sud de la Gaule, et avait dû combattre pour les armées du pape en Gaule. Ceci correspond bien à la légende de Jules César. Un légat sera plus tard un ambassadeur du pape aux fonctions diplomatiques et religieuses. A l’époque c’est un commandant de légion. Jules César était connu comme un allié des « Juifs ». Il est à noter qu’un des titres de Charles-Quint est « Auguste ». Le passage du pouvoir de Jules César à celui d’Auguste s’accompagne d’un changement de régime politique à Rome, qui devient alors un Empire.

Il est admis qu’à Rome le culte tardif de Mithra n’était plus un culte sacrificiel, malgré la symbolique du taureau sacrifié. La transformation du culte a été opérée par un certain Zoroastre. Jules César en Gaule a interdit également la pratique des sacrifices. Dans Guerre des Gaules il observe que Jupiter (Yahvé) est en Gaule le dieu principal, mais que le culte est sacrificiel. Dans la Bible, le réformateur est nommé Esdras. A Rome le culte de Mithra est transformé en culte de Sol invictus (aka Jules César), comme si le réformateur était assimilé au dieu. Il en sera de même dans les églises d’orient que mentionne Paul qui sont des villes où on vénère Jules César.

Dans la Bible Saul est également le premier roi d’Israël après la période des Juges, mais il est présenté sous la tutelle du juge Samuel. En effet il existe un culte similaire à Mithra dans le pays qu’on nomme la Perse, qui sera réformé par Zoroastre. Il est encore dirigé à l’époque par un clergé, qui deviendra le futur clergé chiite, et est connu sous le nom d’Ismaël. On a donc Ismaël en Perse, dirigé par un clergé, et Israël pour l’entité couvrant la Mésopotamie, l’Anatolie, l’Egypte, et l’Europe du sud jusqu’en Italie. Israël sera dirigé par un roi, dont le premier roi est Saul ou Jules César.

En Gaule et en Espagne, le culte dominant est celui des Esséniens ou Jésuites. Le nom qui leur est donné à l’étranger est celui de druides, du celtique derwyd qui désigne les prêtres, dont un des dieux se nomme Esus. Aux conciles de Constance et de Bâle, ils vont s’accorder sur des principes religieux communs, laissant aux souverains de chaque nation la latitude de publier les textes de loi régissant leur église nationale et les principes liturgiques.

Ces conciles vont adopter un Evangile commun. Il s’agit de l’Evangile de Jean. Denis Grenier a montré que l’Evangile de Jean est adapté à la liturgie juive selon le compte triennal palestinien, et donc au calendrier hébraïque. Le calendrier hébraïque est respecté par les chrétiens johannites dits « quartodécimains » parce qu’ils fêtaient Pâques le 14 Nisan, jour de la mort de Jésus. L’archevêque de Lyon Irénée faisait partie de cette tradition quartodécimain, de même que les orientaux Porphyre ou Papias. Toutefois, il faut inverser la proposition : le calendrier hébraïque est d’abord le calendrier des quartodécimains. Ce n’est qu’ensuite que le compte triennal palestinien est adapté à la lecture de la Torah et des livres prophétiques.

Le concile de Bâle est connu pour avoir été antipapiste, voire schismatique. En fait il semble qu’ils aient consommé le schisme. Bâle a excommunié les Hussites d’Europe de l’est. Ces derniers étaient également connus selon Fomenko sous le nom de Zélotes. Les « anciens » Zélotes avaient pour messie un certain Eleazar.

Bâle est un concile Essénien ou Jésuite, qui rassemble les fidèles du culte de Jésus. Le texte qui en est issu, l’Evangile de Jean, est insultant envers Osiris. Il le fait représenter en Lazare, embaumé et entouré de bandelettes, se levant et marchant au commandement de Jésus. Il s’agit de la figure traditionnelle de la momie vivante. Le Livre de l’Apocalypse manifeste des sentiments similaires.

Le pape Jules II défendait une vision unificatrice de la religion, mais sous l’autorité centralisée des Lévites ou légions, dont les officiers sont des juges ou juifs. Il convoqua pour cela le concile de Latran. Les gaulois et les suisses n’acceptent pas ce concile organisé par leur oppresseur militaire, et en restent à leurs églises nationales. On a ici une inversion puisque le calendrier des « Juifs » est ici le calendrier romain « julien », qui  fête la naissance de Mithra ou encore Saturne le 25 décembre.

On date la création du Reichstag (Parlement de l’Empire) de 1493, année de l’accession au pouvoir de Maximilien. On prétend qu’il était empereur, mais c’est improbable : le premier empereur couronné est Charles-Quint en 1520. Maximilien est sans doute le premier roi de Rome dans le sens de chef du Parlement d’Europe. C’est le même projet que la fédération de polis qui unifie la Grèce dans l’ « antiquité ».

La constitution de ce Parlement des princes est présentée en opposition aux velléités hégémoniques du pape. Toutefois Saul fut le premier roi d’Israël, et il est admis que Jules César avait fait de la République romaine son royaume.

La Bible romaine considère Saul comme un roi indigne, et le remplace par David (Thot). Selon le Livre des Chroniques, David réforme la prêtrise et fusionne les clergés d’Ithamar (Mithra) et Eleazar (Osiris). Le Temple de Shilo est remplacé par le Temple de Jérusalem (Hieros Roma). La Bible ne l’attribue ni à Saul ni à David, mais à Salomon (Charlemagne). Ceci est une falsification pour cacher le sac du Temple et sa réaffectation au culte catholique romain. Il existe des similitudes entre le personnage de David ou Hérode dans la Bible, qui organisent un recensement de la population, et celui de Ferdinand d’Aragon, qui fait de même en Espagne.

Mais le culte égyptien n’est pas apprécié en Gaule essénienne, et Charles-Quint, ou Salomon, est d’origine gauloise. Il souhaite unifier la religion de l’Europe sous son autorité. Il va donc marcher sur Rome et en 1526 il profane la « basilique Saint-Pierre ». Ce faisant il met un terme à la religion égyptienne de Yahvé/Osiris en Europe, et propose à la place la synthèse des cultes pharisien de Moïse et essénien de Jésus.

En donnant à Jésus la première place, il obtiendra le soutien des Jésuites gaulois. Ceux-ci se répandent en utopies autour d’une église universelle pour un empire universel. Les épîtres de Paul sont des récits de voyage du futur pape Paul III. Paul essaie de convaincre les églises orientales qui ont adopté le culte de Jules César, de le remplacer par le culte de Jésus-Christ. Ainsi on aura unifié la religion essénienne de l’ouest et la religion osirienne de l’est, qu’il nomme les religions des « grecs » et des « juifs ».

A partir de là, il y aura en Europe deux groupes qui seront réfractaires à la nouvelle église romaine. Les premiers sont les Juifs. La plupart des prêtres de Jupiter ont sans difficulté intégré le nouveau clergé catholique romain. Les légions en revanche se retrouvaient sans autorité. Leur allégeance allait d’ailleurs plus vers le « roi » Saul que vers le clergé. Ce groupe formera les Zélotes en Europe de l’est, en Egypte et Mésopotamie, précurseurs de l’islam sunnite. En Europe il s’agit du groupe des Chevaliers Templiers ou encore du groupe des Juifs. Ils sont nommés ainsi parce qu’ils partagent leur foi avec les orientaux. Leur identité religieuse est le culte de Mithra. C’est ce groupe dont il est fait le procès sous Philippe le Bel. En réalité Philippe le Beau, duc de Bourgogne et père de Charles-Quint. Il semble avoir été encore nombreux en Allemagne. Les protestants d’Allemagne étaient très attachés à Moïse.

L’autre groupe est celui des Esséniens français et allemands, qui n’entendent pas renoncer à leurs droits nationaux à organiser leur église. Ceux-là se nommeront protestants. La Guerre de Trente ans au 17ème siècle est présente dans l’histoire romaine sous la forme d’une rébellion des Juifs et des Chrétiens – les légions pharisiennes et les Esséniens.

Il existe une grande confusion sur l’identité historique des Templiers. Les minutes des procès en hérésie en font les Juifs du culte de Mithra. Or l’Ordre Templier moderne revendique l’Evangile de Jean, ce qui en fait plutôt des protestants. Probablement il s’agit de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean qui remplace le premier Ordre Templier. Charles-Quint leur avait offert la totalité des possessions des Templiers avec fonction de les remplacer. C’est ce qu’il fait en s’assurant l’aide des Jésuites. Mais les réformes ultérieures vont cliver les Esséniens en deux. Là encore les prêtres admettront les réformes issues du concile de Trente et les Jésuites en deviendront les défenseurs. Le peuple gaulois lui voudra en rester au Jésus national. En Orient ces deux cultes se superposent également puisqu’on trouve l’osirisme en Egypte, mais également de nombreuses églises chrétiennes johannites.

Quant à la légende des Templiers, elle est empruntée à la création de l’Ordre de la Croix de Jésus-Christ par Henri III en 1574, qui est un ordre catholique romain. Ce sont en effet les catholiques romains qui sont en guerre contre les Turcs et les affrontent sur le terrain de la foi. Quant au fait que les Templiers devaient abandonner leurs possessions de fiefs, il s’agit d’une règle issue du concile de Trente. Les légions de Mithra n’avaient pas cette obligation. C’est bien la raison pour laquelle les Juifs semblent hériter de l’histoire des Templiers : banquiers et commerçants. Mais d’un autre côté s’en plaindre sur le fait qu’ils n’avaient pas droit à posséder de terre. C’était une obligation nouvelle qui leur était faite et qui les dépouillait.

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1648

Les juifs orthodoxes ont hérité en grande partie de l’histoire des Templiers : l’expulsion de tous les pays d’Europe, l’interdiction de posséder des terres, les monopoles commerciaux et bancaires. Même le Temple qui a été détruit est celui des Templiers.

1648 est une année importante. C’est l’année des Traités de Westphalie qui signent la fin de la Guerre de Trente ans et la défaite des Templiers en Allemagne. C’est l’année où le cosaque ukrainien Bogdan Khmelnytsky, « rebelle » aux rois de Pologne, s’allie au tsar Alexis de Russie. Il massacrera les princes de Pologne, et au passage et sans raison, les Juifs de Pologne. Alexis de Russie va peu après réformer l’orthodoxie et rapprocher la liturgie russe de la liturgie grecque. En Espagne, les Gaons kabbalistes sont convertis de force et se réfugieraient parfois à Amsterdam. En Angleterre, Charles Ier Stuart est décapité en janvier 1649 par les républicains. Ces républicains et notamment Oliver Cromwell auraient été Puritains. C’est très douteux car c’est à ce moment que des Puritains prennent le bateau pour se réfugier aux Etats-Unis. Les Puritains sont un culte unitarien et non pas calviniste ou luthérien.

C’est aussi en 1648 qu’apparaît le messie Sabbataï Zevi dans l’empire ottoman. Les travaux de Guerschon Scholem présentent les Sabbatéens comme des déviants vis-à-vis du judaïsme rabbinique. Les lettres que les membres du culte s’échangent parlent cependant sur un ton de catastrophe du Temple qui a été détruit, comme si c’était arrivé la veille. Y a-t-il des rabbins parmi eux ? Les Sabbatéens rejetteraient le Talmud, sont versés dans la Kabbale. Certains juifs messianistes annoncent même le retour de Jésus. Or la Kabbale est connue du christianisme johannite. On dit même que des « chrétiens orthodoxes » seraient devenus sabbatéens. Si le messie qui sauve n’est plus Jésus mais un individu de chair et de sang, l’Evangile de Jean disparaît. On observe cette mutation chez les Samaritains de Palestine, où la lignée d’Eleazar disparaît pour ne plus laisser que la lignée d’Ithamar. Il est possible que ces Samaritains de Palestine soient le milieu dans lequel évolue Sabbatai Zevi. Là où les Samaritains apparaissent en Palestine, ce sont les Qaraïtes qui apparaissent en Pologne et Lithuanie.

La République de Pologne et Lithuanie serait alors majoritairement chrétienne unitarienne. Templière ? Il est dit que les Juifs de Pologne détestaient les Luthériens. Il n’est rien dit de leurs sentiments vis-à-vis d’éventuels catholiques romains. D’ailleurs il faut expliquer comment ce pays unitarien s’est transformé en deux siècles en Pologne catholique. Or c’est ce que font les frankistes de Pologne au 18ème siècle : se convertir au catholicisme romain.

Les frankistes seraient des minoritaires exclus du judaïsme par les Hassidiques majoritaires. Je n’ai pas lu Jakob Frank, mais j’ai lu Junius Frey. Il faut avoir l’esprit orienté pour prétendre que Frey ou même les Illuminés de Bavière seraient des « crypto-juifs ». Frey avait créé en France la société des « Frères asiatiques de Saint-Jean », ce qui témoigne de l’héritage johannite. Toute la littérature républicaine d’inspiration illuministe est indubitablement chrétienne, mais elle n’est pas catholique romaine.

Alexis de Russie qui envahit la Pologne est bien identique à Jean Hyrcan, le roi hasmonéen qui a détruit le Temple des Samaritains. Il usurpe selon les Pharisiens le titre de grand-prêtre. La nouvelle orthodoxie de liturgie grecque qu’il met en place est la religion juive orthodoxe, ou saducéenne chez Josèphe. Le judaïsme orthodoxe accepte l’Ancien Testament des catholiques occidentaux.

Les ouvrages de Flavius Josèphe présentent le Temple samaritain comme un temple mineur, sans rapport avec Jérusalem. Mais les Frères asiatiques en fondant la République française se vengent à la fois des Bourbons et de l’Eglise romaine.

 

 

 

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Cartes tartares

Examen d’un set de cartes du monde et de la Tartarie proposées par Silva Ivanova

Les dates et auteurs les plus anciens sont le plus souvent attribués sans preuve sur la carte. Certaines sont possiblement antidatées ou faussement attribuées.

Amérique

La carte de Jean Le Clerc de 1602 nous informe que Nova Albion a été fondée en 1590 sur la côte ouest.

US 1602

1602 Le Clerc, détail

Un des points les plus discutables des travaux de Fomenko est l’idée que la conquête des Amériques venue d’Europe s’est faite deux siècles plus tard, la conquête du 16ème siècle étant une conquête venue de Tartarie. Cela nécessite que la totalité des cartes qui témoignent de cette colonisation – qu’il utilise quand cela l’arrange – sont fausses.

Les noms mentionnés ici sur la côte ouest en 1602 sont principalement espagnols – comme sur la côte est -, mais on mentionne Nova Albion, que la carte déclare établie en 1590. C’est aussi précoce voire plus que les premières colonies anglaises de la côte est (Roanoke), qui ne sont pas mentionnées sur cette carte.

US 1608

1608 Pet Kaerio, extrait.

L’insert en bas mentionne des indigènes « Tartares ». La présence de Tartares dans l’ouest empêchera la colonisation par l’ouest. Les Tartares les font même partir, puisque le nord de la côte ouest n’est plus mentionné sur les cartes à partir de 1657, la Californie étant réduite à une île. Les colonies réapparaissent sous le même nom en 1744, quand l’empire russe se constitue à l’est. Les cartes sont correctement dessinées à partir de 1779.

US 1657

1657 Visscher, extrait

La côte ouest est encore détaillée.

US 16581658, Visscher, extrait

On place toujours Nova Albion sur la carte avec Port « Saint » Francis Drake, mais on la confond avec la Californie, bien plus au sud, et devenue une île.

US 17441744 Le Rouge, extrait

La conquête de la Sibérie par l’empire russe a créé des « sujets de Russie » du cercle polaire. Un voyage conjoint de Tchirikow et De L’Isle permet de refaire une meilleure carte de l’ouest de l’Amérique du nord.

Russie

La Novogardia Russia (Hartman Schedel, 1493), Sarmatie asiatique (Gregor Reisch, 1503), puis la Russie ou Moscovie est depuis 1500 bien distincte de la Tartarie.

La Perse est mentionnée comme telle depuis 1493. En 1630 (Henry Hondio) elle s’étend jusqu’au Pakistan.

Les Turcs sont les habitants de la Parthie (Schedel, 1493), puis Turkestan, qui correspondra plus tard à la Tartarie indépendante, aux républiques d’Asie centrale. Cette nation inclut Samarcande et Khwarezm (Samarie). Cette nation est différente de la Turquie moderne, encore appelée Natolie.

La Turquie moderne est bâtie sur ce que nous appelons « empire ottoman » mais qui s’appelle « Empire des Turcs », qui correspond peu ou prou aux Assyriens antiques. Il n’est appelé « empire des Turcs » que lors de sa pénétration en Europe, qui n’est mentionnée sur les cartes qu’en 1648. Cette nation a supplanté les Grecs d’Anatolie depuis environ un siècle. Une Petite Tartarie est mentionné au nord de la mer noire cette année-là.

1562 full

1562 Jenkinson

La carte appelle Samoyèdes les habitants du nord de la Sibérie. Des Tartares sont toujours signalés dans le sud de la Russie (Crimée, Astrakhan). La Tartaria associe la Horde Nagaia (Horde principale) aux « Turcmènes » et au pays de Shamarghan.

1562

1562 Jenkinson, détail

« Samarcande, métropole de toute la Tartarie, est maintenant en ruines. Car Tamerlan a fait prisonnier Bajazet l’empereur des Turcs. Les habitants sont mahométans. »

1572

1572 Ortelius, extrait

L’Asie centrale est nommée Turkestan, associée au Corasssan. La capitale est Samarcande. La Tartarie a parmi ses villes Cambalich sur l’Ob. Elle s’étend encore jusqu’à la Volga. Cambalich est mentionnée sur les cartes comme ville importante ou capitale de la Tartarie entre 1572 (Ortelius) et 1676 (Duval), mais on arrête souvent de la mentionner après 1657.

La Tartarie issue de la Horde Nagaya va désormais être distincte du Turkestan.

1587

1587 Rumold Mercator

La Russie a repoussé la Tartarie au-delà de l’Ob.

1594

1594 Plancio, extrait

L’extension de la Russie se confirme.

L’Hindoustan désigne vers 1600 l’Inde avec l’Indochine.

1630

1630 Henryk Hondius, extrait

L’Empire des Turcs s’étend en Egypte et sur les côtes libyennes. La Perse s’étend jusqu’à l’Indus. L’Indostan à l’ouest ou « India intra-Gangem » est de l’autre côté.

1658

1658 Visscher, extrait

Il est fait mention du Mogole sur l’Indus, entre la Perse et l’Indostan. L’Indostan est déjà nommé Mogol sur la carte Jenkinson de 1562, mais le nom avait disparu depuis des cartes. L’empire mogol aurait été fondé par Tamerlan, mais on ne voit pas encore de mention d’un Empire.

1660

1660 De Wit, extrait

La Russie s’étend jusqu’à l’Ob. Cumbalich et Caracorum sont mentionnées. Le Mogolestan est oublié. Indostan est plus ou moins limité à Indiam intragangem (entre l’Indus et le Gange). Le nom n’inclut pas la péninsule où sont nommés les régions  Cambaia au nord et Narfinga au sud.

1670

1670 De Wit, extrait

L’Indostan est séparé de la Perse par l’Indus, et n’inclut pas la péninsule. La Russie va jusqu’à l’Ob.

1676

1676 Duval, extrait

L’empire des Turcs a pris l’Europe à l’est de l’Adriatique. La Moscovie recule jusqu’à la Volga. Cambalich est toujours mentionnée avec Caracoran. L’Hindoustan est remplacé par l’Empire du Mogol avec comme villes principales Delhi et Agra. L’Himalaya est appelée Caucase.

1680

1680 Danckerts, extrait

Mogol s’est étendu au nord et au sud

1684

1684 Rossi, extrait

Le Tibet est mentionné au nord de l’Etat du Mogol.

1690

1690 Jaillot, extrait

La Moscovie va jusqu’à l’Ob. Le Thibet est partie intégrale de la Grande Tartarie et au nord de l’Himalaya. Sur la carte, l’Himaya est toujours le Caucase.

L’empire du Mogol a franchi l’Indus à l’ouest et conquis une partie de la Perse.

1694

1694 Jaillot extrait

L’Himalaya s’appelle toujours Caucase. La carte mentionne des Magias au Thibbet. La capitale de la Grande Tartarie semble être Caracoram à l’ouest de l’Altaï.

1696

 1696 Cassini, extrait

Les choses changent. La Grande Tartarie s’étend maintenant au-delà de la Volga et jusqu’en Géorgie. C’est à cette époque que Pierre Ier commence la guerre russo-ottomane. Dans un contexte récentiste, il est souvent dit que les russes ont usurpé le pouvoir tartare légitime à Moscou, et qu’il matait à l’époque la « révolte » de Stepan Razine et des vrais croyants issus de la région d’Astrakhan. Astrakhan sera en effet une région militaire tartare par la suite. Mais on voit que cette attaque n’est pas la rébellion désespérée des derniers rois légitimes. C’est une invasion de la Russie par la Grande Tartarie. La capitale semble avoir été transférée à Selinga sur l’Ienissei.

Une question récentiste consiste à savoir qui étaient les Ottomans que Pierre Ier combattait. L’Empire des Turcs est très au sud, il faut passer par la Géorgie que la carte de Jaillot présente comme indépendante. C’est encore plus difficile maintenant que la Grande Tartarie a créé un royaume à Astrakhan.

1700

1700 Zurmer , extrait

Les Tartares ont pris Tobolsk et Astrakhan. Le Caucase est placé au bon endroit. Il existe un « Tibet majeur » très au nord. Le Mugalia remonte très au nord. De nouvelles villes apparaissent comme Cosaccorum dans l’Oural, ou Urbs Mugalum (sans doute Selinga).

