Anciens calendriers

Lu Runes et chamanisme de Jean Vertemont et Jean-Gabriel Foucaud, sur les conseils de Baptiste. Il semble que ce soit Foucaud qui raconte – le texte est parfois à la première personne mais jamais signé -.
Les auteurs démontrent parfaitement, d’une part le lien entre les runes d’Europe de l’ouest et le chamanisme sibérien et nord-américain, d’autre part que les runes suivent le tracé des constellations du zodiaque védique.

Ils remarquent également que le plan des monastères chrétiens correspond à des symboles runiques et les constellations védiques. Le carré dans le cercle représentent ainsi la Terre et le ciel.Certaines églises présentent ces mêmes symboles et même des prières runiques. De même les colombages de certaines maisons à colombages reproduisent le dessin de runes.Même le plan de la Jérusalem céleste évoque le jeu du moulin ou marelle, un jeu inspiré des runes.

Les auteurs notent aussi les similitudes entre le chamanisme et l’alchimie occidentale, ainsi que la Divine comédie de Dante, les confréries de tailleurs de pierre, et les bûcherons des Carpathes jusqu’au 20ème siècle.

La continuité entre l’ancien paganisme, et même les pratiques du chamanisme avec le christianisme sont des thèmes désormais connus. On admet également de façon courante que le chamanisme a pu être une religion universelle à formes locales. On évoque moins souvent les révisions historiques que cela implique. On admet que Noël ou Pâques, et la liturgie catholique romaine, puissent avoir une origine païenne, mais ceci est considéré comme un ajout sur un substrat essentiellement juif. Il existe donc deux courants académiques qui travaillent chacun dans leur zone de confort et ne se rencontrent jamais. Les uns travaillent sur l’émergence du christianisme au sein de traditions monothéistes orientales. Les autres démontrent l’émergence locale du christianisme européen comme une évolution dans la continuité du substrat païen. La seconde école a très certainement raison. On ne voit pas pourquoi la puissante Rome ferait tant de cas d’un culte régional pratiqué en Judée. Collectivement, on fait preuve d’une grande crédulité si l’on pense que le charisme d’un homme du peuple puisse suffire à en faire « le fils de Dieu » dans l’esprit des dirigeants d’un empire. Certains ont pensé que derrière le personnage de Jésus c’était un grand roi qui était déifié. Il n’en reste pas moins que le récit admis par les chrétiens du monde entier s’appuie sur un fils de charpentier. Dans tous les cas, la religion est inventée par le pouvoir et imposée au peuple. On peut donc se poser la question d’une coexistence de ce qu’on nomme « judaïsme » et du chamanisme païen en occident.

Deux questions se posent encore. L’une a trait à l’époque concernée. Les auteurs parlent de symboles et prières runiques sur des églises médiévales. Et encore de l’influence des runes sur l’alchimie. L’âge d’or de l’alchimie commencerait à la fin du 15ème siècle. C’est très tard si l’on suppose que le christianisme s’est progressivement débarrassé de son héritage païen. Beaucoup de témoignages font état de survivances païennes jusqu’au 20ème siècle. Ceci s’explique très mal dans le contexte d’une Europe christianisée aux premiers siècles sur un substrat juif déjà monothéiste. Mais s’explique mieux en considérant le christianisme comme une transformation dirigée du paganisme. On en trouve facilement des preuves dans les utopies des premiers jésuites, Thomas More, Guillaume Postel, Campanella. Tous ont en commun d’instaurer une église universelle au service d’un empire universel. Faut-il comprendre qu’à l’époque où ils écrivent il n’existe pas d’église universelle, et que le territoire est soumis à des cultes locaux ? N’est-ce pas une chose qui avait été réglée depuis Constantin ? La destruction des hauts-lieux a été le haut fait de Josué. Jules César a fait interdire les sacrifices humains des druides. Cheops et Théodose, autres reflets, avaient fait fermé les temples où ils s’y pratiquaient. Ce sont les cultes des Mystères antiques qui « disparaissent » donc au 16ème siècle. Il est souvent admis que le christianisme lui-même en hérite de nombreux traits, Jésus étant en quelque sorte le  « dieu des Mystères » chrétien, à la différence qu’il n’en existe désormais plus qu’un. Ces jésuites ont semble-t-il choisi le dieu celte Esus comme dieu unique. Il est ainsi parfaitement logique que les églises de cette époque  aient été des temples païens associés aux runes.

Un autre aspect de cette révolution est le fait qu’elle est imposée comme un attribut d’un pouvoir impérial. Le mot de « basilique » désignerait une « maison impériale », et il n’est pas rare de voir des églises d’époque romane faisant figurer Constantin à cheval, en statue ou en bas-relief. La révolution aura apparemment servi à mettre fin aux sacrifices humains. Désormais, c’est le dieu lui-même qui a donné sa vie pour enlever le péché du monde. Il faut également soulever le fait que l’esclavage y perd sa légitimité. Les systèmes romain, babylonien ou juif sont féodaux. Il y existe des castes. Certains sont des esclaves de naissance, qu’on les appelle ilotes ou serfs. Les citoyens subissent eux le péché originel d’être né, ce qui génère une dette de naissance à expier.

