Chronologie de la fin du Royaume d’Israël

Emmet Sweeney dans sa série « Ages in alignment » volume 4 « The Ramessides, Medes and Persians » fait la proposition, validée par l’archéologie, que les dynasties néo-assyrienne et néo-babylonienne entre 745 et 535 environ se superposent à la dynastie perse achéménide entre 535 et 330.

Les sources arabes du 10ème siècle continuent de mentionner des cultes à Sin, Tammouz et d’autres dieux. Sweeney glisse sur sa remarque et n’en tire pas de conclusion. On se retrouve donc avec une datation traditionnelle à partir de l’Empire perse achéménide en 535 av JC environ.

Sweeney a validé en grande partie les travaux de Gunnar Heinsohn qui a exposé l’inexistence d’un niveau sumérien en archéologie. Les archéologues ont attribué des sites au Mitanni ou aux Hittites, des pays que les historiens grecs ne connaissent pas. D’un autre côté, les historiens grecs mentionnent des civilisations que l’archéologie ne retrouve pas, comme les Mèdes ou les Lydiens. Pour ne vexer personne, les dynasties des archéologues ont été placées dans la fresque historique avant les rois connus des historiens grecs. Il aurait fallu selon Heinsohn les superposer : l’Assyrie des Grecs est l’ancien Empire d’Akkad, les Mèdes correspondent au Mitanni et aux Moyen-Assyriens et les Lydiens aux Hittites.

Les sites moyens-assyriens au nord de la Mésopotamie et mittaniens plus à l’ouest sont situés dans des territoires conquis par les Mèdes. Les territoires originels des Mèdes seraient situés plus à l’est, dans l’actuel Iran et en Afghanistan. Il semble cependant qu’on manque également de traces archéologiques dans ces lieux.

Sweeney montre aussi que les Néo-Hittites en archéologie sont identiques à l’Empire hittite, plus ancien. A Malatya, présenté comme le plus grand centre hittite dans les textes, le niveau néo-hittite, trouvé sous les ruines assyriennes, est dans le style impérial, sans aucune influence assyrienne.

De même les chroniques perses font référence à un roi sous un nom que les chroniques néo-assyriennes ou néo-babyloniennes présentent sous un autre nom. Les auteurs grecs ou la Bible vont mélanger les deux appellations, créant de fausses ruptures dynastiques. Ainsi les rois perses achéménides ont des alter ego néo-Assyriens et néo-Babyloniens. Sweeney ne valide pas de doublons après le dernier perse Darius III et laisse donc Alexandre et la dynastie macédonienne en dehors des recouvrements possibles. C’est un tort comme nous le verrons.

Voici le tableau proposé par Sweeney :

Néo-assyriens et néo-babyloniensPerses
Tiglath-PileserCyrus
SalmanazarCambyse
SargonDarius I
SennacheribXerxès
EssarhadonArtaxerxès I
AssurbanipalDarius II
NabopolassarArtaxerxès II
NabuchodonosorArtaxerxès III
NabonideDarius III

Sweeney veut remonter un peu plus. Il affirme que Cyrus se faisait appeler Tukulti-Ninurta, qui est le nom de deux rois médio-assyriens importants et plus anciens. Un Tukulti-Ninurta a détruit l’empire hittite et déporté 28 800 de ses habitants. Les archives hittites montrent Tukulti-Ninurta écrivant à Tudkaliash IV, dernier roi hittite. Tudkaliash IV serait le Lydien Crésus. Mais Tukulti-Ninurta s’est aussi emparé de la Babylonie en mettant un terme à la dynastie kassite. Un rebelle de Babylone nommé Merodak-Baladan I va ensuite s’opposer à lui. Ce Tukulti-Ninurta prend la main de Bel, devenant alors roi de Babylone. Sweeney pense que Cyrus a ensuite changé son nom pour Tiglath-Phalasar. Cyrus a aussi vaincu les Lydiens, les Mèdes et les Babyloniens. Ainsi l’Iran, la Mésopotamie, l’Anatolie et les territoires intermédiaires lui appartiennent. Tukulti-Ninurta aurait également combattu un peuple appelée les Mosques. Sweeney ne fait pas le lien mais Cyrus est mort en combattant les Massagètes.Il est possible qu’il s’agisse des Moscovites. Ce peuple est traditionnellement placé au nord de la mer Noire, mais aura conquis les terres au nord.

Un Tiglath-Pileser I est daté d’un peu avant la fin de l’Empire hittite. Il est opposé à un Merodak-Baladan III de Babylone. Tilgath-Pileser III lui ne prend la main de Bel que plus tard. Nabonassar reste roi pendant quelques années à Babylone.

Les listes en doublon de Sweeney créent une difficulté car il faut identifier les endroits où des collages artificiels ont été opérés. Sweeney fait le choix de couper à la fin de la dynastie néo-babylonienne. Ainsi Cyrus, qui a vaincu le dernier roi néo-babylonien Nabonide se trouve maintenant vivre bien avant lui. Il fait pourtant une proposition contradictoire, sans pour autant modifier son tableau, en assimilant Nabonide à Nabonassar, le roi de Babylone vaincu par Tiglath-Phalasar.

On résoud donc une difficulté, mais une autre est créée car le successeur de Darius III, proposé comme l’alter ego de Nabonide, est Alexandre le Grand, et non pas Cyrus. Cyrus comme Alexandre sont les fondateurs d’une dynastie, l’un des Achéménides, l’autre des Macédoniens. Les deux sont des alliés des Judéens. Alexandre aurait restauré le Temple de Bel-Marduk de la Babylone mésopotamienne. L’histoire officielle dit que Cyrus amenait le culte du dieu unique Ahura Mazda. Néanmoins, le cylindre de Cyrus s’il cite bien sa victoire sur le « babylonien » Nabonide, annonce qu’à Babylone il restaura le culte de Marduk.