1702

1702 Godson , extrait

Le Royaume d’Astrakhan existe toujours, mais la Grande Tartarie est divisée en trois. La Tartarie « mosovite » (sic), la Tartarie indépendante qui correspond à l’ancien Turkestan, et la Tartarie chinoise, au nord d’un mur frontière avec la Chine qui correspond à la Grande muraille. Les noms des villes changent.

1714

1714 de Fer, extrait

La carte de de Fer de 1714 reconstitue la Grande Tartarie, mais elle est imprécise.

1720

1720 Delisle, extrait

Les trois Tartarie sont à nouveau distinctes. La capitale de la Tartarie moscovite semble être Tobolsk. Le nom de « Grande Tartarie » est désormais associé à la Tartarie indépendante.

1744

1744 Bowen, extrait

La Tartarie moscovite est désormais intégrée à un « Empire russe ». Il n’y a plus que deux Tartaries, une de l’ouest et une de l’est.

1748

1748 Bellin, extrait

Un royaume d’Astrakhan est à nouveau signalé au sud de la Volga. C’est de là que part la révolte de Pougachev contre la Russie.

1755 Nollin

1755 Nolin, extrait

Les capitales de la Tartarie indépendante  et de la Tartarie chinoise semblent être Bokara et Karakoto.

1755

1755 anonyme, extrait

On utilise à nouveau le nom « Turkestan » pour désigner la Tartarie indépendante. Les mots Turc et Tartare sont devenus synonymes.

Le statut de la Tartarie moscovite est fluctuant, si bien que des cartes de 1771 (souvent montrées) mentionnent à nouveau la Grande Tartarie. Mais les Russes se sont installés en Sibérie dès les années 1740. En 1775, du fait de la défaite de Pougachev, le nord de la Tartarie semble perdu.

1775 Lattre

1775 Lattre, extrait

Les Tartares de l’ouest se partagent désormais entre Ouzbeks et Tartares Eiluts, au nord du Tibet.

1775 Lotter 2

1775 Lotter, extrait

Le Royaume du Tibet a pris une certaine importance au nord de l’Inde. Il a semble-t-il annexé les Tartares Eiluts.

1786

1786 Fadden, extrait

Le sud de l’Inde s’appelle désormais le Decan. Le Tibet est toujours distinct de la Chine.

1816

1816 Darton, extrait

Les Tartares Eiluts de Tartarie indépendante sont désormais rattachés à la Tartarie chinoise sont le nom de Mongolie.

1824

1824 Fadden, extrait. L’Hindoustan migre au sud, dans la péninsule. Le Deccan n’est pas mentionné, donc le nom doit désigner l’Inde entière.

La Chine traditionnelle, au sud-ouest de la Chine actuelle (Shanghai) reste à l’écart de la plupart des recompositions politiques.

Un « empire chinois » regroupe désormais le Thibet, la Chine, la Tartarie chinoise et la Mongolie. En 1851, la Tartarie chinoise originelle sera renommée Mandchourie.

La Tartarie occidentale (Uzbeks, Kalmouks) devient la « Tatarie » (futures républiques d’Asie centrale). L’Afghanistan devient indépendant de la Perse sous le nom de Royaume de Cabul.

1851

1851 Tallis, extrait

Chine, Thibet, Mongolie et Mandchourie sont les quatre quartiers de l’Empire Chinois.

Pour résumer, et en rapport avec le travail de Fomenko

Amérique

La présence des occidentaux en Amérique ne date pas du 18ème siècle. La conquête des Amériques date bien de la deuxième moitié du 16ème siècle. La plupart des noms sur les deux côtes en 1600 sont espagnols. En revanche les Tartares étaient bien présents à leur arrivée

Fait caché : les deux côtes ont fait l’objet d’une colonisation européenne vers 1600, mais les Tartares ont empêché la conquête par l’ouest. Ils seront vaincus lors des guerres indiennes.

En 1744, l’empire russe se constitue à l’est et traverse le détroit d’Anian. Les russes de l’ouest des Etats-Unis sont sans doute antérieurs à la conquête de l’ouest comme le suppose Fomenko, mais ils ne sont pas des Tartares.

Asie

La Perse est mentionnée comme telle depuis 1493. En 1630 elle s’étend jusqu’à l’Indus, face à l’Empire mogol. A partir de 1636 les cartes distinguent Hyrcania et Alexandria comme villes principales. Tardivement Herat semble s’être appelée « Esterabad ». Son étendard représente historiquement un lion.

Les cartes les plus anciennes de Ptolémée mentionnent pour la Pologne-Lithuanie le nom de Sarmatie européenne, et la Moscovie est nommée Sarmatie asiatique, avant de renommer le pays Pologne et Moscovie ou Russie. Les touraniens ont donc régné en Moscovie avant 1500 sous le nom de Sarmates. L’identité touranienne manifeste des Moscovites valide en partie le fait que Fomenko identifie les Russes aux Tartares. Il pense cependant que le récit de la fin du « joug tartare » par Ivan III en 1480 après la mort de Mehmet II est une fable et que la Russie est restée un pays tartare.

Or les cartes après 1500 montre une Russie distincte de la Tartarie. Visiblement des européens ont conquis la Moscovie. Par rapport à Moscou qui serait la Jerusalem originelle, l’histoire des Hasmonéens montre bien qu’après la révolte initiale de Juda Maccabée, la roi qui suit, Jonathan (Ivan ?) est sous l’influence Séleucide.

Fomenko identifie aussi les Turcs et les Tartares, et y voit des termes génériques ne désignant pas des peuples. Or Tartarie et Turkestan sont des pays différents dès le 16ème siècle.

L’Empire des Turcs au 16ème siècle désigne le Turkestan. Au 17ème siècle il désigne un pays qui regroupe l’Assyrie, la Natolie (Turquie moderne) et une partie de l’Arabie. Cette nation a supplanté les Grecs d’Anatolie depuis environ 1540. Vers 1630 cet empire s’étend en Egypte et sur les côtes libyennes, et l’Europe jusqu’à l’Adriatique à partir de 1648.

Les guerres contre l’empire des Turcs méridionaux et contre les Tartares sont différentes. Les « Turcs » attaquent l’Europe en 1648, les Tartares attaquent la Russie en 1694. Pierre Ier n’a pas affronté les « Turcs » méridionaux mais les Tartares, les véritables « ottomans »

La métropole de la Tartarie est avant 1550 Samarcande au Turkestan, dont les habitants sont dits « mahométans ».

Tamerlan empereur de Tartarie, issu de la Horde Nagaya ravage Samarcande et fait prisonnier l’empereur des Turcs Bajazet. Les Nagayas deviennent la force dominante. Leur capitale est à Cambalich (1572 au moins-1676), et leur territoire s’étend jusqu’à la Volga

Entre 1585 et 1670, la Russie repousse la Tartarie au-delà de l’Ob sur les cartes. Après Cambalich, la capitale semble avoir été Caracoram à l’ouest de l’Altaï et plus éloignée du front.

Vers 1675, la Tartarie est revenue sur les rives de la Volga, mais est repoussée à nouveau sur l’Ob en 1690. L’ « empire des Turcs » méridional attaque l’Europe

Les attaques des « Ottomans » contre la Russie semble avoir été concomitantes de l’extension de l’Empire mogol au nord de l’Inde. Fondé officiellement par Tamerlan, il a peut être été conquis dans la foulée de la prise du Turkestan. Bien que ne faisant pas partie de la Tartarie, les liens dynastiques peuvent avoir été présents. Appelé Hindoustan il redevient « Empire mogol » à partir de 1675. Il va alors conquérir la péninsule de l’Inde et s’étendre au nord de l’Himalaya. En 1684, le nord de l’Himalaya prend le nom de Thibet, dont le royaume est dirigé par des « Magias » (les « Mages du Caucase » sont donc à l’époque les lamas de l’Himalaya). Sur les cartes il n’est pas intégré à l’Empire mogol mais à la Grande Tartarie. Il traverse l’Indus et prend l’Aghanistan à l’empire perse.

La Guerre russo-ottomane est dirigée non contre les Turcs méridionaux, mais la Tartarie. L’attaque tartare en 1696 à l’ouest prend Tobolsk et Astrakhan. Elle se déroule dans le même temps que le nom de Mugalia apparaît sur la carte au nord du Tibet, avec une nouvelle ville nommée Urbs Mugalum, future Selinga, qui apparaîtra bientôt comme capitale de la Grande Tartarie. Il semble donc que l’empire moghol était allié aux Tibétains, et à la Grande Tartarie.

En 1702 l’échec militaire a partagé la Tartarie en trois. Le Turkestan a pris le nom de « Tartarie indépendante » ou de l’ouest, à nouveau « Turkestan », voire « Grande Tartarie » (1720 Delisle), avec une capitale à Bokara et peut-être un centre religieux à nouveau à Samarcande. Le nord investi par la Russie prend le nom de Tartarie moscovite, Tartarie russienne, puis Empire russe (1744), avec une capitale à Tobolsk (qui n’est donc pas capitale de la Grande Tartarie comme le dit Fomenko). La Tartarie de l’est est également appelée Tartarie chinoise, dont la capitale aurait été Karakoto.

A partir de 1720, le Tibet est réduit à un petit pays dans l’Himalaya. Mais on signale un pays appelé « Grand Tibet » sur certaines cartes, et des Mogols et plus tard Eiluts sur d’autres à l’est de la Tartarie, dans ce qui sera plus tard le Xinjiang plutôt que la Mongolie, située plus au nord dans la Tartarie chinoise.

Les Tartares de l’ouest se partagent entre Ouzbeks et Kalmouks à l’ouest, et Eiluts ou Mongols au Xinjiang. Cela explique que le bouddhisme grand véhicule soit partagé en Mongolie et au Thibet. Le nom de Mogol semble avoir été transmis depuis l’empire Mogol d’Hindoustan.

Entre 1748 et 1775, époque de la fameuse « révolte de Pougachev », il semble selon certaines cartes que la Tartarie indépendante (Ouzbeks et Eiluts) ait reçu le soutien du Thibet. Les Tartares vont reprendre le sud (royaume d’Astrakhan) et l’est de la Volga. Le statut du nord va fluctuer mais il restera globalement tenu par la Russie.

La défaite est peut-être venue de divisions internes. Dès 1760, le Turkestan a deux régions distinctes, une pour les « Ouzbeks » et une pour les Tartares Eiluts. En 1816, les Eiluts sont intégrés à la Tartarie chinoise sous le nom de Mongolie et séparés du « Grand Thibet ».

En 1824, la zone ouest du Turkestan est renommée Tatarie (future futures républiques d’Asie centrale). La Mongolie, la Tartarie chinoise, le Thibet et la Chine propre forment les quatre parties de l’ « Empire de Chine ». La Tartarie chinoise est renommée ensuite Mandchourie.

Ainsi ce sont bien les Tartares qui créent un Empire de Chine (comme le dit Fomenko), mais les Tartares chinois.

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Syncrétismes

Syncrétisme en Asie

Le judaïsme de la Torah contient des résidus de pratiques sacrificielles (Jephté et, de façon avortée Abraham). La première version du culte de Moïse ou Mithra est en revanche bien un culte sacrificiel. La Bible réalise un syncrétisme où des dieux nationaux ont été transformés en patriarches dans un culte unique refondé. C’est le propos des Jésuites de la Renaissance qui parlent dans leurs utopies de créer « une religion universelle pour un empire universel ». Cette idée est reprise un siècle plus tard par les Rose-Croix, mais il est visible que le creuset catholique romain n’est plus le creuset dans lequel l’idée doit émerger, comme si l’essai n’avait pas été transformé.

Le syncrétisme est affirmé de façon bien plus claire dans les Pourams de l’hindouisme, et il est même admis couramment comme un syncrétisme dans « Mythologie des Indous » (1805) de la chanoinesse de Heiliggraben. Il y est admis que les bramines se séparent en deux sectes, celle des dévôts de Vichnou et celle des dévôts de Shiva, que les textes sanskrits appellent toujours « Madhaio », et chacune des deux considère sa déité comme l’Etre suprême, dont l’autre ou encore la déité démiurge Brahma ne sont que des émanations.

Il n’est simplement pas possible que les dévôts de Shiva admettent les Pourams comme les textes sacrés de leur secte. Tout y est présenté pour faire du culte de Madhaio un ramassis de pratiques arriérées de l’ancien temps (avant le Kali Yuga) où on commet le sacrifice de sang pour obtenir des récompenses matérielles et des gratifications personnelles. Le culte de Vichnou en revanche ne nécessite que d’avoir la foi et obtient à ses dévôts la félicité éternelle. Les parallèles avec le Jésus du christianisme romain sont considérables.

Un des attributs de Shiva est le croissant de lune (les cornes). Moïse porte des cornes sur d’anciennes statues ou dans d’anciennes traductions de la Bible comme la Geneva, là où les nouvelles traductions parlent désormais de sa « gloire ».

Les rituels mithraïques ont été conservés pour certains degrés dans certaines obédiences maçonniques. L’architecture des loges (et des choeurs de la plupart des anciennes églises ! voir le damier au sol, le ciel étoilé au plafond) est également empruntée aux mithraea.

Le caractère tardif des Védas et des Pourams se repère à des références astronomiques qui correspondent à la science du 17ème siècle. Mathisen a notamment montré l’utilisation de constellations de référence pour construire les récits hindous et leur utilisation pour dépeindre des allégories spirituelles. Ces constellations et ces allégories se retrouvent à l’identique dans les récits grecs ou bibliques. Les Grecs entre Alexandre et Auguste décrivent des Hindous à l’identique de ce qui est observé en 1805. L’Inde connaît le prêt à intérêt qui date du 16ème siècle en Europe. Les récits du premier âge mentionnent huit métaux et huit non-métaux, ce qui nécessite une connaissance poussée de la chimie.  A un moment dans le Mahabarata, les enfants jouent à la paume dans la forêt, un jeu français du 18ème siècle.

Les Pourams mentionnent un calendrier lunisolaire, où les mois « romains » sont déterminés par les phases de la lune, et non solaire tropical comme on le prétend des Védas. La 2ème incarnation tortue divise le daint Rhâ en deux. Sa tête sera greffée sur un poisson au « nœud descendant » du zodiaque (solstice d’été) et le corps à une tête de chèvre au « nœud ascendant » (solstice d’hiver). Ce n’est pas le Capricorne occidental qui fusionne ces deux figures au solstice d’hiver, mais un triton et un satyre comme il en existe chez les Grecs. L’astrologie védique a 24 astérismes ou nakshatras.

Les livres sacrés des Hindous sont présumés perdus depuis leur destruction de 1601 par le conquérant Aurengzeb. Le livre annonce que les feuillets ont été retrouvés par le colonel de Polier, au service des anglais, en 1779 à Jaipour avec les tablettes astronomiques de Mohamed Shah Alow, empereur de Delhi, et que leur regroupement sous forme de livres et leur chapitrage a été effectué à ce moment-là. Il est très étonnant que les Bramines aient eu en mémoire le découpage des textes sacrés des hindous alors qu’il n’en aurait pas existé de traces écrites depuis 160 ans. Il n’est donc pas certain que les livres publiés en 1779 soient identiques à ceux qu’on avait détruit en 1601.

Védas et Pourams sont écrits en sanskrit, qui ne se parle pas en Inde, mais est assez proche du zend, ancienne langue de Perse. Les textes mentionnent Madhaio, son nom en persan, alors que les indiens le nomment Siva. Les adorateurs de Madhaio sont des Gans, c’est-à-dire des Khans. Il semble donc que Madhaio soit identique au Mithra des Perses. Tous deux sont associés au taureau. Dans ses attributs il y a le troisième œil et le croissant de lune, qui représentent habituellement les Ottomans. Le culte de Madhaio est très lié au sacrifice de Hom ou holocauste de chair, comme celui de Mithra, alors que ce sacrifice est interdit au Kali Yuga. Il est écrit dans le livre de 1805 que la pratique des femmes de se jeter dans le feu pour rejoindre un mari décédé est propre à la secte de Madhaio mais les Pourams ne montrent pas cela, puisque les épouses de Vichnou le font.

Curieusement, les Védas interdits à la lecture aux non-Bramines sont mis à la disposition des étrangers, car nous serions dans le Kali Yuga, et qu’à cette époque, il est possible de le faire, alors même que les Hindous des basses castes ne peuvent toujours pas les lire. A cet égard, le catholicisme romain n’est pas plus progressiste, puisque seuls les prêtres peuvent lire la Bible avant le concile du Vatican de 1870. Les Pourams, qui reprennent pour le peuple les instructions des Védas avec un contenu similaire, sont équivalents aux Vies des Saints publiés en occident pour le peuple.

Au Kali Yuga il est désormais interdit de réaliser des mortifications pour obtenir des bénéfices personnels. Au 16ème siècle, Erasme de Rotterdam, Ignace de Loyola ou Martin Luther indiquent avoir renoncé aux pratiques de mortification car il s’agissait d’une erreur doctrinale. Les Pourams sont cependant remplis de sacrifices de chair commis pour Madhaio en échange de bénéfices personnels, mais ce sont plutôt les personnages négatifs qui les pratiquent. Le sacrifice d’autres êtres humains est parfois réalisé par les Daints, mais les héros les empêchent, ainsi un magicien est empêché par le singe Hassouman de sacrifier à la déesse Bhâvani les héros Rama Chandra et Latchemund. En occident, l’Ancien Testament contient des pratiques sacrificielles similaires par le feu, avec une unité moindre. Le célèbre d’Isaac est avorté – bien qu’il ait été prescrit par Yahvé –  mais celui moins connu de la fille de Jephté est mené à son terme. La religion catholique romaine y met fin.

Contrairement au christianisme, l’abolition des sacrifices dans l’hindouisme est présentée comme une fatalité et non un progrès. Au Kali Yuga, ils ne sont simplement plus efficaces. Mais au 2ème âge, c’est le méchant Raven qui abolit les sacrifices et interdit aux rois de le pratiquer. Le héros Rama Chandra va les rétablir. C’est toutefois un récit douteux :  un dévôt de Madhaio n’aurait pas pu interdire les sacrifices qui sont la base de son culte. Les Pourams ne condamnent pas clairement le sacrifice d’un être humain, mais cette pratique n’est jamais le fait des personnages positifs, et ne concernent jamais la déité la plus élevée, Vichnou.

Les Védas et les Pourams des Hindous présenteraient les trois Grands Deiotas comme Birmah le créateur, Madhaio le destructeur et Vichnou le conservateur, et affirment qu’ils ne sont pas l’Etre suprême Brehm mais leurs émanations.

Or le livre de 1805, affirme autre chose de la caste des Bramines. Ils ne rendent aucun culte à Birmah malgré leur nom et se partagent en deux sectes. L’une adore Madhaio (Siva), l’autre Vichnou. L’un et l’autre sont l’Etre Suprême pour leurs dévôts, et les deux autres Grands Deiotas ont été créés par lui. Les « livres sacrés » des Hindous ont donc toutes les caractéristiques d’un syncrétisme qui n’est pas encore réalisé dans les faits.

Les Sikhs sont des unitariens et n’admettent pas d’autre dieu que l’Etre Suprême. Ils admettent les Védas et un culte à l’Etre suprême, mais pas de culte aux Deiotas, donc ils n’acceptent pas du tout les Pourams. Il est possible que le Birmah des Pourams soit également un reflet du culte à Brehm – l’Etre suprême – des Sikhs. Mais les Sikhs n’ont pas de castes et ne pouvaient être comptés parmi les sectes de Bramines.

Dans les Pourams, ce syncrétisme s’effectue au profit de la secte de Vichnou. Madhaio a moins de pouvoirs, il est laid et colérique quand Vichnou est équanime et juste, ses sectataires sont des démons. Il est même admis qu’à partir du Ramayana au 3ème âge, être un dévôt de Vichnou est supérieur au fait d’être bramine. Et les Bramines de la secte de Madhaio auraient accepté cela ?

Par ailleurs, il est faux de dire que les trois grands Deiotas sont nettement séparés de l’Etre suprême dans les Pourams. Vichnou lui est bien souvent assimilé. Le Mahabarata exprime l’idée que Vichnou est l’Etre suprême et que Birmah et Madhaio sont créés par lui.

Il y a une grande unité de ton dans les Pourams hindous qui font souvent référence les uns aux autres, et doivent avoir été composés à la même époque. Ils sont d’ailleurs plus ou moins tous attribués à un auteur unique. C’est le même principe qu’on retrouve dans la Torah hébraïque, attribuée selon une tradition à un auteur unique, Moise. Par ailleurs, le découpage de l’histoire du monde en 4 âges dans l’hindouisme se retrouve de façon proche dans l’Ancien Testament. Dans les deux cas, la durée de vie de l’humanité tend à diminuer entre un âge et le suivant, depuis Adam (930 ans), Sem (600), Abraham (175), Moïse (120 ans).

Il y a beaucoup de parallèles dans les Pourams avec les récits bibliques et d’autres mythologies. Le premier homme y est Menou, comme en Allemagne (Mannus) ou en Egypte (Menes). Vichnou prend la forme du daint Jablinder pour coucher avec sa femme, comme Uther prend l’apparence de Gorlois pour coucher avec Ygerne et concevoir Arthur. Camdhaio le dieu de l’amour décoche des flèches comme Cupidon.