C’est une erreur courante de penser que l’argent-dette est une anomalie récente qui se serait greffée sur un système économique ancien intrinsèquement plus sain. La monnaie à Babylone est un monopole de la prêtrise, qui émet des prêts à destination des citoyens. Lorsque le citoyen n’est pas en mesure de rembourser dans les délais impartis, lui-même ou un ou plusieurs membres de sa famille doivent se mettre au service de leur créancier. Un prêt à intérêts ne peut être remboursé qu’en créant un autre prêt à intérêt au bénéfice de quelqu’un. Ainsi les dettes collectives s’accroissent sans cesse, plus personne n’est en mesure de rembourser ce qu’il doit et le système est paralysé. C’est ainsi que tous les cinquante ans environ les dettes sont entièrement annulées lors de l’année des Jubilés. (Ceci équivaut au reset proposé par Christine Lagarde.) Avec Jésus qui enlève le péché du monde, les jésuites mettaient un terme à l’esclavage des citoyens.

Malheureusement, le système économique est resté le même, sans Jubilés comme garde-fou. Les dettes s’accumulent donc sans discontinuer. Des mécanismes comme la dévaluation d’une monnaie, ou une inflation globale des prix viendront se substituer aux annulations de dette pour contenir le volume des dettes.  Une nouvelle théorie économique, dite classique, va aller jusqu’à cacher l’origine de la monnaie, prétendant que la « valeur » du bien produit pouvait rembourser un crédit. Bien entendu, les banquiers continuaient de demander d’être payés en unités monétaires et non en « valeur », et il fallait toujours un prêt à intérêts pour rembourser un autre prêt à intérêt. Les jésuites sont d’ailleurs accusés d’avoir admis le principe de l’usure alors que l’église « catholique » y avait toujours été opposée.

C’est que l’église issue du concile de Trente n’avait plus rien d’impériale. Les revers de fortune très surprenants des jésuites, plusieurs fois excommuniés puis bénéficiant de la nonciature papale, s’expliquent probablement par l’existence de deux ordres jésuites différents. Le premier est d’inspiration gibeline et impérialiste. Il est connu sous une multitude d’identités, que sont toutes les églises johannites passées et contemporaines, dont la première et non la moindre est l’église johannite templière. Le second est d’inspiration ghelfe, et soutient une papauté indépendante du pouvoir impérial. On constate que les textes rosicruciens du 17ème siècle reprennent l’antienne des utopies jésuites écrites un siècle plus tôt : pour une église universelle au service d’un empire mondial. En revanche, l’église de Rome est considérée comme une ennemie à abattre. Les anciens « catholiques » avaient trouvé refuge dans de nouvelles sociétés secrètes et continuaient le combat.

La seconde question en suspens est celle du lieu d’origine du chamanisme.

Les runes sont occidentales, mais les constellations dont elles sont issues sont védiques. Le chamanisme qu’elles sous-tendent est aussi considéré d’origine sibérienne. Passons sur le chamanisme dont le paganisme occidental est certainement la version locale. Vertemont et Foucaud considèrent comme tout le monde que tout ce qui vient d’Inde est très ancien, et donc que les runes viennent d’orient. Ce n’était pas l’avis de l’auteur indien Tilak qui pensait avec quelque raison que les Védas étaient certes très anciens, mais contenaient des références polaires et nordiques, et avait suggéré une conquête aryenne venue du Nord.

Officiellement, les runes dérivent du latin, ne seraient attestées qu’au 2ème siècle avant Jésus-Christ, et ne seraient que de simples lettres. Les auteurs montrent que certaines runes n’ont pas de valeur phonétique, et suggèrent que l’utilisation des runes comme symboles est bien antérieure à leur utilisation comme phonèmes, au 2ème siècle BC comme le dit la recherche classique. Le nom des runes serait ainsi postérieur à leur utilisation comme symboles, car leur correspondance phonétique serait apparue tardivement.

Ceci est douteux car d’une part le pouvoir d’une rune est associé à leur prononciation, d’autre part leur nombre correspond de manière formelle à ce qu’on attend d’un alphabet. L’usage du futhark comme écriture est certainement concomitant de leur usage comme symboles. Si certains peuples comme les Bouriates, et autrefois les Celtes et les Germains refusaient de les utiliser comme écriture, c’est que certaines connaissances ne peuvent être transmises par écrit. Il me semble qu’en général, on admet un usage de l’écrit pour l’enseignement exotérique, seul l’enseignement supérieur devant être transmis de bouche à oreille. C’est le cas du système gaulois, où les bardes écrivent sur écorce, mais les druides ne peuvent rien écrire. C’est également le système chrétien. Un évangile – apocryphe ou canonique – contient l’enseignement exotérique – qui est déjà bien plus gnostique que les interprétations littéralistes plus tardives – en reflet du travail des bardes. Mais certains de ces évangiles, dont les évangiles canoniques de Jean et Marc, admettent que certains enseignements de Jésus étaient donnés en secret à ses disciples.

Les auteurs démontrent avec une grande ingéniosité le rapport des runes scandinaves avec un « zodiaque » de 27 petites constellations védiques ou nakshatras, dont la forme et souvent le nom sont identiques ou très similaires à ceux des runes considérées. La primauté revenant aux Védas, il faut donc que les nakshatras aient d’abord transmis leur forme aux runes, et dans un second temps leur nom. Le fait est que les Indiens n’utilisent pas les runes. Aussi comment  les auraient-ils exportées en Europe ? Et si le symbole est antérieur à l’écriture, ce sont les runes qui ont plus le caractère de symboles, cependant que le sanskrit – même s’il se nomme écriture sacrée – est d’abord une écriture, et très élaborée. Elle présente des similitudes avec le lithuanien et les divinités védiques ont des noms proches du panthéon lithuanien.

Par ailleurs, les Védas font état d’un calendrier solaire, cependant que les celtes et les scandinaves connaissent un calendrier lunaire. Le zodiaque originel est cependant commun puisque ce sont les 27 nakshatras. Ce zodiaque considère les positions de la lune et du soleil dans les constellations, mais non les planètes. Il est supposé antérieur au zodiaque à douze (parfois dix ou onze) signes créé à Babylone et utilisé en Egypte.