D’une part, il semble que deux Cyrus ont été confondus. D’autre part, l’identité grecque d’Alexandre est remise en question s’il est identifié à un roi perse. Cette ambiguïté se retrouve ensuite, puisque l’empire « grec » séleucide de l’antiquité est identique à l’empire « turc » seldjoukide du Moyen-Age, tous deux identiques à l’antique empire « perse » achéménide.

1 – Israël et Juda

Une question importante est bien entendu l’identité d’Israël et de Juda, qui ne sont pas mentionnées par les Grecs, et à peine et de façon obscure dans les sources archéologiques. Ces pays devaient être connus par un autre nom.

Dans notre idée, cet empire séleucide qui est celui d’Alexandre le Grand correspond au grand Israël du roi Salomon. Sa séparation en  Royaume d’Israël et Royaume de Juda correspond aux deux grands ensembles résultant de la division de l’empire seldjoukide. Israël correspond au Khanat de Kwarezm ou de Samar, dont les capitales sont Samar Khand et Kwarezm (Samarie et Garizim), qui unit le Turkestan et la Perse plus au sud au Moyen-Age. Juda correspond à la Lydie ou Royaume hittite, qui s’étend comme la légendaire Eretz Israël du Nil jusqu’à l’Euphrate. La Lydie correspond aux frontières originelles des Ottomans. Les conquêtes des Mèdes ont rogné la Lydie à l’est puisque leur frontière avec la Lydie était le fleuve Halys et non plus l’Euphrate. Flavius Josèphe dans Contre-Apion décrit une autre Judée, un pays où la terre est très fertile, qui nous a fait suggérer la Russie. Ce changement de localisation correspond sans doute à la période où le Temple a été reconstruit après la captivité de Babylone.

Dans le Second Livre des Rois, le roi d’Assyrie Pul identifié presque toujours à Tiglath-Phalasar III prend à Pekah roi d’Israël les territoires de Galaad et de Galilée. Le Galaad peut correspondre à l’Arcadie des Grecs, ou Royaume d’Akkad ou encore le Kurdistan actuel. La Galilée peut correspondre à l’Iran.  Les rois d’Assyrie suivants, Salmanazar et Sargon, conquièrent toute la Samarie (Turkestan). Sargon déporte Israël dans « les villes des Mèdes », et il n’en est plus parlé par la suite, créant ainsi le mythe des dix tribus perdues.

Un cylindre dit que Sargon « conquérant de Samarie et de l’entière Israël […] chasse Midas roi de Muscu. » Après les événements de Samarie, « Hanno roi de Gaza et aussi Sib’e le turtan d’Egypte sortir de Rapihu contre moi pour mener une bataille décisive. […] Sib’e s’est enfui, [ …] Hanno je l’ai capturé. […] »

La victoire de Sargon contre Samarie correspond à la destruction de Samarcande par Tamerlan en 1402, mettant un terme à l’Empire des Turcs d’Asie centrale, dirigé par Bajazet Ier, alias le roi Osée d’Israël. Les historiens disent aujourd’hui que Bajazet était un roi ottoman et que la bataille eut lieu à Ankara. Néanmoins la carte de 1562 de Jenkinson est formelle sur le fait que cette bataille eut lieu à Samarcande. La ville ayant été entièrement détruite, Samarcande ne peut pas avoir été la capitale de Tamerlan, comme il est d’usage de le penser. Midas de Muscu est possiblement un roi de Moscovie, qui sera alors tombé sous le joug de Tamerlan. Sargon affronte un roi de Gaza mais ne mentionne pas la Judée voisine. Selon Emmet Sweeney, les trois conquérants assyriens d’Israël Tiglath-Phalasar, Salmanazar et Sargon correspondent aux conquérants perses Cyrus, Cambyse et Darius Ier.

2 – Cyrus

Sweeney identifie Cyrus le Grand au roi d’Assyrie Tiglath-Pileser. Les chroniques de ce roi disent qu’il a mené une conquête d’Israël. Aussi il est assimilé au roi Pul d’Assyrie de la Bible, qui attaque le royaume d’Israël. Cette conquête serait mentionnée à plusieurs endroits de la Bible. Son identité avec Cyrus le Grand serait prouvée par la Livre d’Isaïe. Isaïe prévient Israël de ne pas s’opposer aux Assyriens, l’épée de vengeance de Yahweh, dont le roi est Tiglath-Phalasar. Mais plus loin il présente Cyrus, le messie étranger, comme le vengeur de Yahvé, appelé à imposer la domination d’Israël sur les nations. Certains disent que dans la défaite, Isaïe faisait la prophétie qu’un consolateur viendrait deux siècles plus tard. D’autres ont imaginé qu’il y avait pu y avoir deux auteurs, un Isaïe et un Pseudo-Isaïe plus tardif. Néanmoins, dans le Livre d’Isaïe, les actions de Sennacherib en Judée sont mentionnées après celles de Tiglath-Phalasar, et avant celles de Cyrus.

Comme on l’a vu, le Cyrus du cylindre de Cyrus restaure les dieux étrangers et notamment Bel-Marduk à Babylone. Il a été traduit dans toutes les langues par les Nations Unies car il défend la liberté de culte. Ses alter ego Tukulti-Ninurta, Tiglath-Phalasar prennent également la main de Bel-Marduk à Babylone.