Au premier âge, les déités bonnes affrontent seules les démons. Au deuxième âge, le récit du premier homme Manou et du poisson Matsya avatar de Vichnou qui l’aida à sauver les espèces animales semble copier l’ « autre » histoire d’Autar, homme-poisson et premier avatar de Vichnou, et Satyaurata à qui il demande de construire un navire pour échapper au déluge avec un couple de chaque espèce. Plus qu’à l’histoire biblique, la version sanskrite fait penser à la version « chaldéenne » de Bérose, où l’homme-poisson Oannès civilise la Mésopotamie – même s’il n’est pas protagoniste du déluge – et Xisouthros est le nom du Noé chaldéen, traduction du Ziusudra sumérien. Il s’agit certainement de versions locales de la même époque, la Chaldée de Bérose étant le Sumer des archéologues, et le sanskrit une autre langue de transmission.

La totalité des Pourams présente plusieurs formes de religion, mais leur progression chronologique les amène dès le départ à se prononcer en faveur de certaines formes de culte qu’ils jugent plus évolués A la différence du christianisme, il ne s’agit pas d’une alliance passée par Dieu avec un peuple qu’il aurait révoquée pour une nouvelle alliance, mais d’une évolution naturelle liée au passage des âges (qui existent dans le christianisme mais sont plus présentés comme des châtiments de l’humanité qu’une involution immanente de la création). Il y a peut-être une raison à cela : le peuple qui a vécu les premiers âges est le même que celui qui vit les suivants, alors que les Juifs sont un peuple différent des Chrétiens.

La déconsidération du dieu créateur, Birmah, se retrouve également dans la gnose chrétienne, ou Ialdabaoth est considéré comme un faux dieu, un démiurge fautif et orgueilleux. Le récit de la rébellion des Daints dans les trois premiers âges équivaut au récit des anges rebelles dans la Bible. Dans les deux cas, elle mène au chaos, et à la fin ils sont précipités dans l’abîme. Le récit le plus proche est celui du Marconday, où Indra affronte Makasser, équivalent à l’archange Michel affrontant le dragon dans Apocalypse.

L’auteure dit que les brahmines se séparent en deux branches de six écoles chacune. Cette division ne recouvre pas la division entre sectataires de Vichnou et de Madhaio. La première branche est monothéiste, la seconde évoque une « âme universelle divisée » au lieu d’un père au ciel, les premières – les plus importantes en nombre de fidèles – méprisant les secondes. C’est le même mépris que professe la chanoinesse, et la même division qu’on retrouve en occident entre premiers chrétiens et gnostiques (on est en 1805), et au Moyen-Age entre Aristote et Platon. A noter que le monothéisme des premiers reste « panthéiste », ce qui semble ne pas constituer une hérésie pour l’auteure. Leibniz et d’autres tenaient des positions similaires en Europe.

Malgré tout, pour un chrétien moderne, on a affaire à deux gnoses qui s’affrontent. Les textes hindouistes disent clairement qu’après la première création, les intelligences non physiques se dégradent pendant un temps infini, jusqu’à se rebeller et chuter dans la matière. La Bible ne dit pas autre chose, mais cette interprétation n’est pas faite aux fidèles.

Aux parallèles chrétiens, on peut ajouter des similitudes avec les coutumes juives dans les textes hindous. Bien entendu, il y a le nom de l’empire Ajoudhia, qui est identique au royaume de Juda. Dans le Ramayana, Babitchund épouse la veuve de son frère Raven et ceci est présenté comme obligatoire, ce qui est également une coutume hébraïque. En langue tartare, les chefs sont parfois appelés Khans (Cohanim). Si l’on admet que l’hindouisme est une religion tartare, Ajoudhia désigne l’Asie.

Le Pouram qui a lieu dans le 3ème âge est le Mahabarata. Il fait le récit de la vie de Krishna, un nom proche de « Christ », 8ème incarnation de Vichnou, et est un récit plus spécifiquement « chrétien ». Il y a toujours des traits que l’on retrouve dans l’Ancien Testament : Plusieurs personnages sont avalés par un poisson (Gandhari, Purdman). Ganga l’épouse du roi Santan a été trouvée bébé au bord du Gange, comme Moïse au bord du Nil. Les eaux de la Jumna s’ouvrent pour laisser passer Basdaio, les eaux de la mer s’ouvrent pour y créer une nouvelle capitale des Yadous, Dwarka. Dans le Baikunt de Vichnou il y a l’eau d’immortalité et l’arbre de vie.

Mais on trouve des épisodes plus proches des Evangiles. Krishna est appelé « le miséricordieux », on lui dit de pardonner les offenses. On lave les pieds d’Ackrour, l’oncle de Krishna, en signe de déférence. Ram est ici l’équivalent de Jean le Baptiste, Krishna étant Jésus. Il existe la « part de Brehm » comme la part à Dieu des chrétiens, qui est servie à un étranger auquel on propose de partager le repas.

Krishna a beaucoup de rapports avec Jésus-Christ. Cans pour le mettre à mort fait exécuter tous les enfants de moins de deux ans, comme Hérode. Le conseil des Yadous fait de Krishna et Ram de vrais Ksatryas en les plongeant dans l’eau sacrée

Krishna supprime le sacrifice de la pluie à Indra et propose à la place de prier l’Etre suprême Brehm. Sur un certain nombre de points, le Mahabarata contredit les Védas : les femmes se baignent nues, alors que les Védas le proscrivent. Le texte ne le cache pas vraiment. A un moment le rajah Souspal accuse Krishna d’amener « une nouvelle religion », alors qu’il est prétendu que les Pourams sont en accord avec les Védas.

La volonté est claire d’assimiler Vichnou à l’Etre suprême, et in fine – pour rassurer les femmes qui s’inquiètent de son absence – c’est Krishna lui-même qu’on dit être dans toute chose, ce qui fait de lui Dieu lui-même, comme Jésus à Rome.

Le Mahabarata propose une solution élégante mais complexe à la querelle du Filioque qui a agité le christianisme, le fils étant de même nature que le Père dans le catholicisme romain, seulement d’essence divine chez les protestants. Le Baghavad Geeta présente différentes options, dans le dialogue entre Krishna et Arjuna, pour savoir si les incarnations de Vichnou lui-même ou son essence seulement. On a une discussion à deux étages. Vichnou est l’Etre suprême, ou n’en est que l’émanation. Mais les incarnations de Vichnou à leur tour sont parfois tenues pour ne pas posséder tous les attributs de la divinité, parfois pour être Vichnou lui-même. Pour trancher la question, on a attribué à Vichnou 16 degrés de divinité, que seul Krishna sa 8ème incarnation possède en totalité, car il n’a aucun défaut.

Le Mahabarata incite fortement au culte de l’Etre suprême par rapport au culte des deiotas. Dans le 3ème âge, la seule incarnation de Vichnou est Krishna. Il est dit que les deiotas vouent un culte à l’Etre suprême Brehm. Toute l’histoire tend à rapprocher Krishna de Vichnou et Vichnou de l’Etre suprême. Tout en présentant les deux options de la querelle du Filioque, le Mahabarata, tend donc vers la réponse catholique romaine d’une même nature entre l’Etre suprême et l’incarnation.

Vichnou donne la béatitude céleste, là où les deux autres obtiennent des biens terrestres. Il faut sacrifier à Birmah et Madhaio, alors que Vichnou ne demande que la foi et le désir de lui être réuni. On a le même rapport qu’entre le Dieu chrétien et le Yahvé des Juifs, et l’abolition du sacrifice entre l’Ancien et le Nouveau Testament.

 

En revanche, il y a des éléments plus orientaux dans le récit.  Les différents noms de l’Etre suprême font penser aux « noms de Dieu » du soufisme. Dans le Baghavad Geeta , Krishna dit à Arjuna qu’il n’est qu’un instrument du destin mais qu’il possède malgré tout le libre arbitre. Il vaut mieux l’unité de la divinité que le culte des images. La béatitude des adorateurs de l’Etre suprême domine sur les futilités passagères que procure l’adoration des Deiotas (saints). Cette dimension est plus arienne ou islamique que catholique romaine. Le texte aborde les deux doctrines du panthéisme et de l’âme universelle fragmentée. En cela, il contredit parfois la doctrine propre des Védas.

On voit donc des syncrétismes similaires dans la Bible en 1520 et les textes sacrés de l’hindouisme. Les textes sacrés critiquent le système de castes, incitent au culte de l’Etre suprême. La question du rapport entre les incarnations et l’Etre suprême tend vers la réponse catholique romaine, d’une identité de nature.

Il y a cependant des différences notoires.

Les Pourams présentent des incarnations de Vichnou parfois licencieuses comme Krishna. Or incarnation complète de Vichnou, il est sans défaut malgré son rapport très physique aux femmes. Cette permissivité n’est pas la réalité de l’Inde d’aujourd’hui. Le modèle de Jésus est plus ascétique et exigeant.

Par ailleurs, Krishna est accepté comme l’incarnation de Vichnou par les Yadous au milieu desquels il vit, Jésus ne l’est jamais parmi les Juifs.

Une des castes a été éradiquée en occident, celle des chevaliers Templiers. Les prêtres ne sont plus depuis la réforme romaine et franque une caste mais une fonction qu’on destine à un puîné ou un cadet. A l’inverse, les castes en Inde se sont maintenues malgré la critique de surface qu’en font les textes, car ces textes ne les remettent pas directement en cause, mais suggèrent les limites de celles-ci : être dévôt de Vichnou vaut mieux qu’être bramine.

Les Pourams suggèrent une vision progressiste mais ne l’imposent jamais. On ne fait plus de sacrifices non parce que Dieu les a déclarés barbares, mais parce que cela n’est plus possible. C’est une des utilités de la fiction du Kali Yuga. Il n’y a pas de dispute autour de la nature divine ou de l’essence divine des incarnations. On présente les deux opinions dans le texte sacré lui-même, il est précisé celle qui est sans doute la meilleure, mais on ne prononce pas d’excommunication. Les deux versions sont représentées dans les légendes à deux niveaux : Vichnou qui est l’Etre suprême, totalement, en partie ou juste son essence, Krishna qui est Vichnou totalement, en partie ou juste son essence.

En dernière instance, les textes sont présentés comme sacrés mais les croyants n’en respectent pas le contenu, et n’ont pas été persécutés pour cela. Cela explique peut-être que les tensions religieuses qui ne se sont pas dénouées au 19ème siècle par une éradication violente restent encore aujourd’hui une source de violences communautaires. Le syncrétisme prescrit dans les Pourams est inexistant en 1805. Un bramine adore soit Mithra (Madhaio), soit Vichnou.

Il y a aussi une différence majeure dans le fait que le christianisme transforme des dieux ou des émanations de Dieu – Brehm, Madhaio et Ishvara – en patriarches : Abraham, Moïse, Jésus.

En tendance, les Pourams se rapprochent de la position monothéiste des Sikhs, mais ils proposent un culte aux Deiotas mineurs de la nature que les Sikhs refusent. Qui plus est c’est Vichnou qui tend à devenir l’Etre suprême, pas Brehm. Vichnou qui donne la félicité de l’âme, les biens célestes et n’exige qu’un acte de foi est équivalent au Dieu chrétien. Les Deiotas mineurs sont les équivalents des Saints du christianisme.

Brehm dans les Pourams est reflété dans le démiurge créateur Birmah, déconsidéré comme Yahvé dans la gnose chrétienne. Birmah reçoit les sacrifices et donne des biens terrestres. Il est assez proche du Yahvé des Juifs. Les Sikhs sont d’ailleurs unitariens et non prêtres, comme les Juifs et les Puritains.

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Là où les textes latins vont inventer un civilisateur nommé Jules César, les légendes orientales consacrent en effet plutôt Alexandre le Grand dans un même rôle.

Alexandre le Grand a de multiples identités dans les textes sanskrits. Indra dieu du ciel a un cheval blanc comme Alexandre. Le personnage de Rama Chandra dans le Ramayana, et Rama le fils de Cush, premier empereur de l’Inde (Asie) en sont deux autres. Rama va conquérir l’Egypte. Il est identique au patriarche Sem, dont la version sanskrite Schermia est rajah au sud des montagnes (du Caucase). Le premier roi mamelouk d’Egypte est un certain Salekh, ce qui permet de déterminer le 15ème siècle, plutôt que le 13ème.

Hind est un mot persan qui veut dire noir, qui serait peut-être « Kara » en langue tartare.  L’Inde dans les textes sanskrits est nommée Cush , Cudwapa ou encore Bharata Vend, et désigne la totalité de l’Asie (Inde proprement dite) et l’Egypte avec l’Abyssinie (Inde extérieure). Hérodote traduit Cush par Ethiopie, mais la distingue de l’Inde en écrivant que les Indiens et les Ethiopiens ont peuplé l’Egypte. Mais il appelle aussi les Indiens les Ethiopiens d’orient. Ce terme d’Ethiopie désignera à partir du 16ème siècle l’Afrique, et au 19ème l’Abyssinie.

Dans un récit du début du 3ème âge, après le déluge, le premier roi des deux Indes est Cush. Ce Koush est présent dans l’Ancien Testament, comme le premier grand dirigeant du monde, qui est un fils de Cham, ou Bacchus pour les Grecs. Chez les Tartares, « Ogus » Khan va envahir l’Inde et l’Iran.

Cush a deux fils : Baly régne au nord et à l’ouest de la Perse. Rama règne au sud de l’Inde et va civiliser l’Egypte. Dans la version biblique, Rama correspond au fils de Koush, Nimrod, le premier tyran de la terre. Les perses ont un empereur nommé Sicandre Narmah (« Alexandre Nimrod »). Un certain Sandrocotus est aussi mentionné dans les textes persans comme vainqueur du joug séleucide. L’auteure ne peut pas l’identifier à Alexandre, qui vient normalement avant les Séleucides. Cependant nous avons déjà vu qu’Alexandre venait après les Séleucides, et ceci est une confirmation.

De nombreux personnages sont appelés Bal ou Ram dans les Pourams. Au 2ème âge, Vichnou doit affronter Bal, roi de Multan, tyran de la terre, qui se prenait pour Dieu. Dans le Ramayana, Baly y est le frère du roi des singes, Sougri, et lui a volé son royaume. Baly est l’autre nom de Ram frère de Krishna dans le Mahabarata.

Il est parfois admis que les personnages nommés Ram représentent Ram, fils de Cush. Il s’agit des deux incarnations de Vichnou – Parasurama, Rama Chandra et de Ram frère d’une autre de ses incarnations – Krishna.

Dans un autre récit du 3ème âge, après le déluge, les trois fils de Satyaurata – le Noé sanskrit -vont diriger le monde. Scherma règne au sud des montagnes – sans doute le Caucase -, Iyapati au nord de ces mêmes montagnes. Le troisième fils Charma, surnommé moqueur car il a vu son père nu et ivre ne reçoit rien. Charma aurait cependant régné en Egypte et Abyssinie selon Mme de Polier car le nom des Hasyalos d’Abyssinie signifie « moqueur ». Ceci est à peu près conforme avec la tradition retenue par les chrétiens, même si elle est absente de la Bible : Sem est associé à l’Asie, Japheth à l’Europe, Cham à l’Afrique. Ici les correspondances sont un peu différentes. Charmia ne désigne pas les noirs africains, mais les Abyssins, les plus proches du phénotype eurasiatique. Les textes sanskrits ont retenu que la tribu de Scherma avait par la suite conquis l’Egypte et l’Abyssinie des mains de la tribu des Hasyalos. Le déluge des Hindous est d’ailleurs identifié à l’incarnation par l’auteure du livre de 1805 ! Il est douteux que la chanoinesse ne fasse cette interprétation pour le déluge biblique.

Les Iraniens connaissent comme grand héros Feridoun, qui aura trois héritiers. Salm régnera sur l’Assyrie (Samarie), Tour sur la Tartarie et Iradj sur la Perse. La légende est sans doute plus tardive car la Perse ne se distingue pas encore de l’Assyrie.

Il y a de petites différences dans les deux récits. Scherma est similaire à Rama (roi du sud et civilise l’Egypte). Baly est peu ou prou identique à Iyapati. Ils règnent tous les deux au nord et à l’ouest, ce qui pourrait correspondre à l’Europe ou à la Russie. Le second récit ajoute un troisième frère, mais certaines versions de l’histoire de Cush en mentionneraient quatre. Scherma est fils de Satyaurata, équivalent de Noé, alors que Rama est fils de Cush. Le Koush de la Bible est postérieur et est un fils de Cham, mais il y a peut-être une volonté d’embrouiller le récit.

Les historiens reconnaissent qu’Alexandre comme Rama et Schermia a conquis l’Egypte. Nimrod tyran universel a des alter ego en Egypte et en Mésopotamie. Narmer est le premier conquérant de l’Egypte, Naram-Sin est le troisième roi d’Akkad et dirige un empire. Le Néhémie de la Bible est un autre de ces alter ego, et le général d’un réformateur religieux nommé Esdras.

La conquête d’Alexandre de l’Egypte n’est pas la première. On en mentionne d’autres dans l’histoire de l’Egypte, celle des peuples de la mer au 12ème siècle av JC ou encore celle des rois pasteurs encore plus tôt. Il existe des pasteurs dans l’histoire en sanskrit qui ont conquis l’Egypte, que les textes nomment Palis. Un autre peuple, les Yadous ont quitté l’Inde en premier et seraient les ancêtres des Ethiopiens d’Abyssinie. Une partie des Yadous seraient resté en Inde, ce qui fait qu’Hérodote appelle les Indiens les Ethiopiens d’orient.

Il s’agit vraisemblablement de la même histoire déjà racontée. Les Yadous sont les Hasyalos, et les Palis les Schermias. Comme les pasteurs de l’histoire égyptienne, comme Alexandre, les Palis amènent un nouveau culte en Egypte. Il est même dit que les Palis ont migré en Egypte avec les Schémites et qu’ils formaient tous ensemble dix tribus.

Le sud de l’Inde où règne Rama et qui correspond à la Mésopotamie, le nord de l’Arabie et la Natolie (Turquie actuelle) est donc Israël. Après la conquête de l’Egypte, elle s’étend « du Nil à Euphrate » ce qui est une tradition juive bien connue. C’est l’extension de l’empire des Turcs dit aujourd’hui « ottoman » après ses premières conquêtes au 16ème siècle.

Pimander, mystique d’Hermès dit que les Védas ont été amenés par les Palis ou pasteurs avec le culte d’Irshu. La légende dit qu’Irshu fils d’Ugra vivait au sud ouest de Cashi, dans un endroit nommé Palli, où il protégeait les pélerins de Bénarès. Son frère Tarakee lui fit la guerre, et il dut s’exiler avec les pélerins sur la rivière Cali ou Nil. Ils y amenèrent les Védas, notamment l’Atharvan Veda qui est autorisé à la lecture aux Ksatryas. En Egypte les Védas sont nommés Hermès. Il est peu vraisemblable qu’il s’agisse des Védas actuels, qui n’ont jamais été trouvés en Egypte. Au premier âge, un certain Scanda – encore un Alexandre – fils du dieu Madhaio (Mithra pour les Perses ou Shiva pour les Hindous) – tue un autre Tarakée et libère les Devas.

Irshu est Ishvara, un des noms de Vichnou. En grec, son nom a donné Osiris. Parler d’Osiris comme premier roi d’Egypte, est une assimilation à Narmer, le premier roi « historique », soit Alexandre le Grand.

Osiris est donc un culte importé d’Asie par les pasteurs. L’analyse habituelle dit que les égyptiens natifs adoraient Osiris et que les pasteurs ont amené Seth. Plus probablement c’est l’ancien culte de Amon-Râ qui a été remplacé par celui d’Osiris. La suppression du culte d’Amon-Râ est le fait d’un roi nommé Akhénaton. Akhénaton est pour les historiens très distinct de Narmer et adorateur d’Aton et non d’Osiris. Toutefois c’est encore Amon qui est maltraité par la conquête d’Alexandre. Il aurait été reçu de façon triomphale au temple d’Amon à Siwah. Mais il est douteux qu’en se faisant représenter avec des cornes il ait obtenu toute la sympathie locale.

Les caractéristiques d’Ishvara ou Vichnou sont identiques à celles du logos Jésus. Il y a les mêmes différences d’opinions sur le fait que la manifestation est identique ou non à l’être suprême que sur Jésus fils de l’homme ou fils de Dieu dans les sociétés chrétiennes du Moyen-Age. On peut donc considérer que le culte d’Osiris chez Alexandre ou les pasteurs est le culte chrétien amené en Egypte.

Cet avènement « chrétien » se retrouvé dans celui des Ksatryas en Inde, des Qoreyshites dans l’islam, des Karaïtes dans le judaïsme. Cette réforme est réalisée par un certain Esdras dans le judaïsme, Jules César ou « Sol invictus » en latin, Zoroastre pour les Perses et donc Osiris en Egypte. Qu’ « Israël » soit à l’origine du premier christianisme ne pose pas de difficulté. Les livres historiques de la Bible présentent souvent Israël comme un Etat païen du point de vue de Juda. Il l’était encore lors de sa disparition suite aux conquêtes de Salmanazar. Salmanazar étant Charles-Quint, les dix tribus n’ont pas réellement disparu. Le texte ne peut simplement plus rien en dire car ce dernier est couronné empereur en 1520, année de publication de la première Bible, la Complutense. Le texte de la Bible karaïte ou rabbinique est peu ou prou le même que celui de la Bible catholique romaine et ne pose pas de difficulté doctrinale. Les karaïtes sont historiquement mal considérés par les juifs orthodoxes, mais ne rencontrent pas d’hostilité particulière de la part des chrétiens.