Ce système à 27 maisons a été utilisé en Chine, en Inde, en Iran, et chez les Coptes égyptiens. Il ne correspond pas à l’année solaire divisée en 12 mois, mais au mois sidéral lunaire divisé en 27 nuits, la lune rétrogradant de 13,20° sur le fond sidéral chaque jour.

On note également les conjonctions d’une pleine lune ou d’une nouvelle lune avec un nakshatra, ce qui permet d’identifier 24 demi-mois lunaires (quinzaines où la lune est soit décroissante soit croissante).
En réalité, il n’existe que 24 nakshatras ou constellations, trois d’entre eux étant dédoublés. Il existerait donc deux systèmes, l’un basé sur l’année synodique de 24 demi-lunes, l’autre sur le mois lunaire sidéral de 27 jours. Vertemont et Foucaud pensent que le système 24 est plus ancien. Pour ma part, je pense que le choix de dédoubler les nakshatras permettait de décrire les deux systèmes en même temps de manière élégante.

Cette question d’antériorité se pose aussi concernant les alphabets anciens à 24 ou 27 signes. Mais ici les auteurs donnent l’antériorité aux alphabets à 27 signes.
Ces chiffres suggèrent une correspondance entre les runes et un calendrier lunaire. C’est le cas également du grec, de l’hébreu et du latin.
Vingt-sept lettres sont idéales pour le dénombrement en système décimal, à une époque où le zéro n’est pas encore inventé, à raison de 9 chiffres pour les unités, 9 pour les dizaines, et 9 pour les centaines. Et l’utilisation des signes comme nombres est considéré habituellement comme antérieur à leur utilisation comme lettres. Là aussi, la création de signes pour désigner des phonèmes ou des chiffres est probablement concomitante.
Anatoly Fomenko a montré que les Slaves utilisaient au 16ème siècle un tel système de 27 chiffres, sans zéro. Il en déduisait que le zéro avait été inventé vers 1575, peu avant l’invention de la notation décimale et des logarithmes. En réalité, on trouve des dates écrites en chiffres arabes dans la décennie 1530. Fomenko concluait de la similitude de neuf de ces chiffres slaves avec les chiffres arabes qu’ils leur étaient immédiatement antérieurs et que les chiffres « arabes » en dérivaient.
Cette démonstration est séduisante, mais il faut noter que ces 27 chiffres slaves ne sont déjà plus des lettres, et qu’ils dérivent probablement d’un alphabet à 27 lettres.
Le choix d’un alphabet à 24 ou 27 caractères ne suffit probablement pas à déterminer l’antériorité de l’un sur l’autre. La raison d’un tel choix n’apparaît pas clairement, surtout pour l’alphabet de 24 caractères, incommode pour la numération, et insuffisant pour décrire la totalité des phonèmes, d’autant plus que certains phonèmes sont donnés par deux lettres différentes.

Les deux auteurs nous proposent un tour des alphabets ayant des similitudes avec les runes, et des différents types de runes.

L’ogam contient 20 signes en quatre séries de cinq, dont l’ordre BLFSN est différent des alphabets grec, hébreu et latin. Les voyelles sont toutes regroupées dans la dernière série. Cet alphabet trouve une similitude avec les peuples amérindiens comptant en périodes de 20 jours.
Godfrey Higgins avait mentionné plusieurs ogams antérieurs possédant moins de caractères, jusqu’à 12 ou 13.

Vertemont et Foucaud proposent que l’alphabet lépontique ou nord-étrusque soit à l’origine à la fois des runes et de l’alphabet latin, apparu au 6ème siècle BC.
Ils signalent en passant le coelbren du Pays de Galles, qui ne contient pas de voyelles. Il est à noter que Wilson et Blackett avaient montré que les lettres coelbren étaient le reflet dans un miroir des lettres étrusques, et que là où l’étrusque se lit de droite à gauche, le coelbren se lit de gauche à droite. Formellement, l’étrusque et le coelbren ressemblent à des runes, mais n’en respectent pas l’ordre.
Ils sont donc apparentés au groupe runique. Se basant sur la forme des lettres et non leur ordre, il contient aussi l’écriture de l’Indus, le brahmi, le sud arabique, les alphabets ibériques du nord et du sud.

Les runes proprement dites adoptent le même ordre des lettres qui leur donne leur nom de « futhark ». Les deux auteurs privilégient le futhark dit « ancien » (2ème s BC au 8ème siècle) à 24 caractères en quatre séries de six, utilisé dans les langues « germaniques » comme le vieux norrois, le gotique, ou l’anglo-saxon (que Michael Harper prétend être une langue inventée, se limitant au seul Beowulf). Il existe une variante orientale rare en langue gotique.
Les auteurs mentionnent aussi le « nouveau » futhark viking, avec ses variantes danoise et norvégienne, à 16 caractères, et le futhorc à 28 ou 32 caractères utilisé pour le norrois ou l’anglosaxon. Ces deux alphabets auraient été utilisés entre le 7ème et le 12ème siècles.
A partir du 13ème siècle, on trouve des alphabets runiques qui respectent l’ordre des lettres latines, et sont utilisés pour écrire le latin ou l’hébreu.