Ceci ne correspond ni au Cyrus zoroastrien, ni au Cyrus d’Isaïe, qui est le promoteur du dieu d’Israël. Le Cyrus monothéiste correspond aux actions de Sennacherib, dont l’alter ego est Xerxès pour Sweeney. Dans leurs chroniques respectives, Sennacherib comme Xerxès enlèvent la statue de Marduk de l’Esagil de Babylone. Xerxès interdit même qu’on serve un culte à un autre dieu qu’Ahura-Mazda.

Les stèles découvertes disent que Cyrus le Grand était le fils de Cambyse, et le petit-fils de Cyrus l’Ancien. Hérodote lui fait de Cambyse le successeur de Cyrus le Grand. Aussi les historiens ont jugé nécessaire de créer un Cambyse II. Possiblement, il n’y a qu’un seul Cambyse. Hérodote aura attribué les faits de Xerxès à Cyrus le Grand, peut-être parce qu’il lisait la Bible, qui appelait Xerxès du nom de Cyrus. Sennacherib est connu de la Bible mais il est également mentionné par Hérodote. Ainsi Hérodote le connaît sous trois identités : Cyrus le Grand, Xerxès et Sennachérib.

3– Darius Ier

Hérodote dit que pendant les campagnes de Cambyse, son frère Bardiya s’était emparé du trône. On soupçonna qu’il ne s’agissait pas du véritable frère, mais d’un usurpateur mède nommé Gaumata ou Smerdis. Une conjuration contribua à le tuer et à mettre sur le trône Darius fils d’Hystaspe, issu d’une branche mineure de la famille royale perse. Son alter ego selon Sweeney, Sargon relate que son prédécesseur imposa des taxes à la ville d’Assur, crime pour lequel les dieux le choisirent à sa place. Darius est le premier perse à attaquer les Grecs, comme Sargon attaque les Ioniens. La mention de Cyrus attaquant les cités ioniennes est en réalité plus tardive. Les Grecs ont défait Darius à la bataille de Marathon et ce dernier ne put pas faire entrer son armée en Europe. Hérodote dit que les Egyptiens en profitèrent pour se libérer du joug perse. Nabuchodonosor III le roi de Babylone et vassal des perses se révolta avec les Elamites contre Darius. Contre Sargon, c’est Merodak-Baladan III le roi de Babylone qui se rebella avec les Elamites.

4– Xerxès

Le disque ailé des Perses représentant Ahura Mazda est identique au disque ailé d’Assur des Assyriens. L’archéologie montre que l’ancien Mitanni possédait également ce symbole d’Ahura Mazda. Origène présentait les Perses comme les membres d’un culte religieux à Mithra. Chez les Mèdes, le culte d’Ahura Mazda et Mithra est sacrificiel. Cyrus le Grand alias Xerxès aurait réformé la religion des Mèdes pour faire du culte d’Ahura Mazda un culte non sacrificiel, le mazdéisme, hérité des préceptes de Zoroastre. Le mazdéisme est connu comme le premier système religieux exclusivement monothéiste.

Selon Hérodote, Xerxès échoue comme Darius à prendre la Grèce, et fait face à deux rébellions babyloniennes. Lors de la seconde rébellion le satrape perse de Babylone est tué. Xerxès va donc détruire Babylone, en enlever la statue de Bel-Marduk. Dans l’Enuma Elisha, Marduk est ainsi remplacé par Assur. Ce Xerxès est assassiné par Artaban. L’héritier Artaxerxès Ier en rend responsable ses deux frères aînés Darius et Hystaspe. Il fait exécuter le premier et vainc l’armée du second en Bactriane.

Selon la Bible Sennacherib arrête sa campagne contre le roi de Juda Ezechias pour combattre l’Ethiopie, puis retourne en Judée. Selon Hérodote, sa deuxième campagne en Egypte est un échec, à cause d’une invasion de souris qui s’est déclenchée dans son camp militaire. La Bible mentionne une invasion de rongeurs et une épidémie dans le camp de Sennacherib, mais l’accident se produit pendant le Siège de Jérusalem. Hérodote ne dit rien d’une campagne en Judée mais le Talmud prétend qu’il embarqua le trône de Salomon. 2 Rois dit que ses fils Adramelech et Sharezer le font assassiner. Il est vengé par le troisième fils, Essar-Hadon, que Sweeney propose comme alter ego d’Artaxerxès Ier.

Les auteurs de Judée disent qu’Israël était tombée dans l’idolâtrie. Le monothéisme de « Cyrus » convenait tout à fait à Isaïe. Néanmoins la tradition assyro-perse nomme le dieu unique Assur ou Ahura Mazda, les Judéens le nomment Yahvé. Dans le Livre d’Isaïe, Cyrus est ainsi l’oint de Yahvé. On retrouve ici les sources J et E de la Bible.

La tradition assyrienne et israélite convient de ne pas écrire le nom d’Assur, et on le retrouve écrit sous le nom de El dans l’Ancien Testament en hébreu. Les textes de l’Ancien Testament mentionnant El sont rattachés à la source E. La tradition judéenne fait que le nom de Yahvé est bien écrit dans les rouleaux de la Torah, mais il n’est pas prononcé tel qu’écrit lors des lectures en synagogue, remplacé par le nom de Hachem.

Par la suite El donnera Allah. Assur sera nommé en Egypte Asar, ou Osiris en grec. L’islam cachera plus tard son nom en le nommant « l’homme vert », qui est toujours la couleur d’Osiris, et un prophète supérieur à Moussa. Néanmoins il est devenu distinct d’Allah, bien que l’université du Caire se nomme encore Al-Azhar. Dans tout le récit qui est fait des Egyptiens à l’époque néo-assyrienne ou perse, les prêtres sont invariablement qualifiés de prêtres d’Amon ou de Ptah, jamais de prêtres d’Osiris, qui est donc le nouveau dieu d’origine perse. Le courant judéen d’Isaïe derrière Cyrus se retrouve dans les Epîtres de Paul et des membres de l’Eglise de Jérusalem, qui l’appellent désormais Jésus.