En 1805, le livre de Mme de Polier dit que les bramines sont divisées en deux sectes, l’une dédiée à Vichnou, l’autre à Madhaio, soit l’une à Jésus, l’autre à Moïse. Le fait est que les Pourams révèlent une double préférence : pour le culte de Vichnou (Jésus) par rapport à celui de Madhaio (Mithra ou Moïse), pour la caste des ksatryas par rapport à celle des bramines. Ceci s’explique bien si on considère que la création du culte de Vichnou s’accompagne de la fondation de castes. C’est ce que fait Esdras quand il réforme le culte de Yahvé : il crée des castes spécifiques. Celles-ci sont encore fonctionnelles en Inde.

Mme de Polier ne parle pas de Bouddhisme pour désigner la religion des Lamas. Elle dit que les livres sacrés des Lamas sont identiques à ceux des Bramines. Les Lamas sont donc des prêtres de métier, soit précisément des bramines tels que la réforme d’Esdras les définit.

Les Pourams présente l’histoire comme si les castes avaient existé de tous temps, et fait en sorte que les Bramines et le culte de Madhaio apparaissent comme prééminents au temps d’avant. Petit à petit, le culte de Vichnou s’impose et avec lui les Ksatryas.

La première incarnation humaine et du 2ème âge, la 5ème de Vichnou, a lieu à travers un nain bramine. Il affronte Bal, roi de Multan, tyran de la terre. Le premier roi de la terre est Sankouman, rajah d’Ajoudhia. Il abdique et se dévoue à Vichnou. Il y a une similitude avec Charles-Quint.

L’incarnation suivante, Parasurama, toujours au 2ème âge, est un bramine et un dévôt de l’autre dieu, Madhaio. Il se comporte comme un guerrier cependant, et triomphe des cannibales de Haute-Egypte. Ses actes sont proches de ceux de Ram et Schermia, qui sont ksatryas contrairement à lui. Le rajah d’Ajoudhia, Shakawser persécute la caste des Bramines. Avec l’arc de Madhaio, Parasurama va exterminer les ksatryas ou rajahs de l’Inde.

Mais la 7ème incarnation de Vichnou, Rama Chandra est un ksatrya, roi d’Ajoudhia. Sa rencontre avec Parasurama fait consentir à ce dernier de laisser les ksatryas tranquilles, et que désormais les dévôts de Vichnou l’emportaient sur les bramines. Et les bramines mangeront dorénavant à la même table que les ksatryas. Rama Chandra a bien affranchi ses Etats du tribut pour régner en Ayoudhia.

Il est dit que les ksatryas avaient usurpé le pouvoir des bramines, mais que Parasurama le leur avait repris. Mais la tournure que prennent les Pourams montre que les bramines n’ont pas réellement repris la main. On se concilie leur collaboration plus ou moins volontaire. Le rajah Shakawser qui persécute les Bramines a des points communs avec le roi des Hasmonéens Jean Hyrcan qui se désigne à la foi roi et grand-prêtre au grand dam des Pharisiens.

Un récit mythologique iranien est celui de Mahabad, premier empereur d’Iran et du monde, qui a les quatre castes de l’hindouisme dans son empire. Il reçoit du créateur un livre d’ordonnances divines, et possède 14 avatars, équivalents au 14 Menous des Hindous et des Persans, et sans doute aux 12 imams de l’islam chiite, ce qui suggère une identité avec Mahomet. Il est identique à Mahabely ou Bharata, premier roi de la dynastie Mahabadin de Perse, dont les rois sont nommés Balharas ou Maharajahs. Selon Pimander, Mahabely régnait de la Perse à la Chine. Mahabely est dit aussi être souverain de toute l’Inde. Persan d’origine, il aurait établi sa capitale « au nord de l’Inde ». Mais ces textes sont bien persans.

Les livres du Dabistan mentionnent le successeur de Mahabad, Amurat comme le premier des Caïnides (Khans). Ce qui suggère que le roi était aussi grand-prêtre (Cohen). C’est le cas des rois de la dynastie des Macchabées . Les successeurs d’Amurat sont Hushenk puis « Darius Hystaspe », un souverain achéménide étonnant dans ce contexte, sauf à assimiler Mahabad et Cyrus. Polier présente Darius comme caïnide. Nous sommes en 1805 et elle ne connaît pas le terme d’Achéménides. Les Grecs pensent qu’Alexandre a vaincu un Darius mais qu’un certain Porus lui résiste sur l’Indus. « Cainites », Achéménides, Séleucides semblent désigner une même dynastie.

Dans le Mahabarata, les choses sont arrangées un peu différemment. Il y a un premier roi nommé Bharat, mais il se passe du temps avant les événements principaux.L’empire est appelé Ajoudhia. Dans un sens restreint Ajoudhia est la région où se trouve la capitale Hastnapour. Le récit décrit la guerre des Pandos et des Coros. Il est souvent prétendu que Mahabarata veut dire grande guerre, mais le terme désigne probablement la dynastie des premiers Maharajah.

Il commence avec l’histoire de la tribu des Yadous. Le cinquième roi et premier empereur d’Inde est nommé Jujat (Gog ?).  Son fils aîné Yadu (Juda) donne naissance à la tribu des Yadous. Mais il est déshérité et c’est le plus jeune, Cyrus , qui succède à son père.

Il doit s’agir des mêmes Yadous qui ont conquis les premiers l’Egypte, ceux de la première religion « amonienne ». Mais ils sont faits ici dévôts de Vichnou, et son incarnation Krishna vit parmi eux (comme le Christ chez les Juifs), et ksatryas. Sur un certain nombre de points, le Mahabarata contredit les Védas. Le rajah Souspal accuse Krishna d’amener « une nouvelle religion », ce qui traduit la volonté d’innovation du Mahabarata et des Pourams en général. Les Coros (dynastie de Cyrus) sont eux adorateurs de Madhaio (Moïse). La dynastie de Cyrus établi la capitale d’Ajoudhia à Hastnapour.

Les Yadous ont un royaume mineur à Mathra où règne Ogursain puis son fils Cans (Khan ?). Le Cyrus des légendes perses reprend l’empire de l’Inde aux Tartares (ici les Yadous). Ogursain, qui règne à Mathra puis Dwarka comme roi des Yadous, est peut-être Oguz Khan, le premier roi des Tartares. Les Tartares sont ici présentés comme propagateurs du christianisme, et les Perses comme les tenants de l’ancien culte mosaïque. Il n’est pas fait crédit à « Coros » d’avoir mis fin aux sacrifices (alors qu’il est le propagateur du zoroastrisme). Tout serait une innovation des adorateurs de Vichnou. Vichnou dont le symbole est l’aigle comme l’empire romain. L’hindouisme moderne est clairement une adaptation du christianisme romain.

Les neveux de Cans, Ram et Krishna, vont remettre Ogursain sur le trône de Mathra. Les Pandos sont les amis des Yadous qui les aident à reconquérir l’empire. Ils sont également adorateurs de Vichnou. Les fils de Pand sont parfois assimilés aux Yadous, alors qu’ils ne le sont pas. Le rajah Souspal affirme notamment que les Yadous ne portent pas le diadème, alors que leur chef est pourtant un rajah.

L’aîné des Pandos, Judister , a pour un de ses ennemis Calyamen de Corassan, la ville sainte samaritaine. Judister, a deux concurrents majeurs pour diriger le monde, et qui sont eux aussi à la tête d’un empire : Jerashind roi de Maghada et Durdjohn le roi Coros d’Ajoudhia. Jerashind est vaincu, et Judister se fait couronner Maharadja. Sa victoire ensuite sur Durdjohn est similaire à celle d’Alexandre sur Darius. Judister régnera dorénavant non plus à Delhi mais à Hastnapour.

Judister, dernier roi du 3ème âge, va régner 50 ans.  Sa mort amène le début du Kali Yuga. Le Mahabarata est donc un récit des guerres d’Alexandre amenant l’âge du christianisme, le Kali Yuga. Au 16ème siècle, la victoire finale des Tartares sur les Perses est la prise de Samarcande par Tamerlan au détriment de Bajazet, l’empereur des Turcs.

 

Synthèse

Le sanskrit est une langue persane, le nom de Shiva dans les Pourams étant toujours son nom perse de Madhaio. Ils correspondent aux traductions en grec du « chaldéen » effectuées par Bérose, et à certains textes dits « sumériens ». Satyaurata le Noé sanskrit y devient respectivement Xistthros et Ziusudra.

Les Pourams en sanskrit sont publiés en 1779. Ils sont probablement réécrits pour ressembler à  la Bible de 1520, et pas aux originaux détruits en 1601. Ils suivent le système de constellations des Jésuites, autorisent l’intérêt, invention des Jésuites.

Ils proposent de façon explicite l’ensemble des points de vue que l’on retrouve dans le christianisme tel qu’il est réformé au 16ème siècle : proscription nouvelle des sacrifices (et donc de la sorcellerie), critique du système de caste, incitation au culte de l’Etre suprême et des Deiotas mineurs (équivalents aux Saints). Vichnou est à Madhaio ce que le Dieu chrétien est au Yahvé des Juifs : il offre la béatitude céleste par l’acte de foi, cependant que les autres offrent des récompenses matérielles par les sacrifices. Les Sikhs sont unitariens et non prêtres, comme les Juifs et les Puritains. Ils n’acceptent pas les cultes secondaires (saints), leur dieu Brehm est proche du démiurge des gnostiques.

La question du rapport entre les incarnations et l’Etre suprême tend vers la réponse catholique romaine, d’une identité de nature. On préfère l’unité de la divinité au culte des images. Le Baghavad Geeta aborde une dispute théologique qu’on retrouve en occident entre premiers chrétiens et gnostiques, et à la Renaissance entre scholastique et néoplatoniciens, mais également contemporaine au 18ème siècle, en présentant les deux doctrines du panthéisme (Leibniz),  et de l’âme universelle fragmentée. Il y a aussi des aspects plus proches du soufisme : les différents noms de l’Etre suprême sont les « noms de Dieu ».

Il ne s’agit pas d’une alliance révoquée, mais d’une évolution naturelle liée au passage des âges (qui existent dans le christianisme mais sont plus présentés comme des châtiments de l’humanité qu’une involution immanente de la création). Ceci parce qu’on est sur place, en Juda. Les récits rapportent d’ailleurs des coutumes juives. Ici toutes les options sont présentées, on suggère une vision progressiste mais ne on ne l’impose jamais. Les castes en Inde sont maintenues, mais les textes en limitent l’importance, de même que du culte de Shiva, mis en retrait par rapport à celui de Vichnou.

Pourtant, le syncrétisme prescrit dans les Pourams dits « sacrés » est inexistant en Inde en1805. Les prêtres de Shiva (Mithra perse) et de Vichnou (Ishvara perse ou Issa, c’est-à-dire Osiris) ont toujours leur propre culte.

Les légendes orientales consacrent la succession d’un empire « Perse » dont le fondateur était Cyrus le Grand, et la fin de cette dynastie par l’avènement d’Alexandre le Grand, ou Salekh, le premier roi mamelouk d’Egypte.

Mahabad, premier empereur universel mentionné dans les textes persans, est persan d’origine et a établi sa capitale au nord de l’Inde. Il est le fondateur  des quatre castes de l’hindouisme, reçoit du créateur un livre d’ordonnances divines. Il est identique au prophète Mahomet, au fondateur de la dynastie « hasmonéenne » Juda Macchabée , à Cyrus le grand de la dynastie « achéménide », au réformateur de la Bible nommé Esdras, qui met également en place un système de caste et réforme le culte de Yahvé et Moïse, à Zoroastre le réformateur du culte de Mithra, à Jules César, le réformateur du culte de Jupiter

Dans les livres du Dabistan, son successeur Amurat porte le nom du successeur du conquérant « ottoman » Mehmet II (Mourad) et est donné comme le premier des Caïnides (Khans, Cohen). Ce qui suggère que le roi était aussi grand-prêtre. C’est le cas des rois de la dynastie des Macchabées. Les successeurs d’Amurat sont Hushenk puis « Darius Hystaspe ». Ce Darius est vaincu par Alexandre le Grand.

Le Mahabarata est un récit des guerres d’Alexandre amenant l’âge du christianisme, le Kali Yuga, en Juda (Ajoudhia). Alexandre y est incarne Judister, premier empereur de la dynastie tartare des Pandos. Il conquiert le monde depuis Delhi, vainc le roi de Corassan (Samarie), Jerashind de Maghada (Moscou), et Durdjohn (Darius), l’ancien empereur de la dynastie des Coros. Il s’agit de Darius dernier empereur de la dynastie de Cyrus.

Judister a pour dieux Vichnou et Krishna (Osiris/Horus, Jésus/Christ), alors que Durdjohn a pour dieu Madhaio (Mithra ou Moïse). Il n’est pas fait crédit à Cyrus d’avoir mis fin aux sacrifices, alors qu’il avait mis fin au pouvoir des Magiciens ou Mèdes, dévôts de Madhaio dans sa version sacrificielle. Ceci témoigne de la sensibilité chrétienne du récit.

Les Tartares (Yadous, Judéens) sont ici présentés comme propagateurs du christianisme, et les Perses comme les tenants de l’ancien culte mosaïque. La victoire des Tartares sur les Perses est la prise de Samarcande par Tamerlan au détriment de Bajazet (Darius), qui intervient au début du 16ème siècle. La capitale de Darius, Hastnapour, est peut-être Nishappur encore présente sur les cartes à cette époque.

Une identité sanskrite d’Alexandre est celle de Rama fils de Cush, ou Schermia (Sem) fils de Satyaurata, rajah au sud des montagnes, ou encore Parasurama, tous conquérants de l’Egypte comme Alexandre.

Après le déluge, le premier roi des deux Indes (Asie et Egypte) est Cush, le Bacchus grec, ou encore Oguz Khan premier empereur des Tartares qui envahit l’Inde et l’Iran. Cush a deux fils : Baly , le Belos grec, qui règne au nord, et Rama au sud qui conquiert l’Egypte. Cette version est relativement neutre, elle ne dit rien de désaccords religieux.

Une autre version dit que le premier roi après le déluge est Satyaurata (Xisouthros de Bérose, Al-Khidr des arabes). Lui a trois fils, Charmia, Iyapati au nord et à l’ouest de la Perse, et Schermia au sud qui prend l’Egypte. Le schéma est similaire mais le troisième protagoniste, Charma, est vilipendé pour les mêmes raisons que Cham dans la Bible.

Dans la Bible, les deux récits sont entremêlés. On retrouve Cham, Japhet et Sem comme fils de Noé, mais Koush est ajouté comme fils de Cham et frère de Canaan. L’histoire manque de fil conducteur, car Cham a bien été maudit et destiné à servir ses frères comme esclave, mais la malédiction est retombée sur son fils Canaan, dont le peuple est ensuite littéralement effacé par la conquête par les hébreux de la Terre d’Israël. Son autre fils Koush, et son fils Nemrod après lui sont les dirigeants d’un grand empire. Quelque chose ne va pas ici.

Canaan et Cham doivent être identiques. On trouve encore au 17ème siècle la mention du Grand Cham comme dirigeant des Tartares. Donc sa destinée de servitude et l’élimination complète de son peuple mentionnées dans la Bible n’ont pas du se produire, du moins pas en dehors d’Israël. La dynastie des Khans , issue de Cyrus, est effacée dans une des deux versions sanskrite, tardive, puisque tout commence avec Cush et son fils Rama (Alexandre). Elle est présentée comme maudite et son imperium effacé dans l’autre. Satyaurata est un autre alter ego de Cyrus/Esdras, Charmia (Cham) le premier des Caïnides Mourad

Schermia (Sem), Rama ou Nemrod/Narmer/Naram-Sin sont des représentations d’Alexandre le Grand qui conquièrent tous l’Egypte plus tard.

On retrouve les Yadous en Egypte. Ils seraient les premiers à être partis et les ancêtres des Egyptiens, une partie d’entre eux restant en Inde. Puis les Palis auraient amené les « Védas » (en fait l’hermétisme osirien) et le dieu Irshu en Egypte. Ces Palis ou pasteurs sont identiques aux « dix tribus » qui sont issus des clans de Schermia.

Ainsi les dix tribus d’Israël, les Sémites, dirigés par Alexandre, Narmer, Akhenaton ont amené la religion d’Osiris (Jésus) en Egypte. Les Khans ont conservé un très grand territoire en Asie, mais « Israël » leur a été retirée. Cette Terre d’Israël qui s’étend du Nil à l’Euphrate contient l’Egypte, la Natolie et la Mésopotamie.

Il apparaît sur les cartes du 16ème siècle deux Empires des Turcs. L’un est au Turkestan, avec pour capitale Samarcande , considérée comme la métropole de Tartarie. Il correspond à Juda dont le cœur à l’époque est ce que nous appelons la Samarie dans la Bible. La capitale est Samarcande (Samarie), et sa ville sainte Kwarezm (Garizim).

Le second Empire des Turcs correspond à ce que nous appellerons plus tard « Empire ottoman ». Il s’agit d’Israël. Le culte d’Osiris , Aton ou Jésus chez Alexandre ou les pasteurs est le culte chrétien amené en Egypte. Il remplace le culte du Dieu cornu, Amon en Egypte ou Moïse.

On peut donc synthétiser ainsi :

  • L’empire romain de 27 av JC à 325 est le Saint-Empire romain de 1527 à 1870 (jusqu’au concile Vatican I)
  • Les Séleucides sont les Seldjoukides
  • Les Hasmonéens sont les Ottomans
  • Les Hasmonéens/Ottomans sont la dynastie de Judée, qui correspond à la Grande Tartarie, et non à l’empire des Turcs occidental que nous appelons aujourd’hui « ottoman ». Il s’agit d’un des retournements courants que l’on observe dans la falsification de l’histoire.
  • L’empire des Turcs occidental est Israël, et s’étend « du Nil à l’Euphrate ». Il correspond également à l’empire Byzantin. Cette nation a supplanté les Grecs d’Anatolie depuis environ 1540. Vers 1630 cet empire s’étend en Egypte et sur les côtes libyennes, et l’Europe jusqu’à l’Adriatique à partir de 1648.
  • La Samarie biblique ne correspond pas à Israël, mais est le Khanat de Khwarezm, dont les villes principales sont Khwarezm (Mont Garizim) et Samarcande (Samarie). Elle se divise au début du 16ème siècle entre la Perse et le Turkestan.

 

Les Seldjoukides originels sont l’Israël originelle mais ceci semble être une corruption tardive. Ce mot d’Israël n’est jamais employé dans les textes orientaux que pour désigner l’Empire des Turcs occidentaux. La désignation originelle est Juda . Il s’agit d’un empire dominé par les Prêtres que sont les Mages de Médie ou Bramines, adorateurs de l’être suprême Brahma et du messie Mithra, soit Abraham et Moïse. Leur religion est sacrificielle.

Les attributs de Mithra – tel que décrit dans les textes sanskrits sous le nom de Madhaio (Shiva) – sont le croissant de lune, le cercle (l’œil qui détruit tout), des symboles ubiquitaires dans le monde, et aussi le trident. Le croissant de lune se retrouve notamment sur le toît des églises et d’un grand nombre de bâtiments en Europe avant d’être remplacé par des girouettes. On trouve encore ces croissants couramment en Europe de l’est et en Russie.

Le croissant de lune sur sa tête en fait un dieu cornu, Amon en Egypte, Mithra ou Moïse en Perse, Siva chez les hindous. Il est l’objet d’un culte sacrificiel et sanglant qui obtient à ses dévôts des récompenses matérielles et terrestres. Il s’agit de sorcellerie selon les critères chrétiens.

Cyrus le Grand est également nommé Zoroastre en Perse, Esdras ou Zorobabel dans la Bible, Ali dans l’islam Shia ou Arius dans les récits du premier concile de Nicée. Il inspire de façon tardive le Socrate de Platon, et le Jules César des textes latins. Prêtre, le général qui lui est associé (et peut-être le personnage réel derrière Esdras) est Néhémie, Juda Macchabée ou Mahomet.

Il va introduire une réforme du culte. La Bible hébraïque, telle qu’elle est connue dans le judaïsme karaïte est le fruit de cette réforme. Le nom du dieu unique sera Iaou, ou Jupiter en latin. Abraham et Moïse (Mithra) ne sont plus que des patriarches, et leur comportement condamne les sacrifices (sacrifice avorté d’Isaac). Mithra deviendra le messie Sol invictus,  Jules Cesar.

Parmi les nouvelles castes introduites, les militaires seront nommés ksatryas en sanskrit, qoreyshites dans le Coran, ou encore chrestiens en occident, ou karaïtes. Ce sont les Hordes tartares en orient, la tribu de Levi de la Bible que nous appelons légion. Les ksatryas partagent désormais avec les prêtres la religion de Mithra, désormais non sanglante, mais les grades d’initiation des prêtres sont plus élevés que ceux des soldats. Il n’est pas surprenant de retrouver le culte de Mithra pratiqué de façon non sanglante par les légions romaines en Europe. Les populations touraniennes ont fait souche en Europe de l’est, ou elles sont devenues « slaves ». L’Italie du nord en fait partie intégrante, que ce soit la Vénétie (ou Phénicie) ou la Toscane, appelée encore Etrurie sur des cartes de 1550. Cette Etrurie a pour frontière sud la ville de Rome.

Le livre de Néhémie mentionne la construction de Jerusalem (Iaroslavl) ou le Kremlin de Moscou au début du 16ème siècle. Nosovskiy a montré que la description dans la Bible d’Ostrog en slavon de la construction du second Temple correspondait à la description du Kremlin de Moscou.

Il n’est pas impossible qu’Esdras et Néhémie soient venus du Khanat de Khwarezm, dont l’existence s’étalerait ente 1077 et 1231, mais les dates réelles sont bien plus tardives. Le khanat de Kwarezm a pris Jérusalem au 12ème siècle (donc 16ème).