L’historique proposé est quelque peu douteux.
Le caractère récent des futharks à 16 caractères ou futhorc à 28 ou 32 caractères est déterminé par la place des Vikings et des Saxons dans la chronologie européenne. L’ancienneté du futhark dit « ancien » est admise par les historiens. Les auteurs la valident d’autant mieux que c’est ce futhark ancien qui semble dériver des nakshatras védiques.
Ce futhark « ancien » à 24 caractères est pourtant utilisé dans des pays non scandinaves, bien que colonisés « plus tard » par les Vikings. Ainsi l’anglo-saxon, parlé en Grande-Bretagne, mais dont l’ouvrage référence, Beowulf, fait le récit des aventures d’un roi danois, ou le gotique, langue parlée en Prusse et en Europe de l’est.
Par ailleurs, les Vedas étudiés par Tilak suggèrent que les Aryens sont d’origine nordique. Les Vikings ont envahi la moitié de l’Europe avant de disparaître mystérieusement. Il est probable qu’ils aient également conquis l’Asie, sous le nom d’Aryas, repoussés au 3ème millénaire BC par les historiens. Les Vikings du 7ème au 12ème siècle auraient eu des alphabets futharks peu stabilisés, avant de se fixer à 24 caractères. C’est ce dernier futhark qui a été hérité par les nakshatras védiques.

Le groupe alphabétique contient le latin, le grec, l’hébreu, l’écriture gotique, le glagolitique, le rovas hongrois, le gotürk de Sibérie, le Kharoshti du nord de l’Inde.

Pour les historiens, les alphabets grec classique et hébraïque dériveraient tous deux d’un alphabet protocananéen. A l’examen, cet alphabet « phénicien » semble une simple variante d’hébreu.
Grec et hébreu sont proches : l’ordre des lettres est alphabétique, les phonèmes sont identiques jusqu’à la 22ème lettre (tau en grec), la forme des lettres étant également similaires. Même la valeur numérique des lettres est identique dans les deux alphabets.
Le grec ajoute alors 5 caractères pour aller à omega. Ceci permet la numération jusqu’à 999. Mais par la suite, il abandonne deux lettres (san et qoppa, le qoppa est conservé en latin avec le q).

Les auteurs suggèrent de leur côté que le premier alphabet serait l’alphabet araméen. Je pense pour ma part que le premier alphabet est le runique alphabétique.

L’alphabet gotique ne doit pas être confondu avec la langue gotique, qui pouvait s’écrire avec des runes. Il n’existerait que peu de traces de cet alphabet, qui n’aurait essentiellement servi qu’à rédiger la « traduction » de la Bible en gotique par un certain Wulfila. Ce serait ce Wulfila qui au 4ème siècle aurait « inventé » l’alphabet gotique. La langue gotique en revanche est parlée en Crimée jusqu’au 17ème siècle. Il apparaît cependant que la plupart des inscriptions en langue dite « gauloise » utilise l’alphabet gotique, proche du grec par la forme et l’ordre alphabétique, et des déclinaisons proches du grec. Ainsi ce qui est gotique est gaulois et ce qui est gaulois est gotique.

L’alphabet gotique possède 27 signes, dont deux sans valeur phonétique servant de séparateurs. Les noms des lettres gotiques sont également plus que proches du nom des runes scandinaves.
L’alphabet gotique est donc un chaînon intermédiaire entre les runes et l’alphabet grec. Le gotique est l’étape à laquelle les runes deviennent des caractères alphabétiques et sont ordonnées comme l’alphabet. En conséquence, la bible gotique est peut-être l’originale.
Peut-être l’écriture gotique est-elle une simplification du gotürk de Sibérie, encore si proche des runes.

Les auteurs distinguent comme il est d’usage les langues sémitiques aux racines évidentes des langues indoeuropéennes aux racines plus cachées. Toutefois, les alphabets utilisés par les unes et les autres sont souvent proches.
La chronologie supposée d’apparition des signaires propose que soit apparus d’abord les idéogrammes (Egypte, Sumer, Chine), puis les syllabaires (Assyrie), puis les alphabets (araméen, phénicien, hébreu). Cette succession ne permet pas non plus de tracer une démarcation claire entre langues sémitiques et indoeuropéennes.
Parmi les langues sémitiques, l’assyrien propose un syllabaire, l’araméen un alphabet. Parmi, les langues indoeuropéennes, le grec de Mycènes est écrit en linéaire B qui est un syllabaire, le grec classique avec un alphabet.

 

Mais ce sont les calendriers qui sont le plus révélateur de l’ordre des changements opérés.

Nos auteurs font preuve de légèreté quand il s’agit des calendriers.
On retrouve des lieux communs erronés, comme le fait que « les roues de médecine amérindiennes [alignements] pointent sur certaines étoiles et points cardinaux. » En réalité, elles pointent sur des étoiles différentes selon la date et l’heure de la nuit. Si vous choisissez votre étoile et votre moment préféré, vous trouverez qu’elles pointaient à minuit sur Sirius 6000 ans avant JC, d’où leur datation 6000 ans BC. Evidemment, si vous choisissez une autre étoile, l’équinoxe au lieu du solstice, vous trouverez une autre date. Il est exact que les roues de médecine comme la roue runique sont des calendriers, mais il faut s’y prendre autrement.