Le récit européen autour de « Jules César » est possiblement une adaptation de la vie de Cyrus, pour en faire un dirigeant européen. Elle est entièrement basée sur la vie de Jésus décrite dans les Evangiles. Francesco Carotta dans « Jesus was Caesar » a montré les innombrables parallèles mais conclu que Jules César était l’original.

5 – Le Livre d’Esther

Sweeney prétend que le Livre d’Esther montre que les Perses avaient fait des Israélites des esclaves. Sa reconstruction suggère que le libérateur Cyrus aurait en réalité persécuté les Juifs, et que c’est Alexandre qui les aurait libérés. Si on s’en tient à ce que dit la Bible, les avis sont partagés. Du point de vue du Livre d’Isaïe, un judéen monothéiste, Israël était tombée dans le paganisme et Cyrus est le messie d’Israël et l’oint de Yahvé. Le Livre des Rois et celui des Chroniques donnent en revanche un point de vue défavorable.

Le Livre d’Esther montre le remplacement du premier ministre Haman par le juif Mardochée sous le règne d’ « Assuérus ». Le nom de ce Assuérus suggère qu’il s’agit du roi Xerxès. Néanmoins ce n’est pas l’avis général. Sweeney l’identifie à son successeur Artaxerxès Ier, d’autres au roi mède Cyaxare.

Je suggère qu’il désigne entre autres le dieu Assur des Assyriens, ou le dieu Osiris des Egyptiens. Haman est le dieu égyptien Amon, Esther et Mardochée les dieux babyloniens Ishtar et Marduk. Il est démontré que le Livre d’Esther est un mythe basé sur les constellations. Une partie au moins des récits supposés historiques d’Hérodote sont basés sur ces mêmes constellations. Il y en a d’ailleurs un qui reprend les éléments du Livre d’Esther. Ce dernier montre clairement qu’on a affaire à une lutte d’influence entre plusieurs cultes.

Selon Hérodote, Otanes est un des sept conjurés qui assassina l’usurpateur Gaumata, et mit Darius Hystaspe sur le trône. La fille d’Otanes, Amestris épouse le roi suivant Xerxès. Hérodote écrit : « On m’informe qu’Amestris, la femme de Xerxès, une fois âgée, a fait un retour pour sa propre vie, au dieu qu’on dit vivre sous la terre, en enterrant par deux fois sept enfants de Perses qui étaient des hommes de renom. »

Sweeney nous dit qu’Amestris est assimilée à Vashti, la première épouse d’Assuérus dans le livre d’Esther, avec laquelle elle partagerait une étymologie. L’affirmation est grosse tant Amestris ressemble à Esther, même de nom. Dans le livre d’Esther, le roi Assuérus est associé à sa femme Esther, et un premier ministre nommé Haman. Ces entités forment une sorte de triade égyptienne constituée d’Osiris, Amon et Isis. Haman aurait projeté de tuer les Judéens. Aussi Esther, qui était elle-même juive, intrigua pour que son parrain Mardochée le remplace comme premier ministre, et fit exécuter dix fils des princes perses au lieu des juifs.  Esther tue ainsi dix fils des princes perses, Amestris quatorze.

Ainsi Otanes et sa fille Amestris sont Juifs, et leur dieu est Marduk. Darius fils d’Hystaspe roi de Perse est leur allié et soutient le culte de Marduk à Babylone. Xerxès met un terme au culte de Marduk. Le fait que Hérodote parle du « dieu qu’on dit vivre sous terre » suggère que Xerxès a enterré la statue.

Amestris, comme Esther et Mardochée sont des personnages certainement fictifs. Assuérus serait à la fois le dieu Assur et le véritable roi Xerxès. Il semble que nous ayons affaire à une tentative de syncrétisme. La référence à Babylone est ambiguë car au 17ème siècle, Babylone est le nom de la capitale de la Mésopotamie, mais également le nom de la ville du Caire en Egypte. Lorsqu’il est fait référence à Bel, il peut s’agit de Baal-Amon en Egypte, ou de Bel-Marduk en Mésopotamie, mais aucun d’eux ne s’est imposé sur le territoire de l’autre. La rivalité entre Haman et Mardochée dans le livre d’Esther ne reflète donc pas une rivalité locale entre deux cultes attestés par l’archéologie, mais une rivalité entre vassaux pour maintenir leur culte sous le joug perse.

En revanche, Haman comme Mardochée sont de rang inférieur à Assuérus, ce qui montre que la prééminence du nouveau dieu est admise tant par les Babyloniens que par les Egyptiens. En effet, Assur est bien présent en Mésopotamie et Osiris en Egypte. Néanmoins, le statut de divinité associée que postule le Livre d’Esther n’est pas observé par l’archéologie. Le culte d’Osiris, possiblement associé initialement au culte d’Amon, s’en débarrasse, puisque Amon n’apparaît pas dans les divinités de l’Ennéade. En Mésopotamie, Marduk est éclipsé par Assur et ne s’y associe pas.

Cette rivalité concerne-t-elle au fond Xerxès, ou le Cyrus du cylindre qui restaure tous les cultes ? En ce cas on parle de Nabuchodonosor alias Alexandre. Tous les deux ont pris la main de Bel-Marduk à Babylone. Néanmoins, Alexandre est également connu pour avoir rendu un culte à Zeus-Amon en Egypte. Le Livre d’Esther témoigne pour les partisans du panthéon babylonien, en somme l’Israël païenne que les prophètes conspuaient. Le Livre d’Isaïe lui prend parti pour le monothéisme d’Assur, tel qu’il s’exprime chez le vrai roi Xerxès.