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Source wikipedia

En Europe le culte d’Osiris est largement pratiqué à la cour des Medicis, d’où les livres d’hermétisme et d’alchimie. L’Etrurie antique -identique à la Toscane des Medicis – mentionne également un culte principal à Asar. La version gauloise du culte de Yahvé et Osiris va être Dispater et Esus, considérés comme des « dieux celtes ». Les prêtres d’Osiris de Gaule seront nommés les Jésuites. Selon la Bible, le premier Temple se trouvait à Shilo (Heliopolis en Egypte ?).

Les épîtres de Paul (« Saul » invictus devenu Apollon) aux églises d’Orient, notamment Galates, parlent de créer une religion commune aux grecs et aux « juifs » (ioudaioi), à des peuples à la frontière. Il s’agit de l’Europe et de l’Asie, des entités géopolitiques bien plus importantes que ce qui a été nommé plus tard Grèce et Judée. La Grèce est l’entité qui précède l’empire romain.

Les églises que visite Paul sont précisément des villes où on célébrait le culte de Jules César.

Cette proposition se retrouve dans la proposition œcuménique du concile de Florence (1438). Ce syncrétisme est visible dans les utopies des Esséniens ou Jésuites écrites à partir du 15ème siècle et qui veulent une église universelle pour un empire universel.

Concrètement, les Jésuites veut fusionner deux lignées de prêtres, la « lignée d’Ithamar » (Mithra), celle des anciens Mages, et la « lignée d’Eleazar » (Osiris). La Bible prétend qu’Ithamar et Eleazar sont les fils d’Aaron, mais Eleazar a toujours la préséance comme grand-prêtre.

Dans la Torah, le nouveau concept d’Israël désigne l’âme unique de l’humanité dont les « enfants » sont les âmes individuelles. L’humanité alors connue est constituée de l’Asie, l’Europe et le nord de l’Afrique.

Mais la constitution d’une noblesse indépendante en Europe et la fondation d’un Empire romain en 1530 sous la direction de Charles-Quint pousse à vouloir adapter la religion. Le « Temple de Salomon » (Charlemagne) est bâti à Rome et l’Ordre du Temple succède en occident aux Légions de Sol invictus.

Le Jésus/Osiris hermétiste est remplacé par l’Evangile de Jean (sans les épisodes de la crucifixion).

Le Temple de Jérusalem (Moscou) sera détruit par des troupes européennes, qui créeront un « grand-duché de Russie » distinct de la Tartarie. La frontière de la Tartarie et de la Russie va désormais osciller entre l’Ob et la Volga pendant tout les 16ème et 17ème siècles.

Un autre temple Karaïte va être bâti au mont Garizim (Kwarezm en Perse). Les Seldjoukides vont désormais se partager entre Grands Seldjoukides, dont le fondateur est Mikhail (Ismaël), et Seldjoukides du Roûm, dont le fondateur est Israil et son successeur Musa.

Les Ismaéliens ou Grands Seldjoukides conservent la religion des Karaïtes originels, qui seront aussi appelés Samaritains, du nom de Samarcande, la capitale du Khanat de Kwarezm, qui regroupe la Perse et le Turkestan. Sur les cartes il est mentionné comme « Empire des Turcs », et est la continuation de l’empire achéménide de Cyrus, également nommé « hasmonéen » dans les traductions grecques de l’époque ou plus récemment ottoman. Il correspond au royaume biblique de Juda.

Les Seldjoukides du Roûm ou Israël désignent en premier lieu l’Empire du Roûm, soit l’Europe dominée par Charles-Quint. Dès 1540, on mentionne cependant sur les cartes un second Empire des Turcs, « du Nil jusqu’à l’Euphrate », qui sera un autre Israël.

 

Ce schisme intervient car l’ordre du Temple est toujours structuré comme les légions. Il donne un pouvoir exorbitant aux castes des prêtres et des chevaliers que les membres du Sénat romain veulent voir réduit. Fondé en 1493 par Maximilien, le roi de Rome (qui n’a jamais été empereur), le Reichstag est le Sénat romain des textes latins.

Le sac de Rome en 1526 par Charles-Quint va mettre la papauté de Rome au pas. Il s’appuie sur les Jésuites de Gaule et d’Espagne, qui publient en 1520 une Bible à sa main, la Bible d’Alcala. Il y apparaît comme Salmanazar le roi d’Assyrie qui conquiert Israël des rois païens.

Le culte de Mithra influence énormément le catholicisme romain dans les attributs – la mitre, la crosse, les chaussons rouges du pape – comme le montre Francesco Carotta dans « Jesus was Caesar ». Les mithraea se retrouvent à l’identique dans les chœurs des églises : damier au sol, ciel étoilé au plafond.

La franc-maçonnerie a conservé pour certains grades dans certaines obédiences des rituels de Mithra. Les loges sont dessinées également comme les mithraea.

Malgré la mention dans la Bible de Calvin que l’Ancien Testament renferme les textes sacrés du « peuple admirable » des Juifs, la réforme catholique romaine se poursuite au fil de conciles très défavorables au principe des castes. Les chevaliers du Temple sont évincés par des mercenaires que sont les lansquenets de Charles-Quint. Leurs prêtres vont pour beaucoup intégrer les rangs de nouveaux ordres réformés. Les chevaliers vont perdre leurs prérogatives. La querelle sur le fait que Jésus était fils de Dieu ou fils de l’Homme, nature ou essence de Dieu vint se superposer. Les chevaliers tenaient la position d’Esdras (Arius, Ali). Mais comme ils n’avaient plus de prêtres, ils commencèrent à nommer des rabbins et pasteurs peu éduqués à la gnose. La totalité des schismes dans le christianisme depuis 325 sont des reflets de celui des chrétiens unitariens, en Europe et dans le Coran (1543).

La destruction des Templiers est reflétée dans l’histoire antique par la « révolte des équites » et est le fait de Philippe le Beau (et non le Bel), le père de Charles-Quint. Ce sont les guerres de religion du 16ème, qui seront suivies de la guerre de Trente ans entre 1618 et 1648. Elle est reflétée dans les siècles précédents comme la Guerre de cent ans, les Valois (Gaulois) y étant transformés en Anglais (comprendre Anjou) et les Bourguignons en Français. Il n’y a pas de France à proprement parler avant la prise de Paris par Henri IV en 1594. Le dernier roi de Gaule Henri II Valois est probablement René duc d’Anjou, comte de Provence, duc de Bar, mais que la tradition connaît comme « le roi René ». Michel de l’Hospital remplacera les Templiers par l’ordre des Hospitaliers. Henri II est « le dernier roi chevalier ».

La lignée d’Ithamar disparaît en occident. Les chevaliers n’auront plus les prêtres à leur côté et devront les remplacer par des rabbins et des pasteurs (unitariens) mal formés. Cela explique l’attachement de ces cultes à l’ancien testament.

Charles-Quint (Constantin) va fonder une nouvelle capitale à Constantinople, et conquérir l’Egypte sous le nom d’Akhénaton, où il voudra imposer aussi le culte de Jésus dans sa version

Romaine. Cette conquête fera long feu et l’osirisme refera surface après la prise de Constantinople vers 1540 par Mehmet II. Ce dernier fonde ainsi le second Israël « du Nil jusqu’à l’Euphrate », et second « Empire des Turcs » avec celui de Samarcande.

On se retrouve ainsi avec plusieurs empires ayant chacun leur culte. Flavius Josèphe les présente comme des sectes parmi les Juifs.

  • Les Samaritains sont les anciens Karaïtes de Moscou, qui se sont repliés sur Samarie et Garizim (Samarcande et Kwarezm).

Ils ont des prêtres issus des lignées d’Eleazar et d’Ithamar, et des légions ksatryas : les hordes tartares. Ils continuent la dynastie Hasmonéenne de Cyrus/Juda Macchabée. Ils ont pour texte sacré la Torah qaraïte. Ceci explique l’attachement tant des qaraïtes que des samaritains modernes à la seule Torah. Néanmoins, les qaraïtes de Lithuanie et les samaritains d’Israël sont des disjecta membra de ce que représentaient les Samaritains au 17ème siècle. Aujourd’hui leur plus grande filiation se trouve dans l’islam Shia. L’ « ayatollah » est une déformation du Cohen Gadol.

Leur nom d’Ismaéliens vient de ce que leur premier patriarche en 1613 était Schelemiel ben Pinhas – selon les traditions des samaritains de Palestine, nommé Mikhail fondateur de la dynastie des Grands Seldjoukides dans les textes turcs. Il s’agit de Michel de Russie, dit « Romanov », premier tsar de la dynastie des Romanov, également intronisé en 1613. Les gravures d’époque ne mentionnent pas qu’il fut tsar, mais kniaz, chef d’une knesset.

Ce premier des Romanov aurait été surnommé Cobyla, soit Kubilai Khan. Sa résidence à Cambalich, ville distincte de Samarcande sur les cartes du 17ème siècle, se trouve sur l’Oby, et pas à Moscou. C’est Cambalich qui est la Shamballa des légendes du Thibet.

Les Samaritains de Palestine ne mentionnent cependant que Schelemiel ben Pinhas pour avoir été de la lignée d’Eleazar (Osiris). Tous les grands-prêtres suivants sont de la lignée d’Ithamar.

Ce changement dans la dynastie des grands-prêtres et rois de Juda est observable dans le récit de Flavius Josèphe. Après avoir fondé la dynastie, Simon Macchabée est remplacé par Jean Hyrcan. Or ce dernier va ravager le Temple sacré des Samaritains au Mont Garizim, et s’allier avec la faction des Saducéens. Après cela les Samaritains disparaissent du récit de Flavius Josèphe. Leur rôle est repris par les Pharisiens (Perses).

Les Pharisiens reprochent à Jean Hyrcan de cumuler les fonctions de roi et de grand-prêtre.

Alexis « Romanov » est précisément kniaz et czar. Il est connu pour en 1655 avoir initié une réforme de l’ « orthodoxie » (même signification que saducéen) et avoir rapproché la liturgie russe de la liturgie grecque (comprendre catholique romaine). Alexis va également triompher de la Pologne-Lithuanie ou on pratique aussi le culte Qaraïte. Un certain « Auregzeb » est dit avoir détruit en 1601 les livres sacrés des Hindous, qu’on prétend avoir retrouvé en 1779 sous la forme des Védas et des Pourams. Vraisemblablement, les livres « hindous » détruits sont la Torah samaritaine.

Les récits hindous reprennent cette histoire en disant que les ksatryas ont usurpé temporairement la royauté (le mot est mal traduit et correspond sans doute à la fonction de grand-prêtre), avant que celle-ci ne revienne aux Brahmanes/ Pharisiens. Les Pharisiens dans le récit de Josèphe vont en effet reprendre la main auprès des souverains hasmonéens sous la reine Salomé Alexandra.

  • les Zélotes ont pour messie Eleazar (Osiris). Josèphe ne les mentionne pas dans le contexte de la dynastie hasmonéenne (tartare).

Il s’agit du culte du second empire des Turcs, nommé par eux Israël, et qui s’étend du Nil à l’Euphrate. Ce culte s’inspire également de la vision d’Esdras/Arius et est donc l’arianisme, mais n’est porté que par des chevaliers. Les prêtres n’y existent pas. Le principal culte qui en est issu est l’islam Sunnite.

En Europe, les Hussites de Bohème ont été nommés Zélotes au 15ème siècle, et ont été exclus de l’église au concile de Florence en 1438. C’est incompréhensible dans la mesure où le concile de Florence avait pour objectif l’œcuménisme, la fin du schisme de 1054 entre chrétiens orthodoxes et catholiques romains. Cette exclusion est probablement survenue un siècle plus tard, au moment où se constitue l’Empire des Turcs occidentaux, sous la houlette de Mahomet. Les Bohémiens se font appeler également les Gitans (Egyptiens). En tant que Ksatryas, les mentions de Chrestiens ou Cathares persécutés au 17ème siècle (et non au 13ème) les concernent.

L’empire des Turcs occidentaux prend pied en Europe de l’est aux16ème et 17ème siècles. Ces guerres orientales sont concomitantes des guerres intérieures menées par les chevaliers chrétiens unitariens contre le catholicisme romain impérial : les guerres de religion (16ème siècle) et la guerre de Trente ans (1618-1648), mais aussi les guerres jacobites en Angleterre. 1648 verra l’acceptation des frontières ottomanes comme Turquie en Europe avant de nouvelles guerres.

Les Templiers ayant quitté la France suite à la prise de Paris par Henri IV en 1594 ont reporté leurs espoirs sur Jacques VI d’Ecosse. Ce dernier fondera la première loge maçonnique en 1598 et fera grand-maître William Sinclair. Fait roi d’Angleterre en 1603 sous le nom de Jacques Ier, il fera l’objet d’attaques continues de la part du parti impérial, qui continueront pour ses successeurs jusqu’à la chute définitive des Stuart au profit des Hanovre. On fera courir le bruit que la franc-maçonnerie avait été inventée en 1717 par ces mêmes Hanovre.

Jacques sera transformé en saint sous le nom de « Saint-Jacques », un personnage cornu au symbolisme archaïque. Iago est le traître dans le théâtre shakespearien, et Santiago une forme de diable populaire, Santa ou Satan, et peut-être une flexion de Yahvé. Dans la Bible, Jacob est renommé Israël. Son prénom anglais « James » est une version de l’oriental Shamash, dieu solaire mésopotamien. Les partisans jacobites sont des « Cavaliers », ce qui montre là aussi une origine templière.

En Europe, les zélotes se reconnaissent à l’unitarisme de leurs croyances. Ils sont les premiers et véritables protestants, unitariens de Pologne, puritains d’Angleterre, cathares. Ils sont souvent assez liés à l’Ancien Testament des Ksatryas, mais pas au nouveau qui a été inventé contre eux. Ils sont différents des Luthériens et Calvinistes d’après 1648 qui acceptent le Nouveau Testament et un certain magistère du pape.

L’Evangile de Jean, dépourvu des épisodes de la résurrection est reconnu comme évangile par les Templiers. Dans l’empire des Turcs occidental, cet évangile est l’évangile des Alaouites de Syrie et des Halévis de Turquie. Il s’agit bien entendu des Lévites Ksatryas. Les église modernes qui se réclament de l’héritage templier désignent également leurs membres comme Lévites. Ceci montre bien que l’ « ancien » Temple de Jérusalem, et l’Ordre médiéval du Temple sont identiques.

L’impact du Coran, l’ouvrage attribué à Mahomet, en Asie, va cependant éclipser la Bible. L’ouvrage est admis comme un livre saint, mais ceux qu’on nomme les « mahométans » ne se l’approprient pas. Il a été rédigé en Europe par d’autres. Ces histoires sont connues mais font l’objet de textes apocryphes ou de traditions qui finissent par s’en éloigner un peu. C’est le commentaire de Mahomet lui-même qui va faire l’objet d’une sacralisation.

  • Les Esséniens sont les Jésuites occidentaux.

Dans le Nouveau Testament, les Esséniens ne sont jamais mentionnés. Ils sont présents en tant que faction du Temple. Jésus est toujours un défenseur du Temple contre les factions des Saducéens, des Pharisiens, des Scribes. Les Scribes désignent le culte égyptien, les Pharisiens le culte mosaïque de Perse, les Saducéens le culte « orthodoxe » de Russie.

Rapidement Flavius Josèphe ne mentionne plus les Samaritains, les Esséniens, ou même les Zélotes. Cela s’explique car Josèphe écrit tard, et il ne parle que de la dynastie hasmonéenne (tartare) où seules les factions saducéenne et pharisienne s’affrontent encore.

  • Les Pharisiens (Perses) sont les successeurs des Samaritains.

Les Samaritains de Palestine mentionne que seule la lignée d’Ithamar est restée en ce qui les concerne. Cela explique le fait que seule la Torah y est un texte sacré, soit les textes attribués à Moïse (Ithamar).

En Perse, le nom même de zoroastrisme montre l’influence de la réforme d’Esdras. On voit dans le zoroastrisme une réforme du seul culte de Mithra. Cela montre que la lignée d’Eleazar n’a pas eu de pérennité non plus : on est revenu à un Moïse non sacrificiel. Il est souvent admis que les Halévis de Turquie sont assez proches des Zoroastriens.

L’influence de Mahomet y est également importante, puisque le Coran sera également reconnu comme un texte sacré en Perse, alors que la Torah n’est plus le texte sacré des Qaraïtes et des Samaritains.

  • Les Saducéens sont la religion tartare

Alexis de Russie étant identique au Jean Hyrcan de la dynastie hasmonéenne, un czar et un kniaz (roi et grand-prêtre), il est difficile de le relier réellement à la Russie. Au 17ème siècle, la Moscovie est un grand-duché intégré à l’Europe. Alexis est probablement Empereur des Tartares.

La religion « orthodoxe », proche de celle des « grecs » qu’il promeut est probablement une forme primitive d’hindouisme ou de lamaïsme. A la fin du 17ème siècle et au 18ème siècle, le dalai lama est présumé être le chef spirituel des Tartares et aussi des Chinois. En 1805, la chanoinesse de Heiliggraben dit que les livres sacrés des Hindous et des Lamas sont identiques. Elle ne parle jamais de Bouddhisme à leur sujet. Il semble que le terme de Bouddhisme s’applique plus alors à la religion populaire des Chamanes.

Les Saducéens sont réputés proches du Temple, comme l’ « orthodoxie » va se rapprocher de la religion romaine sous Alexis, et les textes sanskrits de l’hindouisme se rapprochent en beaucoup de points des doctrines catholiques romains.

Les sectes Bramines des Hindous se séparent également en sectes de Madhaio et Vichnou. Il existe un troisième personnage, Birmah, qui n’est pas adoré des Bramines, mais des Sikhs. Les Sikhs ne sont pas des Bramines, n’obéissent pas à un système de caste, et sont unitariens. Ils admettent donc les Védas mais n’admettent pas l’adoration de Devas inférieurs comme les bramines. Un syncrétisme similaire est à l’oeuvre dans le catholicisme romain. Birmah, Madhaio et Ishvara (Vichnou) se retrouvent dans Abraham, Moïse et Jésus.

Madhaio est un nom persan, et c’est celui que l’on trouve dans les textes sanskrits, cependant que les Hindous l’appellent toujours Shiva. Ce Madhaio est le Mithra des Perses ou « Pharisiens ».

Les Pourams décrivent de façon négative les dévôts de Madhaio de la même façon que les Evangiles attaquent les Pharisiens. Publiés en 1779. Ils sont écrits pour ressembler à  la Bible catholique de 1520, et pas aux originaux détruits par Aurengzeb (Alexis).

Ils proposent l’ensemble des points de vue du christianisme romain au 16ème siècle : Vichnou est à Madhaio et Brahma ce que le Dieu chrétien est au Yahvé des Juifs : il offre la béatitude céleste par l’acte de foi, cependant que les autres offrent des récompenses matérielles par les sacrifices. Dans le Mahabarata, toute l’histoire tend à rapprocher Krishna de Vichnou et Vichnou de l’Etre suprême. Tout en présentant les deux options de la querelle du Filioque, le Mahabarata, tend vers la réponse catholique romaine d’une même nature entre l’Etre suprême et l’incarnation.

Le Baghavad Geeta aborde la dispute théologique entre panthéisme et âme universelle fragmentée, telle qu’on la retrouve entre premiers chrétiens et gnostiques, et à la Renaissance entre scholastique et néoplatoniciens. Les textes hindouistes disent cependant clairement qu’après la première création, les intelligences non physiques se dégradent pendant un temps infini, jusqu’à se rebeller et chuter dans la matière. Ce point est beaucoup plus obscur dans le christianisme occidental.

On retrouve aussi quelques coutumes juives dans les Pourams, et une dimension plus arienne. Dans le Baghavad Geeta, Krishna dit à Arjuna qu’il n’est qu’un instrument du destin mais qu’il possède malgré tout le libre arbitre. Il vaut mieux l’unité de la divinité que le culte des images. La béatitude des adorateurs de l’Etre suprême domine sur les futilités passagères que procure l’adoration des Deiotas (saints). Les différents noms de l’Etre suprême font penser aux « noms de Dieu » du soufisme.

Les Pourams présente l’histoire comme si les castes avaient existé de tous temps, alors qu’elles n’ont qu’un à deux siècles au plus. En effet les souverains saducéens comme Jean Hyrcan s’attribuent le titre de grand-prêtre, ce que Charles-Quint n’avait pas fait. Cependant les Pourams minimisent l’importance de la caste des prêtres, auxquels les dévôts de Mithra (Pharisiens) sont attachés. Elle infériorise les prêtres Gans (Khans ou Cohen) de Mithra, par rapport au culte des Baghts (Bog) à Vichnou. Les Pourams révèlent une préférence claire pour Vichnou (Jésus), et pour les ksatryas, et relèguent le culte de Mithra et les castes à un archaïsme.

A la différence du catholicisme romain qui procède par excommunications, la propagande hindouiste prend l’apparence d’un récit mythologique de progrès de la civilisation. Les deux premières incarnations humaines de Vichnou sont bramines, mais la seconde Parasurama se comporte en guerrier. Les deux incarnations suivantes, les plus importantes, Rama Chandra et Krishna, respectivement avant et après le déluge, sont des ksatryas. Ces incarnations sont présentées comme de plus en plus parfaites. Le Ramayana va même affirmer que désormais être bramine n’est pas aussi important que d’adorer Vichnou. Le symbole de Vichnou, repris dans la bannière de Krishna est l’aigle, et correspond à celui de l’empire romain.