Autre lieu commun, la datation par la précession des équinoxes pour démontrer une « grande ancienneté ». Dans le calendrier védique, les Pléiades marquent le début de l’année lorsqu’elles sont en conjonction avec la pleine lune suivant l’équinoxe de printemps. Mais cette correspondance n’a pas pu durer dans le temps. Aussi cet événement est daté à 2300 BC, en utilisant pour le calcul la vitesse de précession des équinoxes.
Fehu, dessinée selon le schéma des Pléiades, est également la première rune, aussi l’alphabet futhark est daté à 2300 BC.
Les auteurs écrivent que les Pléiades sont la première constellation parce qu’elles sont en conjonction avec le soleil à l’équinoxe vernal, ou « ce qui revient au même » en conjonction avec la pleine lune à l’équinoxe d’automne. En réalité, ces deux phénomènes désignent la même année, mais un passage d’un calendrier lunisolaire à un calendrier solaire n’est pas indifférent. Cela change complètement la signification de la rune Fehu associée aux Pléiades, et toutes leurs équivalences entre les runes et les saisons deviennent fausses. Il est évident que les calendriers védiques sont solaires, cependant que les calendriers celtes et scandinaves sont lunaires.

Les auteurs glissent ensuite sans le souligner à un autre calendrier védique, où les Pléiades sont en conjonction avec l’équinoxe d’automne le 23 septembre, ce qui rajeunit le calendrier védique et l’alphabet runique à 1500 BC (correspondances à vérifier).
Les textes védiques proposent encore d’autres conjonctions pour marquer le début de l’année, où ce ne sont plus les Pléiades mais le nakshatra Phalguna dont la conjonction avec la pleine lune marque le début de l’année.

Les auteurs écrivent aussi que l’année commençait le 1er novembre le jour de la fête de Samhain, alternativement avec le 23 septembre.
C’est ainsi que Foucaud et Vertemont vont mélanger en continu deux versions : l’une ou l’année commence à l’équinoxe d’automne le 23 septembre ; l’autre ou l’année commence le 1er novembre.

Le début de l’année celte a changé quelques fois. Certains mentionnent l’existence d’une année civile et d’une année sacrée. Dans tous les cas, l’année a toujours commencé par une des quatre fêtes précitées : la Samhain le 1er novembre, Imbolc le 1er février, Beltane le 1er mai, Lugnasad le 1er août.

Il s’agit là d’une transposition du calendrier des fêtes celtes dans le calendrier romain. Elles sont placées quarante jours après les équinoxes et les solstices, et commencent les saisons celtes. On peut en déduire la chose suivante : le début de quatre mois romains a été fixé pour correspondre aux fêtes celtes. La date des solstices et équinoxes entre le 20 et le 23 des mois concernés n’ont été déterminées qu’après coup.

Les quatre fêtes védiques ont des similitudes avec les quatre fêtes celtiques, mais elles ne leur sont pas identiques comme le disent les auteurs, car elles correspondent aux équinoxes et solstices.

Nous verrons plus loin comment étaient datées ces fêtes dans les calendriers celtiques originels. Vertemont et Foucaud écrivent sur ce qu’étaient les saisons celtes, mais restent focalisés sur les solstices et les équinoxes, sans tenir compte de ces fameux quarante jours. Ils accusent la modernité de faire correspondre le début d’une saison avec une équinoxe ou un solstice, qui serait l’acmé de la dite saison, et située vers son milieu. Sylvain Tristan nous a également fait remarquer que la France était peut-être le seul pays à faire commencer les saisons aux équinoxes et aux solstices.

En réalité, une équinoxe ou un solstice sont déterminés par la durée du jour et de la nuit, pas par la température extérieure. Si le 21 juin est le jour le plus long de l’année, il n’est pas le plus chaud. Définir l’été par la période s’écoulant entre le 21 juin et le 23 septembre, même si seule la France le définit ainsi, n’est pas absurde.
Vouloir faire commencer les saisons au 1er novembre (Samhain, hiver), au 1er février (Imbolc, printemps), au 1er mai (Beltane, été), et au 1er août (automne, Lugnasad) comme le proposent les auteurs n’est pas plus heureux. C’est absurde, tant février est froid. Avec un flou artistique, ils sous-entendent ailleurs que le 1er novembre correspondrait à l’automne et le 1er février à l’hiver. Mais s’il y a une incertitude, c’est que la correspondance n’est pas si naturelle que cela.

Le 1er novembre est bien le début de la première saison celte, en correspondance avec l’ouest, la couleur noire, le crépuscule, non parce qu’il s’agit du début de la saison froide, mais parce que c’est le moment où la baisse de la durée du jour et de la luminosité commence à être perçue, soit quarante jours après l’équinoxe d’automne. Dans les calendriers solaires ultérieurs, les français vont simplifier leurs saisons, en les faisant commencer à l’équinoxe d’automne (le jour commence à diminuer) puis au solstice d’hiver (le jour est le plus court), etc.

Si les anglosaxons associent les expressions « midsummer » et « midwinter » aux solstices, ce n’est pas parce qu’il s’agirait de l’acmé de l’hiver et de l’été au sens climatique. Le fait qu’il n’existe pas d’expression équivalente pour l’automne et le printemps me suggère que winter et summer désignent deux moitiés de l’année, équivalentes au dakshinayana et uttarayana védiques. Le terme « summer » n’est pas sans rappeler le Soumerou, la montagne magique des Védas, représentant le sommet de l’année.

Vertemont et Foucaud proposent alternativement que l’année celte commence le 23 septembre (équinoxe d’automne) ou le 1er novembre (Samhain).

Faire correspondre le début de l’année au 23 septembre les entraîne à trouver des correspondances forcées. Ainsi la rune 12 Yeran, la « belle saison » tombe en mars. La Samhain, le 1er novembre, fête des Morts et ancêtre de la Toussaint tombe dans la rune 3 Turisaz, qui désigne le géant à la force brute. La rune 16 Sowelo, le soleil, la fructification tombe au milieu du mois de mai.