Le Livre de Daniel et l’Apocalypse de Jean reflètent aussi ces luttes entre divinités. Le Livre de Daniel mentionne quatre bêtes : la première est un lion aux ailes d’aigle, la seconde un ours, la troisième un léopard avec quatre ailes et quatre têtes, la quatrième a dix cornes et des dents de fer. Si le lion ailé peut faire penser au lion de Saint-Marc, le parallèle est difficile à faire avec les quatre évangélistes. Dans l’Apocalypse de Jean, ces quatre bêtes n’en forment qu’une : la Grande Bête ou l’Antéchrist, qui a un corps de léopard, des pattes d’ours, des dents de lion et des ailes d’aigle. Cette figure chimérique correspond à des descriptions faites de Nabuchodonosor. Daniel a pu rencontrer quatre rois qui se répartissent ses caractéristiques. Dans l’Apocalypse, la Petite Bête, le dragon aux cornes d’agneau est le dieu Marduk assimilé à un dragon-serpent.

Les Apocalypses forment un style de littérature arabe des débuts de l’islam. Le motif de l’Apocalypse de Jean ne s’en éloigne guère : Jésus n’y est pas crucifié mais revient à la fin des temps, ce qui est – encore aujourd’hui – une croyance de l’islam. Il n’est pas anodin que ce texte soit associé à Jean. Jean est le disciple bien-aimé comme Mahomet est un adjectif signifiant « bien-aimé ». Les chrétiens d’Asie des premiers siècles suivent l’hérésie quartodécimaine, qui serait prescrite par l’apôtre Jean. Il leur est reproché de suivre le calendrier hébraïque, qui est lunisolaire comme le calendrier musulman, et de fêter la Pâques chrétienne en même temps que la Pâques juive. Beaucoup d’églises dites johannites sont encore mentionnées en Asie jusque dans les siècles très tardifs : Mandéens, Sabéens, Nazaréens, Chaldéens, Alaouites (Lévites).

Ces cultes sont censés posséder l’Evangile secret de Jean. L’Eglise johannite et l’Ordre templier moderne nous présentent un Evangile secret de Jean, qui est simplement l’Evangile de Jean dont on a retranché les passages sur la résurrection et sur les épisodes postérieurs. Ce faisant, il devient bien plus acceptable pour les musulmans, qui n’admettent pas la résurrection de Jésus sous trois jours, mais seulement son retour à la fin des temps. Néanmoins, on ne retrouve pas ce texte tronqué parmi ces églises, pas plus que l’Apocalypse de Jean. On peut supposer que ces groupes sont simplement musulmans, et leur Evangile de Jean simplement le Coran. Saint-Michel qui vainc le dragon est Ismaël. Dans une tentative de survie du culte, un nouveau Marduk est calqué sur Saint-Michel et devient lui aussi le pourfendeur du dragon Tiamat.

L’Apocalypse de Jean ou le Livre de Daniel prolongent ainsi le choix monothéiste d’Isaïe, et sonnent le glas des cultes antérieurs, dépeints de façon très méprisante.

La prostituée en rouge de Babylone est souvent associée à l’Eglise catholique, mais il s’agit plus probablement de l’Eglise de Mithra qui la précède, dont elle hérite énormément de symboles, et qui correspond à Amon en Egypte et à Marduk à Babylone. Le culte de Mithra est celui de l’Ordre du Temple médiéval, dont le procès eut lieu en France au 14ème siècle. Les Templiers furent accusés de pratiquer le baiser au cul du diable ou osculus infame, qui fait partie du rite d’initiation au grade de Nymphus dans le culte de Mithra des légions. Dans Apocalypse, nul ne peut acheter ou vendre sans porter la marque de la bête, son nom ou le nombre de son nom. On sait que les Templiers s’arrogeaient le monopole du commerce en leur temps. La marque au front est pratiquée pendant l’adoubement des chevaliers du Temple, à l’aide d’un poinçon à la racine des cheveux.

L’Ordre Templier moderne veut faire croire qu’il est l’héritier du Temple médiéval, comme de l’ancien Temple de Jérusalem. Le Temple médiéval en Europe est effectivement issu du Temple de Jérusalem, mais les « Templiers » modernes professent l’Evangile de Jean. Les Hospitaliers de Saint-Jean ont hérité des possessions des Templiers, mais il est faux de dire que l’ordre templier était lui aussi johannite.

6 – La dynastie néo-babylonienne

Selon les travaux d’Heinsohn, à partir desquels Sweeney élabore, les Assyriens des Grecs sont le Royaume d’Akkad. Les Assyriens de la Bible seraient en réalité des Perses, qui viennent après les néo-babyloniens. Sweeney oublie ensuite ce détail pour exposer que les historiens grecs et la Bible se contredisent. Les historiens grecs disent que les Mèdes ont fait chuter l’Empire d’Assyrie, alors que la Bible dit que c’est le roi de Babylone Nabopolassar et son fils Nabuchodonosor qui se défont de la puissance assyrienne, pour régner à leur tour de la Mésopotamie jusqu’en Egypte. L’archéologie donnerait raison à la Bible car on retrouve la mention de Babylone dans les tablettes cunéiformes des sites fouillés, et c’est cette lecture que l’Histoire retient. Sweeney en déduit qu’Hérodote s’est trompé.