On n’est donc pas surpris que les bons génies du folklore persan, les Asuras, deviennent les méchants chez les Hindous. Les Perses sont assimilables aux Assyriens, et proches culturellement des Halévis plus occidentaux.

On va même inventer un méchant, le rajah Shakawser, qui persécute les bramines, qui sera l’objet de la vengeance de Parasurama. C’est certainement Alexis, et une preuve que les Pourams ne sont pas encore écrits au milieu du 17ème siècle. Le syncrétisme prescrit dans les Pourams dits « sacrés » est d’ailleurs toujours inexistant en Inde en 1805 : on y est de la secte de Mithra ou de celle de Vichnou.

Une telle rupture est apparente dans plusieurs sources :

  • Le roi hasmonéen Jean Hyrcan prend partie pour les Saducéens (orthodoxes), détruit le sanctuaire des Samaritains au mont Garizim, et détruire leurs livres sacrés. Il est le seul hasmonéen à se prétendre « khan », un titre qu’il usurpe pour les Pharisiens.
  • Genghis-Khan a détruit le Khanat de Kwarezm au 13ème siècle.
  • Hulagu-Khan détruit au 14ème siècle la forteresse des Ismaéliens à Alamut (peut-être Almaty au Kazakhstan, pas les ruines insignifiantes qui sont montrées aujourd’hui comme celles d’Alamut). Le culte de Madhaio emploie les stupéfiants comme l’opium et le cannabis, ce qu’on dira également des Ismaéliens dont les soldats sont les Hachichins. Ils sont également nommés Sicaires, comme le sont les Zélotes à l’époque du Christ. Les « Ismaéliens » sont les partisans de la religion de Michel de Russie.
  • La réforme de « l’orthodoxie » par Alexis Romanov en 1645 rapproche le rituel russe du rituel « grec » (catholique romain). Alexis a dû affronter une révolte de « vrais croyants » dans le sud de la Volga. Alexis Romanov va également ravager la Pologne, ce qui peut expliquer que l’unitarisme va également disparaître de Pologne au profit du catholicisme romain qu’il amène, et du judaïsme occidental qui rejettera désormais toute référence à Jésus.
  • La dynastie Achéménide disparaît lorsque Alexandre le Grand vainc Darius le jeune
  • Dans le Mahabarata Judister l’empereur adorateur de Vichnou remplace Durdjohn de la dynastie Corou, adorateur de Madhaio
  • Dans les récits Hindous, la conquête de l’Hindoustan par Aurengzeb en 1601, et la « destruction des livres sacrés des Indous ». Aurengzeb est identique à son supposé successeur Mohammed Shah ou Shah Jehan, c’est-à-dire le Prêtre Jean. Or le Prêtre Jean est un souverain « chrétien » vivant en orient dans la tradition populaire. Le fils de Shah Jehan va demander la traduction des Védas en persan, sous le nom d’Upanishads.
  • La destruction d’Atlantide (‘Ad) par les « anciens athéniens ». Un des symboles du culte de Madhaio est le trident, Poséidon étant une version hellénisée, et le panthéon grec un autre syncrétisme.

Les traditions arabes font de ‘Ad le premier peuple de l’humanité, dont le descendant immédiat est Amliq. C’est le peuple des Amalécites qui empêche les Israélites d’occuper la terre d’Israël. On doit y voir Juda ou Ajoudhia des textes sanskrits (la Grande Tartarie) et l’Amérique. La terre d’Amalek étant la Terre promise, l’Amérique est donc « un nouvel » Israël pour les Tartares.

Les récentistes ont parfois écrit que l’établissement en Israël était la colonisation européenne des Amériques à partir du 16ème siècle. Fomenko lui pense que c’est la Grande Tartarie qui conquiert l’Amérique au 16ème siècle et que l’Espagne ne la remplace qu’au 18ème au moment de la disparition de l’empire. Vraisemblablement la conquête espagnole survient bien au 16ème siècle mais elle se confronte à des empires issus de conquérants tartares antérieurs (Incas, Mexicas). La Tartarie est encore mentionnée comme ayant une frontière avec le « Nouveau-Mexique » dans des textes du 19ème siècle.

La Bible est publiée trop tôt pour que le récit raconte la conquête de l’Amérique par les européens. La Bible de Calvin en français de 1535 mentionne clairement l’Ancien Testament comme les traditions des Juifs, un autre peuple. Au 16ème siècle cependant, on trouve des mappemondes occidentales (Oronce Finé) où il n’y a pas d’Amérique entre l’Europe et la Chine.

Les européens n’identifient donc pas les peuples qu’ils mentionnent dans la Bible. Ils ne savent pas qui est ce Amalek. Quand ils arrivent en Amérique ils se rendent compte que les habitants lui donnent déjà ce nom. On va donc inventer des histoires qui se contredisent. Un navigateur obscur, sans renom par rapport à Colomb ou Magalhaes, et avec un prénom original, lui aura donné son nom : Amerigo Vespucci. Un auteur alternatif écrit que Colomb suivait une étoile nommée Merica.

Après Jean Hyrcan, les fonctions de roi et de grand-prêtre ne seront plus fusionnées chez les Hasmonéens, mais les textes sanskrits ne permettent pas d’y voir une victoire pharisienne. Il est dit que les Bramines vont reprendre le pouvoir, mais ils devront manger désormais à la table des Ksatryas, d’égal à égal.

Les Lamas tartares ou Saducéens ont tellement persécuté les Samaritains, que leurs successeurs Pharisiens vont revenir au seul culte de Mithra, dans sa version réformée par zoroastrienne.

Les récits qui font d’Alexis « Romanov » un tsar de Russie du 17ème siècle semblent copiés sur les récits entourant Tamerlan qui ont eu lieu un siècle auparavant.

Les touraniens ont régné en Europe de l’est et en Moscovie avant 1500 sous le nom de Sarmates. Après 1500 la Russie est distincte de la Tartarie, suite à la prise de Jérusalem (Moscou) par les Séleucides.

Ivan III en 1480 (début 16ème siècle) après la mort de Mehmet II (Juda Maccabée) aurait mis fin au joug tartare en Russie. Il s’agit du roi hasmonéen Jonathan, qui est sous domination séleucide (européenne).

Les cartes géographiques permettent d’observer les évolutions politiques : la métropole de Tartarie avant 1550 est Samarcande au Turkestan, dont les habitants sont dits « mahométans ». Tamerlan issu de la Horde Nagaya ravage Samarcande et fait prisonnier l’empereur des Turcs Bajazet. Il place sa capitale à Cambalich (1572 au moins-1676), et son territoire s’étend jusqu’à la Volga. Tamerlan va également fonder l’empire mogol en Hindoustan. Bajazet est Simon Maccabée ou Othman, fondateur de l’empire « ottoman » en Tartarie, reflété en Michel de Russie. Tamerlan est Jean Hyrcan .

La Perse en 1630 s’étend jusqu’à l’Indus, face à l’Empire mogol. A partir de 1636 les cartes distinguent Hyrcania et Alexandria comme villes principales. Tardivement Herat semble s’être appelée « Esterabad ». Son étendard représente historiquement un lion.

Jusqu’en 1585, la frontière de la Tartarie avec la Russie sera la Volga, puis entre 1585 et 1670 l’Ob. Par la suite la zone entre la Volga et l’Ob est disputée lors de la guerre « russo-ottomane ». Les « Ottomans » qui attaque Pierre Ier sont la dynastie hasmonéenne de Tartarie ou Juda, non les Turcs méridionaux.

L’Empire mogol s’étend au nord et au sud à partir de 1675, en même temps qu’une première attaque tartare sur la Volga, et fonde Selinga comme nouvelle capitale. Au nord de l’Himalaya il fonde le Royaume lamaïste du Thibet. A l’ouest il prend l’Afghanistan à l’empire perse. Les trois entités Tibet, Moghol et Grande Tartarie semblent agir ensemble. Ce sont donc les lamas qui sont à la manœuvre.

En 1694, les Tartares attaquent Pierre Ier. L’aventure tourne court. En 1702, la Tartarie est divisée en trois. Le nord est perdu progressivement au profit de Moscou. Le « Grand Tibet » (Xinjiang) des Tartares Eiluts va se séparer de la Tartarie indépendante

Entre 1748 et 1775, la  « révolte de Pougachev » est menée par la Tartarie indépendante et le Grand Thibet. Les Tartares vont reprendre le sud de la Volga. En 1816, les Eiluts sont intégrés à la Tartarie chinoise sous le nom de Mongolie et séparés du « Grand Thibet ».

En 1824, la zone ouest du Turkestan est renommée Tatarie. La Mongolie, la Tartarie chinoise, le Thibet et la Chine propre forment les quatre parties de l’ « Empire de Chine ». La Tartarie chinoise est renommée ensuite Mandchourie.

La fuite au Tibet est clairement intervenue au moment de la disparition de la Grande Tartarie à partir de 1775. Le dalai lama est toujours le chef spirituel de la Chine en 1805. Les bramines de l’Inde ont eux acquis une forme d’indépendance vis-à-vis des Lamas.

Au 4ème âge, les Lamas laisseront de côté Krishna qui est dit avoir « disparu » pour Bouddha. Mais en 1805 quand écrit la chanoinesse de Heliggraben, ils suivent toujours les principes généraux de l’hindouisme.

 

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Deux réformes

Les souverains « ottomans » de Russie sont les seuls à porter le titre de tsar, kniaz ou khans. A savoir Ivan (V, Yohanan), Simeon, Fedor, Boris, Vassili, Michel, Alexei et Fyodor II. Pierre Ier portera le titre d’ « empereur ».

Les Hasmonéens/Ottomans orientaux sont donc équivalents aux « Césars ». Les empereurs « germaniques » d’occident porteront le titre d’ « Auguste ».

Nous avons écrit que l’église de Rome sous Charles-Quint avait renversé l’ancien ordre templier. Il semble cependant que l’église de Rome sous Charles-Quint était encore unitarienne, puisque le concile de Trente ne se termine qu’après sa mort (1556) en 1563. Le culte jésuite unitarien, dont l’objectif fut de créer une religion universelle pour un empire universel, crée l’Empire romain et le culte de Jovis (Yahvé), qui remplace notamment le culte d’Osiris en Europe et en Egypte. L’osirisme est répandu en Toscane à la cour des Medicis, où on le présente comme « religion platonicienne ».

La pensée de Paul est très proche de celle des premières utopies jésuites : il n’y aurait plus ni juif ni grec (traduit parfois faussement en « gentil ». Les juifs ici désignent les asiatiques, les grecs les européens). Or les épîtres de Paul ne citent pas les Evangiles (qu’il ne connaît sans doute pas), et présentent comme événement de la révélation la mort du Christ, et non la résurrection. C’est ce qui explique l’existence d’un Marc court, et d’un Jean court, sans les épisodes de la résurrection. L’église templière moderne présente ce Jean court comme leur évangile « secret ».

L’opposition entre catholiques romains trinitaires et « protestants » unitariens (les vrais protestants) au 16ème siècle est reflétée dans tous les schismes qu’a connus l’église catholique romaine : arien, monophysite, nestorien, orthodoxe. Elle survient cependant fort tard lors du concile de Trente. Elle ne porte pas sur une question littéraire de savoir si Jésus était fils de Dieu ou fils de l’homme, entre substance et essence. Mais poser la question dans un cadre aristotélicien suppose d’emblée que Dieu est extérieur à l’homme. Or les unitariens sont platoniciens et considèrent l’univers entier comme une émanation de la divinité. Les unitariens ont la foi de Jésus, qui est un modèle à imiter, la crucifixion étant symbolique du défi de l’incarnation pour tout être humain. Les trinitaires représentent un modèle plus aristotélicien, ou on a foi en Jésus, perçu comme une divinité extérieure providentielle. Paul serait donc un « templier » et un unitarien. Au moment où Jean et Marc sont rédigés, leur lecture est unitarienne. Ce sont les évangiles en latin d’Erasme/Jérôme qui introduit les versions modernes des Evangiles avec les épisodes de la résurrection.

Ainsi la réforme « tridentine » du 16ème siècle s’effectue donc en deux temps. Charles-Quint a fait disparaître les divinités païennes. On dit que le culte des saints à son époque a été réprimé, mais il est toujours vivace des siècles plus tard. Probablement, un choix plus souple a fini par prévaloir, la transformation des divinités en saints de l’église catholique.

Il en est de même en Egypte, où Akhenaton réprime le culte des neteru égyptiens et du messie Osiris. Roger Sabbah et Anatoly Fomenko montrent tous deux que la langue hébraïque désigne à l’origine les hiéroglyphes égyptiens, et que les textes des pyramides sont proches des Psaumes bibliques, et que le mot « Aton » doit être prononcé iodh, c’est-à-dire Yahvé. Pour Sabbah la Septante remplace une Torah égyptienne limitée à la Genèse. Il pense qu’ « Isra-el » signifie « le dieu d’Osiris ».

Il essaie de lier Yahvé au culte osirien, mais Aton (Yahvé) vient bien remplacer Osiris. Le i que l’on retrouve sur les dates du 16ème siècle à la place du 1 pourrait vouloir dire « ère de Iahvé » et non incarnatio étant donné que jamais un Jésus ne s’est réellement incarné.

Sabbah lit aussi Israël dans Mizraim et dit que le Coran admet les droits des Juifs sur l’Egypte et que ceux-ci ont pour messie Osiris. Cependant l’auteur du Coran est le khan de Juda (l’Asie) et revendique pour lui-même l’Egypte, qu’il va d’ailleurs conquérir. Les judéens avaient encore pour messie Osiris mais l’auteur du Coran est un réformateur.

« Mizraim » dans les textes égyptiens désigne Ismaël, et Khem la terre du Cham, c’est-à-dire l’Asie. Il s’agit de terres noires, très fertiles, comme la couleur du chernozium ukrainien.

Le Coran nestorien/nazaréen est traduit en latin en 1543. Il se démarque des « juifs » et dénonce les « associationnistes » (les trinitaires de Rome), et leur pratique du sacrifice du taureau. Il est vrai que le culte de Mithra en Europe est très associé à celui de Jovis.

Comme en Europe, il y a en effet deux séquences de réforme religieuse en Egypte. La première est celle d’Akhenaton/Charles-Quint, la seconde celle des Hyksos/Mamelouks de Tamerlan.

Le mélange des éléments propres à Charles-Quint et Tamerlan dans les biographies de Soliman, Mehmet ou Alexandre conduit a une grande confusion.

Ainsi Fomenko associe-t-il aussi Akhénaton à Mehmet mais aussi à Constantin. En effet Akhénaton et Mehmet lancent une nouvelle religion plus austère, plus strictement « monothéiste » et sans représentations. De même Akhénaton fonde une nouvelle capitale (introuvable) à « Amarna » cependant que Constantin fonde une nouvelle capitale « romaine », et les deux fondent une nouvelle religion.

Cependant, le visage d’Akhenaton a été effacé sur les temples égyptiens par les Mamelouks. Ceux-ci n’auraient pas défiguré le prophète. Les musulmans sont connus comme iconoclastes, mais les autres pharaons n’ont pas subi un tel traitement.

Akhenaton est donc Constantin ou Charles-Quint. Touthmosis est Théodose ou Mehmet (Tamerlan, Batu).

A la différence de Constantin, Mehmet ne bâtit pas une nouvelle capitale mais vient la conquérir. Ainsi la prise de Constantinople par Mehmet peut être assimilée à la victoire de Kadesh (la ville sainte) obtenue par Touthmosis III ou Ramsès II.

L’obélisque de Touthmosis à Istanbul l’identifie à Théodose. Un autre obélisque y est dédié à Constantin.

Théodose est présenté comme un successeur légitime de Constantin. Mehmet a conquis la ville. Cependant le pape était encore prêt à le reconnaître comme empereur romain légitime s’il se convertissait. Voilà pourquoi dans le récit byzantin, la séparation de l’empire romain d’occident et de l’empire romain d’orient ne survient qu’après lui.

Les prêtres ayant pour la plupart rejoint l’Eglise romaine, les chevaliers de l’ordre du Temple vont perdre leurs prérogatives et choisir de s’allier avec l’empereur d’orient. Ils seront appelés « égyptiens » (gitans) ou « bohémiens » du nom des parties de l’empire qui lui sont fidèles. Ils sont aussi appelés Circassiens du nom de la dynastie Cherkasskiy d’Egypte (mamelouks). De là viendra le « cirque » dont ils feront leur profession.

« Protestants », ceux-ci en viendront à créer un culte sans prêtres. En Espagne, on les appellera les Morisques, en France les Cathares, en Grande-Bretagne les Puritains (jésuites unitariens). Ces derniers vont s’exiler pour partie en Amérique et être parmi les premiers fondateurs des Etats-Unis.

D’autres sectes protestantes accepteront un accord suite à la Guerre de Trente ans (1618-1648), une autorité limitée du pape et le trinitarisme, comme les Luthériens.
Une autre secte persécutée, présente en Espagne, Pologne, Russie, renonce au messie Jésus. Ce sont les juifs contemporains.
En Tartaro-Russie, il y avait toujours des khans et donc une prêtrise. Des initiations étaient toujours données et tout un enseignement de type platonicien continuait d’être donné, à travers la gnose soufie par exemple. Tel n’était plus le cas en occident. Le projet des Mystères pour tous disparaissait car il n’y avait simplement plus de Mystères dans une église romaine devenue aristotélicienne et thomiste. Les protestants des diverses sectes avaient perdu leurs prêtres. Les pasteurs et autres rabbins n’étaient le plus souvent pas initiés et développèrent une conception très littérale des textes. Seule la franc-maçonnerie écossaise conservera une partie des traditions gnostiques des Templiers gaulois.
Certaine régions d’Europe résistaient à l’empire. D’abord la Gaule sera soumise lors de la défaite d’Henri II Valois (Gaulois) et sa reddition à Charles-Quint. La dynastie passera alors aux Bourbons, Charles IX « le Chauve » étant le petit fils de Charles-Quint et non le fils d’Henri II. L’Allemagne résistera pendant toute la Guerre de Trente ans (1618-1648). La Grande-Bretagne de Charles II Stuart aura ses « Cavaliers » unitariens. La République de Pologne-Lithuanie de confession unitarienne apportera son soutien aux Ottomans. Toutes ces guerres à la même époque n’étaient pas isolées les unes des autres et ne formaient qu’un seul grand conflit.

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Patriarcats

En 1640, le « Patriarcat d’Alexandrie » correspond à l’Egypte entière.

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Géographie du Patriarcat d’Alexandrie, Tavernier 1640

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Les noms des villes dans le patriarcat « orthodoxe » sont les noms grecs issus de l’Egypte antique : Heliopolis, Hermopolis, Arsinoé… Le Caire est appelée Babylone.

L’atlas d’Ortelius aurait eu sa première édition en 1570. Comme la Gaule, la Grèce et l’Egypte sont en période charnière. Ortelius présente deux cartes de la Grèce. L’une avec des noms grecs antiques, l’autre avec les noms turcs. Troie y est d’ailleurs mentionnée, ainsi que Magnésie, Pergame et plusieurs Antioche.

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Elévation du Chateau du Fare d’Alexandrie, Etienne Gravier, 18ème siècle

Le phare d’Alexandrie est toujours debout. C’est aussi une mosquée.

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Plan_du_fort_d'Alexandrie_appellé_[...]Gravier_Étienne_btv1b55000013f_1Plan du Fort d’Alexandrie appelé le grand Fare qui défend l’entrée du Port, Etienne Gravier, 17ème siècle

Ceci permet d’expliquer une curiosité. En France, les premiers feux de port sont introduits par Louis XIV et Colbert dans la seconde moitié du 17ème siècle. Ils se seraient inspirés du seul modèle alors existant : le phare d’Alexandrie du 4ème siècle av JC.

Nous avons vu que les patriarcats orthodoxes (supposés du 11ème siècle) ont leur siège dans les mêmes villes que les « églises des premiers chrétiens », et reconnaissent les mêmes apôtres comme fondateurs. Ainsi le patriarcat d’Alexandrie est fondé par Marc, de même que l’église primitive d’Alexandrie.

Le schisme de 1054 voit  l’église de Rome subir le schisme orthodoxe. Ces orthodoxes vont curieusement recréer les patriarcats antiques. En remettant les choses à l’endroit, le patriarcat de Rome a fait scission des autres églises primitives et s’est déclarée « église catholique romaine ». C’est arrivé en réalité au concile de Trente (1545-1563) voire plus tard. Rappelons qu’il n’existe pas de « contre-réforme », mais une « réforme catholique ». Les Bénédictins de Saint-Maur, ordre réformé sont bien un ordre catholique romain.

Les patriarcats « orthodoxes » ont des mosquées. Il s’agit à l’époque d’une religion pré-musulmane, qui se veut la continuatrice de l’ordre du Temple, l’arianisme. La véritable orthodoxie est créée en 1653 en Russie quand Alexis « Romanov » et le patriarche Nikon opère la « réforme de l’orthodoxie » en rapprochant le rituel grec (comprendre le catholicisme romain) et le rituel russe.

Il existe trois « patriarches d’Alexandrie » actuels, qui ont pour domaine l’ensemble de l’Afrique (et non la seule Egypte comme ici) :

  • le patriarche de l’Église orthodoxe d’Alexandrie
  • le patriarche de l’Eglise catholique copte (il est en réalité au Caire)
  • le patriarche de la Prédication de Saint Marc, de l’Église copte orthodoxe

Le patriarcat arien originel mentionné sur la carte de 1640 n’a pas su garder son unité et son indépendance. Des factions se sont ralliés à Rome, à Moscou, puis à l’islam sunnite.