Mais en replaçant le début de l’année au 1er novembre, la correspondance n’est toujours pas idéale. La première constellation védique mentionnée, celle des Pléiades, correspond dans son dessin à la première rune Fehu. Mais elle désigne le bétail, l’argent, le commerce. Sa correspondance avec la fête des Morts est peu naturelle.

En réalité, les fêtes correspondent aux runes dont la quinzaine se termine, non avec celle qui commence. Ainsi la Fête des morts le 1er novembre à l’ouest, correspond à la rune 24 Othalon représentant l’héritage.
Imbolc le 1er février au nord correspond à la rune Kaunan, représentant le feu, la maladie mais aussi la connaissance cachée.
Beltane le 1er mai correspond à la rune 12 Yeran la belle saison.
Lugnasad le 1er août correspond alors à la rune 18 finissant Berkanan.
La rune 16 Sowelo le soleil correspond à la quinzaine entre le 15 juin et le 1er juillet, incluant le solstice. La rune 22 Ingwaz désignant la récolte se termine le 1er octobre.

Les axes ouest-est et nord-sud ne correspondent pas aux axes des solstices et des équinoxes, mais aux fêtes celtes situées quarante jours plus tard.

L’axe est-ouest est représenté dans les runes par la rune 13 Eiwaz, l’if ou arbre de vie, dont la quinzaine commence le 1er mai, fête de Beltane, connu pour son « arbre de mai ». Mais la fête symbolise la rune 12 finissante Yeran « la belle saison ».

L’axe nord-sud  est représenté dans les runes par la rune 18 Belkanan, le bouleau ou arbre cosmique de la connaissance, dont la quinzaine se termine le 1er août,  jour de la fête de Lugnasad. L’arbre de vie et l’arbre de la connaissance sont mentionnés dans la Genèse, ce qui montre clairement l’influence du calendrier runique sur les écritures.

Les solstices sont cependant présents dans les runes, à travers les deux personnages représentés. La rune 4 Ansuz correspond au solstice d’hiver et au chamane borgne (Odin). La rune 17 Teiwaz qui suit le solstice d’été, représente le roi manchot Tyr. On retrouve là une opposition entre le maître d’un enseignement ésotérique, et un maître de l’enseignement exotérique, équivalent aux naissances de Jésus et Jean le Baptiste respectivement aux solstices d’hiver et d’été.

On a dit que le début de quatre mois romains avait été fixé pour correspondre aux fêtes celtes, quarante jours après les équinoxes et solstices correspondant.

Toutefois, les calendriers runique et celtique primitifs sont strictement lunaires, et ne tiennent pas compte des équinoxes et des solstices

Le seul calendrier authentifié comme celtique qui aurait été retrouvé est le calendrier de Coligny. Il contient deux demi-lunaisons de quinze jours. Samon est la partie claire de la demi-lune montante à la demi-lune descendante, la pleine lune étant placée vers le 6. Atenoux est la partie sombre, de la demi-lune descendante à la demi-lune montante, la nouvelle lune étant placée vers le 6. Les trois nuits de Samonios (la fête) sont signalées les trois premières nuits d’Atenoux, pour la demi-lune descendante. Il est probable qu’un correctif soit encore nécessaire, la « nouvelle lune » désignant souvent chez les anciens le premier croissant de lune. A Samonios nous sommes à la nouvelle lune obscure.

Vertemont et Foucaud font donc une erreur : Samhain ne correspond pas à la pleine lune au début de la quinzaine de Samon, mais à la nuit noire de trois jours qui suit la quinzaine de Samon. Coligny suit un système à 24 périodes et donc certainement 24 constellations. Il n’existe aucune référence aux équinoxes et aux solstices dans ce calendrier.

Les runes représentant chacune une quinzaine, elles correspondent alternativement à une lune blanche ou croissante, et à une lune noire ou décroissante. Ainsi une rune sur deux commence lors d’une pleine lune, et une rune sur deux commence lors d’une nouvelle lune. Ainsi le milieu de certaines quinzaines correspond au « lever acronyque » de la constellation/nakshatra concernée où celle-ci se lève à l’est en même temps que la pleine lune, et en opposition au soleil. Alternativement, les autres quinzaines correspondent au « coucher héliaque » de la constellation, où celle-ci se couche à l’ouest en même temps que le soleil (et la nouvelle lune) se lèvent.
La dérive précessionnelle est corrigée à l’aide de cycles de cinq à huit ans afin de conserver la correspondance de l’année solaire avec le calendrier lunaire. Le fait est que cette précession lunaire n’a rien à voir avec la précession des équinoxes, et qu’elle est régulièrement corrigée dans le calendrier. Il est donc impossible de donner une date à l’utilisation des runes par l’astronomie. Dans l’ensemble, beaucoup trop de calendriers dans le monde commencent par les Pléiades pour que l’on puisse tous les dater identiquement.

Cette possibilité de datation n’intervient qu’avec l’introduction des calendriers lunisolaires, en Egypte, dans les Védas, dans le judaïsme et le christianisme, où Pâques est fixée à la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps, comme dans sa version païenne antérieure.
C’est ainsi que l’Egypte évoque le « lever héliaque » des Pléiades en référence au soleil à une équinoxe et non plus à la lune.
Les auteurs ont bien observé une « inversion » de l’astrologie, dans la Bible, dans les calendriers grecs par rapport à la roue chamanique amérindienne, la roue runique celte et scandinave et le bouclier de Finn des anciens irlandais. Mais celle-ci s’applique aussi à l’Inde où l’ouest va désigner le plus souvent l’équinoxe de printemps, ce que Vertemont et Foucaud ignorent délibérément pour maintenir l’antériorité des Védas.