Mais Hérodote n’aurait pas pu simplement inventer les Mèdes. L’absence de traces archéologiques des Mèdes en Mésopotamie suggère simplement qu’ils étaient appelés rois d’Assyrie. Sweeney lui-même qui écrit que les empereurs perses achéménides sont identifiés comme des rois d’Assyrie. Il en était de même des Mèdes qui les précèdent. Ce sont les Mèdes qui auront même nommé le pays du nom de leur dieu Assur. L’erreur d’Hérodote est d’avoir appelé Assyrie un pays qui ne s’appelait pas encore comme tel, mais Akkad en cunéiforme ou Galaad dans la Bible. Les Assyriens médiévaux ont ainsi été facilement christianisés, car monothéistes. La Bible appelle Pul le roi d’Assyrie parce qu’il renomme la région de Galaad du nom de son dieu Assur. Les souverains mèdes et perses qui lui succèdent sont également des « rois d’Assyrie » parce qu’ils ont la souveraineté sur la région que les Juifs appellent l’Assyrie. 

Les Grecs ne disent d’ailleurs pas que les Mèdes ont vaincu l’Empire assyrien, mais que son renversement est issu d’une alliance entre Cyaxare le roi des Mèdes et Nabopolassar le roi de Babylone, jusqu’ici vassal des assyriens. D’autres grecs disent aussi qu’après la chute de l’Assyrie, les Scythes se sont emparé du sud de la Mésopotamie, les Mèdes du nord de la Mésopotamie et d’une partie de l’Anatolie. Hérodote dit aussi que les Mèdes combattent ensuite la Lydie, avec lesquels le fleuve Halys constitue la frontière.

La chronique de Nabopolassar ne dit pas autre chose, puisqu’il s’allie aux Mèdes (Mandas) contre Assur-Uballit et l’Egypte.

Ainsi les Mèdes ayant pour territoire originel l’Iran et l’Afghanistan, ont conquis le territoire au nord de la Mésopotamie. Celui-ci a continué à s’appeler Assyrie – c’est vérifiable sur les cartes au 17ème siècle. Nabopolassar était possiblement un roi Scythe. Le Royaume babylonien serait aussi le peuple des Gutis dont la dynastie suit celle d’Akkad. Les historiens disent qu’après avoir été habitée des millénaires, Babylone cesse d’être habitée au 18ème siècle, au moment même où Bagdad apparaît sur les cartes.

La Bible ne mentionne pas le partage de l’Assyrie entre les Mèdes et les Babyloniens. Quand elle parle de la victoire de Babylone sur l’Assyrie, il s’agit de la victoire du roi de Babylone Nabuchodonosor sur les Mèdes au nord, une génération plus tard.

Hérodote ne mentionne que quatre rois mèdes. Le successeur de Cyaxare, le conquérant de l’Assyrie se nomme Astyage, et il est détrôné par son petit-fils Cyrus le Grand, qui fonde la dynastie perse achéménide. Le règne de Cyaxare et d’Astyage est allongé artificiellement pour que Cyrus le Grand n’ait aucun rapport avec le successeur de Nabopolassar, Nabuchodonosor.

Nabuchodonosor comme Alexandre amènent les Juifs à Babylone, restaurent le Temple de Bel-Marduk, et conquièrent l’Egypte. L’auteur qui écrit l’épisode dans le Livre des Rois montre en Nabuchodonosor un profanateur du Temple de Salomon, alors que Flavius Josèphe est fier de l’alliance des Juifs à Babylone avec Alexandre.

A la fin du Second Livre des Chroniques, il est dit que Cyrus a fait reconstruire le Temple de Jérusalem. Le Second Livre des Rois se termine avec Evil Merodak réhabilitant le roi de Juda Joachim en lui permettant de manger à sa table – ce qui faisait du roi de Juda le premier ministre du roi de Babylone. Dans la liste de Manéthon, citée dans le Contre-Apion de Flavius Josèphe, Amel-Marduk est le successeur immédiat de Nabuchodonosor.

Le Livre de Daniel, censé se dérouler pendant la captivité de Babylone, mentionne trois rois de Babylone : Nabuchodonosor, un certain Balthazar et Darius, présenté comme un persécuteur, mais ne mentionnent pas Cyrus ou Cambyse qui précèdent Darius. Daniel mentionne des peuples trop tardifs pour qu’il les connaisse : les Macédoniens, et même les Romains, venus aider un roi en Asie. La présence des Romains en Asie ne survient pas avant Ptolémée en 273 av JC. Mais si Nabuchodonosor est Alexandre, alors il peut avoir connu les rois ptolémaïques, qui sont ses successeurs en Egypte.

Comme on le voit, les listes de Manéthon et de Daniel des rois de Babylone ne concordent pas. Et si on identifie Nabuchodonosor, Alexandre et Cyrus, elles ne correspondent pas non plus avec la liste des rois « néo-assyriens ». 

Manéthon fait de Nabonide le dernier roi néo-babylonien héritier de Nabopolassar et Nabuchodonosor. Or dans ses propres chroniques. Nabonide, roi de Babylone, appelle Assurbanipal et Essarhadon, des rois assyriens plus anciens, ses pères. Ainsi il ne s’agit pas de placer les rois de Babylone avant ou après les rois de Perse alias néo-assyriens, puisqu’ils se superposent encore.

L’identité de Assurbanipal et Nabopolassar est possible : ils portent le même nom.

Le roi Nabuchodonosor biblique semble un mélange des figures de Sennacherib et Essarhadon. Ils ont tous les deux une identité en tant que Cyrus.

Sennachérib comme Nabuchodonosor mène deux campagnes en Egypte. Sennacherib va arrêter sa campagne contre le roi de Juda Ezechias pour combattre l’Ethiopie, avant de retourner en Judée. Dans la version d’Hérodote, Sennacherib ne mène pas d’action en Judée, et l’épisode de l’invasion de rongeurs a lieu en Egypte et non devant Jérusalem.