L’osirisme avait déjà disparu, avec les conquêtes de Charles-Quint (Akhénaton pour les Egyptiens), qui n’a pas pris que Tunis (Carthage à l’époque) mais toute l’Afrique du nord.

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« Sourie ou Terre Sainte moderne », 17ème siècle, Philippe de la Rue

La division politique est pratiquement celle du Nouveau Testament. Les villes en ruines sont signalées, mais Capharnaüm ou Genesareth ne sont pas signalées en ruines. Apparemment on donnait le nom de « Sourie » à la Palestine. Flavius Josèphe distingue la terre d’Aram et la Syrie, mais confond souvent Syrie et Assyrie.

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La dynastie tartare 1613-1775

Fomenko a affirmé que les grands khans tartares ont vécu au 14ème siècle. Il faut sans doute les rapprocher de deux siècles. L’Empire romain est ce qu’on nommera plus tard le « Saint » Empire romain et s’est étendu réellement entre 1530 et 1806. Des parallélismes sont observés jusqu’au concile Vatican I en 1870. La dynastie Hasmonéenne de Judée est identique à la dynastie Ottomane. L’histoire ottomane est toutefois très déformée. Avant Abdulhamid Ier en 1774, les Ottomans sont une dynastie tartare, bien plus puissante que la dynastie anatolienne qui leur succède.

Les Hasmonéens sont identiques aux Mongols, aux anciens Assyriens, aux Achéménides de Perse et bien d’autres dynasties orientales. L’Empire de Byzance qui a duré mille ans contient de nombreux reflets de la dynastie tartare. Le récit dont les dates sont les plus proches de la réalité est celui de la dynastie Romanov de Russie entre le premier tsar Romanov Michel Ier et la révolte de Pougachev. Michel Ier et son successeur Alexis Ier n’étaient pas en leur temps appelés Romanov. Ils n’étaient pas des tsars, un titre qui n’apparaît qu’avec Pierre Ier, mais des kniaz, c’est-à-dire des Cohen ou grands-prêtres.

Le livre Antiquités judaïques de Flavius Josèphe reprend point par point l’Ancien Testament mais remplace le Nouveau Testament par l’histoire des Hasmonéens. Jésus y est remplacé par des “rebelles juifs” à la puissance de Rome. Antiquités judaïques se poursuit jusqu’à la mort d’Antigone Mattathias dernier roi hasmonéen, qui serait dans notre reconstruction l’individu surnommé Pougachev, un paysan rebelle exécuté en 1775 que Fomenko présente de façon argumentée comme un tsar. Cela signifie qu’Antiquités des juifs est un livre plus tardif encore.

C’est un ouvrage en partie falsifié. Tout d’abord, parmi les Hasmonéens, seuls les Saducéens (comprendre l’église orthodoxe) admettent l’Ancien Testament. Il s’agit d’un texte issu de l’église catholique romaine. Il est logique que Flavius Josèphe le reprenne dans la mesure où il reconnaît s’être rangé aux côtés de Rome – mais pas l’ancien empire romain tel que nous le supposons. Le monde musulman contemporain hérite des textes admis par les autres groupes de Judée (Tartarie) comme les Samaritains (à l’époque) ou Ismaéliens qui ne reconnaissent pas l’Ancien Testament.

Par ailleurs, Antiquités judaïques est inconnu au « Moyen-Age », même des milieux juifs. Des textes très populaires supposés s’en inspirer circulent au Moyen-Age. Il s’agit de l’Hégésippe ou “Pseudo”-Hégésippe en latin dans les milieux « chrétiens » et du Josippon en hébreu dans les milieux juifs, dont Rashi prétend même qu’il fut écrit par Flavius Josèphe.

Josippon aurait été écrit au 10ème siècle par un juif italien « inconnu ». Toutefois il montrerait qu’il connaît les œuvres de Virgile que nous avons montré être un auteur du 15ème ou 16ème siècle. L’auteur dit qu’il a repris les travaux d’un certain Joseph ben Gorion, un général hasmonéen qui vécut à la même époque que Flavius Josèphe. Les exégètes nous assurent que l’auteur s’est trompé : il aurat dû dire « Flavius Josèphe ». Il aurait connu également les deux premiers Livres des Maccabées, présents dans la Bible catholique romaine.

Il est dit que Jossipon ne s’inspire pas directement d’Antiquités judaïques, mais du Pseudo-Hégésippe et de sources latines incomplètes reprenant le contenu d’Antiquités judaïques. Le Pseudo-Hégésippe est une adaptation « chrétienne » du 4ème siècle en latin de « Guerres des juifs », un autre classique en grec de Flavius Josèphe. Ce Pseudo-Hégésippe contient toutefois également des éléments tirés d’Antiquités judaïques. Il n’est pas dit que ces éléments sont identiques à ceux contenus dans Josippon.

Dans les grandes lignes, Josippon et Pseudo-Hégésippe sont le même livre et le livre original. La version initiale du Josippon écrite en 953 a été publiée en hébreu à Mantoue en 1475-1477. Mantoue est ici certainement Madrid. Elle évoque Jean le Baptiste, ni Jésus ni l’Eglise primitive.

Une version plus fournie fut publiée en Italie en 1160 mais on n’en trouve une version imprimée à Constantinople qu’en 1509. L’auteur y est Joseph ben Gorion, dont la version courte ne faisait que s’inspirer. Cette version n’est pas considérée fiable, car Vespasien y est couronné empereur dans un decorum médiéval. Elle parle cependant de Jésus. Elle fut sans doute écrite par les romains pour historiciser le personnage de Jésus.

Le récit de Josippon est logique dans notre reconstruction. Les descendants de Noé sont reliés à un ensemble de peuples et de tribus du 10ème siècle, de façon plus claire que la Table des nations bibliques. Nous avons vu que ces peuples existent au 16ème siècle. Josippon enchaîne sur la fondation de Rome, la construction du Second Temple et la chute de la forteresse de Massada. La fondation de Rome est donc présentée comme un événement majeur du judaïsme !

Antiquités judaïques remplace cette histoire par l’Ancien Testament et ajoute une confusion historique délibérée. L’assassinat d’Aristobule II en 37 av JC, dernier roi hasmonéen, est suivie du couronnement d’Hérode, roi de Judée édomite, désigné par les Romains comme nouveau Roi des Juifs. Or Aristobule II est le frère de Pierre II, tsar russe du 18ème siècle. Hérode a vécu bien plus tôt. Il est Ferdinand II d’Aragon (1452-1516) ou encore Frédéric III de Habsbourg, roi (et non empereur) des Romains.

La famille de Ferdinand vient de la ville de Medina del Campo, aujourd’hui désignée comme « pré-romaine » (au 15ème siècle !). C’est une cité de Castille et non d’Aragon, mais la Castille était lors nommée Tarraconensis. Ferdinand est surnommé « le Catholique » comme si l’Espagne n’avait pas déjà été reconquise en quasi-totalité à son époque et n’était pas catholique.

L’Espagne aurait été en très grande partie musulmane à compter de 722. Il fut reconquise par morceaux par l’Eglise catholique jusqu’à être entièrement reprise en 1492 quand les Nasrides (Nazaréens ?) de l’émirat de Grenade furent vaincus. Sept siècles font une très longue période de temps. Cinquante années auraient suffi à entièrement transformer la culture espagnole. Aucune reconquête n’aurait eu de sens par la suite.

L’Espagne est connue pour son importante culture « juive ». Pour une raison obscure, les Juifs furent expulsés en 1492 en même temps que les Musulmans. Il se dit que les Juifs ne vivaient que dans des régions musulmanes, les Musulmans ayant une bien plus grande tolérance religieuse que les Chrétiens. En réalité, les « Juifs » comme les « Musulmans » de l’époque désignent l’ancien Ordre du Temple. Ces derniers sont présents partout en Europe, d’où la légende des Juifs expulsés de tous les pays. Hérode le roi de Rome a changé la religion.

A partir de Ferdinand d’Aragon, l’Espagne va être le pays dominant en Europe au 16ème siècle. C’est la principale couronne portée par Charles-Quint, empereur romain, et la conquête des Amériques partira d’Espagne. Ferdinand est roi de Sardaigne, Sicile et même roi de Naples à partir de 1503, commençant une longue période de domination espagnole sur l’Italie. Sous son nom Habsbourg il possédait plus encore de territoires.

Nous avons déjà montré l’identité de Charles-Quint avec Charlemagne, Soliman le Magnifique ou encore le roi Salomon de la Bible. Ferdinand serait donc identique à David. Ferdinand, David et Hérode vont chacun organiser un recensement de la population.

Edom, d’où vient Hérode, désigne l’Europe ou encore l’Empire romain dans la kabbale juive. C’est le véritable sens originel. Plus tard on désignera un petit pays hypothétique au sud de la Palestine sous ce nom. Hérode met à mort deux prêtres juifs nommés Matthias et Juda. Aux tous débuts de la dynastie hasmonéenne, les deux chefs militaires juifs sont nommés Mattathias et Juda Maccabée. Les Séleucides qu’ils combattent alors sont identiques aux Romains qui soutiennent Hérode. Sous son identité Séleucide, Charles-Quint est Antiochos (Quint). Sous son identité Edomite, il est Archelaos (Charles).

Le Hérode d’Antiquité judaïques est différent du Hérode des Evangiles. Le héros qu’il affronte n’est pas Jésus mais la paire formée de Matthias et Juda. Il est un étranger placé par Rome sur le trône de Judée. C’est ce qu’est Frédéric III Habsbourg pour les Hongrois.

Antiquités judaïques dit que les chefs de la rébellion juive de 4 av JC sacrifiaient au Temple : ils doivent donc avoir été prêtres. Matthias et Juda ont entendu les rumeurs de la mort d’Hérode et détruisirent l’aigle doré au-dessus de la porte du Temple qui symbolisait le pouvoir romain. Mais la rumeur était fausse et les deux docteurs de la loi avec quarante jeunes hommes furent condamnés au bûcher. Puis Hérode mourut à Jericho (Autriche). Il avait nommé Archelaos comme successeur. Mais son autre fils Antipater avait été désigné dans un testament antérieur. Ce dernier contesta le témoignage et demanda audience à Rome.

Archelaos et Antipater sont Charles-Quint et Ferdinand Ier d’Espagne. Antipater est nommé ainsi car il est le petit-fils d’un autre Ferdinand, Ferdinand d’Aragon. Ce dernier n’avait pas laissé de testament ce qui empêcha Ferdinand Ier de lui succéder sur les trônes de Castille et d’Aragon. Un autre de ses petits-fils, Charles-Quint deviendra roi d’Espagne par l’intermédiaire de sa mère, la véritable reine. L’histoire d’Espagne est très similaire à l’histoire de l’Empire romain : les prétentions de Ferdinand Ier au titre d’empereur furent également rejetées au profit de Charles-Quint.

Archelaos promit à la foule massée devant le Temple de libérer les prisonniers politiques d’Hérode et de gouverner avec plus de libéralité. La foule exigea alors que fut démis le Grand-Prêtre nommé par Hérode pour un autre « pieux et pur » (de la lignée « aaronide » ainsi qu’il est suggéré). Le jour de la Pâque, les partisans des Hasmonéens lancèrent une émeute et les troupes d’Archelaos massacrèrent 3000 d’entre eux à l’extérieur des murs du Temple. Antipater et Archelaos furent convoqués à Rome devant Jules César. Antipater accusa Archelaos du massacre et de ne pas avoir pleuré Hérode. Nicolas de Damas, “commissaire politique” de Judée, parla alors pour Archelaos et affirma que les émeutiers étaient des ennemis de Rome. César suivit son avis et valida les prétentions d’Archelaos.

Le massacre causé par Archelaos est bien connu : c’est le massacre de 1527 causé à Rome par les troupes de Charles-Quint. On parle de 40 000 morts et non 3000. Le Temple est la future basilique Saint-Pierre. « César » est le surnom du pape Jules II, qui dirigeait encore l’église quelques années plus tôt. Toutefois le Grand-Prêtre qu’Hérode avait nommé semble être un autre personnage dans le texte de Josèphe. Jules César pourrait être le messie Osiris ou Eleazar, dont les jugements sont demandés pour désigner le roi de Rome au 16ème siècle.

Le grand-prêtre illégitime doit être Clément VII (Jules de Médicis). Quand Saint-Pierre fut pillée en 1526, Clément était resté pape et même couronné Charles-Quint quatre années plus tard. Ce n’est pas l’attitude d’un pape ennemi. Il existe un reflet de cette histoire parmi les papes d’Avignon au 14ème siècle. Le premier d’entre eux, Clément V, avait été choisi par Philippe le Bel, roi de « France ».

Matthias_I_(Chronica_Hungarorum)

Matthias de Hongrie

Matthias est le roi de Hongrie Matthias Corvin. Il est le fils de Jan Hunyadi et disciple de Jan Hus, fondateur de l’hérésie hussite. Hus et Hunyadi sont probablement le même individu. Fomenko prétend que les Hussites étaient aussi appelés Zélotes ! Le schisme des Hussites serait survenu au concile de Bâle en 1441, précisément quand les églises orthodoxe et catholique romaine auraient supposément échoué à se réunir. Probablement le schisme hussite est un siècle plus tardif.

Matthias Corvin créa une immense armée de mercenaires appelée fekete sereg ou « chevaliers noirs de Hongrie », qui auraient existé entre 1458 et 1492 (l’année charnière habituelle). Ces soldats auraient été des Hussites de Bohême. Ils étaient aussi appelés Hussards. Le mot de « Hussards » ne viendrait pas de « Hussites » mais de Húsz (prononcer housse) qui signifie vingt en hongrois. C’est assez improbable, hussite et hussard étant probablement des synonymes. Chaque village hongrois devait fournir un chevalier équipé pour vingt hommes valides. « Equipé » veut d’ailleurs dire étymologiquement « avec un cheval » comme le mot de chevalier implique également un cheval. Les Cosaques – une traduction de Hussards –  suivent une règle similaire mais demandaient un tribut pour dix hommes, ce qui est la définition de la dîme, impôt appliqué tant par l’ « église » que par Charlemagne.

La biographie de Matthias dit qu’il affronta le Saint-Empire et les Ottomans. Il n’y a pas encore d’Ottomans alors, et Matthias va contribuer à les fonder. Il est reflété dans le sultan ottoman Mourad II. Mourad II avait emprisonné Vlad Tepes à Andrinople, avant d’en faire son allié. Matthias était également un allié de Vlad Tepes mais le mit malgré tout en prison. Mourad II prit Constantinople un temps, comme Matthias prit Vienne pour un temps en 1485.

Dans l’histoire hasmonéenne, Mattathias, prêtre de Yehoyarib (Yahvé) combat avec les Hassidéens contre les Séleucides. Les Hassidéens sont les Hassidim, movement “juif” du 16ème siècle en Europe de l’est. Le terme séleucide peut avoir un lien avec l’épithète « salique » qui désigne la loi franque (ou romaine) en français. Antiochos Epiphane le Séleucide profane le Temple. Archélaos l’Edomite massacre les partisans hasmonéens en 4 av JC après la chute de la dynastie hasmonéenne. Ces deux faits sont à attribuer à Charles-Quint qui profane Saint-Pierre en 1526 et massacre les habitants de Rome l’année suivante. Le premier Mattathias meurt la première année de la révolte contre les Séleucides. Le second Matthias est condamné au bûcher par Hérode.

Cette même année 1526 voit la fin du royaume de Hongrie. Ferdinand d’Espagne (Antipater) est désigné archiduc d’Autriche sous le nom de « Ferdinand de Habsbourg ». Il aurait été un vassal de Soliman le sultan ottoman. Il est improbable que les textes turcs mentionnent Soliman comme leur sultan. Soliman est une déformation de Charlemagne, soit Charles-Quint. Ferdinand est naturellement le vassal de son frère l’empereur.

Le chef des Hongrois en exil, un homme nommé Zapolya, demanda l’aide de Soliman. Le sultan vint et fera la conquête de l’Europe centrale, jusqu’au siège de Vienne en 1529. Ferdinand a fui en Bohême. C’est Charles-Quint qui tient la ville.

Si les Turcs avaient été suzerains sur l’Autriche et la Hongrie, ils n’auraient pas aidé Zapolya. Si Soliman ne fit pas le siège de Vienne, il s’agit sans doute de Scander Bey. L’armée turque souffrit d’une épidémie sous les murs de Vienne. Dans la Bible, les armées du roi d’Assyrie Sennacherib subissent une peste pendant le Siège de Jerusalem. Vienne est aussi Constantinople, la nouvelle capitale de Constantin. Vienne fut choisie comme nouvelle capitale par Charles-Quint.

Juda Maccabée est présenté comme le fils de Mattathias. Le second Matthias rebelle à Hérode en revanche n’est pas le père du second Juda. Juda Maccabée signifie “Grand Bey de Juda”. Il est identique à Scander Bey et Mehmet II, le sultan ottoman qui suit Mourad II. Mehmet II va donc faire le siège de Vienne, pas de Constantinople.

Soliman a échoué à prendre Vienne, Sennacherib à prendre Jérusalem. Mehmet II en revanche a bien pris Constantinople en “1453”. Juda Maccabée lui a pris Jerusalem pendant quelques temps et y rétablit le culte du Temple. La légende de “Soliman” pregnant la ville vient sans doute de sa reconquête par Charles-Quint.

Vlad Tepes en Transsylvanie et Scander Bey en Albanie ont servi le sultan puis l’ont trahi pour combattre pour « la chrétienté ». Ils sont des « janissaires » chrétiens servant le sultan musulman. Il faut peut être y voir de “Jan Hussites”. Ils partagent des traits communs avec Mehmet II également. Ils n’étaient sans doute pas des ennemis des Ottomans, mais de l’Empire romain.

La prise de Constantinople par les Ottomans en 1453 aurait mené à la fin définitive de l’empire byzantin. Cet empire de mille ans avait miraculeusement survécu à l’existence dès 1420 d’un « sultan en Europe » nommé Musa Celebi ayant sa capitale à Andrinople, opposé au sultan d’Asie Mehmet Ier. Musa Celebi ayant possédé la Thrace, l’empire byzantin aurait survécu malgré tout dans la seule ville de Constantinople.

En réalité, les cartes avant 1540 mentionnent la Ionie grecque antique, immédiatement remplacée par l’ « Empire des Turcs ». Parfois un « Empire de Constantinople » est mentionné mais il s’agit déjà de l’empire ottoman. Byzance est une réflexion de l’Empire des Turcs et de la dynastie tartare qui lui succède.

Le parallèle est clair entre l’histoire racontée en grec par Flavius Josèphe sur les Hasmonéens et le joug des Séleucides, et les chroniques turques sur le joug Seldjoukide sur les Ottomans. Ces chroniques parlent précisément de la division de l’Empire Seldoukide, supposément au 13ème siècle, entre la dynastie des Seldjoukides du Roûm en Anatolie, et les Grands Seldjoukides plus à l’est. Les fondateurs respectifs de ces deux dynasties sont Israil – dont le successeur est Musa – et Mikhail. Ce récit est probablement un doublon des deux sultanats ottomans du début du 15ème siècle de Musa Celebi en Europe et Mehmet Ier en Asie. Le plus souvent Israil est distingué d’Ismaël. Le fondateur de cette dynastie Ismaélienne est Michel Ier de Russie dit Michel Romanov.

La dynastie des Ottomans telle qu’elle es reconstruite de nos jours est assez éloignée du récit des Hasmonéens. Les parallèles sont plus nombreux entre les Hasmonéens et la dynastie russe des Romanov, entre 1613 et 1775. Michel et son successeur Alexis ne sont pas nommés Romanov sur les documents de l’époque. Ils ne dirigent pas strictement en Moscovie mais aussi plus à l’est.

Les livres sur la dynastie hasmonéenne mentionnnent pour capitale Jérusalem. Nosovskiy a montré que la construction du Second Temple par Ezra rappelle l’architecture du Kremlin de Moscou. Sans doute Moscou est alors nommée Iaroslavl. Il s’agit de la troisième « Rome » ou Jérusalem après Rome et Vienne. Le nom de Moscou apparaît sur les cartes après 1600, et le nom de Iaroslavl donné à une autre ville.

Mattathias et Juda Maccabée n’ont pas fondé la dynastie hasmonéenne. Jonathan est grand-prêtre après son frère Juda. Il perd la Judée mais récupère son titre de grand-prêtre en soutenant Alexandre Balas contre Demetrios Sôter dans la succession au trône séleucide. Le grand-prêtre Jonathan est le Grand-duc de Moscovie Ivan IV. Demetrios serait le « tsar » Dimitri II (1605-1606), considéré comme un usurpateur prétendant être Dimitri le fils et héritier de Ivan. Il est connu dans l’histoire russe comme le « faux Dimitri ». Tout comme Demetrios Sôter n’est pas de lignée hasmonéenne. Alexander Balas serait son successeur Vassili Shuisky.

Il n’y a pas d’usurpateur dans l’histoire des Hasmonéens. Jonathan n’est pas un roi indépendant. Il doit choisir entre deux empires. Sur les cartes de la fin de 1570 – celles du Theatrum d’Ortelius par exemple – le Grand-duc Ivan de Moscovie vit dans une tente similaire à celles du Cham d’un immense pays appelé la Grande Tartarie, dont le nom est Tamerlan. On voit donc que Tamerlan a été antidaté de deux siècles. Mais la Moscovie est associée à l’Europe. Dimitri est sans doute Tamerlan. Il n’a jamais prétendu être le fils de Ivan, et est le Khan légitime de Tartarie. Il est aussi l’ancien Mithridate , c’est-à-dire un prêtre de Mithra, la religion zoroastrienne étant répandue en Asie. Alexander Balas/ Vassili Shuysky pourrait être l’empereur romain Maximilien II, qui fut favorable aux protestants.