Ils citent l’ancien Jean-Sylvain Bailly, qui avait observé que les Perses utilisaient quatre étoiles pour désigner les équinoxes (l’œil du Taureau, le cœur du Scorpion) ainsi que les solstices (le cœur du Lion, le Poisson austral). Ceci lui permettait d’affirmer que leur système remontait à 3000 ans av JC. Cela n’a dans les faits guère de sens. Que des constellations puissent servir de référence pendant un certain temps est une possibilité. Mais de simples étoiles seraient très rapidement décalées par rapport aux équinoxes et solstices.
Il faut ici remarquer que le Tétramorphe représentant traditionnellement les quatre évangélistes, ou encore les quatre druides d’Irlande, est constitué peu ou prou des mêmes animaux : le Taureau, le Lion, l’Aigle ou Griffon et l’Ange (supposément le Verseau). Correspondent-ils aux solstices et aux équinoxes d’un temps lointain ? Comment expliquer que ce tétramorphe soit si présent dans les représentations médiévales ?
Les quatre étoiles des Perses désignaient probablement les points cardinaux. A un endroit, Vertemont et Foucaud écrivent même que le symbole de la croix, les quatre évangélistes et les quatre druides d’Irlande représentent ces points cardinaux. Dans la roue runique, les points cardinaux correspondent à une rune et à une grande fête.

Le Taureau sacrifié ne symbolise pas la « fin de l’âge du Taureau », ni le signe dans lequel se levait le soleil d’équinoxe à l’Ere du Taureau, mais simplement le signe du changement de saison dans le calendrier runique. Le Taureau est sacrifié, symbolisant la mort du soleil, qui correspond au début de la période sombre et non au début du printemps. S’agissant d’un ciel nocturne, la constellation devait être visible à l’est du ciel au mois de novembre.

Dans le calendrier lunaire à 24 constellations, la Samhain correspond à la pleine lune dans les Pléiades.

Dans le calendrier romain julien avec un zodiaque à douze signes, les Pléiades sont remplacées par le Taureau, à l’ouest. Le Lion correspond à Imbolc et au nord. Le Scorpion ou l’Aigle correspond à Beltane à l’est. L’Ange ou le Verseau correspond à Lugnasad et au sud.

Il est clair que le calendrier romain est primitivement celte, puisque les quatre fêtes celtes déterminent le premier jour de quatre mois de l’année, quarante jours après les équinoxes et les solstices. Il est également clair que le signe du moment est toujours celui qui apparaît à l’est dans le ciel nocturne (c’est-à-dire que le Taureau correspond au mois de novembre).

Toutefois il ne peut plus y avoir de correspondance avec les phases de la lune, puisque ces fêtes sont rigidement fixées quarante jours après les équinoxes et solstices, événements de nature solaire.

Le Taureau (1er novembre) représenterait l’enfance de Jésus, les instincts et les émotions, Satan. Le Lion (1er février) représente le chakra du cœur. L’Aigle (1er mai) représente la conscience. L’Homme (1er août) représente la couronne ou le christ réalisé.

Cependant il existe des calendriers celtes et scandinaves que ne citent pas les auteurs. Ceux-là introduisent de nouvelles fêtes « lunisolaires ».

Yule pour les Scandinaves ou Nolagh pour les irlandais, qui marque le troisième jour suivant le solstice d’hiver, celui où le soleil commence à reprendre sa course en avant. On en retrouve la trace dans les trois jours où Jésus reste au tombeau après sa mort avant sa résurrection. Litha au solstice d’été.

Des fêtes sont situées après les équinoxes, non pas quarante jours après, mais à la pleine lune qui les suit. Ostara à la pleine lune qui suit l’équinoxe de printemps, Mabon ou Westara à la pleine lune qui suit l’équinoxe d’automne.

Il est clair que les termes de « est » et « ouest » ont été forgés d’après ces fêtes. Toutefois ils apparaissent très tardivement sur les cartes, qui utilisent jusqu’au 17ème siècle préférentiellement les mots d’orient et occident.

L’introduction de ces fêtes modifie complètement la roue runique. Ce n’est plus Imbolc le 1er février qui se trouve au nord, mais Yule le 25 décembre. La roue ne commence plus par Samhain à l’ouest, mais en Yule au nord.

L’est qui appartenait à Beltane le 1er mai est pris par Ostara (Easter) le 21 mars. A ce stade, la rotation de la roue se fait toujours dans le sens traditionnel.  Ostara se voit assigner l’est.
(Matthieu de Paris, cartographe et chroniqueur daté au 13ème siècle utilise Auster pour désigner le sud, habituellement désigné par le mot Meridies. On retrouve cette racine dans l’adjectif « austral » et Terra australis, le grand continent inconnu qui s’avéra regrouper l’Antarctique et l’Australie.)

Mais on sait que la fête de Pâques (Easter en anglais) et le printemps sont désormais représentés à l’ouest de la roue zodiacale. Dans une nouvelle étape, le zodiaque à douze signes est inversé. La constellation du moment sera celle dans lequel le soleil se lève même si celle-ci est invisible quand il fait jour.

Le Scorpion correspondra à Samhain et à l’ouest le 1er novembre. L’Ange ou verseau à Imbolc et au nord le 1er février. Le Taureau à Beltane et à l’est le 1er mai. Le Lion à Lugnasad et au sud le 1er août. Ces dates correspondent aux signes du zodiaque solaire tropical que nous connaissons.