Nabuchodonosor prend Jérusalem et y remplace le roi Joachim par Sedecias. Revenu punir Sedecias, il interrompt son action pour attaquer l’Egypte. Ezechiel : « Alors le Seigneur Dieu dit : «[…] Je lui donnai la Terre d’Egypte, parce qu’il a travaillé pour moi. »

Essarhadon a lui aussi de grandes similitudes avec Nabuchodonosor ou Alexandre le Grand. Essar-Hadon mène deux campagnes en Egypte et la seconde est couronnée de succès. Son satrape en Egypte Bey a hélas été assassiné. Essar-Hadon passe un décret selon lequel Babylone sera en ruines pendant 70 ans, mais réduit la durée à 11 années et finalement reconstruit Babylone lui-même. Les deux campagnes d’Egypte et les soixante-dix ans se retrouvent également dans le récit biblique au sujet de Nabuchodonosor.

Dans la Bible il s’agit de Jérusalem et non de Babylone, et les 70 ans sont la durée effective de la déportation des Judéens à Babylone. Au bout de onze ans, Nabuchodonosor devait toujours être le roi de Babylone et identique au Cyrus qui autorise les grands-prêtres à rebâtir un Temple. Ceci explique que les récits sur Nabuchodonosor le dépeignent de façon négative, alors que Josèphe dit du bien d’Alexandre. Le Livre de Daniel ne mentionne d’ailleurs pas de Cyrus comme roi de Perse pendant la captivité de Babylone.

Il n’est pas clair dans la Bible que le Temple ait été détruit par Nabuchodonosor. Néanmoins Zorobabel l’aurait entièrement rebâti soixante-dix ans plus tard. Possiblement Bagdad était la première Jérusalem, prise par Nabuchodonosor, rebaptisée Babylone avant de prendre le nom de Bagdad au 17ème siècle. Un nouveau Temple aura été bâti en Russie.

Artaxerxès Ier est l’alter ego d’Essar-hadon chez Sweeney. Comme lui, il reconstruit Babylone, fait face à des rébellions dans les satrapies, notamment l’égyptien Inaros qui s’est allié aux Athéniens. Le satrape d’Egypte Achemenès est alors tué. Le général perse Mégabyze propose une reddition aux rebelles égyptiens. Inaros est fait prisonnier avec un sursis de cinq ans pour son exécution. Un autre rebelle égyptien nommé Amyrtée continue le combat.

Hérodote dit qu’Amestris était la mère d’Achéménès et n’acceptait pas cette reddition. Elle obtint que lui et les sept autres chefs rebelles égyptiens furent empalés. Nous avons un souci ici : Hérodote mentionne Xerxès comme l’époux d’Amestris, et le livre d’Esther le nomme Assuérus. Sweeney corrige donc en Artaxerxès. Ce n’était sans doute pas nécessaire puisque Amestris était devenue la mère du roi Artaxerxès Ier.

Une difficulté est que Nabopolassar précède Nabuchodonosor, alors qu’Assurbanipal est censé succéder à Essar-Hadon. Ma proposition est qu’Assurbanipal est un doublon de Sargon, qui théoriquement le précède. En effet selon Sweeney, Sargon est l’alter ego de Darius Ier fils d’Hystaspe, alors que Assurbanipal est celui de Darius II. Or les deux Darius ont des points communs.

Babylonien par sa mère, Darius II a restauré Babylone, l’Esagil, et « réintroduit » la statue de Marduk. Darius Ier Hystaspe revient aussi à Marduk après que Cyrus a imposé le culte d’Assur. Cette restauration permanente du culte de Marduk donne l’impression d’une réécriture pour prétendre que l’action de Cyrus le Grand, le défenseur du culte d’Ahura Mazda, est antérieure.

Darius Ier subit la révolte de Nabuchodonosor III roi de Babylone avec les Elamites. Sous Darius II, le satrape de Babylone son propre frère se rebelle.

Hérodote raconte que les fils de Darius II, l’héritier Artaxerxès II et son plus jeune frère nommé Cyrus, se sont affrontés pour le trône de Perse. Après sa victoire, Artaxerxès II aurait attaqué les Egyptiens, qui s’étaient alliés à ce Cyrus. C’est alors que le satrape d’Assyrie Nabuchodonosor se serait rebellé.

Le souci des doublons, c’est qu’ils créent des problèmes là où il n’y en avait pas. Normalement, Darius I et Darius II sont des rois perses tardifs, et aucun de ces deux Nabuchodonosor ne peut être le grand roi de la Bible du même nom, qui n’était pas un vassal des perses, mais le chef des armées de son père Nabopolassar, le roi de Babylone. Mais Sweeney a assimilé Artaxerxès II à Nabopolassar. Ainsi nous avons deux Nabuchodonosor contemporains : l’un est rebelle au roi, l’autre son général. Et comme Darius Ier subit également la rébellion d’un vassal nommé Nabuchodonosor, ils sont eux aussi probablement identiques.

C’est probablement Manéthon qui s’est trompé : Nabuchodonosor n’est pas le fils mais le frère de Nabopolassar, et il s’est rebellé avec l’Elam.

Cyrus le Jeune, allié aux Egyptiens, correspondrait à Assur-Uballit II, vaincu par Nabopolassar et allié du roi d’Egypte Nécho II. Nécho II est à son tour défait à Karkemish en 605 par Nabuchodonosor II. Sweeney propose un quatrième Nabuchodonosor, différent du Nabuchodonosor de la Bible, qui serait le cinquième. Velikovsky a en effet montré que le Nécho de la Bible, associé à la 20ème dynastie est identique à Nectanebo II, lié à la 30ème dynastie, dernier roi d’Egypte avant la dynastie d’Alexandre. Mais si Nabuchodonosor est bien Alexandre, leur identité ne pose plus de problème.