Il existe une autre histoire où l’héritier légitime au trône nommé Dimitri est remplacé par un usurpateur nommé Dimitri. Dimitri III de Suzdal (1324-1343) appelé « l’Usurpateur” est couronne à la mort du « tsar » Ivan II avec l’aide du tartare Nuruzbeg (un alter ego), fils d Chanibek Khan ( !), mais doit rendre le trône à son héritier légitime Dimitri Ivanovitch Donskoï, son propre gendre qui a épousé sa fille Eudoxie de Suzdal en 1367. Dimitri Donskoï est un personnage important de l’histoire de la Russie, et il se serait allié à Tamerlan pour conquérir l’Assyrie et l’Egypte. Il lui est en réalité probablement identique. Ce Dimitri suscitant des reactions très contrastées aura été divisé en deux : le héros et l’usurpateur.

Hérodote dans “L’Enquête” reprend la thèse de l’usurpateur en évoquant la dynastie des Achéménides, un certain Smerdis ayant usurpé le trône de Cambyse. Les Achéménides sont identiques aux Hasmonéens, leur fondateur légendaire Achemenès identique au fondateur légendaire des Hasmonéens Asamonée. Parmi les souverains achéménides, Cyrus est identique à Juda Maccabée et Mehmet II, Cambyse à Simon Maccabée et Michel Romanov.

Simon Macchabée est le fondateur officiel de la dynastie hasmonéenne, comme Osman fonde la dynastie ottoman. « Asamonée” l’ancêtre de Mattathias qui donne son nom à la dynastie est une invention de Flavius Josèphe. Le « fils » de Simon, Jean Hyrcan est le sultan ottoman Orhan.

Simon Maccabée et Jean Hyrcan sont Michel et Alexis de Russie, les premiers souverains Romanov. Ils ne sont en réalité pas nommés Romanov, ni ne sont des tsars : ils sont appelés des kniaz. Simon Macchabée est nommé “grand-prêtre (Cohen), stratège et ethnarque” à titre héréditaire à la knesset de Jérusalem (l’assemblée de Judée). Il est assassiné par son gendre Ptolémée et Antiochos VII le roi séleucide va reprendre Jérusalem. De même Michel Romanov perd Moscou au profit du roi de Pologne Ladislas Vasa.

Le premier Romanov se serait appelé Cobyla. Il est donc Kubilai Khan et vit dans sa capitale de Khanbalyk, une ville sur le fleuve Ob. Khanbalyk en Kithaisko (le Kitai de Marco Polo) est signalé sur les cartes au début du 17ème siècle. Khanbakyk est le Shamballa des legends tibétaines. Les livres du 18ème siècle mentionnent toujours le dalai lama comme le roi des tartares en Asie centrale. Même le Thibet est parfois mentionné à la place de l’Ouzbekistan. Michel Romanov est le roi du monde pour ses sujets. Pour les juifs romanisés il est caricaturé en Schlemiel, un idiot popularisé par les livres d’Isaac Bashevis Singer.

Wikipedia dit que le culte samaritain a commence en 1613 (!) la même année que Michel Romanov devient kniaz. Le grand-prêtre samaritain est toujours issu de la lignée d’Eleazar ou de la lignée d’Ithamar. Eleazar et Ithamar sont supposes être deux des fils d’Aaron le premier grand-prêtre d’Israël, les deux reconnus comme des prêtres légitimes. Eleazar cependant à la préséance car son fils Phinée est appelé le troisième grand-prêtre d’Israël. En réalité le culte samaritain réunit les ordres d’Osiris ou Baal et de Mithra conformément à la réforme d’Ezra.

C’est une nouvelle règle pour l’Ordre des Chevaliers du Temple. Les chevaliers de la légion suivront le culte de Mithra. Les prêtres suivront les rites d’Osiris. C’est ce qui est dit des « anciens juifs » (mais nous sommes au 17ème siècle) : ils avaient un « messie guerrier » et un « messie sacerdotal ». La franc-maçonnerie a conservé les deux rituels de Mithra et d’Osiris pour des cérémonies d’initiation dans certaines obédiences. C’est une nouvelle preuve de l’héritage templier au sein de la franc-maçonnerie.

Dans la Bible, le premier messie guerrier est Moïse et le premier grand-prêtre Aaron. Moïse a cependant assumé une prêtrise. Moïse et Aaron sont identiques à Mithra et Osiris. Ils sont recopiés dans la seconde génération comme les « fils d’Aaron » Eleazar et Ithamar, où  Eleazar est le grand-prêtre et Ithamar lui est en quelque sorte subordonné. Avec la réforme jésuite, l’armée devient une prérogative impériale et l’ordre religieux des chevaliers disparaît. Un nouveau messie est choisi qui est à la fois un guerrier sous le nom de Josué, et un prêtre sous le nom de Jésus. Ce n’est plus le messie spécial des militaires et des clercs, mais un messie universel.

Le premier grand-prêtre samaritain est « Shelemiah ben Pinhas » (1613-1624) de la lignée d’Eleazar. Pinhas est Phinéas fils d’Eleazar dans la généalogie biblique, troisième Grand-Prêtre d’Israël. Eléazar et Phineas sont des saints pour l’église orthodoxe. Il existe un Phinée fils de Bélos dans la mythologie grecque. Bélos ou Baal (seigneur) est donc un mot utilisé pour désigner Osiris.

Shelemiah est bien entendu Michel Romanov, de la lignée osirienne. Ceci est naturel car les anciens Hussites de Bohème et de Hongrie ou Zélotes appartenaient au culte d’Osiris. C’est ce qui explique que les Bohémiens soient également appelés Gitans ou Egyptiens. Les Ismaéliens en arabe ou en langue turque désignent la même chose que les Samaritains dans les textes grecs. Ce n’est pas forcément lié à la flexion. Ismail désigne en effet Michel Romanov, alors que la Samarie désigne la Sarmatie. Au début du 16ème siècle en Europe la Sarmatie désigne la Moscovie, la Pologne et la Lithuanie. Ces dénominations ont perduré plus longtemps à l’est.

Fomenko a suggéré que les Romanov seraient des usurpateurs que les Hordes Tartares considéraient illégitimes. Mais la révolte va seulement commencer quand Alexis et le patriarche Nikon vont réformer l’église « orthodoxe » en 1653, d’abord à travers l’armée cosaque de Stenka Razine. Si les Romanov étaient des usurpateurs allemands dès lors, le recours à un remplacement de Pierre le Grand par un autre usurpateur allemand lors d’un voyage en Europe – que Fomenko mentionne aussi – n’aurait pas été nécessaire.

Les idées contemporaines sur ce qui appartient à la culture grecque et ce qui serait juif sont incorrectes et conduisent les historiens à faire des suppositions sans fondement. Les Séleucides auraient essayé d’ « helléniser » la Judée, ce pour quoi les Hasmonéens se seraient révoltés. Mais ces mêmes historiens sont surpris de lire dans les textes que l’organisation politique civile et militaire des Hasmonéens sont purement grecques, ainsi du titre de « stratège », typiquement séleucide, porté par Simon Macchabée. Ainsi ils imaginent que les rois Hasmonéens auraient adopté des coutumes étrangères, ce qui aurait entraîné la colère des puristes Pharisiens.

En réalité ce que nous voyons comme grec et européen ou turc est dans les deux cas principalement  russe. Il n’est pas surprenant que les noms des rois Hasmonéens sonnent grec dans un texte écrit en grec qui propose des translittérations de tous les sons. Ce sont les réformes religieuses qui heurtent les Pharisiens.

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Alexis Ier de Russie alias Genghis-Khan. Il porte les habits et symboles du Grand-Prêtre

Jean Hyrcan profite de la mort d’Antiochos VII pour reconquérir Jérusalem et commencer une campagne de conquêtes. Les conquêtes d’Alexis Romanov (1645-) reflètent celles de Jean Hyrcan quelque 1800 années plus tôt.

Jean Hyrcan choisit les Saducéens pour diriger le concile. C’est une réforme religieuse car il va interdire les anciens rites. Cette réforme est identique à celle du christianisme orthodoxe en 1653 qui réunit les liturgies russe et grecque, menée par Alexis et le patriarche Nikon. Il est supposé que le rite grec et le rite russe sont simplement des formes locales et similaires d’un culte orthodoxe déjà ancien. Or « Saducéen » peut justement être traduit par « orthodoxe ».

Nikon a en réalité supprimé le culte Samaritain et s’est rapproché  du christianisme romain dans une version locale nommée « orthodoxie ». Pierre le Grand vers 1700 la transformera encore pour lui donner son style baroque contemporain.

Hyrcan va temporairement annexer la Transjordanie, l’Idumée et la Samarie où il va mettre Sichem à sac, détruire Samarie et détruire le Temple des Samaritains pour s’être alliés aux Séleucides. Sichem est probablement Moscou. Le Temple des Samaritains peut être le Kremlin, ou encore Varsovie (pour Garizim). Il existe une ville nommée Kwarezm en Asie centrale, mais il s’agit sans doute d’une reconstruction ailleurs sous le même nom.

Les actions de Jonathan ne correspondent pas au surnom de « Terrible » donné à Ivan IV le siècle précédent. Ce Ivan le Terrible – il s’appelle d’ailleurs Jean – a mené des guerres similaires à celles d’Alexis. Il est probablement le mongol Genghis Khan également (comme Jean) mais aussi Hulagu-Khan (comme Alexis).

Les Evangiles également considèrent les Samaritains comme hérétiques. C’est bien normal s’il s’agit du culte des Ottomans. Probablement il faut y voir l’ancien culte arien, toujours vivace au 17ème siècle en Pologne-Lithuanie. Les juifs karaïtes de Pologne sont également considérés hérétiques par le courant orthodoxe principal du judaïsme qui lui témoigne aussi peu de considération que les juifs de la Bible ne considèrent les Samaritains.

Aujourd’hui le Gilead de la Bible ou Galaad est la Jordanie. Au 17ème siècle, il devait s’agir de la Galicie, région à cheval au sud de la Pologne et l’ouest de l’Ukraine. On y trouve une ville médiévale nommée Iaroslavl également.

Israël est le « royaume du nord » dans la Bible. Israël est habituellement considéré identique à la région de Samarie, qui est aussi le nom d’une  des capitales d’Israël. La Sarmatie cependant est la partie est de l’Europe (Pologne et Moscovie), le terme de Juda s’appliquant plutôt à la Basse Volga, l’Ukraine et l’Anatolie.

Les Rois d’Angleterre au 17ème siècle prétendaient descendre des dix tribus d’Israël. On prétend aujourd’hui que les dix tribus ont migré depuis la Palestine après la conquête d’Israël par Sargon II roi d’Assyrie et la destruction de Samarie. Il s’agit de la même histoire dans laquelle Jean Hyrcan détruit la ville de Samarie. Hulagu-Khan (Alexis) va au 14ème siècle égalemen détruire Alamut la capital des Ismaéliens. La capitale historique du Kazakhstan, Almaty, doit avoir été nommée en souvenir de la première Alamut. Velikovsky également a cité un papyrus égyptien mentionnant la ville de Iarimuta, qu’il identifie à une ville nommée Ramoth de Galaad en Jordanie.

Le combat des Stuart en Grande-Bretagne, une dynastie d’origine écossaise, se déroule dans le même temps que la Guerre de trente ans se déroule en Allemagne et Pologne, et les Guerres ottomanes se déroulent au sud. L’Ecosse ayant parfois été appelée Scythie, et un clan des Highlands se nommant MacCabe ou Maccoby, il n’est pas improbable que les Highlanders ne soient pas des Vikings de Scandinavie mais de Russie et de Pologne.

Salomon (Charles Quint) prétendait avoir réuni les trônes d’Israël et Juda mais son Israël a lui était l’Europe, l’équivalent de Roûm, et Juda l’Asie. A Moscou, on avait bâti un nouvel Israël.

On trouve la religion égyptienne en Italie du nord, notamment le culte étrusque de Asar ou l’hermétisme à la cour des Médicis à Florence. Dans le nord, Osiris est remplacé par Baal ou Belen (seigneur). En Angleterre, Yahvé est Jove. En Gaule, Yahvé ou Jupiter est appelé Iaou ou Dispater, qu’on présente comme des divinités celtes. Dispater est cependant le seul dieu celte à proposer une construction grammaticale latine, tous les autres dieux étant écrits avec des terminaisons grecques. Iaou – comme le iao grec des représentations de Jésus où Jésus est le i et aussi l’alpha et l’omega – semble être un son divin basé sur la prononciation de toutes les voyelles.

Jean Hyrcan aurait converti les Iduméens (européens) de force, selon le principe du Deutéronome. On suggère qu’il les convertissait au judaïsme, notamment à travers la circoncision. Toutefois c’est au christianisme qu’il les convertissait. Le Deutéronome est un livre catholique romain qui n’est pas reconnu dans l’unitarisme de Pologne-Lithuanie au 17ème siècle. C’est à ce moment-là que la Pologne va devenir catholique romaine.

Les Pharisiens exigèrent de Jean Hyrcan qu’il renonce à la charge de Grand-Prêtre. On prétend qu’ils contestaient le droit du clergé Saducéen à interpréter la loi, et que les rabbins pharisiens vivaient leur foi de façon moins ostentatoire et plus authentique. C’est une opinion orientée et similaire à celle qui décrit les motifs de la Réforme protestante.

Jean Hyrcan demandait l’aide de Rome contre les Séleucides et les Pharisiens. Dans la version byzantine, et particulièrement l’Alexiade d’Anna Comnène, son père Alexis Comnène (une autre translittération de Hasmonéen, qui montre bien qu’Alexis est un Ottoman et pas un Romanov) demanda au pape une armée pour affronter les Seldjoukides. C’est la « première croisade » datée de 1096. Comme la croisade contre les Cathares, elle se déroule en réalité au 17ème siècle. Les trois grandes guerres de l’époque – la Guerre des Jacobites, la Guerre de Trente ans et les Guerres ottomanes – sont toutes liées aux conflits religieux. Les Séleucides sont peut-être le Saint-Empire romain, qui après les traités de Westphalie qui mettent fin à la Guerre de Trente ans, n’est plus rattaché à l’Eglise de Rome. Les Pharisiens sont peut-être les Perses, le clan des Vieux croyants zoroastriens.

Jean Hyrcan a envoyé deux ambassades à Rome le représenter. Une chose identique est dite du médiéval Prêtre Jean, un immense souverain chrétien vivant à l’extrême est qui avait dépêché des ambassadeurs à Rome.

En 1653, le culte Samaritain a quarante ans. Alexis et Nikon étant devenus chrétiens, ils abandonnent les légions et les Cosaques sont exclus du pouvoir. C’est la raison pour laquelle tous les Grands-Prêtres samaritains après Michel Romanov seront de la lignée d’Ithamar, ce qui signifie qu’il s’agit de chefs de la légion cosaque. La religion samaritaine va revenir au culte de Mithra, sous sa forme réformée par Zoroastre, sans sacrifices. Ce culte zoroastrien va se répandre en Asie centrale. Les livres sacrés que sont l’Avesta et les Gathas vont vite être publiés.

 

Un autre grand souverain hasmonéen est Alexandre Jannée, qui combattit les Pharisiens avec une armée de soldats grecs au profit de la foi Saducéenne (orthodoxe). Il aurait fait crucifier les Pharisiens par centaines. Dans l’enchaînement des souverains russes, il peut s’agir des Guerres russo-ottomanes de Pierre le Grand. Mais c’est Pierre l’ottoman et les Pharisiens sont les « vieux croyants » zoroastriens. Ce sont aussi les Guerres des Grecs contre les Perses telles que racontées par les « anciens » auteurs grecs Xénophon et Thucydide.

Les troupes des vieux croyants sont représentées par la dynastie Ismaélienne de Perse, appelée aussi Séfévide, et qu’on présente aujourd’hui comme Chiite. La dynatie est plus tardive que présentée. Le premier Séfévide Ismaël Ier (1501-1526) doit être une copie de Michel Romanov, dont une copie plus récente est le sultan Séfévide « Soliman » (1629-1642). Son véritable fondateur doit avoir été Abbas II (1642-1666), dont Abbas le Grand, plus ancien, est un reflet. Il s’agit du personnage originel sur lequel est basé l’ancien caliphat « sunnite » des Abbassides, ayant existé supposément un peu plus à l’ouest en Irak. L’existence d’un caliphat sunnite en Irak comme en Perse est fort douteux car la population de ces deux pays est très majoritairement chiite. Le mot-même d’Islam peut être une déformation d ‘Ismaëlisme.

Fomenko a évoqué la légende d’un usurpateur allemand qui aurait pris la place de Pierre le Grand après que ce dernier eut voyagé en Europe. Pierre va remplacer le titre de Kniaz (Cohen) par celui de Czar (César).

Salomé Alexandra, la veuve d’Alexandre Jannée, va régner sur un empire aussi grand que celui de Salomon. Ou plutôt Ismaël/Michel. Alexandra met fin à son alliance avec les Saducéens et s’allie aux Pharisiens.

Alexandra est la czarine Catherine Ière. Son empire est immense car Pierre le Grand a gagné ses guerres et conquis la majeure partie de la Grande Tartarie. La dynastie Séfévide de Perse va ainsi disparaître en 1722. Catherine se serait « convertie » à l’orthodoxie, ce qui semble absurde. Son règne aurait été sous l’influence de l’Allemagne. Depuis, les Russes vont être opprimés dans leur propre pays. Dans le récit de Flavius Josèphe, la Judée devient un « Etat-client » de Rome quand « Pompée » prend Jérusalem en 63 av JC. Une dépendance du Saint-Empire romain.

“Rome” choisit Hyrcan II, fils d’Alexandre Jannée, comme ethnarque et Grand-Prêtre mais un Iduméen du nom d’Antipater sera son conseiller et le véritable détenteur du pouvoir. Hyrcan II est Pierre II (1727-1730) et Antipater Alexandre Menchikov , un russe d’origine allemande.

Les Parthes (Cosaques) ne reconnaissent pas Hyrcan II et couronnent un autre fils de Jannée, Aristobule II roi et grand-prêtre. Ils vont envahir la Syrie (Russie) et capturer Hyrcan II. Nous ne savons pas le nom de cet autre tsar qui serait l’Aristobule du récit russe. Le dernier fils d’Aristobule toutefois, Antigone Mattathias, est le dernier roi hasmonéen, exécuté par les Romains. Il doit être identique au personnage surnommé « Pougachev », exécuté par les Romanov en 1775.  La lignée « allemande » des Romanov va alors conquérir à nouveau les territoires de la Grande Tartarie, qui survivra peu ou prou sur certaines cartes du début du19ème siècle avant de disparaître. Le premier sultan « ottoman » dans le sud, distinct des kniaz de Russie, sera Abdulhamid Ier, sultan en 1774.

 

Les similitudes entre Alexis Romanov et Ivan le Terrible suggèrent que les empereurs pré-“Romanov” sont des fantômes des premiers Romanov. Irina Godounova est probablement un autre reflet de Catherine Ière. Elle fut d’ailleurs surnommé « la Reine Alexandra ».

L’empire de Byzance est supposé avoir duré plus de mille années, mais on n’en trouve pas de traces sur les cartes.  Un même souverain hasmonéen a un certain nombre de doubles « byzantins ». Michel Ier est ainsi Théodose le premier empereur byzantin, mais aussi Héraclius ou Théodose II, qui ne succède pas à Arcadius mais le précède.

Théodose II a épousé une femme nommée Aelia Licinia Eudoxia, surnommée Eudoxia Augusta après leur mariage. Leur fille est une autre  Licinia Eudoxia.  Théodose II avait une soeur puissante nommée Pulchérie. C’est l’époque de la controverse religieuse entre Cyril et Nestor (Arius).

Michel Ier a épousé Eudoxia Strechnieva (1608-1645) et aura une fille nommée Eudoxia. Il avait une soeur influente nommée Pulchérie.

Heraclius a également épousé une Eudoxia, et avait une fille nommée Eudocia. Sa dynastie est nommée les Héraclides, comme la dynastie qui reprit le Pélopponèse quatre-vingt ans après la Guerre de Troie.

Alexis Ier est le successeur de Théodose, Arcadius, mais son contemporain le chef wisigoth Alaric également. Nikon est identique au patriarche de Constantinople au temps d’Arcadius, Jean Chrysostome. Arcadius a détruit les temples païens et s’est attaqué aux ariens.

La province égyptienne d’Heptanomide aurait été appellee Arcadie en son honneur. Il faut sans doute comprendre que les sept étoiles de la Petite ourse ont été nommées Arcas comme dans le mythe grec.

Arcadius aurait fait élever une colonne comme son père Théodose. En fait les obélisques présentes à Istanbul sont ceux de Théodose et Justinien. Justinien II avait également une femme nommée Eudoxie.

Arcadius a épousé Eudoxie la fille du général franc Théodore Bauto. Bauto est sans doute Michel Ier ou encore « Batu » Khan.

Si Arcadius est le gendre de Bauto, Jean Hyrcan (Alexis, Hulagu Khan) n’est pas le fils de Simon Maccabée mais son gendre. Comme. Hulagu est donc également le gendre de Batu Khan et Alexis celui de Michel.

Simon Maccabée aurait été assassiné par son gendre Ptolémée. Le pharaon macédonien Ptolémée « Lagide », alter ego d’Hulagu Khan, est un réformateur religieux de la religion égyptienne comme Alexis en Russie.

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