En dernière instance, on recalera les constellations du zodiaque en faisant commencer les saisons aux équinoxes et aux solstices. Comme le Taureau symbolisait le mois de novembre avant de symboliser mai, c’est le Bélier qu’on choisit pour commencer à l’équinoxe de printemps vers le 21 mars. En réalité, le Bélier apparaît un peu plus tard, initialement vers le 1er avril, comme signe où se lève le soleil. L’observation des étoiles montrait que c’était les Poissons qui étaient la constellation de l’équinoxe de printemps. De là, la légende qui attribue aux zodiaques commençant en Taureau une « grande ancienneté » du fait de la précession des équinoxes. Mais ceci aurait supposé une grande constance du système utilisé. Or le zodiaque aura beaucoup changé au 16ème siècle.

L’équinoxe de printemps se vit assigner l’ouest, en contradiction avec le nom de la fête de Easter.

Dès Jules César, le calendrier julien avait adopté le jour de l’an consulaire, soit le 1er janvier. Curieusement, au 16ème siècle, la plupart des pays d’Europe adopta une SECONDE fois le 1er janvier. En France ce fut en 1567 par un édit de Charles IX

11 Commentaires

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11 réponses à “Anciens calendriers

  1. Bonjour et heureux de votre retour !
    Encore un trés bon article, merci.

  2. Le tétramorphe pourrait-il correspondre aux 4 âges (périodes) qui ont précédées notre actuelle humanité (dont le point de départ serait la Renaissance) ?

  3. J’ai une théorie différente. Je corrige immédiatement l’article. Le tétramorphe correspond aux principales fêtes celtiques (Samhain = Aigle ou Scorpion, Imbolc = Ange, Beltane = Taureau, Lugnasad = Lion), avant l’introduction des fêtes de solstice (Yule) et d’équinoxe (Ostara). Les signes du zodiaque tropical correspondent exactement.

  4. Très intéressant. Toutefois, ces fêtes et ce référentiel de base 4 ne sont-ils pas antérieur à la culture celtique (souvent de base 3) ? Vous aviez d’ailleurs indiqué dans un précédent article que les celtes correspondent à des envahisseurs venus de l’Est sur des territoires gaulois (façade atlantique de l’Irlande / pays de Galles au Portugal) qui eux pratiquaient bien ce chamanisme et avaient une civilisation avec quadrifonctionalité.

    • Vous savez Calliope, je me contredis beaucoup ! Ceci est un travail en friche. Les articles sont évolutifs (c’est déroutant pour le lecteur, je sais), les pistes nombreuses. La conquête des régions atlantiques est effectivement une intéressante théorie de Michael Harper, qui ne s’explique pas logiquement que la colonisation saxonne soit le seul cas où une langue locale aurait disparu au profit de celle des envahisseurs, avant de s’arrêter subitement aux frontières du Pays de Galles. Les calendriers celtiques sont revendiqués par les « celtisants » modernes, mais je ne suis pas certain qu’il s’agisse des mêmes celtes ! Le calendrier de Coligny a été trouvé je crois en Bourgogne.

      • oui bien sûr je comprends que certaines explications soient encore perfectibles et révisables. Un des malentendus viendrait que nous nommons « celte » deux civilisations distinctes dans le emps et dans les pratiques. La plus ancienne correspondrait aux « anciens bretons » (armoricains héritiers des Atlantes ?) dont la culture est marqué par le chamanisme / druidisme, la quadrifonctionalité, les hauts-lieux sacrés (collines; grottes; arbres …). Quant aux Celtes venus plus récement de l’Est, il pourrait s’agir soit d’une branche initialement séparée qui a d’abord fait le chemin Ouest-Est jusqu’aux Indes puis est revenu à la façade atlantique avec une culture modifiée par ce nomadisme (trifonctionalité), soit une toute autre population.

      • Il y en a peut-être plus de deux. Les Celtes de Jules César et Strabon, ce sont les Gaulois. Les Celtes de l’ouest, c’est le mouvement romantique du 19ème siècle. Les Celtes venus de l’est, c’est une mode universitaire du 20ème siècle, basée sur l’archéologie et la génétique. Ca se tient mais jamais la civilisation des « champs d’urnes » n’a prétendu être celte.

  5. merci pour ces précisions

  6. « La dérive précessionnelle est corrigée à l’aide de cycles de cinq à huit ans afin de conserver la correspondance de l’année solaire avec le calendrier lunaire.  »
    => Est-ce que tu as le détail de la compensation de cette dérive ?
    Combien de jours il faut compenser ?
    Si on se fixe sur 15 jours par rune et par demi-lune on a 360 jours on a donc 5 jours / an de différence. Si on ajoute une rune de 15 jours tous les 3 ans, on corrige le calendrier. Je me dis que ça pourrait être ça la signification de la rune blanche (souvent nommée wyrd) qui a une source très floue.
    Mais je ne sais pas si mon raisonnement est juste. Si on utilise vraiment des demi lune fixes de 15 jours. Ou si on alterne entre des mois de 29 et de 30 jours comme avec le calendrier celte de Cologny ? Du coup la quinzaine n’a pas forcément 15 jours mais parfois 14.

    • Non je n’ai pas le détail. Je me contente souvent de reproduire ce qu’on trouve sur wikipedia. Je n’ai même pas idée des sources qu’ils utilisent, vu qu’on nous répète toujours que Coligny est le seul calendrier qui nous soit parvenu. Il est possible que certains ne parlent pas de calendriers gaulois mais celtes au sens « civilisation des champs d’urnes » dont les universitaires nous assurent qu’ils sont les Celtes, bien que César et Strabon aient dit que les Celtes étaient les Gaulois.

  7. Pingback: L'origine des runes se trouve dans le calendrier celtique - Martouf le Synthéticien

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