Assur-Uballit II porte le même nom que le roi Balthazar, successeur de Nabuchodonosor dans le Livre de Daniel.

Voici un tableau retravaillé possible

Tiglath-Pileser   Cyrus  
Salmanazar Nabonassar Cambyse  
SargonAssurbanipalNabopolassarDariusDarius II  
SennacheribSin Shar IshkunNabuchodonosorNabuchodonosorXerxès Alexandre
 Assur Uballit IINabonideBalthazar Cyrus le JeuneDarius III
AssarhaddonNabuchodonosorCyrus Artaxerxès IArtaxerxès II et IIIAlexandre

Notez que Cyrus est un nom qui revient souvent, car il peut simplement désigner le « Seigneur » des Turcs. Quant à Nabuchodonosor c’est un personnage composite de Sennacherib et Essarhadon. On retrouve cette fusion de personnages à travers les figures médiévales présentant les plus grandes similitudes avec Alexandre le Grand : Mehmet II Iskandar (1448-1481) et Soliman le Magnifique (1520-1566).

L’antique royaume de Salomon a été divisé en deux après lui. Le Royaume de Juda correspond à la Lydie, à l’Empire hittite, et au futur Empire ottoman. Le Royaume d’Israël inclut Akkad (Galaad), l’Iran et le Turkestan. Il est reconstitué à l’identique par Alexandre le Grand. Après lui, son Empire est à son tour divisé en deux : l’Empire séleucide en Asie – qui correspond au Royaume de Salomon dans son intégralité, et l’Egypte ptolémaïque.

On peut se demander si l’un n’est pas le reflet de l’autre. La Bible fait déjà en 1530 état d’un Royaume de Salomon qui a été divisé en deux par ses successeurs, Roboam en Judée et Jéroboam en Israël. Fomenko montre que ces récits de rois sont parallèles entre eux, et parfois parallèles à des dynasties européennes, notamment celles du Saint-Empire ou de l’ancienne Rome.

D’une certaine manière, l’empire éphémère de Philippe et Alexandre de Macédoine correspond à l’empire un peu plus durable de ces rois perses, babyloniens et néo-assyriens, comparable en termes de territoire.

Tiglath-Phalasar ayant des origines mèdes, est originaire d’Hindoustan ou du sous-continent indien. N’ayant jamais conquis l’Egypte, il correspond plutôt à Philippe. Mais il a assujetti les Lydiens et les Babyloniens, c’est-à-dire la Judée et Israël, et prend à Pekah d’Israël Akkad et la Perse. Il est tué par les Massagètes au nord de la Mer noire.

Cambyse (Salmanazar, Salomon) conquiert le premier l’Egypte et se rapproche le premier d’Alexandre le Grand. Salmanazar et Sargon, conquièrent la Samarie (Turkestan). La destruction de Samarie, capitale du roi Osée d’Israël, par Salmanazar est celle de Samarcande, capitale de Bajazet Ier par Tamerlan en 1402. Sargon prend pied en Moscovie, et déporte le peuple d’Israël dans « les villes des Mèdes ». Les perses échoueront à mettre un pied en Europe, au contraire des Tartares, et plus tard des Ottomans.

Mehmet Ier (1403-1421) ou Xerxès impose le culte d’Assur en Mésopotamie, et celui d’Osiris en Egypte. Mais il ne tient déjà plus les anciens territoiresde Perse et du Turkestan. Au fil du temps, ces perses seront appelés turcs pour les distinguer. Ses actions militaires se tiennent en Judée et en Egypte. Il prend Jérusalem, qu’il rebaptise Babylone. Il lui sera donné le nom de Bagdad au 17ème siècle.

Mehmet II Iskandar (1451-1480) est le Cyrus qui permet de reconstruire le Temple de Jérusalem, mais ailleurs qu’à Babylone. Il est le dernier Alexandre, mais l’Empire séleucide/seldjoukide qui lui succède ne s’étend pas au-delà de la Mésopotamie, contrairement aux dimensions qui lui sont attribuées, qui correspondent à l’empire de Tamerlan. L’Egypte se détache également après lui de l’Empire seldjoukide. La dynastie « ptolémaïque » indépendante, impose le culte d’Osiris, et correspond à la dynastie des Mamelouks. Bien que présenté comme ottoman, Mehmet II est un seldjoukide, un roi d’origine perse. Son territoire hors Egypte correspond presque exclusivement à l’ancienne Lydie ou Judée. Les Judéens ont accueilli les conquérants perses avec enthousiasme, reconnaissant leur dieu Yahvé en Assur. Néanmoins, ce Iskandar – ou Nabuchodonosor – serait revenu sur le monothéisme strict de Xerxès, et aurait réintroduit d’anciens dieux à Babylone. Il est en compensation offert aux Sadducéens de créer un nouveau Temple en Moscovie. Les Pharisiens se voient proposer un Temple en Palestine. Ce seront le Temple de Zorobabel reconstruit avec l’aide de Néhémie, et celui le Temple d’Omar, qui sera bien plus tard rebaptisé « mosquée d’Omar ». La Judée se renommera Israël, et la Russie prendra le nom de Judée. C’est le Temple judéen qui crée la compilation nommée Ancien Testament. Ainsi un prêtre du nom d’Esdras est ainsi mentionné dans le Second Livre des Maccabées, et revient sur les volontés universalistes d’Isaïe : les castes de prêtres doivent désormais être de sang pur, et aucun mariage en dehors de la religion n’est plus possible sans conversion.

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